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Nouvel an sur ce blog : perspectives

Publié le par Eric Bertrand

                      Après la traditionnelle et courte petite pause hivernale de ce blog, le temps est revenu de souhaiter à tous mes lecteurs et lectrices (de passage ou fidèles) mes meilleurs vœux de bonheur, santé et, comme écrit Marcel Aymé dans une de ses nouvelles, « confort intellectuel »... « Confort » qu’on ressent à la lecture d’œuvres stimulantes pour l’esprit, à la vue de spectacles, de films, à la confrontation de points de vue éclairants...

                      Autant d’éléments qui alimenteront cette année encore, espérons-le, les lignes de ce blog. Au programme donc, cette base générale et, pour être plus précis, dès demain la rubrique « l’article du mois » fondée soit d’après mes « coups de cœur », soit d’après les sondages « paper blog », des bilans de lecture (prochainement Lampedusa, Conrad, Rolin, Grimbert), la suite des balades dans « les rues de La Rochelle » (qui devrait à terme déboucher sur un nouvel ouvrage dont la forme est encore en gestation), les étapes de la réalisation du spectacle sur « Gulliver », la réalisation de la chanson de « l’Organisme », des spectacles de théâtre à la Coursive...

                       Et toujours un dialogue avec ce que le lecteur peut apporter de confidences et de compléments à ces humbles articles... Vos contributions, quelles qu’elles soient me sont toujours précieuses.

 

Jour de l'an (30) [1600x1200]

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Meilleurs voeux !

Publié le par Eric Bertrand

Bonne année à tous en ce premier jour de l’an 2011 !

Et à demain pour la reprise officielle de nos « parcours communs » !

Jour de l'an (2) [1600x1200]

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Bonnes fêtes de fin d'année à tous et toutes !

Publié le par Eric Bertrand

Petite pause de fin d'année dans ce blog. Profitez comme moi de ces temps festifs et rendez-vous le 1er de l'an !

 

nuit2.jpg

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Le Mail : balades à La Rochelle (15)

Publié le par Eric Bertrand

               Rien à voir avec le courriel électronique et d’improbables rangées d’ordinateurs qui seraient laissées là, à disposition de cette belle allée, dans un cyber café près de la plage !

               Cette fameuse « Allée du Mail » est en effet l’un des sites les plus agréables de La Rochelle. Le flâneur remonte la mer par la « promenade » chère à Rimbaud. « On n’est pas sérieux quant on a dix-sept ans ! »... Certes, on n’a pas les « tilleuls verts sur la promenade » mais à la place, les façades de vrais petits manoirs aux airs gothiques qu’on imaginerait bien à Charleville !

                Naguère, les familles bourgeoises, sorties tout droit des contes de Maupassant, s’y promenaient paisiblement, respiraient l’air de la mer, soucieux d’entretenir au grand air leur teint ou leur verdeur.  Comme dans ce jardin de Charleville où l’orchestre, en fin de semaine, « balançait ses schakos dans la Valse des fifres », pour des « clubs d’épiciers retraités », des « bourgeois à boutons clairs », « des pioupious débraillés qui suivaient sous les marronniers verts les alertes fillettes aux cous blancs brodés de mèches folles »...

                 L’Allée du Mail offre toujours une belle pelouse aux jupons, aux pantalons de flanelle, aux corsages en dentelles et accessoirement, aux parties de maillet...

 

La Rochelle Toussaint (8) [1600x1200]

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Quai du Lazaret : balades à La Rochelle (14)

Publié le par Eric Bertrand

               La Rochelle n’a pas toujours été cette ville ouverte sur l’océan bleu et les iles de Désirade. Des zones de marais insalubres, de rares falaises grises, des plages sans sable blanc ou rose, des fonds vaseux... Et des navires suspects, contaminés qu’il fallait laisser en quarantaine, sur le quai du Lazaret...

               Dans ce contexte bien particulier, situé à l’extrémité des Minimes, le lazaret était une léproserie. La digue donnait sur ce « lazaret » où étaient confinés les malheureux marins ayant contracté des maladies contagieuses comme la lèpre, la peste ou le choléra. Et dans ces conditions, ni trottoirs, ni Cours des Dames ! Aucun contact n’est envisageable entre les vivants et les moribonds, à moins de sainteté... Qu’on relise le texte de Flaubert extrait de « la Légende de Saint Julien l’Hospitalier »

Quand ils furent arrivés dans la cahute, Julien ferma la porte ; et il le vit siégeant sur l’escabeau. L’espèce de linceul qui le recouvrait était tombé jusqu’à ses hanches ; et ses épaules, sa poitrine, ses bras maigres disparaissaient sous des plaques de pustules écailleuses. Des rides énormes labouraient son front. Tel qu’un squelette, il avait un trou à la place du nez ; et ses lèvres bleuâtres dégageaient une haleine épaisse comme un brouillard et nauséabonde.

— J’ai faim ! dit-il.

Julien lui donna ce qu’il possédait, un vieux quartier de lard et les croûtes d’un pain noir.

Quand il les eut dévorés, la table, l’écuelle et le manche du couteau portaient les mêmes taches que l’on voyait sur son corps.

Ensuite, il dit :

— J’ai soif !

Julien alla chercher sa cruche ; et, comme il la prenait, il en sortit un arôme qui dilata son cœur et ses narines. C’était du vin ; quelle trouvaille ! Mais le lépreux avança le bras et d’un trait vida toute la cruche.

Puis il dit :

— J’ai froid !

Julien, avec sa chandelle, enflamma un paquet de fougères, au milieu de la cabane.

Le Lépreux vint s’y chauffer ; et, accroupi sur les talons, il tremblait de tous ses membres, s’affaiblissait ; ses yeux ne brillaient plus, ses ulcères coulaient, et, d’une voix presque éteinte, il murmura :

— Ton lit !

Julien l’aida doucement à s’y traîner, et même étendit sur lui, pour le couvrir, la toile de son bateau.

Le lépreux gémissait. Les coins de sa bouche découvraient ses dents, un râle accéléré lui secouait la poitrine, et son ventre, à chacune de ses aspirations, se creusait jusqu’aux vertèbres.

Puis il ferma les paupières.

— C’est comme de la glace dans mes os ! Viens près de moi !

Et Julien, écartant la toile, se coucha sur les feuilles mortes, près de lui, côte à côte.

Le Lépreux tourna la tête.

— Déshabille-toi, pour que j’aie la chaleur de ton corps !

Julien ôta ses vêtements ; puis nu comme au jour de sa naissance, se replaça dans le lit ; et il sentait contre sa cuisse la peau du Lépreux, plus froide qu’un serpent et rude comme une lime (...)

 

               L’avenue du Lazaret, parfaitement amnésique, glisse maintenant à toute allure à travers ces zones d’urbanisation récente...

 

Suite rues (15) [1600x1200]-copie-1

 

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