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« Ridicule » de la cour de Versaille au reality show

Publié le par Eric Bertrand

                              Dépéchez-vous d'aller voir le film intitulé « Ridicule ». Il vous raconte en 1 heure trois quarts la manière dont il fallait s’y prendre au XVIII° siècle pour gagner le pouvoir : user de son esprit.                     

                      Intelligent et efficace du début à la fin, « Ridicule » frappe le spectateur par son humour. Il le fait assister à cette comédie cruelle où, comme le dit Jean Rochefort, les mots deviennent de vrais révolvers. Et comme dans un western, les personnages n’arrêtent pas de flinguer tout ce qui bouge.                                 

                      Que les amateurs de costumes et de maquillages façon 18° ne s’enfuient pas, ils seront gâtés car le réalisateur a particulièrement soigné cet aspect de son travail. Ce n’est pourtant pas là l’essentiel. Il faut savoir gratter le vernis et reconnaitre que la vraie valeur du film se cache derrière les paillettes !

                       On pourrait aisément embarquer telle comtesse ou tel petit marquis venu de « Ridicule » dans n’importe quel réality show et lui promettre la gloire et les honneurs à condition qu’il daigne écraser son adversaire... Sans aucun doute il le fera, pas au couteau, mais avec la pointe d’un talon haut ! C’est là toute la force de cet inquiétant « divertissement ». On dit pourtant que « le ridicule ne tue pas » !

 

 

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« Ridicule », de la cour de Versaille au bling-bling

Publié le par Eric Bertrand

                Après « Valse avec Bachir », revenons sur « Ridicule » auquel j’ai déjà consacré un article récemment (article du 5.11). Je propose au lecteur le bilan d’une activité qui me sert d’illustration en cours : en effet, j’explique aux élèves ce que le « jargon » appelle « la situation d’énonciation » : il s’agit de comprendre en quoi un même énoncé peut changer non pas son contenu mais son « style » en fonction du « destinataire » : la personne à qui on s’adresse... Je commence par un destinataire disons « adulte » puis, demain, je m’adresserai à un destinataire « ado ».

                     

                      P. Leconte dépeint avec une justesse implacable cette cour du Roi où l'esprit était une valeur recherchée. Une boutade bien placée, un calembour adroitement envoyé, une saillie drolatique tombant à point nommé, et c’était le succès et la gloire assurés. Rien à faire pour échapper à cet impératif : l’esprit de chacun est dans le collimateur du roi et sous l’œil de la caméra.

                      Intelligent et efficace du début à la fin, « Ridicule » frappe le spectateur par son humour acide. Il le fait assister à cette comédie cruelle où, comme le dit à peu de choses près le comédien Jean Rochefort, les mots sont les « révolvers d’un western » à Versailles. Le cow-boy du bon mot fait mouche s’il surprend son adversaire, mais si, par malheur, le bon mot lui fait défaut, alors il mord inexorablement la poussière.

                      Malgré la recherche systématique du raffinement, malgré la grâce étudiée des personnages et de leurs maquillages (la poudre neigeant sur la peau sculpturale de la marquise de Blayac dans les premières images) « Ridicule » n’est pas seulement une belle reconstitution historique. Bien plus que les références au passé, les références au présent y abondent. Les grilles du château de Versailles s’ouvrent sur le ballet des apparences. Derrière les rictus, pointe la convoitise exacerbée de chacun. Sous la pointe assassine, la volonté d’écraser un adversaire pour briller davantage et monter toujours plus haut, toujours plus loin. La cour, ce n’est pas Versailles, c’est Dallas, son univers impitoyable.

                         Les costumes, la poudre, l’éclairage sont d’un parfait effet. Ils donnent à ce film, profondément esthétique, un tremblement inquiétant. Les  personnages grimaçants de marquis et d’adroits courtisans écartent le rideau et laissent entrevoir le mécanisme de l’éternelle mascarade, du chatoyant « bling bling » qui fait tourner le monde.

 

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"Valse avec Bachir"

Publié le par Eric Bertrand

           Petite pause dans cette balade à La Rochelle qui reprendra d’ici quelques jours, le temps d’infiltrer quelques articles relatifs au cinéma et à son actualité récente. Les deux films auquels je me consacre ces jours-ci tournent en ce moment dans les cinémas de La Rochelle car ils sont programmés pour les lycéens et collégiens dans le cadre de leur ouverture au septième art. Commençons par « Valse avec Bachir ».

