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Rue du Paradis : balades à La Rochelle (9)

Publié le par Eric Bertrand

Les rues de La Rochelle (15)

 

              On bascule depuis deux articles entre débauche et bigoterie et les rues de la ville semblent ménager cette ambiguïté. On évoquait Evescot et couvent, recueillement et  mariettes, mais La Rochelle n’est pas un lieu dévot !

             Témoin la rue du Paradis, toute proche du port, et qui prétendait consoler les marins de l’enfer de la pleine mer entre les bras des bonnes filles. Leur présence résonnait déjà sur le trottoir, dès le fameux Cours des Dames où elles arpentaient, entre le quai et les deux tours.

              Inversement, la rue du Diable existe à la Rochelle, mais nuance, elle abritait un couvent ! De quoi déboussoler le marin en quête d’apaisement. Encore lui faut-il savoir décrypter le sens caché des choses et être capable de deviner où le diable va se loger, mais tant que Belzébuth... Les chansons de marins ne reculent pas non plus devant la tentation de belles contrepèteries !

 

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Rue de l’Evescot : balades à La Rochelle (8)

Publié le par Eric Bertrand

                En même temps qu’à la débauche avec les « dames » et les « filles de La Rochelle », il y a dans cette ville un bon nombre de rues qui nous invitent, pauvres pécheurs, sinon à « l’examen de minuit » prôné par Baudelaire, du moins au recueillement religieux parce qu’elles convoquent le souvenir de lieux saints...

                Combien de monastères, combien de couvents et combien d’églises dans les rues de La Rochelle ? De nombreuses plaques commémoratives le rappellent, à commencer par le lieu de spectacle « la Coursive », naguère marché aux poissons et jadis couvent ! Par quels stades l’homme doit-il passer pour accéder à la culture !

                 Pour ce qui est de la religion, il fut un temps où la rue de l’Evescot accueillait l’évêque de Saintes dans les murs de son monastère. Silence dans les rangs !

 

« La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
A nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s'enfuit (...)
- Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres » 

 

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Cours des Dames : balades à La Rochelle (7)

Publié le par Eric Bertrand

Rues-de-La-Rochelle--2-.JPG

 

            Les chants de marins y sont-ils pour quelque chose ? Il va de soi que les « filles de la Rochelle » comme « les filles de Valparaiso » sont connues dans le monde entier... (Mais chaque pays a son port d’attache !)

            D’ailleurs, lorsque je retrouve l’un de mes amis lyonnais, il a coutume de lancer à la cantonade : « comment se portent les filles de La Rochelle ? ». Au propre comme au figuré, La Rochelle est une ville dans le vent, qui attire à la fois les marins et les sirènes, les voiles et les jupons. Cap à l’ouest ! Effet côte ouest !... Ville à la mode, ville d’élégance, toute en brise et en chatteries...

           Tandis que sur les quais, « quai des Chalutiers », « quai Simenon », « quai Duperré », « quai Valin », « quai Maubec », « quai du Lazaret » tintent les mâts, les filles balancent dans les rues leurs accessoires et leurs attributs. L’histoire de La Rochelle, c’est une histoire de femmes qui glissent depuis les rouleaux de la mer et jusqu’aux sables du Casino, entre religion et luxure.

             Elles filent sur les trottoirs et dessinent sous leurs pieds les « tapis roulants » de la grâce et de l’Elégance. Grands axes de la Féminité, « Rue des Dames » à proximité des deux tours, « Rue des Bonnes femmes » près du marché couvert, « Rue des Dames blanches »... Toutes ces dames ne courent pas après la même fumée... Ainsi, le Vice et la Vertu se frôlent-ils au centre-ville. Sur le même pavé, et derrière chacune de ces silhouettes qui remontent le passé, les bonnes œuvres prennent des visages différents...

 

 

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Rue de la Désirée : balades à La Rochelle (6)

Publié le par Eric Bertrand

         On est tout près du port et on pense aux bateaux quand on est dans le quartier de la Ville en Bois ou dans celui du musée maritime, face à l’Encan. La grande artère qui longe la mer, en face des deux tours, porte le nom du fameux Vespucci, navigateur qui, mieux que Colomb, avait « deviné » l’Amérique.

         Dans ce secteur, on tombe sur la Rue de la Désirée et, indication supplémentaire, « navire rochelais ». Comme l’écrit Baudelaire, Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.

         La Rochelle est un port fabuleux, qui ne cesse de parler de navires. L’océan est un écran à navires, un filet aux alouettes qui comporte, dans son ventre, en toute éternité, le présent et la mémoire. La force de l’océan, c’est en effet de contenir dans sa mémoire, à la fois le « scintillement des phares », « les formes élancées des navires » et les tempêtes et les naufrages...

          Au bord de l’océan, les rues qu’empruntent les hommes peuvent parfois se souvenir.  A l’époque où des bateaux transportaient des prisonniers vers le bagne, la gabarre « la Désirée » avait fait naufrage sur les côtes de la proche ile de Ré, au large de St Clément des Baleines. 51 corps avaient été retrouvés.

          La mer est le bagne ultime.

 

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Cour de la Commanderie et rue du Temple : balades à La Rochelle (5)

Publié le par Eric Bertrand

 

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              Les Templiers sont présents à La Rochelle pour des raisons historiques. Aliénor d’Aquitaine leur avait accordé des avantages dans la ville et ils occupaient, il y a de cela plus de sept siècles, une position avantageuse dans un secteur très animé, situé entre la Grosse Horloge et le quartier du Perrot. Le somptueux monastère de la Commanderie et les riches bâtisses qui leur appartenaient (après avoir été confiés aux Hospitaliers) ont certes disparu, mais leur présence est encore marquée dans le nom de rues comme la rue du Temple ou cette Cour de la Commanderie.               

              Et si le flâneur tente cette plongée dans le temps, il lui suffit de s’engager dans un petit passage qui jette son amorce dans la rue du Palais : il tombe alors, au détour d’une cour intérieure, dans l’étrange rue des Templiers qui a des airs de labyrinthe, sur une croix templière incrustée sur le pavé devant une grosse maison.

               Les Templiers ont été, comme on sait, chassés et massacrés après ordre de Philippe le Bel. Mais certains ont eu le temps de se réunir et d’organiser leur évasion du port de La Rochelle vers... l’Ecosse et plus particulièrement vers le nord du pays.

               Le lien entre passé et présent est ainsi établi au nom de la Vieille Alliance : « the Auld Alliance » entre Français et Ecossais et le fait qu’il y ait, à l’aéroport de la Rochelle, une liaison directe low-cost entre Edinburgh et la ville des derniers Templiers n’est peut-être pas seulement le produit du hasard.

 

 

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