Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Edgar Poe s’exprime sur l’idée de « genèse over blog »

Publié le par Eric Bertrand

                  Je relis et continue de découvrir en ce moment des textes d’Edgar Poe dont les œuvres produisent toujours sur le lecteur une impression délicieuse d’intelligence et de sens du mystère.

                  J’ai entre les mains un recueil dont je connaissais quelques pièces comme l’hallucinant traité sur la folie que constitue « le Système du docteur Goudron et du professeur Plume » dans Histoires grostesques et sérieuses et je trouve, sous le titre « Genèse d’un poème », ce passage qui me renvoie directement à l’idée qui m’avait fait, il y a maintenant plus de quatre ans, ouvrir ce blog intitulé « Genèse overblog ».

Bien souvent j’ai pensé combien serait intéressant un article écrit par un auteur qui voudrait, c’est-à-dire qui pourrait raconter, pas à pas, la marche progressive qu’a suivie une quelconque de ses compositions pour arriver au terme définitif de son accomplissement. Pourquoi un pareil travail n’a-t-il jamais été livré au public, il me serait difficile de l’expliquer ; mais peut-être la vanité des auteurs a-t-elle été, pour cette lacune littéraire, plus puissante qu’aucune autre cause.

Beaucoup d’écrivains, particulièrement les poëtes, aiment mieux laisser entendre qu’ils composent grâce à une espèce de frénésie subtile, ou d’intuition extatique, et ils auraient positivement le frisson s’il leur fallait autoriser le public à jeter un coup d’œil derrière la scène, et à contempler les laborieux et indécis embryons de pensée, la vraie décision prise au dernier moment, l’idée si souvent entrevue comme dans un éclair et refusant si longtemps de se laisser voir en pleine lumière, la pensée pleinement mûrie et rejetée de désespoir comme étant d’une nature intraitable, le choix prudent et les rebuts, les douloureuses ratures et les interpolations, — en un mot, les rouages et les chaînes, les trucs pour les changements de décor, les échelles et les trappes, — les plumes de coq, le rouge, les mouches et tout le maquillage qui, dans quatre-vingt-dix-neuf cas sur cent, constituent l’apanage et le naturel de l’histrion littéraire.

 

Aix (2) [1600x1200]

Voir les commentaires

Retour au Salon du Livre de La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

                  J’avais eu la chance de me trouver au Salon du livre de La Rochelle il y a deux ans, et c’était ma première participation à ce salon qui fête cette année sa dixième édition. J’en garde un bon souvenir. Il a lieu sur la surface de l’Encan de vendredi 3 décembre prochain à dimanche 5 au soir.

                   Je suis invité sur le Kiosque des Ecrivains de la Côte où j’essaierai de rester le plus longtemps possible afin d’aller à la rencontre du public et de présenter mes nouveautés tout en échangeant au sujet des projets ou d’autres livres. A cette occasion, petite remise à jour du site avec, outre l’actualité ? la présentation du fameux clip et du nouveau terrain de travail : la chanson...

                   D’où la nouvelle rubrique qui lui est consacrée...Et un nouvel associé fait son apparition, Christian.

http://www.ericbertrand.fr/chansons.htm

 

 

salon [1600x1200]

Voir les commentaires

Article du mois : le clip du « Petit Prince »

Publié le par Eric Bertrand

               L’écriture de chansons sur laquelle j’ai commencé à m’exprimer dans ce blog implique des canaux bien différents que ceux, plus traditionnels, de la fiction. La chanson touche à l’émotionnel. Elle mobilise, en l’espace de quelques couplets, des idées et des mots « à ricochets ». Souvent, elle raconte une histoire qui prend immédiatement une dimension universelle.

               Elle passe aussi par le fabuleux véhicule des sons : la musique (qui souvent parvient à faire oublier les mots). Le texte de chanson prend gorge dans la voix d’un interprête, et elle « se donne à voir » par le biais d’un clip. Voici notre premier clip, à Christian et à moi, et pour sa réalisation, nous avons fait appel à un maître, Fred, qui a déjà merveilleusement revisité deux de mes ouvrages, « le Ceilidh » et « la Route, la Poussière et le sable ».

               Ce clip s’appuie sur un chapitre très intime et douloureux de la vie familiale, mais la beauté et l’humanité des images lui donnent précisément ce caractère universel. Et en cela, la chanson redonne à l’univers de Saint-Exupéry cette dimension qui émeut le lecteur du « Petit Prince ».

                Pourquoi ce clip et pourquoi ce texte ? Les raisons sont nombreuses et complexes, mais au moment de la discussion avec Christian puis avec Fred, ce que j’avais écrit (dans un contexte tout autre) m’est soudain apparu comme une évidence...

