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Bucholie à côté de Freswick sur la route de John o’Groats

Publié le par Eric Bertrand

 

 

              Il faut savoir aller le dénicher ce château qu’aucun panneau ne signale, même en ces dernières années où le Caithness s’est lancé dans une promotion de ses sites touristiques. (Même certains de mes amis sur place m’affirment qu’ils ne parviennent pas à le situer... Mais peut-être n’ont-ils pas envie d’aller courir le risque de se casser les os en ce lieu si sauvage !

A vrai dire, sur la route côtière qui longe la baie des Sinclair, il faut quitter le bitume et couper à travers champs pour rejoindre le bord de la falaise et accéder à « Bucholie castle », site stupéfiant, où branle cette ruine de l’ancien château du pirate viking « Sweyn ».

             On dit qu’en certains beaux soirs de juin, le blond Swein qui avait aussi un château dans les proches Orcades, plongeait du haut des remparts dans l’océan bleu et remontait « intra muros » par le biais d’une corde à nœuds. Est-ce lui ou l’antique société viking que chantent certains soirs au fond des grottes profondes, les mouettes, les phoques et les cormorans ?

              Le lieu sauvage est à jamais déserté. Les oiseaux de mer se partagent les trous de cette roche rouge qui augmente l’impression infernale que donne la falaise.

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Une série sur l’Ecosse et le Caithness

Publié le par Eric Bertrand

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                Ceux qui suivent ce blog le savent bien, l’Ecosse et particulièrement le nord de ce pays fait partie de ma vie. Ce n’est pas seulement le souvenir de deux ans de romantisme échevelé lié à mes études sur Victor Hugo et le celtisme (plaque tournante pour la Bretagne), c’est aussi le souvenir de voyages réguliers depuis plus de vingt ans, dans toutes les conditions et sous des formules diverses. Le dernier en date étant celui de l’été dernier, j’y ai consacré des articles de blog sur le site suivant.

http://highlandecosse.uniterre.com/

 

              Dans cette période, Jenny a utilisé un petit caméscope et a tourné de petits films sans prétention, simplement pour le plaisir de fixer le décor. Je propose de les publier en une bonne dizaine d’épisodes à partir de demain, assortis d’un commentaire explicatif.

 

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Sigisbée et le baron de Nucingen

Publié le par Eric Bertrand

Dans le Père Goriot, de Balzac, que j’ai relu avec plaisir, le mari de l’une des filles de Goriot s’appelle le baron de Nucingen, et il fait partie de ces personnages qui reviennent régulièrement dans « la Comédie humaine ». Comme tous les maris chez Balzac, il délaisse sa femme, la jolie Delphine que convoite l’inexpérimenté et fougueux Eugène de Rastignac. Il la délaisse au point de demander instamment au jeune homme d’accompagner son épouse à l’opéra. Cela lui éviterait en effet ce « désagrément », lui qui s’ennuie dans ce genre d’endroit...

Cette goujaterie me ramène en mémoire une anecdote plaisante vécue en Sicile avec l’un de nos amis italiens qui nous expliquait que l’épouse de Salvatore, la belle et élégante Marinella, sortait certaines fois avec un ami qui l’amenait (en tout bien tout honneur !) dans des endroits que le mari exécrait, concerts, expositions, musées, théâtres, librairies...

La chose est courante paraît-il en Italie ; on appelle ce type de compagnon « il sigisbeo ». Le mot existe en français n’est-ce pas ? Mais combien de gens en connaissent encore le sens ? Il faut dire que l’usage s’est perdu ! A moins que ? Si quelqu’un a rencontré un vrai, un pur, un authentique Sigisbée, qu’il me le confie pour l’amour des mots !

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« Tartuffe » à la Coursive : un dévot dans le manoir de Rebecca de Winter(5/5)

Publié le par Eric Bertrand

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            Le diable a pris le contrôle. Il sait tout de chacun. Dans son grand habit noir, crâne chauve, épaules carrées, souvent de dos, Eric Lacascade dans le rôle de Tartuffe a des airs de Méphistophélès. Les petites lumières rouges de sa chapelle s’insinuent dans l’espace comme les flammes de l’enfer. Avant Lacascade, Ariane Mnouchkine avait insisté sur les dangers de toute forme d’intégrisme. Tartuffe se sent si impeccable dans son costume rigide qu’il court faire son rapport au roi...

             Facteur aggravant, il a en effet trouvé chez Orgon des papiers compromettants indiquant que ce dernier a, par amitié, couvert la fuite d’un « criminel d’état ». Tartuffe revient en maitre absolu, flanqué d’un exempt aux airs de toréador, costume blanc, qui portera l’estocade : deus ex macchina ! Ou happy end... On est chez Molière, les choses finissent toujours par s’arranger. Mais on a eu chaud, et derrière la famille recomposée, réunie, heureuse, riant de toutes ses dents, le mari sans doute trompé, la grand-mère détraquée, la fille et son fiancé du moment, la servante qui monte en grade, se tient la grande silhouette du condamné dont le visage, comme sur un gibet, disparait dans un sac.

 

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« Tartuffe » à la Coursive : un dévot dans le manoir de Rebecca de Winter(4/5)

Publié le par Eric Bertrand

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        Une première fois victime des avances de Tartuffe, elle l’a d’abord repoussé. Mais elle comprend elle aussi qu’elle a touché au point névralgique du personnage. Alors, très adroitement, elle y revient. Ne serait-ce d’abord que pour annuler l’odieux mariage prévu avec sa fille... Comment faire ? Le vieux lion naguère éconduit se méfie... La mise en scène de Lacascade exploite astucieusement le langage du corps qu’autorise le texte à cet endroit de la pièce (acte 4, scène 5). « On a des secrets à vous y révéler »... Daria Lippi, comédienne au charmant accent italien, ne ménage pas les moyens... Elle dégrafe son soutien-gorge, retrousse sa jupe, défait son chignon, ébouriffe sa chevelure. Sous « l’étoffe moelleuse de la robe et le velours de la voix, elle sort les griffes, elle devient femme fauve.

           Alors la bête se déchaîne. Orgon, stoïque, abruti, transparent, reste installé sous la table, table ronde qui devient un ring sur laquelle saute la furie de l’Amour. Va-t-il enfin admettre ses erreurs et reconnaitre l’imposteur ? Va-t-il enfin sortir de sa cachette et libérer sa jeune épouse de l’étreinte animale du fringant défroqué ? Tous les beaux discours de vertu, les prétextes célestes et les appels à Dieu sont jetés en boule sous la table, la table divan, la table clic clac, qui s’est mise à tourner dans tous les sens. C’est le sommet de la pièce. Les trépidations de la folie et les abois du criminel assoiffé de vengeance... Orgon ne sort pas vainqueur de l’embuscade : il s’égare, comprend brutalement qu’il a tout perdu, que les choses lui échappent et que plus rien ne peut désormais arrêter la fureur du scélérat. Il tourbillonne dans l’escalier, va, vient, monte et descend, menace de se pendre d’en haut du balcon. Personne ne sort plus de cette maison dont les portes se sont fermées. Ils n’y a plus qu’à attendre la détonation finale.

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