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Aborder “alcool” et “drogue” en culture générale (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

Juillet 2010 (108) [1600x1200]

                     Alcools et drogues sont des produits dont le fonctionnement postule à la fois le plaisir et la dépendance du consommateur. L’ensemble des documents proposés dans ce dossier éclaire cette double réalité des « paradis artificiels » comme les désigne le poète Charles Baudelaire. Cinq des six documents évoquent l’alcool, un seul traite de la drogue sous ses formes diverses. Trois d’entre eux sont des chansons du même compositeur (connu pour ses abus en tout genre), deux sont des dessins représentant sous une forme différente une bouteille de vin (vin beaujolais et vin Guinget). Enfin, le dernier est un extrait de roman écrit par un auteur naturaliste, Zola, dont la spécificité consiste dans l’enquête sur la réalité de ce qu’il décrit. Cette synthèse examinera d’abord les drogues et l’alcool selon l’angle de la mise en garde puis selon celui de la tentation.

 

                      L’ensemble de ces documents conduit à une réflexion sur les effets négatifs et les dangers que comporte l’usage de ces différents produits. On peut aisément établir un rapprochement entre les deux titres « Intoxicated man » et « l’Assommoir » qui renvoient à l’idée de dégradation de l’individu, cédant en quelque sorte sous les coups d’assommoir ou complètement intoxiqué.

             D’ailleurs, les deux textes évoquent l’un et l’autre les symptômes alarmants qui atteignent le malade victime de graves hallucinations. Dans « Aux enfants de la chance », l’auteur souligne l’effet fatal des drogues consommées par une certaine « Edith » ou « Samantha » et fournies par de diaboliques intercesseurs, « les dealers ». Sans aller jusqu’à l’idée de la mort, le dessin de Serre souligne bien la détresse dans laquelle se trouve le consommateur d’alcool, de plus en plus isolé dans son univers tel un Robinson Crusoé recroquevillé sur son île.

            A l’inverse, deux autres documents renvoient davantage à l’état d’euphorie qui peut susciter dans l’esprit du consommateur non des visions de rats ou d’araignées mais de joyeuses hallucinations comme les figures lascives de femmes splendides, princesse d’Almeria aux allures de BB dans « Initials BB » ou courtisane aux formes généreuses dans l’illustration pour le vin Guinget.

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Aborder “alcool” et “drogue” en culture générale

Publié le par Eric Bertrand

 

Annee-2011 2504 [1600x1200]

         Un petit tour du côté de ce que je fais en classe de BTS dont les programmes sont associés à l’idée de « culture générale ». Les étudiants ne sont pas des littéraires mais doivent néanmoins affiner le niveau de réflexion et de connaissance afin de s’exprimer de façon large et soutenue sur des sujets de société...

           Une partie de la formation passe par la lecture, analyse de textes, d’images de différentes natures et par une palette d’exposés qu’ils présentent de façon libre à la classe. Ainsi, dans le prolongement d’un exposé sur l’alcool, puis sur les drogues, je leur ai proposé les documents suivants et leur ai demandé de m’en faire une synthèse. Le but étant en même temps d’en expliquer le fonctionnement...

Voici les documents, demain la synthèse !

 

Doc 1 : Zola, extrait de l’Assommoir (chap 12, Coupeau victime d’une crise de delirium tremens.

Doc 2 : Gainsbourg : « Intoxicated man »

Doc 3 : Gainsbourg : « Initials BB »

Doc 4 : Gainsbourg : « Aux enfants de la chance »

Doc 5 : Dessin de Michel Serre

Doc 6 : Gravure, « le vin Guinget »

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Prochains livres

Publié le par Eric Bertrand

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                 Livres marqués par la patience... En cela, j’ai aussi évolué, apprenant à laisser le temps qu’il faut à un livre pour la gestation ! Que mes lecteurs patientent également. Nous avions « tablé » sur les fêtes de Noël. « Peut-être ! » m’a répondu l’éditeur, mais il est également confronté à de nombreuses difficultés techniques pour cet énorme travail qui consiste à évoluer vers le numérique.         

 

                Je l’ai eu au téléphone vendredi, et il m’expliquait qu’il y avait, autour de ces « formats » si particulier à saisir une infinité de problèmes à résoudre. Mais « l’affaire suit son chemin » et le site se construit tout doucement ! Alors, patience ?

