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Le complexe d’idéfix : hommage aux arbres et « Chroniques martiennes » (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

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               Qu’arriverait-il sur la planète Mars si l’homme parvenait à y envoyer des expéditions ? C’est la question que pose l’écrivain de science fiction Ray Bradbury dans ses fabuleuses « Chroniques martiennes »... L’auteur de « Fahrenheit 451 » n’a jamais été tendre pour ses concitoyens et il fustige la société de consommation dont la civilisation américaine est le modèle absolu.

               Bien avant Kevin Kostner ou James Cameron, il réhabilite les peuples de « sauvages » que l’Américain vient dominer. Les Martiens sont des êtres délicats, sensibles et esthètes. En face d’eux se présentent des brutes, des spéculateurs (ce couple qui espère par exemple monter une boutique de hamburgers dans l’une des vallées martiennes)... Mais tous les personnages ne sont pas ainsi. Il y a parmi eux des rêveurs, des poètes, et par exemple ce Benjamin Driscoll, héros d’une belle chronique : « le matin vert ». Et voici le retour des arbres ! Arbres de Giono, puits à oxygène, « pièges à vent », « mineurs de sources », ils vont permettre à Benjamin d’honorer le désert martien et de faire recouler l’eau dans les canaux assêchés.

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Le complexe d’idéfix : hommage aux arbres et « l’Homme qui plantait des arbres » (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

            A propos d’arbre et de chlorophylle, il existe un petit récit de Jean Giono qui m’est resté dans la mémoire. Tellement simple et tellement imagé qu’il vaut tous les apologues sur la vie et l’importance qu’il y a de préserver la nature... Je l’avais lu après la découverte émerveillée de l’univers animiste de « Regain » : il s’agit de « l’Homme qui plantait des arbres ».

            Cet ouvrage illustré raconte comment la force et la conviction d’un seul homme ont suffi pour redonner de la vie à un désert. Si vous en avez le temps, écoutez la très belle voix de Philippe Noiret qui dit le texte sur des illustrations originales...

 

 

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Le complexe d’idéfix : hommage aux arbres et « la fugue du Petit Poucet » (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

           Puisque j’ai parlé ces derniers jours des arbres, je ne résiste pas à faire le détour dans les trois jours à venir, par trois textes qui m’ont marqué à propos d’arbres... Le premier est un extrait d’une nouvelle de Michel Tournier, « la Fugue du Petit Poucet »... Je cite ci-dessous un extrait de ce récit qui revisite à la façon hippie le célèbre conte de Perrault...

 

            « L’arbre est un être vivant, mais d’une vie toute différente de celle de l’animal. Quand nous respitrons, nos muscles gonflent notre poitrine qui s’emplit d’air. Puis nous expirons. Aspirer, expirer, c’est une décision que nous prenons tout seuls, solitairement, arbitrairement ; sans nous occuper du temps qu’il fait, du vent qui souffle ni du soleil ni de rien. Nous vivons coupés du reste du monde. Au contraire, regardez l’arbre. Ses poumons, ce sont ses feuilles. Elles ne changent d’air que si l’air veut bien se déplacer. La respiration de l’arbre, c’est le vent (...) Il n’est qu’un immense réseau de feuilles tendu dans l’attente du vent et du soleil. L’arbre est un piège à vent, un piège à soleil... »

 

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« l’Homme et la couleuvre » (suite) : Brassens et les chênes

Publié le par Eric Bertrand

 

                  La fable « l’Homme et la couleuvre » donne donc la parole à l’arbre et ce dernier, pas plus que le bœuf ni la vache n’est satisfait du comportement de l’homme... Qu’on lise cet extrait :

 

L'arbre étant pris pour juge,
Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge
Contre le chaud, la pluie, et la fureur des vents ;
Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs.
L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire ;
Il courbait sous les fruits ; cependant pour salaire
Un rustre l'abattait, c'était là son loyer,
Quoique pendant tout l'an libéral il nous donne
Ou des fleurs au Printemps, ou du fruit en Automne ;
L'ombre l'Eté, l'Hiver les plaisirs du foyer.
Que ne l'émondait-on, sans prendre la cognée ?
De son tempérament il eût encor vécu.

 

             Et maintenant, qu’on veuille bien écouter la chanson de Georges qui raconte la rencontre malheureuse du chêne et de « deux amoureux » :

 

Au pied de leur chaumière, ils le firent planter.
Ce fut alors qu'il commença de déchanter
Car, en fait d'arrosage, il n'eut rien que la pluie,
Des chiens levant la patt' sur lui.

On a pris tous ses glands pour nourrir les cochons,
Avec sa belle écorce on a fait des bouchons,
Chaque fois qu'un arrêt de mort était rendu,
C'est lui qui héritait du pendu.

Puis ces mauvaises gens, vandales accomplis,
Le coupèrent en quatre et s'en firent un lit,
Et l'horrible mégère ayant des tas d'amants,
Il vieillit prématurément.

Un triste jour, enfin, ce couple sans aveu
Le passa par la hache et le mit dans le feu.
Comme du bois de caisse, amère destinée !
Il périt dans la cheminée.

 

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Sagesse des arbres et violence des hommes

Publié le par Eric Bertrand

J’ai beaucoup écouté Brassens durant mon adolescence et je crois lui devoir un certain nombre de mes références littéraires. Je continue de lui rendre discrètement hommage dans la lecture que je fais des « Fables » de La Fontaine... Ainsi, j’avais en 1ère, il y a quelques années, proposé un rapprochement entre les chansons de Brassens et certaines des fables les plus connues.

               Dans cet esprit, je suis tombé récemment sur une fable moins connue du livre 8, reprenant le thème de la férocité des hommes et du danger qu’il y a à dire la vérité à ceux qui ont le pouvoir (on se souvient des mésaventures de l’âne dans « les animaux malades de la peste » quand tous les courtisans s’en prennent au simplet et crient « haro sur le baudet »)... Cette fable s’intitule « l’homme et la couleuvre »... Spécialiste en questions qui fâchent, « l’homme » demande au « serpent » de lui dire qui, de l’animal ou de lui-même, est le plus méchant.

               Cette question amène à un examen de conscience et, après avoir écouté la vache et le bœuf, le fabuliste ne tarde pas à trancher : l’ingratitude est du côté de l’homme... Toute vérité ne fait pas plaisir à entendre et le ton monte vite entre les opposants. L’arbre, symbole de calme et de sérénité est alors convié pour témoigner... « Auprès de mon arbre, je vivais heureux » chantait Georges. On y revient demain pour mettre en dialogue par delà les siècles, les deux défenseurs des arbres.

 

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