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La vie comme réservoir à la fin du « Guépard »

Publié le par Eric Bertrand

L’une des beautés du roman de Lampedusa, « le Guépard » c’est cette méditation sur la vie et l’épuisement progressif de son héros (dimension qui ne peut apparaître aussi profondément dans la belle version cinématographique de Visconti).

               La fin du roman est en effet axée sur les pensées du prince Salina et l’écrivain sicilien écrit là quelques unes des plus belles pages autour de ce thème qui a inspiré bien d’autres auteurs. Ainsi ce rapprochement particulièrement bien senti entre la vie humaine et un « réservoir » qui finit par s’épuiser...

               Le passage développe subtilement cette métaphore du réservoir qui assimile ce qu’il y a d’impalpable dans la vie (les idées, les émotions, les sentiments). L’approche est de type matérialiste (et rappelerait en cela la philosophie de Diderot) : la vie s’échappe du corps du vieil aristocrate en « vapeur au-dessus d’un étang »... Lampedusa écrit que la vie est comme une vapeur, une « nappe » qu’ont formée toutes les années d’un homme.

               Le personnage est mourant dans un hôtel de Palerme, avec vue sur mer, et cette réflexion acquiert une largeur supplémentaire dans ce contexte : la fin de vie d’un homme finit par s’élever tel un petit « résidu » face à l’immense océan.

              « C’était un lundi de la fin juillet, à midi, et la mer de Palerme, compacte, huileuse, inerte, s’étendait devant lui, invraisemblement immobile... » 

Je la connais cette « mer de Palerme », j’y ai vécu moi-même tant d’heures lumineuses que ce détail fait frissonner !

 

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Souvenir du « Guépard » de Lampedusa

Publié le par Eric Bertrand

 

              Il y a des romans vers lesquels on est constamment ramenés. C’est le cas du « Guépard » de Lampédusa... En relisant certains passages ces jours-ci, Je me suis souvenu des trois articles de blog que j’avais consacrés à ce roman en 2008  à l’époque où, travaillant sur « Le Ponton », je « visitais » tout ce qui pouvait avoir rapport avec « l’objet sicilien ».     

               Avant d’écrire un nouvel article au sujet du roman je propose au lecteur un petit retour vers la Sicile à travers ces articles et à travers deux des vidéos du « spectacle sicilien », point d’orgue de la représentation. 

 

http://genese.over-blog.com/article-19225071.html

http://genese.over-blog.com/article-19272318.html

http://genese.over-blog.com/article-19298050.html

 

 

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Un avis de lectrice sur « La Route, la poussière et le sable »

Publié le par Eric Bertrand

Ca y est, j'ai fini " La Route"
j'ai bcp aimé comme d'habitude, J'ai bien reconnu ta plume, l'écriture soignée, précise, le vocabulaire riche, et des trouvailles audacieuses ( dont je te reparlerai)
Déjà , le récit: 2 jeunes voyageurs, auto-stoppeurs, qui plus est( As-tu remarqué qu'on en voit de
moins en moins sur nos routes?)
               Ces 2 jeunes ont des rêves plein la tête, des illusions aussi, du courage, et une certaine inconscience, un mépris ( ou une méconnaissance) du danger qui les rend fragiles et attachants; Leur aventure est d'abord, me semble-t-il, une aventure humaine;grâce à l'auto-stop, ils sont amenés à rencontrer des personnages pittoresques, certains amicaux, d'autres peu recommandables, d'autres encore très méfiants à l'endroit des 2 jeunes français;
Et puis leur mésaventure en milieu de récit qui gâche le voyage et perturbe leur rêve , mais leur ouvre finalement des portes et des coeurs de certains américains touchés par leur infortune ( c'est le cas de le dire!)
                 J'aurais bien aimé que tu décrives un peu plus les paysages croisés ( tu sais, mon besoin d'évasion!) Est-ce un choix? As-tu voulu privilègier l'aventure humaine?
Et , donc , les "trouvailles". L'emploi du " nous" " je" dans la 1ere partie, puis du "ils" puis de nouveau du " nous" , les changements de prénoms ( les très "cowboyissimes" John et Lucky")
Je me suis bien sûr demandé pourquoi ce chois et j'avoue , qu'au début, il m'a pertubée. J'aimais le "nous" , le "je" , plus de proximité, le "ils" éloignent...)
                 Et puis, j'ai compris ( enfin , je crois) que , ce que tu voulais , c'était accentuer le côté romanesque de l'histoire, comme si ca n'était plus la tienne, en faire une Bd , un " road moovie", un film d'aventures ( J'ai tout bon, professeur Eric?)
Finalement, cet effet de style audacieux est très réussi!
Bref, j'ai bcp aimé ton livre, j'ai hâte de commencer " l'organisme" mais je me doute que le registre sera très différent;

