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Trail des vignes dans l’ile de Ré ou le petit vin doux de la mémoire (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

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Ciel clair et bleu du matin. Ruelles tortueuses, usées. Dentelles de venelles effritées, blanches en quichenottes sous la figure voutée du soleil... Mais les quichenottes ont disparu et les premiers touristes en bigoudis sortent effarés dans le jardin, regardent passer à toute vitesse les quêteurs de plage et les chercheurs d’or...  « Mais vers où courent-ils donc ? »... La plage est encore loin, tout au bout, après le Bois-Plage, au lieu-dit « le Gouillaud ».

                Le chemin s’engage dans le bois. Pénombre. Les groupes se disloquent. « On suit, on suit, mais où on va ? » te souffle une voix qui remonte de l’arrière... Panurge est devant ! De l’autre côté de la dune, avec les moutons de la mer. Tout ce que tu sais, c’est que tu ne plongeras pas.

                Ensablement sous les pieds. Maintenant, tu te souviens... Du côté des Grenettes, les pneus des voitures enfonçaient à l’époque. Dérapage contrôlé sur ton vieux biclou, celui de l’arrière-grand-mère. Tu finissais par rattraper l’auto de tes parents et le panier de pique-nique avec son chocolat fondu sous le soleil. Les rouleaux de la mer et les embruns qui remontaient jusqu’à la dune en même temps que les clameurs de la plage. Vieux blockhaus et munitions d’été, mitraillette de sable blanc et assaut des puces de mer. Tu portes comme les autres une puce à la cheville gauche, bracelet électronique : dossard 303.

 

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Trail des vignes dans l’ile de Ré ou le petit vin doux de la mémoire (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

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10h00, dans ce petit matin où la montre joue des tours, il n’est pas 9h00 mais 10h00. Ceux qui n’ont pas pensé à régler leurs montres ne pourront pas s’aligner pour le départ de cette belle course qui s’élance de la commune de Sainte-Marie de Ré. Village où tu venais, chaque été, passer des vacances familiales. C’était à l’époque des bacs, des ânes en culottes et des tours de France sans dopage.

                La course s’annonce aussi délicieuse qu’un grand cru : « trail des vignes »... Coupe de vin pour griser le coureur et lui offrir autre chose qu’un simple parcours de course. Environ 500 coureurs égayés dans les vignes. Mais pas d’esprit fouacier ! « Comme c’est beau ! » s’exclamera l’une des concurrentes au moment d’arriver sur la plage.

                10h00. C’est parti ! Direction la Noue, puis les Grenettes. Plage de ton enfance... Odeurs de varech, cris de goélands. Coopératives viticoles, vin de chais, pineau... « Rendez-vous à l’apéro ! ». Dernières plaisanteries. A présent, concentration ! « C’est dur un trail ! », il faut « gérer sa course » comme le rappellent ceux d’entre vous qui courent en club. Volets verts encore clos, « debout les pyjamas ! » Jardins clos, piscines brillant derrière oliviers et pins maritimes. Claquement et impatience des baskets sur le bitume, foulée encore souple et légère. Mollets luisants. Odeur de crème décontractante sur les cuisses.

 

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La relance de l’édition : après Aléas, Alter ! (version intégrale)

Publié le par Eric Bertrand

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Depuis le temps que j’annonçais à mes lecteurs la parution du « petit dernier », je leur dois une explication... Et puis pour ceux qui sont déçus de le découvrir sous une forme qu’ils ne connaissaient pas, il faut que je leur apporte un éclaircissement !

                Après ce long moment de flottement qui touchait mes deux livres prêts depuis fin août 2011, les voilà qui sortent enfin de leur torpeur. Alter, mon nouvel éditeur, qui succède à Aléas, s’est lancé dans le numérique et y croit dur comme fer. Alter, l’Ami du Lecteur, le Turbulent Éditeur Radieux... Un sigle qui se mérite ! Rien à voir avec les sites commerciaux qui épient les lecteurs et les « profilent » sitôt qu’ils achètent un livre. Alter regroupe une collectivité culturelle, (auteurs, éditeurs, lecteurs) à l’affut d’ouvrages qui se tiennent en dehors des réseaux commerciaux. Vous pouvez lire leur déclaration de principe dans la page d’accueil du site : http://alteredition.net/ Quand j’en ai parlé avec l’un des éditeurs en mai 2011, le principe m’a aussitôt intéressé.        

                Quoi qu’il en soit, le premier à sortir des Limbes s’intitule « les Cent tours de la Lanterne magique ». Si le lecteur s’en souvient, il est consacré aux rues de La Rochelle et à la promenade historico-littéraire à laquelle elles nous convient. En édition numérique, il offre à chaque page une photo couleur prise au cours de mes nombreuses promenades nécessaires à la réalisation du livre. Malgré l’intérêt de cette version, une version papier complémentaire suivra : elle satisfera les lecteurs plus « traditionnels » qui aiment feuilleter. Il n’y aura pas de photos dans cette version.

                Dans le même esprit, le second ouvrage paraîtra prochainement. Il s’agit de la fiction intitulée « De Nantes à La Rochelle sous la bannière des fées » : elle est très marquée à la fois par ma connaissance de l’Ecosse et celle des deux villes de Nantes et La Rochelle. Le lecteur qui aura lu « les Cent tours de la Lanterne magique » pourra se faire une idée de la façon dont l’imaginaire et la construction narrative s’emparent de documents réels pour les refondre dans la création. Dans un premier temps, si les choses se passent comme prévu, ce roman sera lisible sous sa forme numérique chez Alter, avec des photos comme le précédent. La version en format papier suivra naturellement. J’espère en tout cas que tout « ce petit monde » sera au rendez-vous pour la période estivale afin que je puisse m’y consacrer davantage, notamment dans le cadre des salons du Livre (dans lesquels je me déplacerai désormais avec mon net book et ma tablette).

