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Vœux et projets débuts 2012

Publié le par Eric Bertrand

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            Et d’abord, une bonne année 2012 à tous et toutes.

            En ces premiers jours de janvier, c’est le moment de reprendre le fil de ce blog. Au programme des prochains articles ? Après l’article du mois, le bilan de quelques lectures que j’ai faites, de films ou de réflexions diverses touchant à mon planning d’enseignement, un chapitre linguistique depuis longtemps promis. Et puis à suivre également, côté « événements », la publication de mes prochains livres qui tarde encore et qui a manqué l’occasion des fêtes. Des problèmes liés aux circonstances actuelles ont ralenti la procédure. Et l’éditeur est comme ses auteurs, dans l’expectative...

 

            Alors allons-y !

             Et quant à vous cher (e) lecteurs et lectrices, je vous souhaite plein de lectures, de spectacles, de rencontres enthousiasmantes... On a besoin des ressources de l’esprit en ce temps plutôt moroses !

 

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Vacances de Noël !

Publié le par Eric Bertrand

 

 

           Je mets ce blog en repos pendant quinze jours car les occupations de chacun vont être vraiment nombreuses pour laisser du temps ! Je vous souhaite donc à toutes et tous d’heureuses fêtes et pour terminer, un avant-goût d’une nouvelle rubrique dans ce blog, fondée sur de petits films pris sur le vif dans les Highlands cet été.        

           L’occasion de respirer un peu de cet air si vivifiant et de présenter le cadre de cet « atelier d’écriture » qu’est l’Ecosse ! Et pour commencer, la tranquillité moutonnière sans personne autour de nous ! Panurge a sauté l’eau, les hommes avec, mais pas les moutons !

 

http://www.youtube.com/watch?v=3TammTys2nQ 

 

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La « The Nana » et la Vénus décatie (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

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           Pour terminer cette série d’articles sur Nana et la corruption du régime de Napoléon III, il faut laisser bien évidemment une place pour Hugo qui déroule sous les pieds de « Napoléon le Petit » un tapis d’alexandrins... Ainsi, la fin de ce poème qui se nomme « on loge la nuit » et qui donne à voir autrement « la fête impériale »...

 

Regarde, tout est prêt pour te fêter, bandit.

L’immense cheminée au centre resplendit.
Ton aigle, une chouette, en blasonne le plâtre.
Le bœuf Peuple rôtit tout entier devant l’âtre
La lèchefrite chante en recevant le sang ;
À côté sont assis, souriant et causant,
Magnan qui l’a tué, Troplong qui le fait cuire.
On entend cette chair pétiller et bruire,
Et sur son tablier de cuir, joyeux et las,
Le boucher Carrelet fourbit son coutelas.
La marmite budget pend à la crémaillère.
Viens, toi qu’aiment les juifs et que l’église éclaire,
Espoir des fils d’Ignace et des fils d’Abraham,
Qui t’en vas vers Toulon et qui t’en viens de Ham,
Viens, la journée est faite et c’est l’heure de paître.
Prends devant ce bon feu ce bon fauteuil, ô maître.
Tout ici te vénère et te proclame roi ;
Viens ; rayonne, assieds-toi, chauffe-toi, sèche-toi,
Sois bon prince, ô brigand ! ô fils de la créole,
Dépouille ta grandeur, quitte ton auréole ;
Ce qu’on appelle ainsi dans ce nid de félons,

C’est la boue et le sang collés à tes talons,
C’est la fange rouillant ton éperon sordide.
Les héros, les penseurs portent, groupe splendide,
Leur immortalité sur leur radieux front ;
Toi, tu traînes ta gloire à tes pieds. Entre donc,
Ote ta renommée avec un tire-bottes.
Vois, les grands hommes nains et les gloires nabotes
T’entourent en chantant, ô Tom-Pouce Attila !
Ce bœuf rôtit pour toi ; Maupas, ton nègre, est là ;
Et, jappant dans sa niche au coin du feu, Baroche
Vient te lécher les pieds tout en tournant la broche.

Pendant que dans l’auberge ils trinquent à grand bruit,
Dehors, par un chemin qui se perd dans la nuit,
Hâtant son lourd cheval dont le pas se rapproche,
Muet, pensif, avec des ordres dans sa poche,
Sous ce ciel noir qui doit redevenir ciel bleu,
Arrive l’avenir, le gendarme de Dieu.

 

 

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La « The Nana » et la Vénus décatie (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

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               Je terminerai par des références à d’autres auteurs de l’époque de Zola pour montrer comment la « circulation entre les textes » peut être riche en enseignements divers, commençons par une autre forme de la « mouche d’or » : « le vampire » de Baudelaire

 

La femme cependant, de sa bouche de fraise,
En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,
Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,
Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :
" Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science
De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.
Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,
Et fais rire les vieux du rire des enfants.
Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,
La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !
Je suis, mon cher savant, si docte aux Voluptés,
Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,
Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,
Timide et libertine, et fragile et robuste,
Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,
Les anges impuissants se damneraient pour moi ! "

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,
Et que languissamment je me tournai vers elle
Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus
Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus !
Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,
Et quand je les rouvris à la clarté vivante,
A mes côtés, au lieu du mannequin puissant
Qui semblait avoir fait provision de sang,
Tremblaient confusément des débris de squelette,
Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette
Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,
Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.

     Charles Baudelaire

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La « The Nana » et la Vénus décatie (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

 

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                  Le pouvoir charnel de l’intéressée est tel qu’un journaliste perspicace l’appelle « la Mouche d’or » : cette image est cocasse et plaît particulièrement à l’auteur de « l’Organisme » ! D’autant qu’elle fonctionne à la fois comme « bon mot » de journaliste (attribué à un certain Fauchery) et comme mythe littéraire à l’œuvre dans l’ensemble du roman : Nana parvient en effet à s’immiscer jusque dans les tissus des hommes les plus dignes, les plus en vue, dont le comte Muffat dont elle fait craquer la carapace et les principes et dont elle perce tous les secrets. Zola la décrit animale, organique. Bestiole avide et perverse au charme épidermique, elle se glisse dans les fibres de ses amants pour les manipuler. « Elle avait poussé dans un faubourg, sur le pavé parisien ; et, grande, belle, de chair superbe ainsi qu’une plante de plein fumier, elle vengeait les gueux et les abandonnés dont elle était le produit... Une mouche couleur de soleil envolée de l’ordure, une mouche qui prenait la mort sur les charognes tolérées le long des chemins et qui, bourdonnante et dansant jetant un éclat de pierreries, empoisonnait les hommes rien qu’à se poser sur eux, dans les palais où elle entrait par les fenêtres. »

             De fait, elle les tient jusqu’à les humilier, expliquant par exemple au comte que sa femme (qu’il trouve froide et guindée) a des amants qui la dévergondent hors de chez elle, s’amusant de lui, le ruinant à belles dents comme elle en ruine d’autres. Le lit de Nana devient un brasier dans lequel se fond l’or des amants qu’elle conquiert. C’est un peu la Pandora courtisane. Toutes les énergies de ces aristocrates, de ces banquiers bien en vue, leurs terres, leurs demeures, leur argent, s’évanouit entre ses bras. Voilà le mythe de la mouche d’or qui s’achève en une horrible vision de la Vénus devenue « charogne » pour parler le langage de Baudelaire.

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