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La rue de Pernelle et l’hôpital Aufrédy : balades à La Rochelle (4)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

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                Il y a à La Rochelle, du fait de la situation de la cité sur l’Atlantique, de ses ressources en vin et en sel, un passé lié au commerce triangulaire. De grandes fortunes se sont, ici comme à Nantes, édifiées chez les armateurs. C’est le cas de la famille Aufrédy qui , en plein XVIII°, investit dans des navires en partance pour l’Afrique et que Balzac cite dans « Splendeurs et misères des courtisanes ».

                Mais à cette époque, la fortune lancée sur la mer reposait en même temps sur une « assiette » bien aléatoire... Ainsi, les Aufrédy, victimes d’un coup du sort, jouent-ils avant l’heure, le scénario inventé par Balzac. Splendeur et puis misère... Misère absolue, au point qu’ils ne doivent leur survie qu’aux religieuses dont on a vu la présence si marquée place Royale à La Rochelle...

                J’employais à dessein à leur propos le terme « d’assiette » et je songeais à l’analyse de Montaigne... « Le monde est une branloire pérenne », à Hamlet qui se sent « enfermé dans une coquille de noix ». C’est l’héritage baroque de ces maîtres qui nous disent, du haut de leur XVI° siècle, que rien n’est assuré sur cette pauvre planète où, bon an, mal an, nous conduisons, les uns et les autres, notre frêle destin.

                Les Aufrédy ont eu le temps de songer à cela... « vanitas, vanitatis », les fortunes sont au gré des flots... Mais un jour, miracle, les navires qu’on croyait engloutis reviennent au port. Shakespeare invente le même incroyable scénario dans le dénouement du « Marchand de Venise ». Mais entre temps, les consciences ont été marquées, les esprits ont mûri, médité, et par reconnaissance, l’épouse Aufrédy, la dite « Pernelle », a fondé l’hôpital du même nom.

 

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Le secteur des Forestières Place Verdun : promenades à La Rochelle (3)

Publié le par Eric Bertrand

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               Au-dessus de l’agitation urbaine, marché, voitures, passants, veille encore le visage doux et compatissant d’anges un peu oubliés qui règnent sur la ville et s’inquiètent du sort des miséreux.

               Le marcheur qui traverse la Place Verdun, anciennement « Place d’Armes » (on distingue l’ancien nom comme en palimpseste sous la plaque actuelle, et plus anciennement encore « Place du Château »), est attiré par les lustres du café de la Paix ou par les affiches du cinéma « l’Olympia »...

                Comme la majorité des bâtiments de cette place blanche, en dépit des tourments et des tumultes de la rue, les façades demeurent dignes et silencieuses. A l’image des Forestières qui, sous la conduite d’une certaine Anne Forestier, convertie au catholicisme suite à la révocation de l’Edit de Nantes, se dévouaient pour les miséreux en leur fournissant des lits et des soins. Elles officiaient justement à l’étage de ce bâtiment qui offre à la fois des paradis artificiels, des images pour oublier ou des lits pour panser ses plaies, c’est selon !

               A noter, pour ceux qui voudraient entendre une histoire d’amour derrière cette histoire de sainteté liée à La Rochelle, le savoureux roman de l’une des Ecrivaines de la côte, Jocelyne Ezvan : « les Forestières ».

 

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Le quai Duperré : promenades à La Rochelle (2)

Publié le par Eric Bertrand

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               Quel scandale dissimule l’austère cité derrière ses hautes tours et dans les plis de ses venelles ? Les liaisons peuvent être dangereuses ou clandestines à l’entrée de La Rochelle ! Nous sommes à la fin du XVIII° siècle. Pierre Chanderlos de Laclos, le célèbre auteur des « Liaisons dangereuses », licencieuses lettres échangées entre libertins avoués, n’a pas été insensible aux dessous de la vieille ville…

                Chargé d’une mission relative à la construction d’un nouvel arsenal, il en a aussi profité pour taquiner l’honorable et sémillante soeur de l’amiral Victor-Guy Duperré, baron d’empire, dont la statue trône à l’entrée du Port de la Rochelle. L’amiral tourne le dos à la mer et toise la Grosse-Horloge. Est-ce un effet de soudaine inquiétude pour la respectabilité de sa maison ?

