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« Un secret » autobiographie, psychanalyse ou roman ?

Publié le par Eric Bertrand

Dans le cadre de la préparation d’un cours de 3° sur ce roman de Philippe Grimbert (déjà étudié en première il y a quelques années) je reviens sur des analyses que je dois adapter à des élèves moins matures.

             Ce livre est largement autobiographique : (l’auteur et le narrateur sont identifiés dès les premières pages comme Grimbert (alias Grinberg) patronyme juif que les parents ont voulu effacer : « Un « m » pour un « n », un « t » pour un « g », deux infimes modifications. Mais « aime » avait recouvert « haine », dépossédé du « j’ai » j’obéissais désormais à l’impératif du « tais ».) Un Secret est pourtant présenté comme un roman, on va voir pourquoi.

             L’auteur commence en effet par raconter la fable de son enfance telle qu’il l’a vécue en toute innocence... Il partage avec le lecteur cette histoire imaginée à partir du mensonge des adultes de son entourage. Jusqu’à 15 ans, le narrateur croit qu’il est l’enfant unique de Maxime et de Tania et que ce couple d’athlètes a vécu une idylle pendant la période de l’Occupation. Ils sont en zone libre, à l’écart des tourments de l’Histoire, ils s’aiment, ils s’unissent tendrement et donnent naissance à l’enfant chéri...

              Mais la réalité est bien différente et le narrateur, qui perçoit sans comprendre le secret qu’on lui cache (notamment depuis le jour où il a découvert une peluche de petit chien dans le grenier) parvient à obtenir de Louise, la vieille amie de ses parents, la révélation attendue. Et alors, tout le récit bascule pour le lecteur et le narrateur. A travers la mémoire de Louise, l’auteur réécrit l’histoire et ajoute une autre version de la romance...

             Ses parents étaient à l’origine beau-frère et belle-sœur, irrésistiblement attirés l’un vers l’autre. Maxime était marié à Hannah et Tania à Robert, frère d’Hannah. Hannah et Maxime ont eu un fils, Simon, vigoureux petit garçon voué à un destin de sportif de haut niveau, comme son père. Trois nouveaux personnages viennent donc compliquer l’écheveau. Aucun d’eux, pour des raisons différentes, ne survit à la tourmente nazie.

              Réfugiés en zone libre, bouleversés par le geste désespéré d’Hannah, Maxime et Tania unissent leurs deux solitudes. De cette union naît l’auteur. C’est grâce au récit de Louise que le narrateur recompose son récit et parvient, à la manière du psychanalyste, à libérer l’adolescent et son père de l’insurmontable secret.

 

 

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« Jeunesse » de Conrad (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

                  En illustration à l’article d’hier, cette méditation qui clôt le récit « Jeunesse » de Conrad et souligne sa vocation d’apologue. Fermons donc les yeux et invoquons, du fond de nos souvenirs, quelques heures d’embarcation à bord de cette « jeunesse » dans laquelle nous avons tous « tiré des bords » !

 

                  « Ah ! Le bon vieux temps. La jeunesse et la mer. L’enchantement et la mer ! (...) Par toutes les merveilles du monde, c’est la mer, je crois, la mer elle-même –ou bien est-ce simplement la jeunesse ? Qui sait ? Mais vous, ici présents – vous avez tous tiré quelque chose de la vie : l’argent, l’amour – tout ce que l’on trouve à terre - et dites-moi n’était-ce pas là la meilleure époque, l’époque où nous étions jeunes marins, jeunes et ne possédant rien, sur cette mer qui ne fait pas de cadeaux... »

                  Et nous inclinâmes tous la tête pour acquiescer (...)  Nos yeux las cherchant encore, cherchant toujours, cherchant ardemment à extraire de la vie ce quelque chose qui, tandis qu’on l’attend encore, a déjà disparu – a passé sans qu’on le voie, en un soupir, en un éclair – en même temps que la jeunesse, que la force, que le romanesque des illusions. »

 

