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Andrei Makine : « le Testament français » (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

 

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                  En ces temps où le français est souvent malmené, il est plaisant et, pour certains Don Quichotte de la langue, jubilatoire de tenir en main des livres qui rendent hommage à la belle langue et à la culture françaises. C’est le cas de Makine, écrivain d’origine russe qui se penche sur son enfance et sur ce qu’il appelle son « Atlantide », à savoir la lente remontée à la surface de cette terre d’origine, la France, que lui révèle sa grand-mère Charlotte.

                  Charlotte a vécu à Paris dans l’entre-deux guerres, elle en a conservé une élégance, une distinction, un charme qui nourrit et enrichit le narrateur et le pousse à se construire à travers la conscience de cette altérité. Le récit de la grand-mère l’amène tout naturellement à la Littérature qui lui facilite l’accés à la Beauté du français.   

                   Non seulement le récit traque les images enfouies, les mots, les paysages, les figures colorant cette « cité engloutie », mais chemin faisant, il rend au français, par la noblesse de son style et la délicatesse de ses références, un hommage vibrant. Je reviens demain sur l’une de ses références qui m’ont particulièrement interpellé puisqu’elle faisait référence à Hugo...

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Un blog à conseiller

Publié le par Eric Bertrand

 

 

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                  Pour tous ceux de mes lecteurs qui aiment la Bretagne, la lecture et  l’authenticité de la confidence, je vous recommande simplement d’aller rendre une petite visite à Anne-Marie sur le nouveau blog qu’elle vient d’ouvrir.

                  Julien Clerc, Souchon, Gainsbourg, Brest, Douarnenez... Autant d’éléments qui figurent déjà dans les premiers articles et qui révèlent tous les points communs qui nous ont amenés à nous rencontrer à travers les livres.

                 Allez-y sans façon. Je suis sûr que vous trouverez dans cette écriture un aliment précieux qui se partage : l’humanité. Il suffit de cliquer sur le lien suivant.

 

 

http://antigone55.over-blog.com/

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« J’ai saigné » de Cendrars : dis Blaise, tu t’en souviens ?

Publié le par Eric Bertrand

                « Voyager pour boire des pays comme l’on boit des cocktails et surtout faire pas mal de mixtures et utiliser les moyens de transport comme un shaker ». Blaise Cendrars fait partie de « la troupe » de ces écrivains dont je suivrais allègrement le sillage... Voyages, aventures, sacs, ressacs et cognements de l’écriture... Il y a de cela peu de temps, trois wagons d’écrivains, parmi lesquels Olivier Rolin, (dont j’ai souvent parlé dans ce blog), s’étaient donné rendez-vous dans le mythique Transsibérien pour effectuer les quelques 9000 kms, de Moscou à Vladivostok, à bord de wagons rebaptisés « Blaise Cendrars ».

                Cendrars, c’est, pour beaucoup de lecteurs, « la Prose du Transsibérien »... « Et mes mains s’envolaient aussi avec des bruissements d’albatros (...) » Magnifique poème mélodique, mélopée du rail, rythmique que connaissent tous ceux qui ont passé leurs nuits et leurs journées dans la peau des « chemineaux » à la façon London ou Kérouac.

                 Mais qui connaît « J’ai saigné » ? J’ai lu ce petit récit dans le cadre de ma préparation de cours sur les auteurs et l’expérience des deux guerres... Cendrars est avant tout, comme Rimbaud, un ex-légionnaire, un homme d’action, un court-circuiteur de langue. Tout est explosif dans sa manière de raconter le réel. Quand il perd sa main droite sur le front en 1915, il se retrouve dans un hopital et côtoie la misère de la guerre. L’occasion pour l’écrivain « écorché vif » de pousser un cri contre toutes les formes de barbarie.  

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Article du mois : « Matrix » entre Alice et la Caverne de Platon

Publié le par Eric Bertrand

              Shakespeare, dont le théâtre est souvent basé sur les apparences, aurait très bien pu imaginer la situation baroque dans laquelle le film à effets spéciaux « Matrix » plonge le spectateur ! Quel est le message du film ? Il se pourrait bien que ce que nous voyons ne soit qu’un piège, un miroir déformant. « We are such stuf as dream, and our little life is rounded with a sleep » : « nous sommes de la même étoffe que les rêves et notre petite vie est nimbée de rêve »...

