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Mise en scène du Petit Prince, nouvelle intervention (1/4)²

Publié le par Eric Bertrand

Pour ceux que ça intéresse, je continue à mettre en ligne dès que le travail a été réalisé des indications pour la mise en scène. La professionnelle est revenue dans la classe jeudi dernier et en voici le bilan (les notes ont été prises avec beaucoup de sérieux par l’une des meilleures élèves de la classe...)

 

Scène 3 :

                   Le petit prince entre. Mr Business Man et Cramoisi se tiennent de chaque côté du bureau. (Costard cravatte pour Business, faux billets, grosses lunettes noires.) Il sort de l’argent de sa poche, de son chapeau. Après « flouze », silence, il pointe le doigt sur un spectateur et dit : « je m’occupe de choses sérieuses ». Après « dépenser » silence, un geste de disco puis « argent », « bien fringué » : geste sur le vêtement, « baie vitrée » : les deux mains qui s’étirent.

                    Le petit prince s’avance, se tourne vers le public et dit : « drôle de planète ! » puis se tourne vers Cramoisi et dit « Trouve-t-on sur cette planète de vrais amis… » Cramoisi s’avance vers le petit prince en disant « n’interrompez pas microbe ! » puis retourne à sa place et dit à Business man « Planète n°2 ».

 

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La rafle

Publié le par Eric Bertrand

                 Le mot est violent, il traîne avec lui des relents de peste brune. Comme le document vidéo gris qui ouvre le film sur la silhouette du führer et l’arrogance des nazis paradant dans les rues de Paris… Le ton est donné. La contagion de la barbarie dans chaque milimètre de pellicule.

                 Et pourtant, dès le début, et c’est là l’une des forces de « la Rafle », la violence semble refluer un instant, laisser le champ libre à la pure humanité. Funambule de l’ironie tragique, la réalisatrice parvient malgré tout à filmer la légèreté et le bonheur de vivre... Un manège qui tourne à proximité de Montmartre, un manège qu’on croirait sorti d’une scène d’Amélie Poulain, une joyeuse cavalcade d’enfants dans les rues du vieux Paris, le visage doux d’une infirmière, la voix du fou chantant à la radio, des airs entraînants qui font danser, même dans le périmètre d’un camp de concentration, des chants traditionnels juifs égarés dans la forêt d’un « grand Meaulnes », l’odeur d’une madeleine qui franchit des barbelés, le sourire d’un enfant au regard angélique…

                  Autant d’éléments qui donnent à ce film une émouvante gravité. Mais le spectateur sait parfaitement que, dans cette période grise des années d’Occupation, la vie n’offre plus aux familles d’origine juive qu’un filet de mansuétude... Le couteau de la rafle se taille plusieurs phases : l’humilation, la déportation, la séparation des enfants et des parents, puis enfin l’élimination.

                   Certaines scènes sont insoutenables. L’étau de la Violence et de l’Inhumanité étreint les lèvres de la Vie. Et, au fur et à mesure que les deux machoires se referment, les enfants égarés peuvent seulement saliver devant le bonheur qui s’enfuit. Le spectateur s’essuie les yeux, détournent le regard. Les images ne montrent plus la légèreté, la fantaisie, le bonheur des choses simples : elles montrent l’évanouissement de la Vie.

 

NB : pour cause de déplacement, pas de blog jusqu’à vendredi ! A bientôt !

 

 

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René Frégni : « Tu tomberas avec la nuit » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

     

        

 

               Après une période de bonheur et de sérénité retrouvée, l’écrivain est un soir arrêté, jeté brutalement au cachot puis questionné et harcelé par un juge qui, apparemment lui en veut ou qui cherche à se faire un nom… La cause ?

                On le soupçonne de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteur. Tout cela parce qu’il a ouvert un restaurant avec un ancien détenu qui lui avait spontanément porté secours… Tout le caractère dramatique de ce livre tient dans cette oscillation entre deux périodes d’angoisse : d’abord l’angoisse liée aux menaces de petits malfrats qui en veulent au narrateur d’avoir refusé de « prêter » sa voiture à leur petite soeur, puis l’angoisse liée à l’acharnement d’un juge qui cherche à humilier un écrivain.

                 Entre ces deux traumatismes, une belle preuve d’amitié donnée par un ancien détenu qui n’a rien oublié des ateliers d’écriture dirigés par René à la prison des Baumettes. Ce « poids lourd des caïds » décide de protéger le narrateur et sa fille et aussitôt, c’est le silence qui se fait autour de lui, le silence et la paix. Mais, dans le monde de René Frégni, l’harmonie ne dure jamais et le bonheur finit toujours par « danser dans le noir ».

 

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Tu tomberas avec la nuit de René Frégni (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                J’ai déjà consacré un certain nombre d’articles aux écrits de cet auteur qui est aussi un ami. Je referme son dernier livre et j’ai l’impression de repousser la porte du restaurant dans lequel nous avons discuté ensemble un soir du mois d’août il y a de cela trois ou quatre ans… Ce restaurant, c’était « Côté Place » à Manosque, et c’est précisément autour de ce restaurant que le drame que raconte ce récit se noue.

