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La Rochelle et les « Cent tours de la Lanterne magique »... (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

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Je suis arrivé il y a cinq ans à La Rochelle avec un sentiment d’éblouissement et je ne l’ai pas perdu depuis. Ce qui saisit en effet le voyageur à La Rochelle (c’est d’ailleurs cet aspect qui a donné à l’écrivain Simenon l’envie de s’y installer), c’est la qualité de la lumière. La lumière éclaire diversement la ville, la creuse et la fait briller. La révèle enfin à ce qu’elle est profondément : une cité fascinante, miroitante d’histoires et de secrets.

                En marchant inlassablement le long des rues, le promeneur appréhende peu à peu ce que Baudelaire désignait comme « les plis sinueux des vieilles capitales »... Ville palimpseste dont la plus belle métaphore serait précisément cette « Tour de la Lanterne » ou « Tour des quatre sergents » qui a d’abord été un phare, puis une prison où se lisent et se devinent encore, tout au long des murs, des graffitis inscrits dans la pierre (les plus anciens remontent au XVII° siècle).

                Ce qui s’observe à l’échelle de la Lanterne s’observe également à l’échelle de toute la ville : étranges lueurs, ruelles, arcades, vieux bâtiments, enseignes, écussons (à l’angle des murs de certaines maisons protestantes), trottoirs (certains pavés de la rue de l’Escale ont voyagé : ils viennent du Canada et ont servi de lest aux navires engagés dans le commerce triangulaire), nom des rues (ces rues qui ont elle aussi changé de nom et dont la signalétique ancienne se distingue encore à l’angle de certains murs (place Verdun, Place des Armes...)

Certes je leur trouvais du charme à ces brillantes projections qui semblaient émaner d’un passé mérovingien et promenaient autour de moi des reflets d’histoire si anciens (Proust).

                 

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La Rochelle et les « Cent tours de la Lanterne magique »... (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

La-Rochelle 2966 [1600x1200]

 

               Comment en suis-je venu à ce projet de nature documentaire (genre nouveau pour moi) ? Cette question me revient  maintenant que le livre sort et que, contrairement aux fois précédentes, l’écriture est déjà loin. Démarche intéressante que j’ai menée dans ce blog au fil des articles il y a de cela plus d’un an. La « promo » de l’ouvrage tout neuf m’amène à le feuilleter à nouveau afin de fournir des explications que je vais m’efforcer de rendre claires et précises.

 

                La Rochelle est une ville de l’Océan. Du centre-ville, on accède directement au port. A la différence des grandes villes proches (Bordeaux, Nantes), aucun fleuve ne la relie au reste du pays... Elle est délibérément tournée du côté de l’horizon de la mer et c’est ce qui fait son originalité, sa richesse et sa beauté. Depuis des siècles, La Rochelle s’avance vers le grand océan du côté du vieux port et les trois silhouettes des tours de la Chaîne, St Nicolas et Lanterne, si souvent représentées par les peintres, se dressent en figures de proue face au flot et au temps qui passe.

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Critique de "l'Organisme"

Publié le par Eric Bertrand

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Revoilà « l’Organisme »... Ce roman en prise directe avec les établissements scolaires et les milieux enseignants ne pouvait qu’éveiller l’intérêt de certains collègues. C’est ainsi que dernièrement, sous l’impulsion de la CASDEN (branche de la Banque populaire destinée aux profs), cet article a vu le jour sur le site dédié aux enseignants.

                La critique formulée me paraît assez juste même si les mots de la fin sont un peu « caricaturaux ».

http://www.vousnousils.fr/2012/03/27/le-college-raconte-a-la-maniere-de-kafka-524388

 


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Article du mois : rencontre de l’écrivain Lyonel Trouillot

Publié le par Eric Bertrand

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                        Un écrivain, fût-il célèbre, n’a pas le succès d’une rock-star et ne produit pas d’émeute dans les couloirs des lycées. Jeudi matin 15 mars, Lyonel Trouillot est arrivé au lycée Vieljeux de La Rochelle, « par la petite porte ». Nous l’avons rejoint au CDI, les documentalistes, les professeurs, les deux classes de secondes associées. Les sièges en demi-cercle devant le Siège de l’écrivain, juste devant la baie vitrée, sorte de Palais du Grand large de Saint-Malo pour un festival Etonnants Voyageurs en version domestique.

                     Peu à peu, les élèves s’installent, certains munis d’une petite feuille griffonnée de questions, d’autres renâclant à ouvrir les sacs, l’œil sournois, contrariés de constater que la petite silhouette de l’écrivain coiffé d’un chapeau noir, s’appuyant sur une canne, ne correspond pas exactement au héros qu’ils ont imaginé derrière le Livre ou derrière l’Ecran. Mais tout de même, ça leur fait quelque chose, ce cérémonial. Lyonel Trouillot est là, en chair et en os, pour la première fois dans les murs de leur lycée. Et puis il vient de si loin... et puis ses livres se dressent là, tout autour, dans les rayons de la bibliothèque... Et puis les profs l’écoutent et n’osent même plus faire cours ! Tout de même, ça en impose !