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« Jeunesse » de Conrad (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                 Beau titre pour ouvrir cette nouvelle qui pourrait être aussi fragment de la vie de l’alter aego de Conrad, le fameux Marlow... On retrouve en effet ce personnage de marin dans le roman « Au cœur des ténèbres ». Dans « Jeunesse », le vieux Marlow raconte à un groupe d’autres hommes vieillis comme lui, un épisode particulièrement symbolique de son existence... une sorte d’apologue sur la question : « qu’est-ce que la jeunesse ? »

                 Marlow se souvient de sa première mission en qualité d’officier à bord d’un vieux rafiot dont le capitaine voulait à tout prix amener « la carcasse » jusqu’à Bangkock au départ de Londres. A plusieurs reprises, la mission échoue, et pour des causes différentes. Le bateau prend l’eau, il faut écoper des jours et des nuits, revenir au port pour réparer, changer d’équipages. Puis l’insatiable carcasse repart, prend le large, prend feu, est finalement remorquée par un croiseur malais avant de sombrer à quelques lieues des côtes.

                 Et le narrateur se retrouve en charge d’un premier équipage à bord de l’une des trois chaloupes qui vont aborder enfin les côtes tant espérées de l’Orient. Le récit s’arrête là, et sur une confidence aux autres auditeurs et au lecteur... Demain la confidence et le texte de Conrad à méditer...

 

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Gulliver mis en pièces

Publié le par Eric Bertrand

                 La réunion entre les différents partenaires de la mise en scène a bien eu lieu et permet d’avancer au niveau de la réalisation du projet. La pièce aura lieu le vendredi 27 mai à 20h00 dans les murs du collège et dans cinq espaces différents, ce qui permettra aux spectateurs de circuler dans des lieux « détournés » pour le théâtre : salle d’anglais, de dessin, de maths, de SVT et d’histoire géo. Une répétition est prévue le jeudi 19 entre 17 et 19h00.

                 La scène de la plage sera jouée en salle d’histoire géo où la collègue va projeter des vues de plages du monde entier. Un petit tas de sable dans un coin, un seau, une pelle, châteaux de sable, pied crissant et jeunes filles en paréo... On a le droit de rêver à travers une mise en scène. Je lui laisse toutefois le soin de convaincre nos très jeunes comédiennes !

                 Salle de SVT, les paillasses utilisées d’habitude pour des expériences, fournissent des supports indiqués pour les objets du géant. Au centre, un Gulliver à trois têtes debout sur une paillasse. Une grande veste est accrochée dans un coin. De sa poche on a tiré les objets : anneau de mariage (cerceau de hula hoop), photos déformées dans un coin (réalisées par les élèves à partir d’un logiciel de morphing)...

                  Salle d’anglais, une Anglaise (la collègue d’anglais va faire travailler l’accent anglais de la bien nommée « Lillie of the Valley » et sera libre d’insérer quelques mots « parasites » au fil de l’apprentissage). Pendant la représentation, un personnage « électron libre », caché derrière une botte, circulera de salle en salle pour dire « je suis la botte de Gulliver »...

                  Une dernière petite plaisanterie : des invitations format extra-grands seront distribuées aux éléves (un collègue dispose de grandes feuilles de couleur format A3 qui seront recyclées à l’occasion de la « garden party du géant » !)

 

                   Voici quelques-unes des idées déjà agitées au cours de la réunion.

 

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Décor pour Gulliver

Publié le par Eric Bertrand

                 J’ai pu parler avec le metteur en scène dans la semaine de la rentrée et aborder dans le vif le sujet de la mise en scène de mon texte : « les Voyages de Gulliver ». L’idée que l’on retient surtout c’est que, étant donné l’exiguïté des salles du collège (dans lesquelles on joue) et la pauvreté de nos moyens, on va exploiter deux échelles : le grand et le petit.

                  Par exemple, déposer un immense mannequin dans la plus grande des salles, et un petit mannequin type poupée dans une autre. Il servira de souffre-douleurs aux filles qui le découvrent sur la plage. Tout cela est encore sous réserve de la façon dont la collègue d’arts plastiques va envisager le travail.

                  Une réunion collective a eu lieu lundi midi, j’y reviens demain.  

 

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