Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Une série sur l’Ecosse et le Caithness

Publié le par Eric Bertrand

Brough-le-soir.jpg

 

                Ceux qui suivent ce blog le savent bien, l’Ecosse et particulièrement le nord de ce pays fait partie de ma vie. Ce n’est pas seulement le souvenir de deux ans de romantisme échevelé lié à mes études sur Victor Hugo et le celtisme (plaque tournante pour la Bretagne), c’est aussi le souvenir de voyages réguliers depuis plus de vingt ans, dans toutes les conditions et sous des formules diverses. Le dernier en date étant celui de l’été dernier, j’y ai consacré des articles de blog sur le site suivant.

http://highlandecosse.uniterre.com/

 

              Dans cette période, Jenny a utilisé un petit caméscope et a tourné de petits films sans prétention, simplement pour le plaisir de fixer le décor. Je propose de les publier en une bonne dizaine d’épisodes à partir de demain, assortis d’un commentaire explicatif.

 

Voir les commentaires

Sigisbée et le baron de Nucingen

Publié le par Eric Bertrand

Dans le Père Goriot, de Balzac, que j’ai relu avec plaisir, le mari de l’une des filles de Goriot s’appelle le baron de Nucingen, et il fait partie de ces personnages qui reviennent régulièrement dans « la Comédie humaine ». Comme tous les maris chez Balzac, il délaisse sa femme, la jolie Delphine que convoite l’inexpérimenté et fougueux Eugène de Rastignac. Il la délaisse au point de demander instamment au jeune homme d’accompagner son épouse à l’opéra. Cela lui éviterait en effet ce « désagrément », lui qui s’ennuie dans ce genre d’endroit...

Cette goujaterie me ramène en mémoire une anecdote plaisante vécue en Sicile avec l’un de nos amis italiens qui nous expliquait que l’épouse de Salvatore, la belle et élégante Marinella, sortait certaines fois avec un ami qui l’amenait (en tout bien tout honneur !) dans des endroits que le mari exécrait, concerts, expositions, musées, théâtres, librairies...

La chose est courante paraît-il en Italie ; on appelle ce type de compagnon « il sigisbeo ». Le mot existe en français n’est-ce pas ? Mais combien de gens en connaissent encore le sens ? Il faut dire que l’usage s’est perdu ! A moins que ? Si quelqu’un a rencontré un vrai, un pur, un authentique Sigisbée, qu’il me le confie pour l’amour des mots !

Voir les commentaires

« Tartuffe » à la Coursive : un dévot dans le manoir de Rebecca de Winter(5/5)

Publié le par Eric Bertrand

cheval.jpg

 

            Le diable a pris le contrôle. Il sait tout de chacun. Dans son grand habit noir, crâne chauve, épaules carrées, souvent de dos, Eric Lacascade dans le rôle de Tartuffe a des airs de Méphistophélès. Les petites lumières rouges de sa chapelle s’insinuent dans l’espace comme les flammes de l’enfer. Avant Lacascade, Ariane Mnouchkine avait insisté sur les dangers de toute forme d’intégrisme. Tartuffe se sent si impeccable dans son costume rigide qu’il court faire son rapport au roi...

             Facteur aggravant, il a en effet trouvé chez Orgon des papiers compromettants indiquant que ce dernier a, par amitié, couvert la fuite d’un « criminel d’état ». Tartuffe revient en maitre absolu, flanqué d’un exempt aux airs de toréador, costume blanc, qui portera l’estocade : deus ex macchina ! Ou happy end... On est chez Molière, les choses finissent toujours par s’arranger. Mais on a eu chaud, et derrière la famille recomposée, réunie, heureuse, riant de toutes ses dents, le mari sans doute trompé, la grand-mère détraquée, la fille et son fiancé du moment, la servante qui monte en grade, se tient la grande silhouette du condamné dont le visage, comme sur un gibet, disparait dans un sac.

