(Sur un sentier, un gros chien chemine en « roulant les mécaniques ».
Un loup maigre lui barre la route)
Le chien : (au
public, d’un air lassé) : qu’est-ce que c’est que cet individu qui me barre la route ? (Il s’arrête au niveau du loup qui semble disposé à
engager la conversation)
Le loup : (très
poli) bonjour monsieur... Quelle bonne mine vous avez ! Je vous regardais venir
(il imite la démarche du chien) et je me disais « quelle allure a ce chien ! » Moi qui crève tout le temps de faim j’envie votre
santé !
Le chien : (très
satisfait, retroussant les manches) : merci mon ami, je me sens en effet assez en forme. Ce n’est pas votre cas ! (Il lui tâte les
muscles) Vous m’avez l’air en piteux état !
Le loup : (baissant
la tête) Oh, malheureux, si vous saviez comme je « galère » dans ces bois ! Il faut toujours se battre pour rester en vie et trouver sa nourriture !
Le chien : (s’approchant de lui, très amical) Vous voulez mon avis ? Quittez les bois ! C’est pas une vie pour un loup ! Venez plutôt avec moi, vous ne le
regretterez pas !
Le loup : (l’air
émerveillé) Vous croyez ? Si je vous suis, je pourrais être en aussi bonne santé que vous !
Le chien : (éclatant de rire) cela ne fait aucun doute ! Il vous faudra juste faire comme moi je fais, et vous aurez droit à tous les repas et à toutes les
récompenses que me donne mon maître !
Le loup : (éclatant
de rire à son tour, un rire d’innocent) : et ces repas, il vous les donne en échange de quoi ?
Le chien : (en se
frottant les mains) : oh, vraiment pas grand-chose ! Il vous suffira d’être agréable avec lui, lui faire des ronds dans les jambes, et de chasser tous ceux qui viennent
l’embêter !
Le loup : (ravi) Alors c’est d’accord ! (Devenant soudain familier) Tope là ! Je viens avec toi !
Le chien : (regardant sa montre) allez, en route, il est temps de rentrer !
Le loup : (il suit
le chien et voit soudain l’état de son cou pelé. Il s’arrête brusquement) Qu’est-ce que tu as dans le cou ?
Le chien : (se
grattant négligemment) oh, ça, c’est rien ! C’est simplement la marque de mon collier !
Le loup : (indigné) : un collier ? Tu es donc attaché chez ton maître ?
Le chien : (agacé) : oui, et alors, qu’est-ce que ça peut faire ?
Le loup : (rebroussant chemin) : ça fait tout simplement que je ne viendrai jamais avec toi !... J’aime mieux garder ma liberté et te laisser rentrer seul dans
ta prison doré ! Bon vent, gros toutou ! Donne le bonjour à ton maître de la part de ceux qui préfèrent la liberté à l’esclavage !
Le loup se sauve et le chien reste là, les mains sur les hanches, à ne pas bien
comprendre ce qui vient de lui arriver.