               Retraçons le synopsis : Néo, le personnage principal, « l’Elu », doit dès le début, « suivre le lapin blanc » pour trouver sa destinée... Nous voici d’emblée sous le signe de Lewis Caroll et de « Alice au pays des merveilles ». Savourons l’action, les poursuites et les combats nombreux, réglés comme des ballets, mais songeons aussi qu’il y a matière à penser « de l’autre côté du miroir » et de l’écran...

                De fait, Néo apparaît vite comme un initié qui doit rejoindre une communauté de « sages » dont le chef est un dénommé « Morpheus ». Ces sages lui livrent aussitôt une information essentielle – et éminemment philosophique – : le monde dans lequel les hommes « s’agitent » n’est qu’un leurre, une apparence qui occulte la Vérité. Au sein de cet univers artificiel, ils hommes ne sont que les éléments d’un programme qui leur échappe. Ils sont les pièces articulées d’une « matrice » et la matrice les « berce d’illusions » pour mieux les exploiter. Chaque individu fournit de l’énergie sous contrôle et si personne ne fait l’effort d’ouvrir les yeux, la machine tourne à plein régime...

Voici pour le synopsis qui indique le fonctionnement d’un état digne de n’importe quel totalitarisme (On songe au Big Brother de George Orwell)...

                  Tel est le fondement de tout le film qui repose sur ce système ambigu d’un monde qui en cache un autre. Pour n’importe quel apprenti philosophe, cette conception fait écho au vieux Platon et à son allégorie de la Caverne. Platon explique que les hommes, victimes de leur distraction, vivent enchainés au fond d’une caverne et prennent pour le Réel les ombres qu’ils aperçoivent projetées sur les murs de la caverne. Or, comme l’affirment Socrate (et le bon élève Platon !), la Vérité est ailleurs, là où brille le soleil, à l’extérieur de la caverne, sous le grand ciel bleu. Platon insiste : seul le philosophe, celui qui suit les enseignements de Socrate, peut prendre conscience du piège des apparences et alors se hisser, par un effort philosophique, vers le soleil de la Vérité...

                  Point d’effort philosophique dans « Matrix » ! « Matrix » n’est un film « intello » mais un vrai film d’action, destiné au grand public... Les combats succèdent aux combats, les bons résistent aux méchants, les héros sont beaux, élégants, doués, habillés sexy ! Mais le combat qu’ils mènent, l’énergie et la souplesse qu’ils déploient à tous les coins de rues, peuvent être décryptés comme la métaphore de l’activité philosophique. Néo doit tout tenter pour sauver l’homme et lui donner la clé de son salut et de sa résurrection... Même si la Vérité n’est pas belle à contempler !

                    Platon promettait le Soleil, Socrate apaisé, avec lunettes de soleil. Morpheus, comme les agents de la Matrice, porte des lunettes de soleil, mais il ne rigole pas avec la Vérité ! Le monde qu’a occulté la machine est un monde en ruines, couvert d’une poussière d’illusions. Rien à voir avec la Beauté et la vérité platonicienne à laquelle se réfère par exemple un poète comme Baudelaire qui en fait la référence absolue à ce qu’il appelle l’Idéal dont les plus belles choses sur terre ne nous donnent qu’une image imparfaite.

 

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« Simenon et les secrets de La Rochelle » de Michel Carty

Publié le par Eric Bertrand

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                Beau titre auquel je n’ai pu résister quand on sait à quel point, en ce moment, tout ce qui touche à La Rochelle m’intéresse, non seulement parce que c’est la ville où j’habite, mais aussi parce que je sais désormais qu’elle constitue le fond sur lequel va se découper mon prochain ouvrage (dont la forme m’échappe encore).

                Je viens donc d’avaler ce livre écrit par un spécialiste du romancier d’adoption rochelaise : comme je l’ai découvert en arrivant dans la région, Simenon a aimé « plus que tout » la ville de la Rochelle et a voulu s’y installer. Il a résidé dans la région (Marsilly, Nieul, La Rochelle) un certain nombre d’années et surtout, rédigé de nombreuses fictions qui ont pour cadre cette cité propice au roman noir.

                 Outre l’origine réelle de nombreux personnages, l’ouvrage parcourt les rues citées dans les romans et complète ainsi mon travail actuel de recherche sur la toponymie.

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