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Hommage à la ville de Nantes

Publié le par Eric Bertrand

                Il se passe toujours quelque chose d’intéressant dans la ville de Nantes à laquelle j’ai déjà consacré de nombreux articles et il se trouve qu’en ce moment je suis en train de remanier de fond en comble une nouvelle parue dans « Chaussée de la Madeleine de Proust ». La nouvelle était construite sur une idée intéressante que j’ai gardée mais j’ai voulu entièrement en modifier le contenu.

                Il s’agit d’un récit qui, outre son aspect narratif et analytique, offre deux approches majeures : un retour sur ce qui fait de Nantes, depuis les années 90, une ville « expérimentale » surprenante, et l’anticipation puisque le récit se borne à une journée : le 1er janvier 2100.

                En illustration au caractère novateur de la ville, cet extrait des spectacles de la troupe Royal de Luxe qui a toujours proposé des spectacles de rue d’une extraordinaire énergie et inventivité. Voyez par exemple de quelle façon ils revisitent l’histoire dans les pages du livre « la folle histoire de France »...

 

 

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The beat generation into the wild

Publié le par Eric Bertrand

                Au détour d’une émission consacrée aux années 50 aux Etats-Unis (j’ai décidément une étrange attirance pour ce pays et particulièrement pour cette période), j’ai entendu cette chanson qui me renvoie au travail effectué autour de Jack Kérouac et des beatnicks au moment de la creation de “Jack on the route again!”…

                 La chanson est intéressante du point de vue du texte et renvoie à l’un des aspects de cette génération dont Kérouac est considéré comme le leader : le « beat », façon particulière d’aborder les « grandes questions » de sa société avec une certaine dose de relâchement et d’impertinence.

                 L’essentiel n’est pas là nous dit Jack, ni dans le fric, ni dans la nécessité de la carrière ou du ciment familial... Il se joue ailleurs, dans le rêve, dans l’éveil du corps refoulé, dans les contrées immenses de l’immense territoire américain, sous ces millions de « feuilles d’herbe » que chantait Walt Whitman, sur la route ! « Into the wild » pour reprendre le titre d’un film auquel j’ai consacré également un long article.

 

 

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Ecrire en chantant

Publié le par Eric Bertrand

              Qu’on se rassure, je ne suis pas en train de lancer un nouveau concept « dans le vent », visant à flatter le goût de la légèreté ambiante dont nos contemporains semblent raffoler...

              Le lecteur de ce blog a déjà remarqué, au fil des derniers articles, que le genre de la chanson commençait à m’intéresser. Ce genre ne chasse pas l’autre (celui du récit que je pratique toujours – je suis d’ailleurs en train de commencer un nouveau projet  sur lequel je m’expliquerai peut-être prochainement -) : disons que l’avantage de l’écriture d’un texte de chanson, c’est qu’il mobilise immédiatement l’énergie créatrice et qu’à la différence d’un roman ou même d’une nouvelle, son espace de réalisation n’excède pas deux ou trois heures.     

              Je peux l’affirmer avec cette précision car mon partenaire musicien m’a envoyé la semaine dernière une musique relative à la thématique des étoiles. L’air m’a tout de suite plu, le thème aussi, et tout cela a fait son chemin. (Rajoutez-y un beau ciel étoilé dans la nuit de mardi...)

              Et jeudi matin, profitant d’une plage de liberté, j’ai bouclé le texte : 6 couplets en alexandrins et 1 refrain... Tout ça est dans les tiroirs et va finir par sortir sous la forme de clips dont il sera fait l’annonce ici même.

 

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« Ridicule » au collège

Publié le par Eric Bertrand

 

 

 

           Chaque année, je profite de l’opération « Collège au cinéma » pour amener les élèves voir trois films qui méritent une réflexion au moins préalable. Ce premier trimestre, c’est « Ridicule », de Patrice Leconte, qui est à l’honneur.

           Pas un univers facile d’accès à première vue puisqu’il plonge le jeune ado illettré au cœur de la courtisanerie et de ces salons « post-précieux » dans lesquels se faisaient ou se défaisaient les réputations. A travers une image vigoureuse, l’acteur Jean Rochefort résume bien la situation : selon celui qui incarne un petit marquis, tout se passe un peu comme dans un western dont les colts seraient les bons mots.

           C’est dire le climat particulier qui règne entre les personnages. La légende veut par exemple que, sur son lit de mort, Louis XVIII, songeant à son successeur Charles X, ait lancé à ses médecins cette formule jolîment ambiguë et digne du film : « dépêchez-vous, Charles attend (charlatans) ! »

           On n’est plus à la cour de Louis XIV, mais on retrouve bien le climat de « la cour du Lion » si souvent évoqué par La Fontaine. Les singes et les léopards, les renards et les ours s’y font concurrence et rivalisent de moyens et d’artifices... C’est donc le masque d’une fête du bel esprit qu’il faut décrypter pour faire apparaître la vérité contemporaine du film : les élèves seront alors à leur aise. Avec un minimum de perspicacité, ils prendront sans doute plaisir à retrouver les jeux impitoyables des sociétés libérales qu’ils habitent, sociétés où l’intérêt personnel et le goût de l’argent l’emportent largement sur les qualités humaines.

           Et à cette occasion, relisons quelques-unes des Fables de La Fontaine qui demeure, plus que jamais, notre complice. Par exemple « la Cour du lion », « les Animaux malades de la peste », « les Obsèques de la lionne » ou encore « le Singe et le léopard ».

 

 

 

 

 

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« Dans la chaleur de la nuit »

Publié le par Eric Bertrand

 

 

« In the heat of the night »... Beau titre lourd de grand sud américain au début des années 60. Relents de Ku-Klux Klan et de William Faulkner, « Lumière d’août », « le bruit et la fureur » et, du côté cinéma, le terrifiant début de « La Ligne verte », ou encore le grinçant « o’Brother » et ses scènes ubuesques de Ku-Klux-Klan.

                 Mais rien d’ubuesque « Dans la chaleur de la nuit ». Au contraire, beaucoup d’implacable sobriété. L’histoire se passe dans une petite ville du Mississipi. Alors qu’il fait sa tournée après sa pause dans le traditionnel drugstore de bord de route, le shérif pile sur le cadavre d’un homme. A proximité de ce cadavre, un Noir qui passe immédiatement pour le coupable idéal.

                  La ségrégation raciale est immédiatement perceptible dans cette ville à proximité de laquelle on récolte encore le coton pour le bénéfice d’un grand propriétaire. Et dans cette plantation, de toute éternité, les serviteurs noirs sont dévoués et soumis au maître. Or ce coupable idéal, incarné superbement par Sidney Poitier se révèle être un officier de police réputé qui décide de mener lui-même l’enquête, en même temps que les Blancs. Eux souhaiteraient la bâcler, c’est là toute la différence de méthode...

                  L’évidence s’impose aussitôt, « le négre » a beaucoup plus d’intelligence, de tactique, de métier, d’élégance pour traiter l’affaire et comme la victime est un homme d’affaire important, la veuve réclame que clarté soit faite sur l’assassinat. Ainsi, comme le spectateur, elle reconnaît immédiatement le talent de ce policier qui soulève indignation et  haine dans les milieux influents de la petite ville. L’enquête va-t-elle céder la place au lynchage ? Dans la petite ville, il y a deux bus, deux vitesses et deux destinations... Rien ni personne ne semble pouvoir venir en aide à l’audacieux policier qui mène, à sa façon un combat à la Rosa Parks.

 

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