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Un organisme en classe !

Publié le par Eric Bertrand

                 Le fait n’est pas arrangé et provient même de l’un de mes élèves les plus agités et les moins « lettrés » (gardons le sens de la litote !)... Il est en quatrième, aurait mérité sa place dans le livre, et, habilement placé par la plume de l’écrivain, son geste, aurait même acquis une valeur de symbole et une fonction de mise en abyme de tout le roman !

                 C’était hier en cours, dans une classe de quatrième. Agité et constamment à l’affut d’une diversion pour amuser la galerie, le voilà qui disparaît sous sa chaise et finit par en « remonter », brandissant un scarabée qu’il tient sur la pincette de sa règle. Et la classe effarouchée pousse des hauts cris ! C’est dégueulasse, un bousier ! Et aucun d’entre eux ne sait qu’il fait mouche ! 

 

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Le promeneur solitaire à la recherche du temps perdu...

Publié le par Eric Bertrand

                         Je relis en ce moment « les Rêveries du promeneur solitaire » de Rousseau qui fait partie de ces auteurs dont la pensée m’est un peu plus familière...

                         Rentrons dans le vif du sujet ! « La source du vrai bonheur est en nous » : par cette phrase qui marque la seconde promenade, Jean-Jacques souligne à quel point il lui faut puiser en soi pour y retrouver la plénitude. Désespéré par la société humaine, l’auteur est en crise et ne trouve, comme unique convalescence, que la perspective tranquille d’aller chercher dans ses bons souvenirs la source de l’harmonie.

                         N’est-ce pas là, à quelque chose près, le projet de Proust qui, non contraint par les hommes mais par sa santé, se tourne vers ce tropisme si particulier d’une mémoire en fleur, une mémoire riche de pétales odoriférants...


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Haïti et Globalia

Publié le par Eric Bertrand

              Les médias rapportent régulièrement l’horreur survenue à Haïti il y a maintenant plus de deux semaines. Les images, les commentaires, les témoignages installent le témoin dans l’effroi quotidien. Et de tous les coins de la planète, chacun observe le cataclysme de sa terrasse. Comme le dit à quelque chose près un personnage de Giraudoux, « le privilège des grands ( ?) c’est de voir l’horreur d’une terrasse ».

              Face à ce déferlement de violence inexplicable, quasi métaphysique, on se pose la question : pourquoi le désastre ? Pourquoi l’extermination d’une population ?... Pourquoi le tremblement de terre se demandait Voltaire en son temps ?... Gardons en nous cette interrogation et aussi cette compassion pour ceux qui ont entrebaillé la porte de l’enfer.

              J’entendais sur une chaine d’informations qu’un vaisseau de plaisance américain avec à son bord une population de milliardiares américains avait jeté l’ancre au large des terres de Haïti. Piscine, petits fours, musique, air climatisé, longues-vue... Et pendant ce temps là, les autres qui continuent de se battre contre les forces de la nature.

               Cela rappelle un peu ces romans de « science fiction » que sont « le Meilleur des mondes » (1935) et plus près de nous Globalia (2004). Ils mettent en scène une population de « privilégiés » vivant dans leur bulle (avec les limites que cela comporte...) et une autre population de « sauvages » livrés à la pauvreté, à la misére et aux assauts de la nature. Qu’on relise Huxley ou Rufin.

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« Running to the light »

Publié le par Eric Bertrand

           La semaine a été difficile.

           Les lecteurs de ce blog le savent. Mardi, j’ai donné des coups de pied dans la portière de la 205 pour m’en extraire et sortir dans la rue éclaboussée par les éclats de lumière des sirènes de police et de pompier. Sale odeur de pneumatiques et de verre brisé. Visages tragiques. Clignotants sur le bord des voitures comme des larmes au bord des yeux.

           J’ai tout laissé de côté dimanche matin, au moment où le jour se levait, chassant les derniers nuages sur la campagne encore nue et crispée, et je suis allé courir.

           Intense sentiment de liberté que donne aussi cette vidéo. Elle reprend le motif de la chanson qui tournait en boucle dans mon MP3... Run Rig : « Running to the light », mon groupe écossais favori à qui j’ai déjà consacré des articles. Je laisse le lecteur respirer dans ce « wilderness ».

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Mai 68 et les tigres en papier de l’Education Sentimentale

Publié le par Eric Bertrand

             On se souvient peut-être de l’un de ces grands classiques de Flaubert qui, mieux que Madame Bovary, interroge l’Histoire et la part jouée par les jeunes romantiques dans les soubresauts révolutionnaires.

              Le héros de l’Education sentimentale est ironiquement un « anti-héros », un de ces chevaliers blancs qu’on dirait tout droit sorti des pages des livres du couvent que la jeune Emma enfourchait avec avidité dans son jeune temps. Il s’appelle Frédéric, il prend des pauses et passe sa vie à rêver sa vie, à rêver la passion.

              Dans « Répliques », l’émission d’Alain Finkelkraut que j’écoute volontiers le samedi matin, je l’entendais faire un intéressant rapprochement entre les analyses fournies par Flaubert à propos de la révolution de 1848 et la réalité des événements de mai 1968. Le roman fournit notamment le tableau d’une jeunesse souvent en représentation, ivre de l’occasion donnée d’enfiler le costume de héros pour défiler dans le Présent.

              C’est aussi de cette façon qu’Olivier Rolin dans son livre, souvent cité dans ce blog, évoque ceux qu’il appelle « les tigres en papier », ceux qui ne sont pas à l’échelle de leurs modèles... Mais Tigre en papier va même plus loin car il constitue l’autobiographie à peine remaniée d’un ex-leader révolutionnaire qui joue dans l’auto-dérision.

Aspirés par cette spirale du mensonge, ils se demandaient de temps en temps si c’était bien ça, la Révolution pour laquelle ils avaient plaqué familles et études, la Révolution dont ils avaient cru qu’elle manifestait la vérité du monde, qu’elle était le Grand Révélateur.

Tigre en papier, chapitre 2

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