                Pour l’heure, je reçois déjà quelques échos des lecteurs qui ont osé franchir le cap. Ils en sont ravis. La procédure technique ne pose aucun problème et il est aisé, une fois le livre téléchargé, de le mettre soit sur son ordinateur, sur sa tablette, son e.pad, son net.book, sur les quatre à la fois si on est très branché nouvelles technologies !

                Au cas où certains d’entre vous rencontreraient des difficultés, n’hésitez pas à m’en faire part : je peux leur transmettre (en format PDF) un mode opératoire très commode. En attendant, quelle que soit la forme que vous choisirez pour vos lectures, je vous souhaite de bonnes balades à La Rochelle, à Nantes et en Ecosse dans les mois à venir ! 

                       


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La relance de l’édition : après Aléas, Alter ! (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

studio 2961 [1600x1200]

                 Depuis le temps que j’annonçais à mes lecteurs la parution du « petit dernier », je leur dois une explication... Et puis pour ceux qui sont déçus de le découvrir sous une forme qu’ils ne connaissaient pas, il faut que je leur apporte un éclaircissement !

                Après ce long moment de flottement qui touchait mes deux livres prêts depuis fin août 2011, les voilà qui sortent enfin de leur torpeur. Alter, mon nouvel éditeur, qui succède à Aléas, s’est lancé dans le numérique et y croit dur comme fer. Alter, l’Ami du Lecteur, le Turbulent Éditeur Radieux... Un sigle qui se mérite ! Rien à voir avec les sites commerciaux qui épient les lecteurs et les « profilent » sitôt qu’ils achètent un livre. Alter regroupe une collectivité culturelle, (auteurs, éditeurs, lecteurs) à l’affut d’ouvrages qui se tiennent en dehors des réseaux commerciaux. Vous pouvez lire leur déclaration de principe dans la page d’accueil du site : http://alteredition.net/ Quand j’en ai parlé avec l’un des éditeurs en mai 2011, le principe m’a aussitôt intéressé.        

                Quoi qu’il en soit, le premier à sortir des Limbes s’intitule « les Cent tours de la Lanterne magique ». Si le lecteur s’en souvient, il est consacré aux rues de La Rochelle et à la promenade historico-littéraire à laquelle elles nous convient. En édition numérique, il offre à chaque page une photo couleur prise au cours de mes nombreuses promenades nécessaires à la réalisation du livre. Malgré l’intérêt de cette version, une version papier complémentaire suivra : elle satisfera les lecteurs plus « traditionnels » qui aiment feuilleter. Il n’y aura pas de photos dans cette version.

 

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De la paire de skis au divan : « la Maison du docteur Edwardes »

Publié le par Eric Bertrand

 

 

              Le cinéma d’Hitchcock au service de la psychanalyse... Rêves, complexes, paranoïa, refoulement, amnésie, divans, équipe de docteurs analystes... C’est tout le sujet du film « la Maison du docteur Edwardes ». Autre atout, les vertiges de l’imaginaire sont à l’honneur dans ce film inclassable, à mi-chemin entre l’intrigue policière et le suspense psychanalytique, moitié naturaliste et moitié surréaliste qui exploite par exemple une peinture de Dali en toile de fond au rêve du personnage principal, le faux docteur Edwards, John Ballantine, incarné par Grégory Peck.

                Ténébreux et séduisant, l’étrange médecin semble avoir voulu dissimuler le crime d’un dénommé Edwardes, spécialiste du complexe de culpabilité, en lui dérobant son identité. Ainsi, il est en mesure, au début du film, de prendre sa place en qualité de directeur de clinique.

                Mais la seule femme qui exerce dans la clinique (docteur Constance Petersen, interprétée par Ingrid Bergman) tombe amoureuse de lui et décèle en ce fascinant et fragile collègue un profond malaise existentiel. Il faut le reconnaître : le prétendu docteur Edwardes n’est pas à la hauteur du poste qu’il occupe... et son imposture puis sa culpabilité dans l’assassinat finissent par éclater au grand jour. Les choses pourraient s’arrêter là, au pied du télésiège... Mais, guidée par l’instinct du psychanalyste et par l’amour immaculé qu’elle voue à John, le docteur Petersen entreprend de prouver son innocence.

                Il souffre d’amnésie et ne se souvient pas des circonstances du drame auquel il a été mêlé lors du décès du docteur Edwardes, dans une petite station de ski... Dès qu’il voit des traces noires sur fond blanc, tissu de robe, dessin de nappe, motif de couverture, il ressent aussitôt un malaise qui l’envahit et lui embue l’esprit au point de le rendre dangereux. Par un examen obstiné du patient, l’impatiente doctoresse parvient à remonter le passé et la pente neigeuse.

                Il suffit pour cela de trouver la clé, et soudain les portes s’ouvrent (comme le montrent les images du film, mais au sujet cette fois du complexe de la doctoresse un brin frigide, lancée sur le hors-piste de l’amour !) Comme souvent chez le docteur Freud, tout vient de l’enfance. Le petit John Ballantine jouait et, par accident, a causé la mort de son frère.  Ce drame est à l’origine du tourment de culpabilité qui opère en lui de façon sourde et opiniâtre. Et quelques vingt ans plus tard, les circonstances de la mort du docteur Edwardes rejouent étrangement les conditions de la scène originelle. Descente à ski et chute dans le précipice... De la paire de ski à l’avalanche du divan, il n’y a qu’un saut.

 

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