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Prochains livres

Publié le par Eric Bertrand

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                 Livres marqués par la patience... En cela, j’ai aussi évolué, apprenant à laisser le temps qu’il faut à un livre pour la gestation ! Que mes lecteurs patientent également. Nous avions « tablé » sur les fêtes de Noël. « Peut-être ! » m’a répondu l’éditeur, mais il est également confronté à de nombreuses difficultés techniques pour cet énorme travail qui consiste à évoluer vers le numérique.         

 

                Je l’ai eu au téléphone vendredi, et il m’expliquait qu’il y avait, autour de ces « formats » si particulier à saisir une infinité de problèmes à résoudre. Mais « l’affaire suit son chemin » et le site se construit tout doucement ! Alors, patience ?

 

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Réécriture pour la scène des « Animaux malades de la peste » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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(Une salle. Le lion trône sur un fauteuil confortable. Les animaux sont à ses pieds. L’ambiance est tendue. Douze coups sonnent à l’horloge, le son est celui du tocsin. Le lion est vêtu d’une grosse pelisse qui lui donne un air majestueux)

Le lion : mes chez sujets, vous le savez, l’heure est grave ! La Peste continue de faire des ravages parmi nous ! Cela ne peut plus durer ! Je suis le Roi, mon devoir est de trouver une solution, un remède à nos maux. (Il retrousse ses manches, pointe un doigt accusateur sur l’ensemble des assistants. Les autres baissent l’échine. Silence.) Rassurez-vous, je ne suis pas roi pour rien. (Il a un rire maléfique) Cette nuit, j’ai compris... L’un d’entre nous est coupable. Il nous fait payer cher la faute qu’il a commise. Il faut immédiatement le démasquer. Par conséquent, nous allons tous avouer nos fautes !  (Il se déplace parmi les animaux prosternés) Et c’est moi qui vais vous montrer l’exemple (il sort un miroir de sa poche et s’adresse à lui-même) : Louis, qu’as-tu fait ? Allons, Louis, avoue ta faute ! Bon... J’ai mangé quelques moutons et par hasard un petit berger de rien du tout qui passait par là... Voilà tout ! J’ai terminé.

Le renard : (se frottant contre les pattes du lion) : vous n’avez rien fait de grave, sire ! Tous les crétins que vous avez avalés ne méritaient pas mieux, vous avez même été généreux de daigner les croquer de votre gueule royale. C’est un privilège dont les hommes se souviendront longtemps, eux qui sont si habiles à trouver du profit à tout.

Le tigre : (s’enhardissant) : j’ai en ce qui me concerne croqué un chasseur.

L’ours : (dressant la tête) : j’ai, pour ma part, croqué un apiculteur.

Le requin : (même jeu) : j’ai, pour ma part, croqué un surfeur.

Le mâtin : (même jeu) pour ma part, croqué un chaperon rouge... Un tout petit et tendre chaperon rouge.

L’âne : (tournant en rond et se frappant le poitrail en signe de mortification) et moi, j’ai péché, oh, j’ai péché ! Mea culpa, mea culpissima ! j’avoue qu’un jour, je me suis laissé tenter par l’herbe fraiche d’un bout de pré. Oh, pas grand-chose, juste la surface de ma langue. Comprenez-moi, l’herbe était si appétissante, si verte, si sucrée. Un vrai chewing-gum de chlorophylle.

Le loup : (il se dresse de toute sa hauteur, montre l’âne d’un geste autoritaire) horreur ! Horreur ! Honnêtes jurés, n’allons pas plus loin... (Il prend son temps comme pour préparer un réquisitoire) Noble cour, ne cherchez pas plus loin ! nous tenons notre coupable. C’est ce minable, ce pelé, ce galeux, ce misérable ! Cela est clair ! C’est lui le responsable de tout ! Attendu qu’il n’avait demandé la permission à personne, attendu qu’il n’avait aucun droit et, par surcroit, que son mobile était la gourmandise et par conséquent le strict intérêt personnel, je le déclare coupable ! Haro sur le baudet, c’est de la bonne justice ! haro sur le baudet !

Les autres animaux : haro sur le baudet ! haro sur le baudet ! (Ils se jettent sur lui et le lion croque quelques pattes en passant pour se réserver la part du lion)

 

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Réécriture pour la scène des « Animaux malades de la peste » (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

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                Dans le souci de faire comprendre les textes de La Fontaine que mes élèves jugent parfois complexes ou qu’ils survolent, je leur ai demandé d’adapter pour la scène la fable du livre 7 appelée : « les Animaux malades de la peste ». Cet exercice de transposition est aussi formateur pour « le travail de l’écriture » car, si l’on garde le propos, il faut respecter un certain nombre de contraintes liées à la prise en compte de la scène contemporaine.

