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Jurons en chœur au Québec !

Publié le par Eric Bertrand

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           Dans mon travail en BTS sur les jurons, j’ai travaillé sur un article consacré aux jurons québécois. Très différents des nôtres, vous allez voir ! En même temps qu’un joyeux défilé de jurons, cet article paru dans « Courrier International » présentait une curieuse exposition consacrée à des objets d’église et soulignait un paradoxe : celui de la présence dans la langue courante au Québec, de jurons qui sont empruntés au lexique de la liturgie.
           L’Eglise catholique, très active au Québec, est propriétaire de « mots saints »... Par réaction contre elle, les Québécois se sont mis à utiliser pour jurer ou plutôt « sacrer » des mots comme « tabernak », « ostie », « ciboire » ou « câlice »... Cela dans le but de mettre à distance des rituels qui leur pesaient. Or, phénomène inverse, à l’heure actuelle, alors que les nouvelles générations tendent à oublier de plus en plus l’origine des mots et des expressions, certains conservateurs s’efforcent de ramener sur le devant de la scène la réalité première de ces chers « sacres » menacés à leur tour d’extinction ! Il faut en effet de plus en plus souvent, constatent les éducateurs, rappeler aux élèves railleurs qu’un guide ou qu’un bedeau ne jure pas lorsqu’il leur montre un tabernacle, un ciboire, une ostie, qui plus est, con-sacrée !


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La vie à rebours

Publié le par Eric Bertrand

100-7464.JPG         Je vous laisser rêver avec cette réflexion de Woody Allen qui me rappelle un peu l’extraordinaire  nouvelle de Scott Fidzgerald : « l'Etrange histoire de Benjamin Button »...

         On devrait vivre la vie à l'envers.  Tu commences par mourir.  Ça élimine ce traumatisme qui nous suit toute la vie.  Après, tu te réveilles  dans une maison de retraite, en allant mieux de jour en jour.  Alors, on te met dehors  sous prétexte de bonne santé et tu commences par toucher ta retraite.  Ensuite, pour ton premier jour de travail,  on te fait cadeau d'une montre en or et tu as un beau salaire.  Tu travailles  quarante ans  jusqu'à ce que tu sois suffisamment jeune pour profiter de la fin de ta vie active.  Tu vas de fête en fête,  tu bois, tu vis plein d'histoires d'amour ! Tu n'as pas de problèmes graves.  Tu te prépares  à faire des études universitaires.  
          Puis, c'est le collège.  Tu t'éclates avec tes copains, sans affronter les obligations, jusqu'à devenir bébé.  Les neuf derniers mois, tu les passes flottant tranquille, avec chauffage central, room service , etc...  Et, à la finale,  tu quittes ce monde dans un orgasme !

 

 

 

 

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A l’école du capitaine Haddock (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

 

 

        Qu’impliquent ces insultes et qu’ont-elles en commun ? Elles révèlent chez Haddock la haine de tout ce qui indique un manque de courtoisie et de savoir-vivre : Cyrano à quatre pattes, pignouf, jocrisse... Le rejet obstiné de toute forme de sauvagerie (alliant violence, aliénation et stupidité) Mussolini de carnaval, apprenti dictateur à la noix de coco, mameluk, bachibouzouk, anthropophage, cercopithèque, troglodyte, boit-sans-soif, schizophrène... Le sage capitaine poursuit sa rhétorique et constate que tout manquement aux règles élémentaires de la civilité entraîne inexorablement nos semblables à une régression vers l’animalité : ornithorynque, chouette mal empaillée, scolopendre, morue dans un carton à chapeaux, coléoptère, et débouche logiquement sur la désincarnation : ectoplasme, cataplasme, sinapisme, scaphandrier d’eau de vaisselle, mitrailleur à bavette, projectile guidé, bibendum, vieux rafiot...
         Accumulées les unes aux autres, ces insultes qui tombent en tas du nuage de la BD constituent un tissu riche en couleurs, en sonorités diverses (assonances et allitérations) particulièrement efficace pour exprimer le ressentiment et châtier les contrevenants... Mais aussi, souhaitons-le, pour nous rappeler à un minimum d’exigence envers nos concitoyens.
          Merci pour la leçon, captain oh mon captain !


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A l’école du capitaine Haddock (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

 

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L’amateur de bons mots et d’humanité a souvent pu constater hélas, la pauvreté des insultes et des jurons qui se déchaînent à la plus futile des occasions... Je voudrais profiter de cette période de Noël, si riche en courtoisie et en civilité dans les magasins et sur la route, pour fournir une autre écume à ceux qui, comme le capitaine Haddock, s’abandonnent parfois, à leur corps défendant, à cette tempête des mots.
          Et d’abord, rendons à César ce qui est à César ! Visage excédé, explosion de colère que manifestent, sur chacun de ses traits, les signes qui disent en même temps l’impuissance du langage à rendre toute la charge émotionnelle... C’est le capitaine Haddock... Mais la force de ce vieux marin du genre colérique, c’est de trouver immédiatement les mots et de se laisser aller à la démesure, un peu à la manière d’un personnage de Rabelais, à grands renforts de gauloiseries !
          Le voilà qui gronde et qui fulmine, le voilà qui s’en prend au ciel « Tonnerre de Brest » (revendiquant ainsi son statut de marin breton) ou qui couvre d’insultes un autre personnage exutoire. Mais attention, lorsqu’il s’emporte, il en fait en même temps une affaire d’honneur personnel... en maudissant le misérable, il dresse implicitement son autoportrait, et affirme sa différence et son aspiration à une compagnie raffinée et choisie !
          Retrouvons cette verve au fil de ces moments d’éclaboussure verbale, relevé non exhaustif réalisé au gré de mes lectures de « Tintin »... Elles révèlent la créativité langagière du capitaine et entraine le lecteur dans ce que Brassens appelle une « ronde des jurons » : Ornithorynque, boit-sans-soif, bachibouzouk, anthropophage, cercopithèque, schizophrène, jocrisse, troglodyte, ectoplasme, Cyrano à quatre pattes, Mussolini de carnaval, coléoptère, chouette mal empaillée, apprenti dictateur à la noix de coco, gyroscope, mameluk, vieux rafiot, scolopendre, morue dans un carton à chapeaux, sinapisme, pignouf, scaphandrier d’eau de vaisselle, bibendum, cataplasme, mitrailleur à bavette, projectile guidé...

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Cauchemars et rêves de métamorphose (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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              La métamorphose est traitée comme une expérience jubilatoire dans certains cas. Exemple de ce beau récit de la mythologie grecque rapportée par Ovide : Philémon et Beaucis obtiennent un présent de la part de Jupiter qui voulait faire un geste fort pour récompenser les deux amants, effrayés par l’idée de la mort et de la séparation éternelle... 
              Le Dieu sait se montrer compréhensif parfois et proposer des réponses adéquates aux rêves des mortels : il leur donne la possibilité ultime de renaître sous la forme d’un seul et même arbre autour duquel ils retrouvent un enlacement éternel.
             Cette métamorphose rappelle aussi celle de Tristan et Iseut, dont les bras s’unissent dans ce rosier d’éternité.




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