 

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Réécriture pour la scène des « Animaux malades de la peste » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

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(Une salle. Le lion trône sur un fauteuil confortable. Les animaux sont à ses pieds. L’ambiance est tendue. Douze coups sonnent à l’horloge, le son est celui du tocsin. Le lion est vêtu d’une grosse pelisse qui lui donne un air majestueux)

Le lion : mes chez sujets, vous le savez, l’heure est grave ! La Peste continue de faire des ravages parmi nous ! Cela ne peut plus durer ! Je suis le Roi, mon devoir est de trouver une solution, un remède à nos maux. (Il retrousse ses manches, pointe un doigt accusateur sur l’ensemble des assistants. Les autres baissent l’échine. Silence.) Rassurez-vous, je ne suis pas roi pour rien. (Il a un rire maléfique) Cette nuit, j’ai compris... L’un d’entre nous est coupable. Il nous fait payer cher la faute qu’il a commise. Il faut immédiatement le démasquer. Par conséquent, nous allons tous avouer nos fautes !  (Il se déplace parmi les animaux prosternés) Et c’est moi qui vais vous montrer l’exemple (il sort un miroir de sa poche et s’adresse à lui-même) : Louis, qu’as-tu fait ? Allons, Louis, avoue ta faute ! Bon... J’ai mangé quelques moutons et par hasard un petit berger de rien du tout qui passait par là... Voilà tout ! J’ai terminé.

Le renard : (se frottant contre les pattes du lion) : vous n’avez rien fait de grave, sire ! Tous les crétins que vous avez avalés ne méritaient pas mieux, vous avez même été généreux de daigner les croquer de votre gueule royale. C’est un privilège dont les hommes se souviendront longtemps, eux qui sont si habiles à trouver du profit à tout.

Le tigre : (s’enhardissant) : j’ai en ce qui me concerne croqué un chasseur.

L’ours : (dressant la tête) : j’ai, pour ma part, croqué un apiculteur.

Le requin : (même jeu) : j’ai, pour ma part, croqué un surfeur.

Le mâtin : (même jeu) pour ma part, croqué un chaperon rouge... Un tout petit et tendre chaperon rouge.

L’âne : (tournant en rond et se frappant le poitrail en signe de mortification) et moi, j’ai péché, oh, j’ai péché ! Mea culpa, mea culpissima ! j’avoue qu’un jour, je me suis laissé tenter par l’herbe fraiche d’un bout de pré. Oh, pas grand-chose, juste la surface de ma langue. Comprenez-moi, l’herbe était si appétissante, si verte, si sucrée. Un vrai chewing-gum de chlorophylle.

Le loup : (il se dresse de toute sa hauteur, montre l’âne d’un geste autoritaire) horreur ! Horreur ! Honnêtes jurés, n’allons pas plus loin... (Il prend son temps comme pour préparer un réquisitoire) Noble cour, ne cherchez pas plus loin ! nous tenons notre coupable. C’est ce minable, ce pelé, ce galeux, ce misérable ! Cela est clair ! C’est lui le responsable de tout ! Attendu qu’il n’avait demandé la permission à personne, attendu qu’il n’avait aucun droit et, par surcroit, que son mobile était la gourmandise et par conséquent le strict intérêt personnel, je le déclare coupable ! Haro sur le baudet, c’est de la bonne justice ! haro sur le baudet !

Les autres animaux : haro sur le baudet ! haro sur le baudet ! (Ils se jettent sur lui et le lion croque quelques pattes en passant pour se réserver la part du lion)

 

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Réécriture pour la scène des « Animaux malades de la peste » (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

Highland2 (190) [1600x1200]

 

                Dans le souci de faire comprendre les textes de La Fontaine que mes élèves jugent parfois complexes ou qu’ils survolent, je leur ai demandé d’adapter pour la scène la fable du livre 7 appelée : « les Animaux malades de la peste ». Cet exercice de transposition est aussi formateur pour « le travail de l’écriture » car, si l’on garde le propos, il faut respecter un certain nombre de contraintes liées à la prise en compte de la scène contemporaine.

              Rappel de méthode : changement d’énonciation, adaptation à un langage plus simple, présence de didascalies... Et en attendant, voici pour le plaisir, l’occasion de la relire la fable !

 

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
A chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au Berger l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’Ane vint à son tour et dit : J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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