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Moments de révélation d'enfance

Publié le par Eric Bertrand

            Certains textes littéraires ont une force brute. Ils vont, en quelques lignes, à l’essentiel. Ils constituent des fables implacables sur ce que Cesare Pavese appelle « le métier de vivre ».

            Ainsi Leiris dans l’Age d’homme, raconte comment, à 7 ans, il a découvert la perfidie des adultes lors d’une opération des végétations, pratiquée sans anesthésie par le médecin de la famille qui, en accord avec la mère de l’enfant, avait prétendu, avant de couper à vif, qu’ils allaient « jouer à la cuisine ».  Leiris explique, à travers cette anecdote à valeur de véritable apologue, comment il a appris à se méfier, comment il a compris que le monde était « plein de chausse-trappes » et qu’il n’était sur terre que pour devenir chair à souffrance...

              Ainsi également le conte de Maupassant, « Garçon, un bock ! », où l’on entend la voix d’un enfant, qui, le jour de ses 13 ans, petit bonhomme gai et fantasque, découvre la méchanceté à l’état brut à travers une violente scène de dispute entre ses parents qu’il croyait unis et tendres...

 

Eté 2010 (207) [1600x1200]

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Distribution et organisation de l’adaptation « Gulliver »

Publié le par Eric Bertrand

                Je ne résiste pas à proposer au lecteur en prolongement à l’article d’hier « la distribution » des scènes et des personnages de « mon Gulliver » afin de lui donner une petite idée de la façon dont j’ai traité l’histoire de Swift.

                Il est évident que cette proposition est adaptée à nos conditions de jeu avec un groupe classe pour lequel il faut fournir des rôles adaptés. Il va de soi que tout cela est modulable.

 

Scène 1 : (salle de dessin) sur la place publique, cinq Lilliputiens dont un froussard.

Scène 2 : (salle de SVT) sur la plage, quatre Lilliputiens « qui n’aiment pas les étrangers ».

Scène 3 : (salle d’anglais) trois « sages » qui examinent le géant.

Scène 4 : (salle de géo) cinq chefs cuisiniers chargés de « requinquer » le géant puis trois marchands qui essaient de tirer profit de l’opportunité.

Scène 5 : (salle de maths) trois juges et trois Gulliver qui expliquent les usages de leur pays.

                 Premier problème écarté donc puisque « l’effectif » est au complet. Cela va maintenant dépendre de l’engagement de nos comédiens, ce qui est aussi une autre paire de manches !

 

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« Les Voyages de Gulliver : l’adaptation théâtrale d’un conte philosophique pour enfants

Publié le par Eric Bertrand

Dans les moments de creux du salon, pour les élèves de l’atelier théâtre, j’ai terminé la correction de l’adaptation scénique des « Voyages de Gulliver »... Un sérieux défi que je m’étais lancé étant donné que, comme chaque année, en matière de  théâtre, je suis talonné par le temps. Il me faut en effet mettre le texte à disposition dés la rentrée de janvier afin que le travail de distribution, de mise en scène et de mise en voix puisse commencer avec notre metteur en scène associée.

              J’ai finalement orienté cette pièce du côté philosophique, mais une philosophie « en liberté », afin que le message passe le mieux possible auprès des élèves de sixièmes. A travers un total de six scènes de natures très variées, c’est un portrait de l’homme qui est proposé, à la fois dans ses défauts, ses qualités et ses aspirations. D’autres « thèmes philosophiques » sont également au centre de la pièce : la différence, la volonté de puissance, l’argent, la nation, la politique, la nature, la confrontation avec autrui, le langage...

               C’est aussi l’occasion de montrer que si l’œuvre de Swift véhicule les préoccupations du XVIII° siècle (voyages, économie, esclavage, définition de l’humain), elle touche en même temps à des thèmes très modernes et permet à des jeunes esprits de comprendre un peu ce que c’est que « philosopher ». A l’heure où les programmes éducatifs songent à faire entrer l’enseignement de la philosophie en classe de seconde, on comprend qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer ! 

