Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Paroles et voix de profs, de Renan à la Bretagne

Publié le par Eric Bertrand

 

vernissage l'Houmeau (21) [1600x1200]

 

              Si je me retourne sur mon passé d’étudiant, je revois certains profs qui ont compté, je les entends surtout... J’aimais la passion, j’aimais la vibration de la voix qui accompagnait le commentaire littéraire... Finalement, il y en a peu comme cela dans toute ma scolarité. Je n’aimais pas la froideur, la rigueur intellectuelle et la rigidité khâgneuse. L’idéal, c’était de réunir les deux...

              J’en ai gardé l’empreinte indélébile : le modèle du bon cours, qui résulte à mes yeux de la tension entre la vibration de l’intellect (ce frémissement qui chatouille les tempes quand on commente un poème ou quand on franchit des limites à la course à pied) et la vibration de la voix (combien rend malheureux une laryngite !).

              J’ai eu en fac une prof qui m’a profondément marqué : elle était spécialiste du XIX° siècle et en particulier de Renan et elle a dirigé ma thèse sur le celtisme de Victor Hugo... Je la surnommais « la Pythie » du fait de la transe dans laquelle elle entrait (et nous faisait entrer) quand elle conduisait le cours...

              J’écoutais hier une émission podcastée sur France Culture à propos d’Ernest Renan (la Bretagne me revient au cœur en ce moment...) et tout à coup, j’ai senti cette flamme, entendu cette cadence, perçu ce souffle, cette incandescence. Mon ancienne directrice de thèse s’exprimait sur Ernest Renan au détour d’une question.

              Et sa voix était introduite par un son celte.

              Je vais retourner en Bretagne. Et tôt ou tard, écrire sur la Bretagne.

 

 

Voir les commentaires

Le complexe d’idéfix : hommage aux arbres et « Chroniques martiennes » (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

0024-028.jpg

 

               Qu’arriverait-il sur la planète Mars si l’homme parvenait à y envoyer des expéditions ? C’est la question que pose l’écrivain de science fiction Ray Bradbury dans ses fabuleuses « Chroniques martiennes »... L’auteur de « Fahrenheit 451 » n’a jamais été tendre pour ses concitoyens et il fustige la société de consommation dont la civilisation américaine est le modèle absolu.

               Bien avant Kevin Kostner ou James Cameron, il réhabilite les peuples de « sauvages » que l’Américain vient dominer. Les Martiens sont des êtres délicats, sensibles et esthètes. En face d’eux se présentent des brutes, des spéculateurs (ce couple qui espère par exemple monter une boutique de hamburgers dans l’une des vallées martiennes)... Mais tous les personnages ne sont pas ainsi. Il y a parmi eux des rêveurs, des poètes, et par exemple ce Benjamin Driscoll, héros d’une belle chronique : « le matin vert ». Et voici le retour des arbres ! Arbres de Giono, puits à oxygène, « pièges à vent », « mineurs de sources », ils vont permettre à Benjamin d’honorer le désert martien et de faire recouler l’eau dans les canaux assêchés.

Voir les commentaires

Le complexe d’idéfix : hommage aux arbres et « l’Homme qui plantait des arbres » (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

            A propos d’arbre et de chlorophylle, il existe un petit récit de Jean Giono qui m’est resté dans la mémoire. Tellement simple et tellement imagé qu’il vaut tous les apologues sur la vie et l’importance qu’il y a de préserver la nature... Je l’avais lu après la découverte émerveillée de l’univers animiste de « Regain » : il s’agit de « l’Homme qui plantait des arbres ».

            Cet ouvrage illustré raconte comment la force et la conviction d’un seul homme ont suffi pour redonner de la vie à un désert. Si vous en avez le temps, écoutez la très belle voix de Philippe Noiret qui dit le texte sur des illustrations originales...

 

 

Voir les commentaires

Le complexe d’idéfix : hommage aux arbres et « la fugue du Petit Poucet » (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

           Puisque j’ai parlé ces derniers jours des arbres, je ne résiste pas à faire le détour dans les trois jours à venir, par trois textes qui m’ont marqué à propos d’arbres... Le premier est un extrait d’une nouvelle de Michel Tournier, « la Fugue du Petit Poucet »... Je cite ci-dessous un extrait de ce récit qui revisite à la façon hippie le célèbre conte de Perrault...

 

            « L’arbre est un être vivant, mais d’une vie toute différente de celle de l’animal. Quand nous respitrons, nos muscles gonflent notre poitrine qui s’emplit d’air. Puis nous expirons. Aspirer, expirer, c’est une décision que nous prenons tout seuls, solitairement, arbitrairement ; sans nous occuper du temps qu’il fait, du vent qui souffle ni du soleil ni de rien. Nous vivons coupés du reste du monde. Au contraire, regardez l’arbre. Ses poumons, ce sont ses feuilles. Elles ne changent d’air que si l’air veut bien se déplacer. La respiration de l’arbre, c’est le vent (...) Il n’est qu’un immense réseau de feuilles tendu dans l’attente du vent et du soleil. L’arbre est un piège à vent, un piège à soleil... »

 

F1000010.JPG

Voir les commentaires

« l’Homme et la couleuvre » (suite) : Brassens et les chênes

Publié le par Eric Bertrand

 

                  La fable « l’Homme et la couleuvre » donne donc la parole à l’arbre et ce dernier, pas plus que le bœuf ni la vache n’est satisfait du comportement de l’homme... Qu’on lise cet extrait :

 

L'arbre étant pris pour juge,
Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge
Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ;
Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs.
L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire ;
Il courbait sous les fruits ; cependant pour salaire
Un rustre l'abattait, c'était là son loyer,
Quoique pendant tout l'an libéral il nous donne
Ou des fleurs au Printemps, ou du fruit en Automne ;
L'ombre l'Eté, l'Hiver les plaisirs du foyer.
Que ne l'émondait-on, sans prendre la cognée ?
De son tempérament il eût encor vécu.

 

             Et maintenant, qu’on veuille bien écouter la chanson de Georges qui raconte la rencontre malheureuse du chêne et de « deux amoureux » :

 

Au pied de leur chaumière, ils le firent planter.
Ce fut alors qu'il commença de déchanter
Car, en fait d'arrosage, il n'eut rien que la pluie,
Des chiens levant la patt' sur lui.

On a pris tous ses glands pour nourrir les cochons,
Avec sa belle écorce on a fait des bouchons,
Chaque fois qu'un arrêt de mort était rendu,
C'est lui qui héritait du pendu.

Puis ces mauvaises gens, vandales accomplis,
Le coupèrent en quatre et s'en firent un lit,
Et l'horrible mégère ayant des tas d'amants,
Il vieillit prématurément.

Un triste jour, enfin, ce couple sans aveu
Le passa par la hache et le mit dans le feu.
Comme du bois de caisse, amère destinée !
Il périt dans la cheminée.

 

Voir les commentaires