                     Silence contenu, silence de début d’année pour jauger le discours de l’adulte qui vient d’ailleurs, d’une terre de séisme et de dictature, d’une terre d’esclavage et de révolte... Toussaint Louverture, Saint-Domingue, le sucre. Ça creuse son sillage dans les esprits de lycéens d’une cité tournée vers la mer et patrie des Fleuriau et des Rastaud...  Exposés sur Haïti en vent arrière, l’adulte qui sait de quoi il cause, il a le vent en poupe devant la flotille des caboteurs. Et pourtant, en début de séance, rien n’est encore acquis et le vent peut tourner !

                     Eux, les optimistes, ils ont le nombre, la jeunesse, l’excitation, l’impatience, l’esprit qui volette. Lui, il se sent fatigué. Sa voix éraillée, sourde, peine à suivre les tirants d’eau de l’esprit. Le fauteuil (il a du mal à trouver sa position) grince, couine, pépie. Mais il a derrière lui l’armada de ses livres, et ce destin que les élèves ont parcouru sur internet. Etudes de droit, journalisme, poésie, romans, engagement, émissions de télé, de radio, ça vous pose un homme et ça en jette, à défaut d’éblouir.

                     Les questions ni ne fusent, ni n’affluent. Elles viennent simplement. Pas spontanées, pas vraiment curieuses au début. Seulement préparées. Presque guindées, polies, conventionnelles. Mais le propre d’un écrivain n’est-ce pas, c’est de jouer avec les conventions et de leur casser le cou ! C’est ce que répètera Trouillot dans son discours. Comment trouvez-vous l’inspiration ? Tous les lieux sont-ils réels dans vos romans ? Combien de temps prenez-vous pour écrire un roman ? Pourquoi avez-vous arrêté vos études de droit ? Quel rôle la musique joue-t-elle dans vos écrits ? Quelle place accordez-vous au football ? Un étudiant peut-il se rendre utile s’il va à Haïti pour aider la population ?... 

                     Couinement du siège. Ecrire, c’est prendre un grand cahier relié, marquer la phrase de fin, trouver le bon titre et élaborer la première phrase. Celle qui servira de charnière, celle à partir de laquelle tout le reste de la charpente va s’édifier. Il ne faudra pas longtemps (peut-être deux ou trois mois) pour parcourir l’espace vide du cahier, jusqu’à son terme attendu... L’essentiel a eu lieu avant, dans les longs moments de réflexion, de maturation passés dans les cafés, à écouter, observer, échanger avec des gens.

                     Nouveau couinement. L’inspiration est un mythe romantique ! Il n’y a que le réel qu’il faut interpréter. L’écrivain est un « prédateur » : il se nourrit de ce qu’il entend, de ce qu’il enregistre, de ce qu’il constate. Regard sur l’assistance. Les élèves sentent passer le papillon. Pépiement du siège. L’écrivain se nourrit, réfléchit, théorise. Mais il s’amuse également. Il a beaucoup lu de théories littéraires qui lui donnent toujours l’envie de créer des formes nouvelles. De même qu’aucun livre ne se conçoit sans un message, une opinion à poser, aucun livre ne se conçoit sans la forme qu’il porte. La forme est le filet au fond duquel glisse l’engagement de l’écrivain. Nouveau pépiement.

                     Dans un pays comme Haïti, longtemps marqué par la dictature, Lyonel Trouillot a dû se « camoufler » pour préserver son droit de parole. Grincement du siège. Non, il n’a pas « arrêté » ses études de droit ! Au contraire, cette qualification lui a fourni un « camouflage ». Cela valait sans doute mieux de le prendre de cette façon que de se rendre complice d’un système fondé sur l’exploitation des pauvres. Nouveau grincement. Plutôt que de vouloir à tout prix aider les Haïtiens, la chose la plus importante est de se rendre utile à ceux qui en ont besoin et qui sont parfois tout près de chez soi. Le territoire de Haïti est un territoire meurtri. De ce fait, et depuis très longtemps, les occidentaux ont souvent tendance à porter un regard paternaliste sur les Haïtiens. Si on a vraiment l’envie d’aider cette partie du monde, alors il faut d’abord essayer de comprendre la situation. Il faut aller sur place, et rencontrer les gens, les écouter, et leur parler d’égal à égal. Lyonel Trouillot parle d’égal à égal aux jeunes élèves qui sont venus l’écouter. La sonnerie retentit. Il faut arrêter. L’échange peut se prolonger autrement désormais.

                     Et lorsque nous faisons un petit bilan de la rencontre, il termine ainsi : « Est-ce qu’ils écrivent ? » C’est une belle question, que je laisse ouverte.

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Mise à jour du site "Eric Bertrand"

Publié le par Eric Bertrand

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Logiquement, comme après chaque étape importante dans les publications de mes livres, il y a eu refonte du site. C’est ce qui vient de se produire sur http://www.ericbertrand.fr.

                Il est d’ailleurs en bonne place sur le site des éditions Alter évoqué hier. Hommages à Jenny que l’éditeur a félicitée pour « la sobriété », « l’efficacité » de son travail !

 

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