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Rue de Missy1 : Balades à La Rochelle (28)

Publié le par Eric Bertrand

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             Nous sommes en plein XVIII° siècle et le commerce triangulaire fait la fortune de nombreux armateurs installés dans les villes de Bordeaux, Nantes ou La Rochelle. L’exploitation d’esclaves noirs ou « bois d’ébène » est à la base de cette prospérité « C’est à ce prix que vous mangez du sucre » s’exclame le nègre du Surinam dans « Candide ». Le fait est qu’à ce prix en effet, il vaut mieux fermer les yeux de la conscience afin de  maintenir une source juteuse de profits de diverses sortes.

              Même des philosophes comme l’auteur de « Candide » ou Montesquieu qui a pourtant, lui aussi, souligné les injustices et les discriminations à l’égard du peuple noir, ne l’ont fait qu’à moitié pour préserver quelques unes de leurs actions dans la Compagnie des Indes.

              A La Rochelle, l’activité remonte à 1640, et le commerce opère notamment avec la Martinique, la Guadeloupe ou Saint-Domingue. Comme à Nantes ou à Bordeaux, de splendides hôtels particuliers rue Réaumur, Rue de l’Escale ou Admyrault en sont les signes. Les Rochelais soutiennent aisément la thèse selon laquelle les Noirs sont de grands enfants, « à l’inclination vicieuse » comme l’écrit en 1790 le juriste rochelais Valin... Les Occidentaux sont la providence de ces « sous-hommes » qu’il faut aider et sortir des ténèbres.  

Comme l’écrit ironiquement Montesquieu !

Une preuve que les nègres n’ont pas le sens commun, c’est qu’ils font plus de cas d’un collier de verre que de l’or, qui, chez les nations policées, est d’une si grande conséquence.

Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.

 

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Place des Petits Bancs : Balades à La Rochelle (27)

Publié le par Eric Bertrand

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               La Place des Petits Bancs était jadis un lieu de transactions et d’échanges à une époque où La Rochelle était un carrefour. Les agents de change, chargés de veiller à la bonne circulation des monnaies, officiaient dans de petits ouvroirs.

               Comme à la Fontaine du Pilori, une fontaine coulait au centre de la place et fournissait de l’eau à bon marché pour les marins qui venaient y remplir leurs barriques, à l’image de l’ancienne sculpture appelée « la Source » ou « Rebecca ».

                Rebecca était une femme portant une cruche. Elle a été remplacée par une autre figure de La Rochelle, le peintre Eugène Fromentin qui est aussi un mélancolique écrivain, travaillé par le « vague des passions ».

 

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

 

                Lamartine trouve un écho à sa mélancolie sur les bords du Lac du Bourget et Fromentin s’en va vers les rivages algériens où la lumière orientale enrichit son regard de peintre inspiré par Delacroix.

                Sous le regard bienveillant de Rebecca, la vie du port, de la ville et des affaires coulait paisible, alimentée par les eaux du Lafond. 

 

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Rue du Palais : Balades à La Rochelle (26)

Publié le par Eric Bertrand

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             L’actuel palais de Justice de La Rochelle a été bâti sous Henri IV. En ce temps-là, la justice exposait ses victimes dont elle donnait à voir au passant des exemples édifiants. Sous les arcades, ne rôdent pas seulement les « fantômes du chapelier » de Simenon mais aussi ceux de ces brigands, jadis attachés aux piliers par le moyen d’anneaux scellés dans la pierre. Mis au pilori en quelque sorte, ils étaient exposés à la vindicte publique et essuyaient le mépris et les quolibets de la petite piétaille bien pensante.

              Ecoutons la voix désormais familière d’un poète larron, François Villon...

 

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez pas vos cœurs durcis à notre égard,
Car si vous avez pitié de nous, pauvres,
Dieu aura plus tôt miséricorde de vous.
Vous nous voyez attachés ici, cinq, six:
Quant à notre chair, que nous avons trop nourrie,
Elle est depuis longtemps dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poussière.
De notre malheur, que personne ne se moque,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre!

 

                Echo de cet usage du pilori peut-être, tout au bout de la rue du Minage, la Fontaine du Pilori ou du Puits Lori qui coulait tout au fond d’une profonde fosse, comblée en 1711... On y accédait pour le ravitaillement en eau potable, par deux escaliers périlleux, surtout en temps d’hiver, quand les seaux remplis d’eau se renversaient sur les marches !

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Villa Agnès, rue Jeanne d’Albret : Balades à La Rochelle (25)

Publié le par Eric Bertrand

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             Dans cette rue qui donne d’un côté sur le Mail, de l’autre sur l’avenue Guiton, se succèdent de grosses villas dont certaines ont des airs art déco. La plupart portent des noms : Alsace, le Bocage, Sole Mio, Brise de mai, Thétis, Néreïdes et rappellent les villas de La Baule les Pins ou celles d’Arcachon.

             L’écrivain Georges Simenon (à qui je consacrerai un article prochainement) a habité la Villa Agnès, située côté Mail, en face de la majestueuse Villa Alsace. Un peu plus loin, au 19, une maison, dont le jardin a des profondeurs insoupçonnées,  résonne encore des rires des taquines sœurs qui ont inspiré au romancier « La Maison des sept jeunes filles »...

             Ces demoiselles, légères et facétieuses, parmi lesquelles le romancier a trouvé sa future secrétaire, donnaient des rendez-vous aux garçons dans les taillis du grand jardin situé derrière la maison.

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Statue Jean Guiton2 : Balades à La Rochelle (24)

Publié le par Eric Bertrand

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                  Représentant légal d’une cité qu’il sait profondément protestante, l’ancien armateur Jean Guiton ne désarme pas. En 1627, Louis XIII ordonne le siège de La Rochelle qui va durer plus d’un an, de septembre 1627 à octobre 1628.  C’est « le Grand Siège » qui commence... Les troupes françaises, commandées par Richelieu encerclent la ville. Une digue  longue de 1500 mètres et haute de 20 mètres est construite pour empêcher tout ravitaillement par la mer.

                  L’Angleterre, qui soutient La Rochelle, abdique : Buckingham, ne pouvant compter sur un appui dans l’ile de Ré, pourtant protestante, est obligé de rebrousser chemin. Mais « la rebelle » ne se rend pas. Le maire l’affirme haut et fort et face au défi que Richelieu lance à la ville, Guiton donne un violent coup de couteau sur le marbre de son bureau : la marque de ce coup de couteau est encore visible.

                  Mais le siège est impitoyable et, face au naufrage de la population, Guiton sera plus tard amené à capituler et ainsi, il obtiendra la vie sauve.

 

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