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Mise en scène du Petit Prince, nouvelle intervention (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

                      Business prend son cigare et marche de façon un peu bizarre. Cramoisi saute comme une pomp pomp girl en disant « magnifique ». Cramoisi prend la caméra pendant que Business se faufile dans le public. Après « fleurs artificielles » le petit prince s’avance et trépigne. A la planète n°3, Business Man sort ses lunettes, rentre dans sa voiture, fait un bruit pour ouvrir la fenêtre et met son coude au bord (à « rêve »)

                      Il baisse ses lunettes sur son nez et continue de parler en faisant semblant de conduire. A « option anti radar », Business fait un bruit et un geste pour montrer l’explosion. En retournant à sa place, Business retire ses lunettes. Cramoisi fait l’avion en disant « à 200 à l’heure ». Puis le petit prince s’avance vers le public d’un air désabusé. Quand Cramoisi arrive, il pousse le petit prince et fait le tour de scène en disant « planète n°4 » quatre fois.

                       Business prend une serviette pour mimer un serveur. Il va voir les spectateurs et dit son texte devant eux comme s’il leur présentait une carte des menus. Puis Cramoisi fait le serveur en faisant semblant de noter les choix et dit son texte en même temps. Le PP se met à genoux en les implorant de lui donner un steak frites. Quand Business dit « je fais pipi deux tonnes » les deux se mettent à courir, pris d’une violente envie d’aller aux toilettes.

                        Quand le PP dit « Je reste aux toilettes pendant trois siècles » il fait un petit sourire de ravissement. Avant de dire son texte le PP avance et quand il dit « quand je vais à l’école » il fait style « j’ai oublié de vous dire ».

 

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Mise en scène du Petit Prince, nouvelle intervention (1/4)²

Publié le par Eric Bertrand

Pour ceux que ça intéresse, je continue à mettre en ligne dès que le travail a été réalisé des indications pour la mise en scène. La professionnelle est revenue dans la classe jeudi dernier et en voici le bilan (les notes ont été prises avec beaucoup de sérieux par l’une des meilleures élèves de la classe...)

 

Scène 3 :

                   Le petit prince entre. Mr Business Man et Cramoisi se tiennent de chaque côté du bureau. (Costard cravatte pour Business, faux billets, grosses lunettes noires.) Il sort de l’argent de sa poche, de son chapeau. Après « flouze », silence, il pointe le doigt sur un spectateur et dit : « je m’occupe de choses sérieuses ». Après « dépenser » silence, un geste de disco puis « argent », « bien fringué » : geste sur le vêtement, « baie vitrée » : les deux mains qui s’étirent.

                    Le petit prince s’avance, se tourne vers le public et dit : « drôle de planète ! » puis se tourne vers Cramoisi et dit « Trouve-t-on sur cette planète de vrais amis… » Cramoisi s’avance vers le petit prince en disant « n’interrompez pas microbe ! » puis retourne à sa place et dit à Business man « Planète n°2 ».

 

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La rafle

Publié le par Eric Bertrand

                 Le mot est violent, il traîne avec lui des relents de peste brune. Comme le document vidéo gris qui ouvre le film sur la silhouette du führer et l’arrogance des nazis paradant dans les rues de Paris… Le ton est donné. La contagion de la barbarie dans chaque milimètre de pellicule.

                 Et pourtant, dès le début, et c’est là l’une des forces de « la Rafle », la violence semble refluer un instant, laisser le champ libre à la pure humanité. Funambule de l’ironie tragique, la réalisatrice parvient malgré tout à filmer la légèreté et le bonheur de vivre... Un manège qui tourne à proximité de Montmartre, un manège qu’on croirait sorti d’une scène d’Amélie Poulain, une joyeuse cavalcade d’enfants dans les rues du vieux Paris, le visage doux d’une infirmière, la voix du fou chantant à la radio, des airs entraînants qui font danser, même dans le périmètre d’un camp de concentration, des chants traditionnels juifs égarés dans la forêt d’un « grand Meaulnes », l’odeur d’une madeleine qui franchit des barbelés, le sourire d’un enfant au regard angélique…

                  Autant d’éléments qui donnent à ce film une émouvante gravité. Mais le spectateur sait parfaitement que, dans cette période grise des années d’Occupation, la vie n’offre plus aux familles d’origine juive qu’un filet de mansuétude... Le couteau de la rafle se taille plusieurs phases : l’humilation, la déportation, la séparation des enfants et des parents, puis enfin l’élimination.

                   Certaines scènes sont insoutenables. L’étau de la Violence et de l’Inhumanité étreint les lèvres de la Vie. Et, au fur et à mesure que les deux machoires se referment, les enfants égarés peuvent seulement saliver devant le bonheur qui s’enfuit. Le spectateur s’essuie les yeux, détournent le regard. Les images ne montrent plus la légèreté, la fantaisie, le bonheur des choses simples : elles montrent l’évanouissement de la Vie.

 

NB : pour cause de déplacement, pas de blog jusqu’à vendredi ! A bientôt !

 

 

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René Frégni : « Tu tomberas avec la nuit » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

     

        

 

               Après une période de bonheur et de sérénité retrouvée, l’écrivain est un soir arrêté, jeté brutalement au cachot puis questionné et harcelé par un juge qui, apparemment lui en veut ou qui cherche à se faire un nom… La cause ?

                On le soupçonne de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteur. Tout cela parce qu’il a ouvert un restaurant avec un ancien détenu qui lui avait spontanément porté secours… Tout le caractère dramatique de ce livre tient dans cette oscillation entre deux périodes d’angoisse : d’abord l’angoisse liée aux menaces de petits malfrats qui en veulent au narrateur d’avoir refusé de « prêter » sa voiture à leur petite soeur, puis l’angoisse liée à l’acharnement d’un juge qui cherche à humilier un écrivain.

                 Entre ces deux traumatismes, une belle preuve d’amitié donnée par un ancien détenu qui n’a rien oublié des ateliers d’écriture dirigés par René à la prison des Baumettes. Ce « poids lourd des caïds » décide de protéger le narrateur et sa fille et aussitôt, c’est le silence qui se fait autour de lui, le silence et la paix. Mais, dans le monde de René Frégni, l’harmonie ne dure jamais et le bonheur finit toujours par « danser dans le noir ».

 

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Tu tomberas avec la nuit de René Frégni (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                J’ai déjà consacré un certain nombre d’articles aux écrits de cet auteur qui est aussi un ami. Je referme son dernier livre et j’ai l’impression de repousser la porte du restaurant dans lequel nous avons discuté ensemble un soir du mois d’août il y a de cela trois ou quatre ans… Ce restaurant, c’était « Côté Place » à Manosque, et c’est précisément autour de ce restaurant que le drame que raconte ce récit se noue.

               Car ce qui est remarquable dans les livres de René, c’est que le lecteur ne sait jamais où se situe la réalité et où se situe la fiction. Une chose est sure, pour moi qui connaîs l’homme, une grande part de ce qui écrit appartient au vécu. Dans « Tu tomberas avec la nuit », René Frégni s’inspire d’une bien malheureuse histoire qui lui est un jour « tombée dessus »…

               D’abord, et peut être davantage encore que dans les autres ouvrages, le récit revient sur des thèmes qui lui sont chers à René : l’éducation de sa fille, le statut de l’écrivain et la quête de l’inspiration, les ateliers d’écriture en prison et les interventions en milieu scolaire. Le narrateur qui se confond avec l’auteur mène donc une vie paisible entre ces diverses occupations jusqu’au jour où tout bascule…

 

 

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