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« Les forces de chaux et de sable » chez Mauriac (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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« Toi, bâti à chaux et à sable ? » ironise la vieille Cazenaze (le personnage de la mère dans « Génitrix », à propos de l’état de santé de son fils de 50 ans qu’elle contrôle du haut de son autorité inébranlable de « génitrice »).

                On ne bouge pas chez Mauriac. Les forces centripètes régissent l’univers qui bourdonne autour des bastides au creux desquelles déclinent les vieilles familles bourgeoises, enferrées dans leurs principes et leurs certitudes. C’est la raison pour laquelle la rumeur, la terre, les pulsions qui ne sortent pas de leurs gonds tiennent une place si grande dans les romans écrits en grande partie dans l’une de ces propriétés des Landes ou du bordelais qu’a habitées l’écrivain.

                Sur la table, il sentait la vibration des trains qui passent sur la voie ferrée en bas, dans la vallée. « Autour du drame interrompu, les grands arbres : tulipiers, peupliers carolins, platanes, chênes, agitaient leur feuillage pluvieux sous le ciel amolli. Rein n’est moins accessible aux regards, ni plus propice au mystère que ces domaines ceints de murs et enserrés si étroitement d’arbres qu’il semble que les êtres qui vivent là n’aient aucune autre communication qu’entre eux ou avec le ciel »

On creuse cette hypothèse demain à partir d’une proposition de lecture de « Génitrix ».

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Mauriac à Malagar

Publié le par Eric Bertrand

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Malagar est l’un des lieux de vacances dans lesquels se rendait l’écrivain bordelais lorsqu’il avait besoin de calme et de sérénité pour écrire. Le manoir trône au milieu des vignes, à flanc de coteau et sous un ciel souvent bleu. Des cyprès bordent le sentier qui monte à l’entrée principale. Tout au long de ce sentier, le promeneur peut relire des fragments de son œuvre, des pensées inscrites sur une rangée d’une dizaine de plaques disposées régulièrement tout au long des 200 mètres d’ascension. Il avance doucement, perçoit peu à peu « le génie » du lieu, croit même entendre la voix brisée du grand écrivain qui avait pris l’habitude, à chacune de ses arrivées à Malagar, de passer par la cuisine.

                La visite s’accomplit dans ce sens. De la cuisine vers le bureau du maître. C’est le vœu de la famille qui a accepté d’offrir cette aventure littéraire à quiconque voudrait retrouver la trace de ses écrits. Un guide amène de salle en salle et raconte comment les livres venaient à éclore. « Le Nœud de vipères » par exemple a été entièrement pensé dans cet espace et la description des lieux y fait directement référence.

                Le narrateur, Louis, cet ours contre lequel se ligue la famille avide d’héritage, se tapit dans la chambre du haut. De la même façon, le romancier s’était ménagé un espace pour laisser bourdonner, tournoyer, s’agacer ses idées. Il nommait ce bureau du nom du lieu dans lequel, au moment de la corrida, le taureau s’excite dans l’obscurité de sa rage avant d’entrer dans l’arène pour foncer sur l’élastique du torero.

                Afficionados, à vos livres ! Le taureau est coriace et les lignes qui saignent parlent de passion et de furie...

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Des examens « pour rire » ou le rire, sujet d’examen... (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

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Cette disposition du rire qui vise à rassembler les rieurs aux dépens d’un bouc émissaire (un dindon de farce) est examinée à la loupe par le moraliste La Bruyère. Il s’agit, pour ce connaisseur de l’âme humaine, d’isoler (comme le font aussi très bien d’autres moralistes comme La Fontaine et Molière) des groupes sociaux constitués, de petites républiques, (précieuses, bourgeois, femmes savantes, apprentis Trissotin...) et d’analyser le type de rire qui les secoue en grappes et qui les constitue en meute autour d’un noyau dur, intraitable, aux dépens d’un intrus providentiel, objet de la curée des rires. On ne trouve rien de bien dit ou de bien fait que ce qui part des siens.

                Comme les deux auteurs précédents, Axel Kahn constate la férocité du rire. Il existe toute une gamme de mises en cause des personnes par le moyen du rire. Cela génère chez « les victimes » un malaise profond : ils se sentent par là d’autant plus gravement bafoués dans leur dignité que la dérision s’accompagne d’une vacuité émotionnelle. Au-delà de l’indignité d’un tel rire qui, d’une certaine façon, abolit l’humanité du « roseau pensant », l’auteur souligne sa force « décapante », « ravageuse ». La déférence, la peur, l’attachement passionnel, voire l’adoration, ne résistent pas à l’éclat de rire... Par la grâce du rire, l’homme prend ses distances par rapport à ces forces obscures qui pourraient l’écraser.

                De la même façon, Dominique Noguez insiste sur cette nuance du rire que constitue l’humour. L’humour est une médiation qui implique de la part de celui qui l’utilise à la fois « subtilité » et « impassibilité » et qui s’accompagne d’une mise à distance de la pulsion du rire et de la chose dont on rit. L’humour est contre le rire en ce qu’il est une manœuvre pour s’en protéger. On a vu que le rire pouvait être dangereux et devenir la manifestation relativement agressive d’une sanction collective. L’auteur fait d’ailleurs référence à Bergson à propos de qui il écrit : c’est une des manières dont la société entend corriger- Bergson dit même châtier - la raideur ou l’inadaptation de ses membres. Pour échapper au « lynchage » du rire, l’humour opère à la façon d’un « paratonnerre » et empreinte la mine du « sérieux » pour rire sous cape.   

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Des examens « pour rire » ou le rire, sujet d’examen... (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

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Cet ensemble de textes d’origines diverses analyse la fonction que peut avoir le rire en société. Deux fonctions principales se dégagent : celle qui fait du rire un véritable acte de prédation (le rire constitue une prise de pouvoir) et celle qui fait du rire (notamment par le biais de l’humour) un moyen de libération existentielle.

                Le lecteur se souvient peut-être que le philosophe Bergson dans son fameux essai sur « le rire », insistait sur le danger de « la mécanique » qui est en l’homme, mécanique « plaquée sur du vivant » et qui le rend, quoi qu’il fasse, malencontreusement risible ! A travers l’extrait, il analyse le fonctionnement de cette sorte de mécanisme actif qui s’active au moment de la relation à autrui. Nous devenons alors, les uns en présence des autres, des machines implacables, mues par une sournoise volonté de prise de pouvoir par le rire. Le rire est simplement l’effet d’un mécanisme monté en nous par la nature. Animés de l’instinct de dérision, nous cherchons à prendre le dessus par ce rire redoutable qui vise à l’humiliation de l’autre (et ainsi l’autre devient, entre nos doigts manipulateurs, une marionnette dont nous faisons rire le groupe auquel nous appartenons et que nous avons pris le parti d’amuser). Il a pour fonction d’intimider en humiliant. (...)

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Des examens « pour rire » ou le rire, sujet d’examen... (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

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Ce titre ne désigne pas un maquillage ou une quelconque ironie. Il s’agit de revenir sur le sujet donné à l’examen la semaine dernière en classe de BTS sur le thème du rire. Les étudiants ont eu cette année à réfléchir sur deux thèmes : le sport et le rire.

                C’est le rire qui a éclaté au grand jour et sur lequel je propose au lecteur de bien vouloir se pencher à travers les documents ci-dessous disponibles.

http://brunorigolt.blog.lemonde.fr/2012/05/14/bts-session-2012-epreuve-de-culture-generale-et-expression/

                A vos zygomatiques ! Quelques pistes demain !

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