                Un père aviateur, des photos et des films en noir et blanc, une soeur et un beau-frère qui adorent voyager dans les déserts et qui y ont amené leurs deux enfants, des photos de dunes, des oasis, des magnifiques portraits d'enfants... et puis un été, un drame épouvantable au détour d’une route : le petit dernier, mort tragiquement à 13 ans, enfant rêveur, fou des avions et des nuages, son image éternellement attachée au désert blanc d'Egypte...

                 Voici ce clip, dans sa version publique, une version plus privée ayant déjà circulé entre nous...

 

 

Voir les commentaires

« Ridicule » de la cour de Versaille au reality show

Publié le par Eric Bertrand

                              Dépéchez-vous d'aller voir le film intitulé « Ridicule ». Il vous raconte en 1 heure trois quarts la manière dont il fallait s’y prendre au XVIII° siècle pour gagner le pouvoir : user de son esprit.                     

                      Intelligent et efficace du début à la fin, « Ridicule » frappe le spectateur par son humour. Il le fait assister à cette comédie cruelle où, comme le dit Jean Rochefort, les mots deviennent de vrais révolvers. Et comme dans un western, les personnages n’arrêtent pas de flinguer tout ce qui bouge.                                 

                      Que les amateurs de costumes et de maquillages façon 18° ne s’enfuient pas, ils seront gâtés car le réalisateur a particulièrement soigné cet aspect de son travail. Ce n’est pourtant pas là l’essentiel. Il faut savoir gratter le vernis et reconnaitre que la vraie valeur du film se cache derrière les paillettes !

                       On pourrait aisément embarquer telle comtesse ou tel petit marquis venu de « Ridicule » dans n’importe quel réality show et lui promettre la gloire et les honneurs à condition qu’il daigne écraser son adversaire... Sans aucun doute il le fera, pas au couteau, mais avec la pointe d’un talon haut ! C’est là toute la force de cet inquiétant « divertissement ». On dit pourtant que « le ridicule ne tue pas » !

 

 

Voir les commentaires

« Ridicule », de la cour de Versaille au bling-bling

Publié le par Eric Bertrand

                Après « Valse avec Bachir », revenons sur « Ridicule » auquel j’ai déjà consacré un article récemment (article du 5.11). Je propose au lecteur le bilan d’une activité qui me sert d’illustration en cours : en effet, j’explique aux élèves ce que le « jargon » appelle « la situation d’énonciation » : il s’agit de comprendre en quoi un même énoncé peut changer non pas son contenu mais son « style » en fonction du « destinataire » : la personne à qui on s’adresse... Je commence par un destinataire disons « adulte » puis, demain, je m’adresserai à un destinataire « ado ».

                     

                      P. Leconte dépeint avec une justesse implacable cette cour du Roi où l'esprit était une valeur recherchée. Une boutade bien placée, un calembour adroitement envoyé, une saillie drolatique tombant à point nommé, et c’était le succès et la gloire assurés. Rien à faire pour échapper à cet impératif : l’esprit de chacun est dans le collimateur du roi et sous l’œil de la caméra.

                      Intelligent et efficace du début à la fin, « Ridicule » frappe le spectateur par son humour acide. Il le fait assister à cette comédie cruelle où, comme le dit à peu de choses près le comédien Jean Rochefort, les mots sont les « révolvers d’un western » à Versailles. Le cow-boy du bon mot fait mouche s’il surprend son adversaire, mais si, par malheur, le bon mot lui fait défaut, alors il mord inexorablement la poussière.

                      Malgré la recherche systématique du raffinement, malgré la grâce étudiée des personnages et de leurs maquillages (la poudre neigeant sur la peau sculpturale de la marquise de Blayac dans les premières images) « Ridicule » n’est pas seulement une belle reconstitution historique. Bien plus que les références au passé, les références au présent y abondent. Les grilles du château de Versailles s’ouvrent sur le ballet des apparences. Derrière les rictus, pointe la convoitise exacerbée de chacun. Sous la pointe assassine, la volonté d’écraser un adversaire pour briller davantage et monter toujours plus haut, toujours plus loin. La cour, ce n’est pas Versailles, c’est Dallas, son univers impitoyable.

                         Les costumes, la poudre, l’éclairage sont d’un parfait effet. Ils donnent à ce film, profondément esthétique, un tremblement inquiétant. Les  personnages grimaçants de marquis et d’adroits courtisans écartent le rideau et laissent entrevoir le mécanisme de l’éternelle mascarade, du chatoyant « bling bling » qui fait tourner le monde.

 

Voir les commentaires