Certains tempéraments facétieux aiment bien s’amuser aux dépens des autres et tirer parti de « la bonne mine » de celui qu’ils « mettent en boite ». C’est un peu comme un pantin dont ils se
plaisent à tirer les ficelles car ils en connaissent parfaitement le fonctionnement. Une fois mis en boite, le pantin a du mal à échapper au piège de la plaisanterie et, comme on dit, « il a bon
dos ». Surtout si on l’a mis dans « la boite de Pandore » avec le reste des maux !
Peut-être que les Anglais trouvent plus amusant le fait de « tirer la jambe de quelqu’un » : « to pull someone’s leg. » ; Le
résultat est le même : il s’agit de faire perdre l’équilibre pour s’amuser de la maladresse du boiteux ! J’en connais de ces albatros !
Nous traversons tous des expériences difficiles, des moments douloureux ou pénibles, des épreuves que nous
avons hâte de terminer. Une expression idiomatique (utilisée souvent de façon galvaudée) est intéressante à comparer à d’autres langues : elle est issue de l’univers ferroviaire, elle sent la
gare Montparnasse ou n’importe quelle petite gare du Jura, des Alpes, des Vosges ou des Pyrénées. « Voir le bout du tunnel ».
Le cours de maths est trop long, j’ai hâte de voir le bout du tunnel. La file de voitures n’en finit pas, quand donc
sortirons-nous du tunnel ?... De l’autre côté de la Manche, les Britanniques qui jadis par la Cornouailles et l’immense forêt de Brocéliande, étaient reliés aux côtes de « petite Bretagne, disent
encore qu’il faut « sortir de la forêt » (« to get out of the wood »), et les Allemands, dissimulés derrière les inquiétants vallonnements de la forêt noire, affirment qu’il faut « passer de
l’autre côté de la montagne ».
En ce matin tout noir de nuit, certains d’entre vous ont choisi de « dormir à points fermés ». Il y a de l’obstination dans cette
belle expression. L’indignation du réveil qu’on est prêt à refuser jusqu’au fond du sommeil, dussions-nous en serrer les poings !
Sauf que cette homonymie oublie que « le point », c’est aussi l’infime parcelle de chair qui laisse filtrer le jour ! Pas de
telles nuances en espagnol dormir « la jambe relâchée », surtout si c’est après une partie de jambe en l’air !
Décidément, le langage autorise toutes les fantaisies à ce blog qui a la réputation de se tenir « droit dans ses bottes » !
Nos ancêtres les Gaulois foulaient allègrement la terre des champs et la poussière des poulaillers... Aussi
dit-on toujours « marcher sur des œufs » quand on prend beaucoup de précaution pour ne pas faire de casse.
En Angleterre, l’image est plus aérienne : « to skate on thin ice ». Pour ne pas aggraver une situation déjà
critique, pour ne pas faire de vagues ou tout briser, on « glisse sur de la fine glace » ! A vous de choisir laquelle des deux postures vous préférez pour ne pas jouer aux éléphants dans le
magasin de porcelaine.
« Mettre la main à la pâte »... Voici une expression boulangère très courante qui marque la bonne volonté dont on
témoigne pour venir prêter main forte et « mettre la main à la pâte », en « mouillant sa chemise ».
Il y a du Raimu là-dessous, un franc parfum de baguette chaude qu’on ne retrouve pas dans l’expression anglaise qui
préfère que l’on « mette l’épaule à la roue ». « To put one’s shoulder to the wheel »...
L’effort est plus austère, plus froid, plus pincé peut-être. L’épaule rejoint la roue glaciale, elle trouve sa place
dans un engrenage...
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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