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« L’Organisme » figé dans la glace ?

Publié le par Eric Bertrand

             Que ceux qui ont déjà souscrit et qui attendent raisonnablement leur ouvrage s’arment de patience ! « L’Organisme » annoncé pour la mi-février ne paraîtra pas à cette date... Est-ce une conséquence des rigueurs de la froidure qui fige les moindres cellules et ralentit les processus de la métamorphose ? Les arbres sont dénudés et les feuilles dessinent leurs vagues membrures sous l’écran gelé des canaux.

             Le fait est que, d’après l’éditeur, il ne paraîtra qu’à la fin du mois et encore... Patience donc, et disons-nous que le printemps est, surtout pour ce roman intermoléculaire, la période idéale pour la germination !

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Littérature leste : le soleil a rendez-vous avec la lune, Alfred avec George (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

             Pour terminer  cette opération de voyeurisme littéraire, tournons-nous du côté de la réponse de Musset à sa maitresse, réponse à nouveau codée. Il s’agira cette fois de ne lire que le premier mot de chaque vers pour reconstituer le sens du message :

 

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage

Voulez-vous qu'un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d'un cour

Que pour vous adorer forma le Créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n'ose dire.

Avec soin, de mes vers lisez les premiers mots

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

Bien à vous

 

               Et quelle réponse ? Même procédé !

 

Cette insigne faveur que votre cour réclame

Nuit à ma renommée et répugne mon âme.

chez Martine (10)

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Littérature leste : George Sand et ses insinuations (3/4)

Publié le par Eric Bertrand

atelier-octobre--8----.jpg             Continuons cette promenade dans l’encanaillement en décryptant cette lettre codée que la sulfureuse Aurore Dupin, alias George Sand envoyait à son amant Musset. Je laisse le lecteur découvrir le contenu masqué de la lettre en lui livrant la clé : il s’agit simplement de la lire un vers sur deux...

               Bonne lecture !

 

Je suis très émue de vous dire que j'ai

bien compris l'autre soir que vous aviez

toujours une envie folle de me faire

danser. Je garde le souvenir de votre

baiser et je voudrais bien que ce soit

là une preuve que je puisse être aimée

par vous. Je suis prête à vous montrer mon

affection toute désintéressée et sans cal-

cul, et si vous voulez me voir aussi

vous dévoiler sans artifice mon âme

toute nue, venez me faire une visite.

Nous causerons en amis, franchement.

Je vous prouverai que je suis la femme

sincère, capable de vous offrir l'affection

la plus profonde comme la plus étroite

en amitié, en un mot la meilleure preuve

dont vous puissiez rêver, puisque votre

âme est libre. Pensez que la solitude où j'ha-

bite est bien longue, bien dure et souvent

difficile. Ainsi en y songeant j'ai l'âme

grosse. Accourrez donc vite et venez me la

faire oublier par l'amour où je veux me

mettre.

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Littérature leste : Diderot entre la gaine et le coutelet (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

              Le thème de l’infidélité suscite de nombreux débats et œuvres d’esprit au XVIII° : citons par exemple la pièce de Marivaux « la Dispute » qui essaie d’établir lequel, d’entre la femme ou l’homme, a trahi l’autre le premier ?... Diderot, de son côté, nous offre dans « Jacques le fataliste », ce léger et brillant apologue de la gaine et du coutelet !

 

Un jour la Gaine et le Coutelet se prirent de querelle; le Coutelet dit à la Gaine: "Gaine, ma mie, vous êtes une friponne, car tous les jours, vous recevez de nouveaux Coutelets... La Gaine répondit au Coutelet: Mon ami Coutelet, vous êtes un fripon, car tous les jours vous changez de Gaine... Gaine, ce n'est pas là ce que vous m'avez promis... Coutelet, vous m'avez trompée le premier..." Ce débat s'était élevé à table; Cil, qui était assis entre la Gaine et le Coutelet, prit la parole et leur dit: "Vous, Gaine, et vous, Coutelet, vous fîtes bien de changer, puisque changement vous séduisait; mais vous eûtes tort de vous promettre que vous ne changeriez pas. Coutelet, ne voyais-tu pas que Dieu te fit pour aller à plusieurs Gaines; et toi, Gaine, pour recevoir plus d'un Coutelet? Vous regardiez comme fous certains Coutelets qui faisaient voeu de se passer à forfait de Gaines, et comme folles certaines Gaines qui faisaient voeu de se fermer pour tout Coutelet; et vous ne pensiez pas que vous étiez presque aussi fous lorsque vous juriez, toi, Gaine, de t'en tenir à un seul Coutelet; toi, Coutelet, de t'en tenir à une seule Gaine."

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Littérature leste : les fantasmes du grand Corneille (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

             La littérature est souvent leste et regorge des astuces de l’esprit pour signifier des propos scabreux. Pour les amateurs de ces jeux voilés, et j’en connais parmi mes lecteurs, j’offre à la lecture trois grands exemples dont le premier figure en bonne place dans « L’Organisme », dans le chapitre « les 17 plaies » dont la fonction est de mettre le lecteur en situation de cours.

 

« Et le désir s’accroit quand l’effet se recule »…

 

« Notez bien cette astuce syllabique que le grand Corneille ose introduire, au cœur d’une tragédie chrétienne du 17° siècle, au sein, qui plus est, d’un alexandrin de belle facture… Il y a des moments où la littérature s’encanaille et c’est au lecteur suffisamment perspicace d’en apprécier les effets ! … 

« Monsieur, monsieur, j’avais déjà vu que le mot « cul » était dans le dictionnaire, j’en ai même vu des pires… Mais je ne me doutais pas qu’on pouvait parler de tout ça dans les textes… dans ceux qu’on étudie en cours, je veux dire ! »

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