La perspective de la représentation de Tartuffe à la
Coursive la semaine dernière m’a amené à l’intégrer dans le cours de théâtre de premières. Il faut consacrer l’étude à une œuvre intégrale et « inviter » les élèves à
en lire au moins une autre : comme j’étudie Dom Juan, c’est donc aux élèves de faire l’effort vers Tartuffe et certains ont pu me rejoindre un soir de la semaine dernière pour assister à une interprétation de cette belle pièce qui est l’une
de mes favorites du maître.
Il y a toujours appréhension quand on amène des élèves au théâtre assister (pour certains) à leur première représentation ! Certaines mises en
scène sont tellement discutables ou ennuyeuses... Tartuffe est une pièce vigoureuse, pleine d’audace et d’humanité. Elle met en jeu les
passions et une violente remise en question des fondements religieux de l’époque.
C’est pour cette raison que sa représentation a été aussitôt interdite par une obscure « Compagnie du Saint Sacrement » au moment de sa création
en 1664. Alors, en guise de réplique, Molière reprend aussitôt la plume et écrit Dom Juan qui sera, elle aussi, interdite un peu pour les
mêmes raisons ! Opiniâtreté renaissante de l’infatigable moraliste témoin de son temps ! On y revient demain pour une série de cinq articles sur cette représentation de
Tartuffe.
Ils sommeillaient dans les rudesses de l’hiver mais ils finissaient sans doute leur gestation... ces deux livres prêts depuis plus de six mois. L’éditeur m’a enfin
confirmé avoir passé le cap difficile... Il reste quelques détails techniques et les deux exemplaires seront en ligne, disponibles sur le site en version numérique.
L’idée de présenter un format papier n’est pas abandonnée, loin de là et j’ai même insisté pour qu’elle soit réalisable. Nous y travaillons en ce moment et cela devrait
permettre à tous les lecteurs et lectrices de trouver leur compte !
Certains ont la qualité de perspicacité qui confine parfois à la manie, voire à la mesquinerie, ce que rend assez bien l’expression
idiomatique : « chercher la petite bête ». Quand on cherche cette petite bête, on devient vraiment agaçant, surtout que, la plupart du temps, c’est par mauvaise foi et par volonté de montrer que,
contre vents et marées, on a raison de chercher aussi « des poux dans la tête »!
En hollandais, on « cherche des clous à marée basse ». Moi qui habite les rivages de l’Atlantique et qui affectionne
la pêche à pied, je n’en ai jamais trouvé, même en période de grande marée. Les Indonésiens rendent compte assez bien de l’attitude de celui qui se livre à ce genre d’activité en affirmant qu’il
est « comme une grenouille à l’intérieur d’une noix de coco » !
C’est fou comme l’intelligence peut sonner creux quand elle est mise à l’épreuve de l’obstination...
Avoir le cafard ! L’insecte n’est pas une figure agréable à fréquenter d’autant que la plupart du temps, il monte au cerveau !
Baudelaire qui a vomi le spleen et accusé les traits des « infâmes araignées » venant « tendre ses filets au fond de nos cerveaux » trouvait les bonnes images pour évoquer cette déroute de
l’Espoir. Ce que l’expression idiomatique « Avoir une araignée au plafond » contribue très bien à restituer.
Il semble que l’insecte soit une spécificité française : en portugais, on dit « avoir de petits singes dans le grenier », en
néerlandais « avoir reçu un coup de moulin » et en anglais, « avoir des chauve-souris dans le beffroi ».
Après le coup de
grâce de la Faucheuse comme écrit Brassens, « la rencontre au coin d’un bois de sa majesté la mort », le temps passe et l’intéressé « mange ou fume les pissenlits par la racine ». Le monde est
inversé et l’activité des sens persiste selon l’imaginaire des langues. « Fumer », ce n’est pas « tirer des bouffées de tabac » et s’intoxiquer (il n’est plus temps et, à ce stade, on s’en
fiche !) mais engraisser la terre. On disait aussi plus joliment « fleurir les pissenlits »
Les Allemands dédaignent les pissenlits et posent un œil plus attendri sur les radis : le mort « regarde les radis par en dessous ». Fort de
sa position, il est, d’après les Néerlandais, « couché sous les mottes vertes » et même, pour les Anglais, doté d’une vigueur nouvelle puisqu’il « pousse les marguerites vers le haut » (« to push
up the daisies ») sans jamais plus, hélas, pouvoir les effeuiller !
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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