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« Horace » et les situations dites « cornéliennes » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

                La situation est donc hautement tendue dans la pièce de Corneille dont les personnages sont directement impliqués dans le conflit entre Rome et Albe : pour éviter le bain de sang, il a été décidé que les deux camps enverraient chacun trois de leurs meilleurs guerriers. Belle occasion pour les héros de Corneille de faire valoir leur « réputation » et leur « gloire » (les mots sont ô combien cornéliens) ! D’ailleurs, aucun d’eux ne recule devant le défi. C’est un défi viril par excellence et le héros y voit justement l’occasion logique de briller de façon unique pour sa patrie.

                Disons-le simplement : l’acte héroïque est un impératif moral chez Corneille. Mais on ne fait pas de bonne tragédie avec de la morale. Et nous y voilà ! Tout le génie de Corneille tient dans ce que la langue courante (pas si courante que cela tout de même) qualifie justement de « cornélien ». Il y a situation cornélienne sitôt que le sentiment contrarie la raison : dans cette pièce, Sabine est originaire d’Albe, mais elle est mariée à Horace qui est de Rome (ah, le prestige de l’étranger !) De son côté, Horace est le frère de Camille, qui elle, en bonne Romaine qui se respecte (et qui cherche elle aussi la complication !) est fiancée à Curiace de... Albe !

                 Le lecteur entrevoit ici le terrible dilemme qui se pose à la fois aux hommes et aux femmes. Curiace doit-il, pour honorer sa patrie, tuer le frère de sa fiancée, et Horace tuer celui qui doit devenir son beau-frère ? Sabine doit-elle espérer la victoire de son pays ou la mort de son mari ? Camille doit-elle préférer voir mourir son frère ou son amant ? Toute la tragédie est construite sur cet insupportable cas de conscience, d’autant plus insupportable que chacun des héros, homme ou femme, possède un sens exacerbé de la famille et de la patrie.

 

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« Horace » et les situations dites « cornéliennes » (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

Il arrive d’utiliser, à propos d’un problème ou d’une situation inextricable, l’adjectif « cornélien ». Etre confronté à un choix « cornélien »... Que vient donc faire le vieux Corneille dans cette affaire ? On pense immédiatement aux cas de conscience de Rodrigue et Chimène dans le Cid, mais une seule pièce ne suffit pas à justifier une étiquette et Corneille est coutumier de la chose ! Je profite de ma relecture de la tragédie Horace  pour fournir une explication.

               La pièce nous plonge dans l’histoire de Rome... Un même territoire, un même soleil, et pourtant deux cités bien distinctes se livrent une guerre acharnée : Albe et Rome. L’actualité illustre tristement comment ces conflits qui remontent à des temps immémoriaux (et que rien ne semble pouvoir apaiser) continuent d’ensanglanter une même région du monde. C’était le cas entre les Capulet et les Montaigu dans la fameuse pièce de Shakespeare et c’est aussi le cas dans « Horace » de Corneille. Du temps de Romus et de Romulus, les frères en étaient venus, comme leurs ascendants, à s’entretuer pour des raisons similaires. On approfondira demain un conflit qui génère la situation cornélienne.

 

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Hommage à la ville de Nantes

Publié le par Eric Bertrand

                Il se passe toujours quelque chose d’intéressant dans la ville de Nantes à laquelle j’ai déjà consacré de nombreux articles et il se trouve qu’en ce moment je suis en train de remanier de fond en comble une nouvelle parue dans « Chaussée de la Madeleine de Proust ». La nouvelle était construite sur une idée intéressante que j’ai gardée mais j’ai voulu entièrement en modifier le contenu.

                Il s’agit d’un récit qui, outre son aspect narratif et analytique, offre deux approches majeures : un retour sur ce qui fait de Nantes, depuis les années 90, une ville « expérimentale » surprenante, et l’anticipation puisque le récit se borne à une journée : le 1er janvier 2100.

                En illustration au caractère novateur de la ville, cet extrait des spectacles de la troupe Royal de Luxe qui a toujours proposé des spectacles de rue d’une extraordinaire énergie et inventivité. Voyez par exemple de quelle façon ils revisitent l’histoire dans les pages du livre « la folle histoire de France »...

 

 

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The beat generation into the wild

Publié le par Eric Bertrand

                Au détour d’une émission consacrée aux années 50 aux Etats-Unis (j’ai décidément une étrange attirance pour ce pays et particulièrement pour cette période), j’ai entendu cette chanson qui me renvoie au travail effectué autour de Jack Kérouac et des beatnicks au moment de la creation de “Jack on the route again!”…

                 La chanson est intéressante du point de vue du texte et renvoie à l’un des aspects de cette génération dont Kérouac est considéré comme le leader : le « beat », façon particulière d’aborder les « grandes questions » de sa société avec une certaine dose de relâchement et d’impertinence.

                 L’essentiel n’est pas là nous dit Jack, ni dans le fric, ni dans la nécessité de la carrière ou du ciment familial... Il se joue ailleurs, dans le rêve, dans l’éveil du corps refoulé, dans les contrées immenses de l’immense territoire américain, sous ces millions de « feuilles d’herbe » que chantait Walt Whitman, sur la route ! « Into the wild » pour reprendre le titre d’un film auquel j’ai consacré également un long article.

 

 

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Ecrire en chantant

Publié le par Eric Bertrand

              Qu’on se rassure, je ne suis pas en train de lancer un nouveau concept « dans le vent », visant à flatter le goût de la légèreté ambiante dont nos contemporains semblent raffoler...

              Le lecteur de ce blog a déjà remarqué, au fil des derniers articles, que le genre de la chanson commençait à m’intéresser. Ce genre ne chasse pas l’autre (celui du récit que je pratique toujours – je suis d’ailleurs en train de commencer un nouveau projet  sur lequel je m’expliquerai peut-être prochainement -) : disons que l’avantage de l’écriture d’un texte de chanson, c’est qu’il mobilise immédiatement l’énergie créatrice et qu’à la différence d’un roman ou même d’une nouvelle, son espace de réalisation n’excède pas deux ou trois heures.     

              Je peux l’affirmer avec cette précision car mon partenaire musicien m’a envoyé la semaine dernière une musique relative à la thématique des étoiles. L’air m’a tout de suite plu, le thème aussi, et tout cela a fait son chemin. (Rajoutez-y un beau ciel étoilé dans la nuit de mardi...)

              Et jeudi matin, profitant d’une plage de liberté, j’ai bouclé le texte : 6 couplets en alexandrins et 1 refrain... Tout ça est dans les tiroirs et va finir par sortir sous la forme de clips dont il sera fait l’annonce ici même.

 

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