 

Voir les commentaires

« Tartuffe » à la Coursive : un dévot dans le manoir de Rebecca de Winter(4/5)

Publié le par Eric Bertrand

Bridge.jpg

 

        Une première fois victime des avances de Tartuffe, elle l’a d’abord repoussé. Mais elle comprend elle aussi qu’elle a touché au point névralgique du personnage. Alors, très adroitement, elle y revient. Ne serait-ce d’abord que pour annuler l’odieux mariage prévu avec sa fille... Comment faire ? Le vieux lion naguère éconduit se méfie... La mise en scène de Lacascade exploite astucieusement le langage du corps qu’autorise le texte à cet endroit de la pièce (acte 4, scène 5). « On a des secrets à vous y révéler »... Daria Lippi, comédienne au charmant accent italien, ne ménage pas les moyens... Elle dégrafe son soutien-gorge, retrousse sa jupe, défait son chignon, ébouriffe sa chevelure. Sous « l’étoffe moelleuse de la robe et le velours de la voix, elle sort les griffes, elle devient femme fauve.

           Alors la bête se déchaîne. Orgon, stoïque, abruti, transparent, reste installé sous la table, table ronde qui devient un ring sur laquelle saute la furie de l’Amour. Va-t-il enfin admettre ses erreurs et reconnaitre l’imposteur ? Va-t-il enfin sortir de sa cachette et libérer sa jeune épouse de l’étreinte animale du fringant défroqué ? Tous les beaux discours de vertu, les prétextes célestes et les appels à Dieu sont jetés en boule sous la table, la table divan, la table clic clac, qui s’est mise à tourner dans tous les sens. C’est le sommet de la pièce. Les trépidations de la folie et les abois du criminel assoiffé de vengeance... Orgon ne sort pas vainqueur de l’embuscade : il s’égare, comprend brutalement qu’il a tout perdu, que les choses lui échappent et que plus rien ne peut désormais arrêter la fureur du scélérat. Il tourbillonne dans l’escalier, va, vient, monte et descend, menace de se pendre d’en haut du balcon. Personne ne sort plus de cette maison dont les portes se sont fermées. Ils n’y a plus qu’à attendre la détonation finale.

Voir les commentaires

« Tartuffe » à la Coursive : un dévot dans le manoir de Rebecca de Winter(3/5)

Publié le par Eric Bertrand

Biches1.jpg

 

                Depuis quelque temps, un air de « débauche » et de libertinage s’est infiltré dans la maison « et c’est tout simplement la cour du Roi Pétaut » déplore Mme Pernelle, appuyée par son fils qui lui court dans les jupes et fait peser le rideau de la bigoterie. Il faut décidément y remettre de l’ordre, régler les consciences selon la norme morale et religieuse, et c’est tout justement l’office du maitre de conscience, « Mr Tartuffe ». Cet austère dévot qu’on dirait sorti tout droit des réseaux de l’opus dei d’un roman de Dan Brown, fait si bien pénitence en maniant sa « haire » et sa « discipline » qu’il saura bien aussi redresser les conduites.

               Madame est une épouse un peu volage, une Célimène dont il faut contrôler les visites et étouffer la coquetterie... Cela tombe bien, la servante Dorine, fine mouche, a flairé en Tartuffe le mâle « bien tendre à la tentation ». Puisque « la chair sur ses sens fait grande impression » le sein qu’il « ne saurait voir » est sans doute de la même étoffe que l’habit d’Elmire. Et le mufle ne pourra évidemment pas s’empêcher de venir « tâter le tissu »... La ligue anti-Tartuffe avait déjà jugé suspects son goût du vin, de la viande et de la sieste, mais n’avait pas encore levé le drap sur son goût de la luxure. Telle est l’hypothèse de l’inspecteur Dorine, experte en affaire de moeurs ! Comme dans un film de Bertrand Tavernier, Elmire, qu’on imagine assez bien sous la chair de Marie Gillain, devient « un appât ».

Voir les commentaires