              Rappel de méthode : changement d’énonciation, adaptation à un langage plus simple, présence de didascalies... Et en attendant, voici pour le plaisir, l’occasion de la relire la fable !

 

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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La tablette sous le feu de Fahrenreit 451

Publié le par Eric Bertrand

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Mon prochain livre est annoncé par mon éditeur sous un format numérique... Traitre ! Suis-je en train de passer du côté de ceux qui renieraient le livre ? Outre les questions d’ordre stratégique et commercial, une petite mise au point s’impose auprès de mes lecteurs !

            La prolifération de l’outil numérique présenté comme la grande menace contre le Livre déclenche des passions et des polémiques au milieu desquelles on voit même se mêler ceux qui n’ont jamais été lecteurs et qui, Cassandre de bibliothèques, annoncent déjà l’inéluctable disparition du livre : bruissement du papier qu’on froisse, odeur des pagées avalées à la petite cuillère, ombre tutélaire et rassurante des étagères à livres...

               Gone with the wind ? Envolés au vent mauvais d’un outil diabolique ? D’un ogre mangeur de livres ? D’un lance-flammes lancé dans une impitoyable chasse aux mots ? Ce désolant scénario, rappelle un peu celui imaginé par Ray Bradbury il y a quelques décennies... Fahrenheit 451 : par ordre du gouvernement, des légions de pompiers pyromanes mettent le feu aux livres. Face à l’autodafé, une poignée de héros mènent une bataille acharnée.  Non à l’Infâme, non à la Bêtise ! Il faut jouer l’Esprit contre l’Outil. L’Intelligence contre le Gadget. La Flamme contre le Bûcher !

               Pour résister, les guerriers du feu ont l’idée d’ingurgiter les phrases des livres afin de les conserver dans la mémoire et de les échanger ensuite, en réunions, au cours de longues récitations destinées à entretenir le tison. Comme l’écrit Victor Hugo, « si l’on met le bâillon à la bouche qui parle, la parole se change en lumière, et l’on ne bâillonne pas la lumière ».

               A l’heure du numérique, faut-il donc à nouveau armer la mémoire et redouter la lumière de l’écran tactile ? Les fameuses « tablettes » offrent au lecteur qui se berce de mots l’occasion de stocker, sous de la lumière feutrée, un relai de Pensée, un diffuseur de lumière. Les livres restent à la maison mais en même temps, les livres accompagnent.

              « Les poings dans mes poches crevées, mon paletot devenait idéal »... « Sous le ciel, Muse », je m’en vais désormais, avec, au fond de ma poche, une « barrette de mémoire vive », un vrai « dictionnaire portatif » du genre de celui dont, rêvaient Voltaire et les Encyclopédistes !

 

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Article du mois : l’univers de l’ami Brassens

Publié le par Eric Bertrand

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Margoton, Marinette, Fernande, Hélène aux sabots, Pénélope, femme d’Hector, Cendrillon... Elles ont des charmes d’un autre âge les dames du temps jadis que chante Brassens. Comme sous les boules à neige qu’on vend aux touristes, elles se mettent à bouger dans les « flocons des neiges d’antan ».

               Pamphile, Nestor, Archibald, vieux Léon, brave Martin... Les hommes qui les courtisent appartiennent eux aussi à une catégorie à part de séducteurs. Ils se retroussent les manches et ils vont à la chasse aux papillons.

               Cupidon, grand Pan, Saturne, Vénus et Bacchus, ces dieux-là sont à chaque fois de la partie. Impossible de faire sans eux... Ces compères savent rigoler. Rigoler comme Villon, maître François et tous les « foutrement moyenâgeux » qui poursuivent les belles parmi les amandiers, les bancs publics, les bistrots, les chênes et les claires fontaines.

                Ils disputent leur place aux cocus, aux croque-notes, aux gros dégueulasses ou aux pandores. « Gare au gorille ! » Ils retroussent les nonnettes et les nonnains, les punaises de sacristies, les jeunes veuves et les filles à cent sous. Ils se font tout petits devant les jolies fleurs, et les poupées. Ils leur apprennent les ricochets, les marguerites et les filets à papillon. Ils réparent les paratonnerres, franchissent les ponts (« il suffit de trois petits bonds »), fument les bonnes vieilles pipes en bois et cueillent des baisers sous la treille ou sous le parapluie.

                 Ecouter Brassens, c’est se mettre sous le parapluie et entendre ruisseler toute la vieille langue qui nous vient de Villon, de Rabelais et de La Fontaine et qui traverse le temps ou le paradis, « on ne perd pas au change, pardi ! ».

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