 

           Toute démarche impliquant la mémoire est à la fois intéressante et troublante,  notamment dans le domaine des œuvres d’art : cinéma, photographie, peinture, musique, littérature... Certains textes viennent immédiatement à l’esprit quand on réfléchit à ce domaine, à commencer par l’épisode à la fois anodin et quasi mystique de la madeleine de Proust... « Vous prendrez bien une tasse de thé ? Sucre ? Lait ? Biscuits ? Merci madame !... »

            Pas de tasse de thé ni de petits gâteaux mielleux dans le film d’animation documentaire primé au Festival de Cannes en 2008, « Valse avec Bachir ». En même temps qu’une plongée dans l’histoire récente du Proche Orient, le réalisateur israélien Ari Folman entraine le spectateur dans un douloureux parcours autobiographique.  Il choisit, en effet, non pas de raconter une histoire linéaire mais de reconstituer, à travers les « débris » de mémoire de son personnage, l’épisode insoutenable des massacres de réfugiés palestiniens de Sabra et de Chatila auquel, dans les années 80,  il a été, malgré lui, mêlé.

              Comme l’explique dans le film un psychanaliste ami du narrateur, il arrive parfois que des pans entiers d’une histoire personnelle soient ensevelis, évacués totalement de la surface du conscient au point de disparaître définitivement. Cette opération de négation du vécu s’explique en partie par le caractère insupportable de certaines expériences. Dans ce cas-là, si on peut dire que, chez Proust, le temps perdu est une fontaine enchantée dont la source est à libérer dans la « mémoire geyser » du narrateur, on peut dire aussi que, en ce qui concerne « Valse avec bachir », la mémoire est « une mine », une mine susceptible d’exploser si, au terme d’un effort courageux, le personnage entreprend de la déterrer avec l’aide d’autres témoins du drame qui, eux-mêmes, entretiennent avec le passé un rapport à la fois trouble et dangereux.

 

 

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Rue du Paradis : balades à La Rochelle (9)

Publié le par Eric Bertrand

Les rues de La Rochelle (15)

 

              On bascule depuis deux articles entre débauche et bigoterie et les rues de la ville semblent ménager cette ambiguïté. On évoquait Evescot et couvent, recueillement et  mariettes, mais La Rochelle n’est pas un lieu dévot !

             Témoin la rue du Paradis, toute proche du port, et qui prétendait consoler les marins de l’enfer de la pleine mer entre les bras des bonnes filles. Leur présence résonnait déjà sur le trottoir, dès le fameux Cours des Dames où elles arpentaient, entre le quai et les deux tours.

              Inversement, la rue du Diable existe à la Rochelle, mais nuance, elle abritait un couvent ! De quoi déboussoler le marin en quête d’apaisement. Encore lui faut-il savoir décrypter le sens caché des choses et être capable de deviner où le diable va se loger, mais tant que Belzébuth... Les chansons de marins ne reculent pas non plus devant la tentation de belles contrepèteries !

 

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Rue de l’Evescot : balades à La Rochelle (8)

Publié le par Eric Bertrand

                En même temps qu’à la débauche avec les « dames » et les « filles de La Rochelle », il y a dans cette ville un bon nombre de rues qui nous invitent, pauvres pécheurs, sinon à « l’examen de minuit » prôné par Baudelaire, du moins au recueillement religieux parce qu’elles convoquent le souvenir de lieux saints...

                Combien de monastères, combien de couvents et combien d’églises dans les rues de La Rochelle ? De nombreuses plaques commémoratives le rappellent, à commencer par le lieu de spectacle « la Coursive », naguère marché aux poissons et jadis couvent ! Par quels stades l’homme doit-il passer pour accéder à la culture !

                 Pour ce qui est de la religion, il fut un temps où la rue de l’Evescot accueillait l’évêque de Saintes dans les murs de son monastère. Silence dans les rangs !

 

« La pendule, sonnant minuit,
Ironiquement nous engage
A nous rappeler quel usage
Nous fîmes du jour qui s'enfuit (...)
- Vite soufflons la lampe, afin
De nous cacher dans les ténèbres » 

 

Rues de La Rochelle (23) [1600x1200]

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