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Un prologue pour le Petit Prince

Publié le par Eric Bertrand

Le professeur : encore la tête dans les étoiles monsieur Saint Exupéry ? Donnez-moi votre carnet s’il vous plaît !

Elève : il ne faut pas s’inquiéter monsieur, c’est un bouffon, il est toujours dans les nuages !

Saint Exupéry : (il tend son carnet en hésitant) : ne m’en voulez pas, monsieur, j’ai dessiné un petit mouton sur une page de la correspondance.

Le professeur : (très ironique) très spirituel, Saint Ex !... Et vous croyez peut-être que les mauvais élèves peuvent endormir leurs parents le soir, parce qu’ils ont dessiné des moutons sur les pages d’un carnet de correspondance ? (Il va pour ouvrir le carnet, un second élève intervient aussitôt pour l’en empêcher)

Guillaumet : attendez monsieur, il ne dessine pas que des moutons ! Il raconte des histoires. Ouvrez plutôt son grand cahier, c’est un vrai livre d’images !

Le professeur : tu as l’air bien au courant toi !... (Après hésitation, il rend le carnet sans l’avoir ouvert) Alors, puisque c’est comme ça, on vous écoute tous les deux ! Racontez-nous ce qu’il y a sur le grand cahier du petit Saint Exupéry !

Guillaumet : vas-y Saint Ex ! Dis-lui pourquoi tu planes !

Saint Ex : (après hésitation, il se décide et change de visage) : alors tu m’aides Guillaumet, c’est d’accord ?

Guillaumet : OK ! Parle-nous tout de suite du Petit Prince !

Saint Ex : (il est dans un autre univers) : je suis un aviateur !... c’est le désert autour de moi et j’ai posé mon avion. Je sais pas le réparer, je m’énerve... !  

Guillaumet : et tout à coup surgit là, en plein désert, un drôle de petit bonhomme !

Saint Ex : et ce drôle de petit bonhomme veut que je lui fasse des drôles de dessins... et puis il se met à me parler des choses étranges qu’il a vues, des gens bizarres qu’il a rencontrés !

Guillaumet : des business man, des Cramoisis, des géographes, des fleurs qui parlent !

Saint Ex : des fleurs qui séduisent ! Il est même tombé amoureux d’une rose !

Guillaumet : mais la rose fait des ravages autour d’elle ! Le serpent lui a donné rendez-vous et le serpent est jaloux. Il va flinguer le petit prince si le petit prince ne se méfie pas !

Saint Ex : le petit prince n’a pas de flingue... mais il a toujours le crayon de l’aviateur que je lui ai donné... et c’est pour cela que je dessine n’importe où monsieur le professeur.

Guillaumet : Dans toutes les salles que nous allons maintenant visiter, il y a des inscriptions de l’aviateur !

Saint Ex : si vous voulez bien nous suivre !

 

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Regain de « Petit Prince »

Publié le par Eric Bertrand

                     Maintenant que le spectacle approche et que les répétitions s’intensifient aux côtés du metteur en scène, les élèves un peu tièdes « remontent au créneau » et trouvent qu’il sera peut-être plus amusant de jouer devant les autres... Et puis au moment des répétitions, « on ne fait pas de grammaire ou d’orthographe ! »...

                      Ceux qui ne voulaient plus, ceux qui se masquaient derrière de vaines excuses reculent, tombent aujourd’hui le masque et réclament même de dire quelque chose...

                   A la dernière représentation, nous avons convenu que j’écrirais un petit texte en supplément pour quatre d’entre eux afin de remplacer l’animation qui était prévue avec le collègue d’EPS, malheureusement arrêté depuis la rentrée de janvier.

Je mettrai en ligne ce petit supplément destiné à « lancer » le spectacle...

 

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"Petit Prince" : Mise en scène de la scène 5 (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

                  Quand la fleur répond, elle regarde tout d'abord le petit prince 13 puis 12 et enfin 11. Le petit prince 11 saute sur la table rapidement en disant son texte (une fois à l'arrêt) tout aussi rapidement. Le petit prince 12 souffle après sa phrase vers le dragueur qui lui, lui fait signe d'assurance avec le pouce. Le petit prince 13 s'allonge sur la table en position détendue et assurée. Le petit prince 12 recule timidement en disant son texte.

                  Tout à la fin les petits princes doivent se retrouver tout au fond du chemin et la fleur doit aussi avancer d’une démarche lente comme si elle marchait sur un fil. Le petit prince 12 fait un tour sur lui-même, signe de succès, pour lui avoir parlé. Le petit prince 13 monte sur la table et remonte sa veste. La fleur avance, regarde le petit prince 13 et dit son texte. La fleur recule d'un coup, suite à la tentative du petit prince 13 et dit « on regarde mais on ne touche pas ! » une fois à l'arrêt. Puis le petit prince 13 s'assoit du coté gauche.