 

salon la Rochelle (7) [1600x1200] 

 

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Au cœur du salon du Livre de la Rochelle, comme dans un salon...

Publié le par Eric Bertrand

                studio 9721 [1600x1200]

 

Les moments de rencontre avec les lecteurs sont suffisamment rares pour qu’on en profite pleinement. Dans mon année bien remplie, j’ai à l’heure actuelle limité ces événements à deux salons, celui de l’Ile de Ré en été et celui de La Rochelle en hiver. J’aime cette alternance saisonnière... L’un fournit la version « transat » en plein cœur du mois d’août, l’autre la version « tison », en ces temps de froidure, la neige encore aux portes...

                Dixième anniversaire du Salon de La Rochelle, les invités sont nombreux, les stands croulent sous les livres et il est difficile d’émerger de cette foule. L’expérience montre qu’il est nécessaire d’attirer l’œil par un stand un peu plus attractif et « parlant ». C’est à partir de cette idée qu’avec Jenny, nous avons organisé la matière littéraire, notamment en proposant au lecteur un cahier dans lequel sont répertoriés, pour chaque titre mis à disposition, les précieux avis des lecteurs.

                Cela permet de guider le quêteur de mots et d’histoires, beaucoup mieux qu’un quatrième de couverture. Et cela économise la voix (en convalescence ces jours-ci !). Par ailleurs, chaque exposant ne disposant que d’un mètre carré de surface, avec mes six ouvrages sélectionnés, j’ai tendance à m’étaler ! Quelques outils simples me permettront d’endiguer la déferlante !

 

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Du rapport entre le chocolat et le livre à La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

Les hasards du calendrier des événements rochelais m’amène à ce rapprochement dans la mesure où le Salon du Livre et le Salon du Chocolat ont failli se faire concurrence ce week-end. Pour ménager la susceptibilité des goûteurs de mots qui sont aussi goûteurs de mets, la municipalité a, in extremis, reporté le salon du chocolat...

                Tablettes et livres, c’est la même chose. Une surface rigide, taillée à la dimension d’une poche, un peu froide d’apparence, mais cela dépend aussi de « l’emballage ». Et puis on ouvre la tablette, une odeur particulière s’en dégage aussitôt, un « sui generis » qui comporte une attente.

                 Le volume de pages contient dans ses plis la mémoire d’autres actes de lecture comme le papier alluminium rappelle des moments de dégustation. On croque dans le chocolat, une surface un peu dure, qui très vite fond et diffuse, dans des régions qui vont au-delà du palais. On mord dans un livre, et les mots et les idées infusent, secouent, renvoient elles aussi à une multitude de sensations.

                  Un avantage, le chocolat se partage, en petits carreaux qu’on peut aussi distribuer. Dans une tablette de chocolat, le gourmand dispose instantanément d’une série de « maquettes en miniatures » du « livre » qu’il déguste. Il est son propre « éditeur » et « distributeur ». A l’inverse, le lecteur ne peut que garder pour soi la saveur des mots qu’il avale. Tout au plus peut-il dévorer le livre afin de le céder plus vite à la personne dont il sait qu’elle éprouvera, à son tour, du plaisir. Mais c’est toujours en différé !

                   Quand on partage des carreaux, on peut se regarder dans les yeux, la salive vient aux papilles, les pupilles brillent. La réjouissance est immédiate. Le livre fond beaucoup plus lentement, la saveur en est jalouse. Il faut laisser le temps de quelques pages. Le  livre de « haulte graisse », n’est pas une papillotte. Il agace et se dérobe. Il est pomme au pommier de Tantale... Mais au bout du compte, cette pomme-là se donne à Tantale. A condition toutefois que ce dernier sache lui ménager un moment volé de ravissement égoïste. Alors il faut imaginer notre Tantale heureux, avec un livre sous le coude et une plaquette de chocolat, qu’il conserve le plus longtemps possible, pour faire durer le plaisir !

 

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