 

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Un avis de lectrice sur « Pour y voir Clerc »

Publié le par Eric Bertrand

Voilà, j'ai fini ton livre et j'ai envie de te donner mes 1ères impressions " à chaud" en espérant que je ne vais pas t'ennuyer...

D'abord, j'ai adoré, il faudra que je le relise!
Ensuite, je sais pourquoi tu es en kilt sur ta photo de profil facebook et je trouve ça original et dans ton cas, plein de sens.

J'ai été émue par l'évocation de ton accident, celle de ton enfance, de ta vie de jeune homme un peu rêveur, et de quelques aspects de ta vie actuelle; cette intrusion dans ta vie m'a un peu "pertubée" parce que tu n'es pas un auteur inconnu, parce qu'on correspond depuis qqtemps et que même si on ne se connait pas, on se connait un peu...

J'ai aimé ta façon " littéraire" d'aborder les chansons de Julien Clerc, avec qq chose de "sérieux" ( le prof de français qui garde toujours son acuité) et de plus "intellectuel" ( ca n'est pas péjoratif) que la mienne qui ai tendance à me laisser bercer par les mots.

J'ai vu aussi qu'on était de la même génération, j'ai cru comprendre que tu étais né en 60, mais je suis ton aînée de 5 ans!
( je suis même grand-mère! mais bon, je n'ai pas l'air trop 3ème âge)

A l'occasion, je te raconterai , si tu le veux , mes années Maxime Le Forestier, puis Julien Clerc ( que j'écoutais en boucle dans ma chambre à l'Ecole Normale), puis Michel Berger ( que j'adorais aussi) et Souchon!

J'aurais surement d'autres impressions à te livrer à propos de ton livre, mais là, il commence à être tard!
Voilà, à bientôt de te lire


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L’importance des avis de lecteurs...

Publié le par Eric Bertrand

                 Il m’arrive dans ce blog d’interrompre le fil des articles pour proposer, avec l’accord des principaux intéressés, les avis qu’ils ou elles ont eu la gentillesse de m’adresser. Au fil des courriels, articles, livres, j’ai lié des liens depuis quelque temps avec une lectrice  (rencontrée sur un forum Souchon)... Internet tisse ainsi des relations et permet de rentrer en contact avec des lecteurs encore mieux que dans un salon du Livre où l’on perd tout de même beaucoup de temps et où l’on déploie aussi beaucoup d’artifices...

                 Rien de mieux que le temps, les goûts partagés, les échanges sur la toile... Cette lectrice a lu d’abord « Pour y voir Clerc », puis « la Route, la Poussière et le Sable » (qui est mentionné dans la genèse de « Pour y voir Clerc »), et elle est en train de découvrir « l’organisme »... elle m’a donné ses impressions que je proposerai dès demain.

                 Comme je l’ai souvent indiqué à travers d’autres chroniques, la réalité du livre existe non seulement dans « l’atelier » qui le produit mais aussi dans l’esprit de ceux qui le ressentent. Je trouve intéressant, de fait, de fournir aux lecteurs de ce blog, la matière qu’y ont prélevée ceux qui ont lu et interprêté à leur façon un ouvrage. Je crois qu’un livre existe non pas d’abord parce qu’il a été « compris », mais parce qu’il a été interprêté, qu’il est entré en résonance intérieure... A partir de là, il bénéficie d’une compréhension intuitive beaucoup plus signifiante que la compréhension formelle.

 

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