                   Le petit prince 11 passe par en dessous des tables en courant puis crie son amour. Le petit prince 12, toujours hésitant même s’il crie le mot « pétales ». La fleur devient timide quand elle demande qu'on lui fasse la cour. Le petit prince 11 rejoint les tables à coté du petit prince 13. Le petit prince 12 monte sur la table à genoux et dit son texte jaloux et timide. Lors de l'énumération des animaux la fleur s'approche. Lors de l'information des autres animaux qui lui font les mots doux, les petits princes reculent tous d'un coup au fond de la salle.

 

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"Petit Prince" : Mise en scène de la scène 5 (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                      Dans la série des articles plus « spécialisés », voici un nouveau chapitre de l’écriture de la mise en scène du « Petit Prince » : je rappelle qu’il s’agit de notes prises par les élèves pendant le travail avec le metteur en scène et qu’elles ont notamment comme vocation d’aider ceux qui travaillent sur ce texte.

                      Nous en étions à la scène quatre, voici déjà la scène 5 en deux articles...

                      « Chemin de table » : des tables alignées servant de route à la fleur. Les petits princes sont sous les tables. La fleur est allongée sur le bureau et se réveille en s'étirant et disant son texte. Le petit prince 11 apparaît pendant le texte de la fleur mais pas complètement. Etonné et charmé, il hume l'air et dit son texte. Le petit prince 12 apparaît pendant la réponse de la fleur au petit prince 11.

                       Le petit prince 13 est un dragueur sûr de lui. Le petit prince 12 est un grand timide. Le petit prince 11 est normal. Le petit prince 12 une fois son texte dit très timidement, se retourne aussitôt en faisant un geste de joie pour avoir réussi à parler à la fleur. La fleur se montre fragile, intimidée et doit aussi baisser les yeux à la suite de la déclaration assurée du petit prince 13. Le petit prince 12 sort du coté droit et le 13 aussi et le 11 du coté gauche.

 

folon

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Article du mois : « Les Fausses Confidences » à la Coursive

Publié le par Eric Bertrand

« Les Fausses Confidences » sur la scène de La Rochelle… Belle soirée de printemps sur le port et belle soirée dans le décor majestueux et baroque imaginé par Didier Besace. Profondeur du plateau sur lequel une succession de panneaux tournants figurent la diversité d’une grande demeure aristocratique, lieu unique qui est aussi l’enjeu d’une révolution à venir. On est en plein dix-huitième siècle…

                  Pris dans la toile de cette propriété, les personnages de Marivaux sont dans l’étreinte… Mais non à la façon de ceux d’un Fragonard ou d’un Boucher. Les « égarements du corps et de l’esprit » se jouent d’abord sur les planches, sous la magistrale et cruelle direction d’un meneur de jeu à peine dissimulé… Car ce qui compte avant tout pour l’auteur, ce n’est pas le baiser (cela finira bien par arriver, de toute façon !), c’est la lente germination du désir et de l’excitation…

                   Le meneur de jeu, laborantin du cœur humain, c’est Dubois… Dubois qui avertit son ancien maître Dorande que, malgré la différence des classes sociales, il fera en sorte de l’unir à sa nouvelle maîtresse, la noble Araminte, veuve et malheureuse.

                   Tout semble pourtant s’opposer à ses desseins : les langueurs de la jeune femme, sa résistance, son sens de l’honneur et des conventions, la garde rapprochée de sa mère, le comte qui cherche à l’épouser… et pourtant, Dubois parvient à ses fins dans le temps d’une seule journée.                   

                   La mise en scène, servie par d’impeccables acteurs (parfaite maîtrise de la voix et du corps pour Pierre Arditi) accentue encore l’impression d’étreinte. Le jour se lève, les oiseaux chantent derrière les tentures (et tirent les ficelles ?) Dubois entre en scène, il a des airs de matamore et lance des formules guerrières. Dubois est plus qu’un personnage, c’est l’incarnation du dramaturge, conscient de tirer le filet de l’intrigue comme l’autre tire la tenture, fait tourner un paravent ou fait baisser la lumière.

                     Entre les actes, la musique de Vivaldi précipite l’action. Araminte ne sait plus ce qui lui arrive. Elle s’affole, se tord les mains, comprend qu’elle tombe dans le piège d’un sentiment qui la torture. Le jeu d’Anouk Grinbert, tout en retenue et en frissons, convient parfaitement à rendre la tension de l’atmosphère. Dubois fait ce qu’il veut de « sa créature ».

                     A la fin de la pièce, la nuit est tombée, un grand escalier monte vers le haut des appartements d’une Araminte impatiente, saturée de désirs et qui prie Dorante « allons, finissons ! » Lueur de chandeliers, visage de femme déçue au bas de l’escalier, jusqu’au dernier moment. La scène ressemble à un tableau. Les acteurs savent se tenir sur la scène. Travail du maintien des écoles de comédiens… Dubois allume un réverbère, retire ses gants, défait le bandeau de ses cheveux. Satisfait. Le marionnettiste a assuré un grand spectacle. Le rideau qui se ferme à présent est un verrou, comme celui de Fragonard…

 

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