                Sous l’arcade de la Grosse-Horloge, le marcheur s’engage dans le cœur de la vieille cité et peut examiner à son gré la trame de toutes les intrigues qui s’y nouent... (Que l’amiral Duperré se rassure : le galant à la sulfureuse réputation épousera la belle)... C’est un dédale de ruelles, et dans quelque hôtel particulier, la jeune Anne-Soulange, à peine âgée de seize ans, reçoit, réfugiée en son boudoir, le fringant officier qui sait si bien parler aux femmes des infortunes de la Vertu...

 

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L’avenue de la Repentie à Laleu : promenades à La Rochelle (1)

Publié le par Eric Bertrand

                 J’avais annoncé « Promenades à La Rochelle », alors allons-y, commençons la série que je mijote depuis un moment, photos à l’appui !

 

                 Laleu est étymologiquement un « aleu » (du latin « allodium »), c'est-à-dire une « zone franche ». Bref, Laleu est à l’origine une terre en marge de La Rochelle, une terre en friches, jadis accordée à des migrants qui souhaitaient s’installer sur une portion de terrain... Figures romantiques que ces exilés dédaignés par les nantis du centre-ville et considérés comme des intrus inquiétants, sauvages et barbares (notre époque en connaît d’autres…)

                 Aux abords de la mer, en face de l’ile de Ré, se dresse une falaise blanche, dans un secteur qu’on appelle « le Pertuis breton ». Derrière le boulevard de Cagnehors rebaptisé ces dernières semaines « boulevard de la Lutte » par les dockers et les autres manifestants, l’avenue de la Repentie mène à la falaise et aux tourbillons. A de certaines heures, l’océan et le vent y font rage. Comme les hommes…

                 Il était une fois, dans ces parages où la mer communique un peu de sa violence et de son fiel, une certaine Myria, belle jeune femme à la chevelure et au tempérament de feu. Elle ne tolère ni la misère, ni l’exploitation des fils de Laleu. Dressée contre un noble, le comte de Châtelaillon, elle organise la résistance. Naguère, son fils a été lui aussi appelé dans cette contrée située à quelques milles marins de la falaise des déshérités. 

                La nuit est sombre, périlleuse, les vaisseaux qui passent au large de Laleu sont la cible des naufrageurs qu’encourage Myria. Elle fait allumer des feux pour tromper les navires qui viennent se fracasser contre les rochers. Mais elle ne sait pas qu’un soir, son fils est à bord de l’un des navires.

                Ivre de chagrin et d’amertume, du haut de cette falaise qui a piégé le dernier équipage, la rousse Myria se précipite, et devient « la Repentie ».

 

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Troubles adolescents

Publié le par Eric Bertrand

 

         L’un de mes amis porte à ma connaissance ce petit clip qui en dit long sur cette période de l’adolescence qui m’a intéressé lors de la rédaction de « L’Organisme »... Au passage, on savourera l’accent canadien !

         En tout cas, je ne résiste pas au plaisir de commenter à l’aide d’un extrait du chapitre 2 du roman, mais beaucoup bien d’autres pourraient y faire écho !

« Qu’est-ce que j’en ai entendu sur mon compte ! « Boutonneux ! Dents jaunes ! Cerveau mal fini ! Chenille ! Crapaud ! Homard sans carapace ! » Et tout un tas de noms d’oiseaux… « Une mauvaise passe », « l’âge ingrat ! », « il faut bien que jeunesse se passe ! »…

Je ne supportais plus ce miroir de laboratoire que tendent les adultes. Se reconnaissent-ils à travers nous ? En profitent-ils pour régler leurs comptes avec une image dégradée d’eux-mêmes, qu’ils regrettent et rejettent tout à la fois ? Leur adolescence... Cet âge où tout était encore possible, même dans leur visage et dans leur corps ! Evidemment, maintenant, c’est trop tard ! Ils ont le visage et le corps bien trop ratatinés et quant à l’esprit, rien de bien excitant dans le fond ! »

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