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Statue Jean Guiton1 : Balades à La Rochelle (23)

Publié le par Eric Bertrand

Rues le 21 (21) [1600x1200]

                 Ils sont plusieurs maires à avoir laissé la marque de leur présence dans la ville et le nom de ses rues... Guillaume de Montmirail, (non, pas celui du film « les Visiteurs » !) premier maire de l’histoire de France en 1199, Jean Chaudrier qui libéra la ville lors de la guerre de 100 ans, Léonce Vieljeux déporté et fusillé pendant la seconde guerre mondiale. L’un de ces maires atypiques incarne particulièrement la mémoire de la ville, il s’agit de Jean Guiton.

                 Sa statue se dresse au milieu de la place de l’Hôtel de ville, toise le bel édifice qui abrite la statue d’Henri IV. Le bon roi est en face, les chiffres de son nom, « HN », Henri de Navarre, se mêlent à divers endroits du bâtiment. A La Rochelle, il a passé une partie de son adolescence, éduqué selon des principes calvinistes par sa mère Jeanne d’Albret. Il acquiert, dans les murs de la cité rochelaise, cette pensée réformiste qui va faire de lui l’instigateur de la signature de l’Edit de Nantes. Plus tard, il devra sa formation militaire à un certain Gaspard de Coligny dont une rue de La Rochelle, perpendiculaire à la Rue d’Albret garde aussi la mémoire. 

 

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Rue Mervault2 : Balades à La Rochelle (22)

Publié le par Eric Bertrand

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              Le siège de La Rochelle va durer plus d’un an, de septembre 1627 à octobre 1628. Malgré le soutien de la flotte anglaise tenue à distance au large de l’Ile de Ré, la ville est progressivement mise à l’écart des ravitaillements et inexorablement affamée.

              Témoin direct des affres que traverse la ville, Mervault circule dans un décor de désolation… Rue des Petits Bancs, les cariatides grimacent. Autour de lui, bêtes sauvages noyés sous des oripeaux humains, des malheureux affamés guettent l’espace de la rue, se jettent sur tout ce qui bouge, animaux domestiques, chevaux, ânes, rats, vers de terre, asticots. Sur un petit calepin en cuir qu’il mord pour tromper la faim, il note, à la date du samedi 21 octobre 1628 :

 

«Il ne restait plus ni herbes, ni limaçons aux champs ; le recours était à tous les objets de cuir et de parchemin ; on mangeait du bois pilé, du plâtre, de la terre, de la fiente (ce que j'ai vu de mes yeux), des charognes, des os, que les chiens avaient autrefois rongés (...) »

 

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Rue Mervault1 : Balades à La Rochelle (21)

Publié le par Eric Bertrand

Rues le 26 (8) [1600x1200]

           Dans l’histoire sombre de La Rochelle, s’impose le tragique épisode du siège... Nous sommes au début du XVII° siècle. Qui se souvient du nom de Mervault ? Et pourtant, grâce au témoignage précis de ce journaliste, nous tenons un précieux journal événementiel. Il est bon, pour un esprit libre et frondeur de flâner dans les rues d’une ville dont se perçoit à la fois la prospérité et la farouche indépendance. Au cœur du marché, sur le port, dans les ruelles et devant les échoppes, les échanges vont bon train, et la voie huguenote trouve sa libre expression.

             Méfions-nous de ces moments d’euphorie. Le bouillonnant Mervault s’amuse à regarder les grimaçants macarons huguenots de la vieille bâtisse place des Petits Bancs, sans songer que l’Edit de Nantes a ramené un ordre précaire dans le royaume. Conseillé par le cardinal de Richelieu, Louis XIII se méfie de cette ville rebelle, qu’il sait sous influence anglaise. Pour assurer ses arrières, il donne l’ordre à Richelieu de faire plier « le bastion protestant ». Commence alors le siège de La Rochelle... Nous sommes en plein XVII°. La suite demain.

 

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Rue du Minage3 : Balades à La Rochelle (20)

Publié le par Eric Bertrand

Rues le 3 mars (3) [1600x1200]

                 Je termine la citation des quelques extraits de Villon, rien que pour le plaisir de trainer dans cette auberge rue du Minage !

 

Et à maître Jacques Raguier

Je lègue « l’Abreuvoir Popin »,

Des perches et des poussins au « blanc manger »,

Tous les jours le choix d’un bon morceau,

Et la taverne de « la Pomme de Pin »

Où il sera bien à l’abri, les pieds au feu,

Emmailloté comme un jacobin (...)

 

                Jacques Raguier était un autre « soiffard » à qui il est amusant de léguer une fontaine qui ne produit que de l’eau plate ! Par ailleurs, la compagnie d’un « jacobin » est source immédiate de plaisanterie scabreuse puisque ces religieux passaient d’abord pour de bons viveurs, vicieux et farouchement jaloux de leurs conquêtes.

 

Item, à Jean Trouvé, boucher,

Je lègue le « Mouton » franc et tendre (...) »

 

                 L’enseigne du Mouton est « truquée » car « un mouton franc » désigne un bélier à la chair forcément coriace ! Bref, que ce boucher peu sympathique s’y casse les dents !

 

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Rue du Minage2 : Balades à La Rochelle (19)

Publié le par Eric Bertrand

               Après une vente, ou après un achat, il faut boire dit un vieux proverbe de soiffard. Alors, rendez-vous dans les auberges nombreuses à l’époque médiévale, « le Chêne Vert », « le Serf Montant », « la Côte de Baleine », « la Truie qui file », « la Licorne »... Autant de noms pittoresques ! Pénétrons un instant à l’intérieur d’une taverne pour écouter la voix de circonstance d’un François Villon aviné et forcément en verve un jour de marché ! Ecoutons, rien que pour le plaisir, le poète fort en gueule qui règle ses comptes à travers des vers codés et une série de bonnes blagues que le lecteur me permettra de décrypter... Avec l’éloignement du temps, la saveur des mots et des allusions nous échappe de plus en plus...  

               Je précise que ces vers, choisis par référence aux rues du marché de la Rochelle, sont extraits d’un long poème intitulé « le Lais » dans lequel Villon s’amuse à distribuer des biens qu’il n’a pas à des gens qu’il n’aime pas...

 

« Item, je lègue et donne en pur don,

Mes gants et ma cape de soie

A mon ami Jacques Cardon,

 

                Jacques Cardon est un drapier qui a pignon sur rue et qui n’a certes pas besoin de la « cape de soie » du miséreux François Villon (à qui il a sans doute « mangé la laine sur le dos » !)

 

Le gland aussi d’une saussaie

Et tous les jours une oie grasse

Avec un chapon de haute graisse,

Dix muits d’un vin blanc comme craie

Et deux procès pour qu’il n’engraisse pas trop (...)

 

Fantasmes de festins pantagruéliques et plaisanteries quand on observe qu’une « saussaie » est un lieu où poussent les saules, que le saule ne produit pas de gland mais que, comme chacun sait, « le gland » est porteur de connotations érotiques ! A l’époque de Villon, on ne cache rien en matière de virilité ! Demain, suite et fin avec d’autres destinataires !

 

Suite rues (13) [1600x1200]

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