               Car ce qui est remarquable dans les livres de René, c’est que le lecteur ne sait jamais où se situe la réalité et où se situe la fiction. Une chose est sure, pour moi qui connaîs l’homme, une grande part de ce qui écrit appartient au vécu. Dans « Tu tomberas avec la nuit », René Frégni s’inspire d’une bien malheureuse histoire qui lui est un jour « tombée dessus »…

               D’abord, et peut être davantage encore que dans les autres ouvrages, le récit revient sur des thèmes qui lui sont chers à René : l’éducation de sa fille, le statut de l’écrivain et la quête de l’inspiration, les ateliers d’écriture en prison et les interventions en milieu scolaire. Le narrateur qui se confond avec l’auteur mène donc une vie paisible entre ces diverses occupations jusqu’au jour où tout bascule…

 

 

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En Angleterre ! Version réalisée à partir des notes de voyage des élèves de 4°D : 4/4

Publié le par Eric Bertrand

Vivement l’Angleterre !

             J’y suis déjà ! Dès que le chapeau anglais est levé, la reine est dans Buckingham Pallace ! Londres, sa tour, son musée des sciences, Hastings, Brighton, l’observatoire de Greenwich et l’eau de la Tamise, l’eau de la Tamise ouverte sur Portsmouth. J’ai cogné la pierre du pavillon royal, le marbre du château de la reine, le périmètre de Trafalgar Square et l’herbe de Hyde Park. Acrobate du macadam, j’ai enfilé mon costume dans les boutiques de Brighton, chez JuJu, chez Pink, fait la pirouette sur Picadilly Circus, plongé dans le vide, au-dessus de Big Ben et du matelas gonflé de mes ambitions.

             J’ai vu dans la foule des Anglais des gens bien étonnants : un garde de la Reine avec un grand chapeau en fourrure, un gentleman avec une tête de Sherlock Holmes et beaucoup d’Indiens. Les Anglais sont tous très très stricts. Il y a des caméras partout, difficile de passer inaperçu ! Ils sont tous adeptes de la téléréalité. Je revois déjà, comme dans un film, Jack, ce garçon d’apparence si serviable, avec sa face cachée, Jolène, qui passe son temps accrochée au téléphone et le chien Max, Max doggie, qu’un grand-père sévère appelle en frappant inlassablement sa canne par terre comme sur un djembé. « Max, come on, Max, come on ! » Les Anglais sont toute une bande, et ils empruntent tous les noms, ils s’appellent Michelle, Steven, Danny, Shashi, Atul, Tracy, Daniella, Niahm, Chris, Andrew et Shirley, Simon, Joey, Martin...

             J’ai vu les ruines du château de Guillaume le Conquérant. C’était il y a très longtemps et déjà le temps s’accélère, les minutes s’effondrent. J’ai appris comment s’était passée la guerre à Hastings, j’ai joué au ballon et j’ai fait des prisonniers. J’ai vu l’ancienne horloge, l’imposante Big Ben. J’ai vu l’heure mondiale et les lasers qui balaient la ville, balaient les minutes précieuses, rappellent inexorablement que le temps passe, que le temps passe, et j’aimerais déjà revenir.

            Le temps passe, le temps trotte à petite foulée dans Hyde Park. Et j’ai déjà compris que les Anglais mangent à 18h00, et que pour allumer la lumière dans la salle de bain, il faut tirer la ficelle. J’ai compris qu’en peu de jours, je savais dire quelques mots de plus en anglais. J’ai aussi compris que, dès le petit déjeuner, on avale céréales et beurre de cacahuète puis Corned beef et pudding tous achetés à TESCO. Gelée avec fruits à l’intérieur. Jelly à la surface gluante, consistante et lisse. Un peu comme les pates qu’ils ne savent pas cuire et qui ressemblent à du caoutchouc. Maintenant, je sais que les Anglais ne sont ni les rois de la cuisine ni les rois des produits frais. Peut-être juste les princes du Surgelé ! Just go your own way ! Just go !

             J’ai encore dans le nez la puanteur empoissonnée du port d’Hastings, les relents pollués de la ville de Londres, et la senteur sucrée des magasins de bonbons et de pancakes. Bakeries. J’entends encore la voix de l’audio-guide. Let’s go ! Lets’s go ! Come on ! J’ai entendu des chansons qui ne passent pas en France et j’ai entendu vingt sirènes de police et d’ambulance. J’ai compris que les voitures ne roulent pas dans le même sens que nous et que les bus ont deux étages. Encore une ambulance ! Encore une voiture de police. Déjà mon paquet de gâteaux au chocolat n’est plus de ce monde. Time is running down the river !

             Je me souviens du shopping en ville, shopping in the city, je me souviens de la relève des gardes, de la drôle de voix de Bob l’Eponge à la télé. Je me souviens du goût du thé anglais. Du brouillard dans les rues d’Hastings, de ce brouillard qui me collait tant à la peau, que je croyais pouvoir l’attraper. Je me souviens des rues et des maisons très kitch, de la couronne royale et des rubis. Je me souviens de l’or et des diamants, des bijoux de la Reine et des voitures de luxe. Des posters des filles en string dans la chambre de Jack et des caméras à tous les coins de rue. Je me souviens de toutes les petites boutiques et j’avais plus de sous à dépenser, des longues heures de car avant d’arriver, du contact de la moquette sur le ferry et des remouds des vagues qu’on voyait à partir de nos hublots. Je me souviens des fous rires, des pique-niques, du défilé de la Saint Patrick, de la soirée au pub « The Olde pumphouse ». L’Angleterre m’a tout pompé, I’m like the old man of the pub ! Je me souviens de tout ! Remember everything !

 

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