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Salinger sur la route (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                Les journaux et les médias ont évoqué hier la disparition du discret écrivain américain Salinger... Ecrivain d’un livre scandale, « L’Attrape-cœur » aux accents révoltés d’un ado en crise parcourant désespérément les rues de New-York.

               Salinger est une figure particulière pour moi. Je l’ai croisé « sur la route » à l’occasion de l’écriture de mon premier travail collectif dans le cadre de l’évocation de Kérouac. C’était la première pièce de l’Atelier d’Expression Artistique « Jack, on the Route again » (en 2000) et l’on voyait dans les premières scènes un gamin un peu paumé, un certain Jack, arpenter les rues de New York après avoir tourné le dos à sa professeur, « Old Mrs Spencer », et s’efforcer de faire des claquettes...

               Emprunt à Salinger pour lancer l’atelier claquettes de Jenny ! Je citerai demain l’un des extraits joué sur la scène.

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Circulation à La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

 

                C’est toujour un plaisir après les heures âpres de l’enseignement de flâner en ville et de venir respirer l’air marin. Pour cela, cette ville de la Rochelle que j’ai élue comme port d’attache me convient tout à fait à maints égards. Rappelons-nous ces lignes de Baudelaire qui lui correspondent tout particulièrement :

 

Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.

                 En matière d’environnement, La ville de la Rochelle a toujours suivi une politique d’avant-garde et j’en veux pour preuve ce petit film qui lui donne des airs de cité du futur, notamment avec la présence de cette sorte de téléphérique qui résoudrait à la fois les problèmes d’engorgement du centre-ville et rappelerait au passant tout « le relief » qu’on devine quand on survole une cité à la fois maritime et historique.

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Un organisme en classe !

Publié le par Eric Bertrand

                 Le fait n’est pas arrangé et provient même de l’un de mes élèves les plus agités et les moins « lettrés » (gardons le sens de la litote !)... Il est en quatrième, aurait mérité sa place dans le livre, et, habilement placé par la plume de l’écrivain, son geste, aurait même acquis une valeur de symbole et une fonction de mise en abyme de tout le roman !

                 C’était hier en cours, dans une classe de quatrième. Agité et constamment à l’affut d’une diversion pour amuser la galerie, le voilà qui disparaît sous sa chaise et finit par en « remonter », brandissant un scarabée qu’il tient sur la pincette de sa règle. Et la classe effarouchée pousse des hauts cris ! C’est dégueulasse, un bousier ! Et aucun d’entre eux ne sait qu’il fait mouche ! 

 

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Le promeneur solitaire à la recherche du temps perdu...

Publié le par Eric Bertrand

                         Je relis en ce moment « les Rêveries du promeneur solitaire » de Rousseau qui fait partie de ces auteurs dont la pensée m’est un peu plus familière...

                         Rentrons dans le vif du sujet ! « La source du vrai bonheur est en nous » : par cette phrase qui marque la seconde promenade, Jean-Jacques souligne à quel point il lui faut puiser en soi pour y retrouver la plénitude. Désespéré par la société humaine, l’auteur est en crise et ne trouve, comme unique convalescence, que la perspective tranquille d’aller chercher dans ses bons souvenirs la source de l’harmonie.

                         N’est-ce pas là, à quelque chose près, le projet de Proust qui, non contraint par les hommes mais par sa santé, se tourne vers ce tropisme si particulier d’une mémoire en fleur, une mémoire riche de pétales odoriférants...


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Haïti et Globalia

Publié le par Eric Bertrand

              Les médias rapportent régulièrement l’horreur survenue à Haïti il y a maintenant plus de deux semaines. Les images, les commentaires, les témoignages installent le témoin dans l’effroi quotidien. Et de tous les coins de la planète, chacun observe le cataclysme de sa terrasse. Comme le dit à quelque chose près un personnage de Giraudoux, « le privilège des grands ( ?) c’est de voir l’horreur d’une terrasse ».

              Face à ce déferlement de violence inexplicable, quasi métaphysique, on se pose la question : pourquoi le désastre ? Pourquoi l’extermination d’une population ?... Pourquoi le tremblement de terre se demandait Voltaire en son temps ?... Gardons en nous cette interrogation et aussi cette compassion pour ceux qui ont entrebaillé la porte de l’enfer.

              J’entendais sur une chaine d’informations qu’un vaisseau de plaisance américain avec à son bord une population de milliardiares américains avait jeté l’ancre au large des terres de Haïti. Piscine, petits fours, musique, air climatisé, longues-vue... Et pendant ce temps là, les autres qui continuent de se battre contre les forces de la nature.

               Cela rappelle un peu ces romans de « science fiction » que sont « le Meilleur des mondes » (1935) et plus près de nous Globalia (2004). Ils mettent en scène une population de « privilégiés » vivant dans leur bulle (avec les limites que cela comporte...) et une autre population de « sauvages » livrés à la pauvreté, à la misére et aux assauts de la nature. Qu’on relise Huxley ou Rufin.

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