La
publication dans un journal local d’une nouvelle de Maupassant à propos de la Rochelle et de l’Ile de Ré a attiré mon attention pour deux
raisons : d’abord, je m’intéresse de près à tout ce qui concerne l’histoire de cette région que j’habite et ensuite parce que Maupassant est l’un de
mes auteurs favoris...
La nouvelle est intitulée « l’Epave », elle est parue dans le recueil « La Petite Roque ». Il y est question d’un bateau qui s’échoue sur un ban de sable au large de
l’Ile de Ré. Le narrateur, qui travaille pour une compagnie d’assurance, est envoyé sur place. Après une déambulation dans La Rochelle en attente du
bac « Jean Guitton » (belle évocation de la ville à cette époque), il arrive à St Martin et accède à marée basse au navire.
Le commandant du Jean Guitton lui a vivement conseillé de surveiller l’horaire. Nous
sommes dans la journée du 31 décembre, le temps est froid, gris, la mer agitée. L’assureur commence sa visite à bord et se retrouve en compagnie d’une
famille d’Anglais, le père et ses trois filles dont l’une est agée de dix-huit ans et l’attire immédiatement. On cause, on plaisante, on s’excite et voilà l’horaire oublié (...)
Dans cet horizon, la silhouette de
Marie-Ange s’impose peu à peu. On s’attache à ce jeune garçon qui fait une entrée difficile dans la petite école de campagne mais qui, à force d’acharnement, parvient à saisir l’intérêt de la culture que lui transmet son maître. On le suit au fil des chapitres dans une aventure qui le fait quitter la terre natale et choisir son
destin et « une autre migration » comme l’indique le sous-titre du roman.
Pas la migration subie par le « bégule » (jeune homme embauché
pour rendre service dans une ferme du département limitrophe – le Morbihan -) mais une migration choisie, celle qui passe par Paris. Belle scène de
départ en micheline de la petite gare de Loudéac : « l’odeur était particulière, une odeur de bois, de cuir, de fer mouillé et de tabac froid, c’était sans doute ça, le
voyage ».
L’audace du jeune homme est
récompensée. Et cette audace gratifie le lecteur d’une aventure dans les milieux des peintres de Montparnasse. L’ouverture d’esprit de Marie-Ange et cette culture solide nourrie de bon sens
l’amène à réussir et à oser l’imprévisible… Marie-Ange a compris le message des artistes qu’il côtoie, et il semble qu’il soit aussi le message du livre : l’œuvre d’art doit chercher avant
tout à provoquer une interrogation. Qu’on relise phrase qui clôt le roman : « L’art suprême n’est pas la peinture mais l’art de montrer du
doigt ce qui serait à voir ».
L’inspiration est sidérante, on le sait. Et elle saisit le
personnage principal de ce roman qui, pendant la nuit, remplace la « toile » par les murs de sa maison ! Cela se passe dans un coin retiré du Centre Bretagne où un pareil agissement détonne si on considère le goût de l’ordre et des conventions des « gens d’ici » !
Ainsi, le roman s’ouvre allègrement
et le lecteur, aussi intrigué que les voisins ou l’instituteur qui s’arrête devant la maison de Marie-Ange, voudrait en savoir plus... Et l’auteur nous entraîne au cœur des mentalités, dans les
menus fretins de l’existence au quotidien d’un petit coin des Côtes-d’Armor.
Francis Lepioufle reproduit avec précision ces scènes de la vie rurale qu’il a observées. Ses personnages profitent de cette authenthicité du regard. Autour du personnage central, Marie-Ange, s’agitent
des silhouettes truculentes, pas toujours très sympathiques, incarnant l’esprit mesquin ou méfiant des autochtones…
Après ces quelques
articles qui concernaient l’approche de publication et suivant les recommandations de Francis qui, dans le récent commentaire recommandait de
« ne pas trop en dire »... Je laisse les éditeurs le temps de faire leur choix et je renvoie cette fameuse série d’articles sur « le métier d’enseigner à de jeunes ados » à plus tard, après parution des livres et après diffusion.
Ainsi vous autres lecteurs aurez le plaisir de
la découverte et de l’interprétation personnelle. En attendant, retour à la lecture à partir de demain.
Retour sur le temps des vacances de Noël... La rencontre avec l’éditeur s’imposait davantage encore cette fois-ci. J’ai en effet profité des journées de neige pour corriger à nouveau l’exemplaire
envoyé en PDF et je suis arrivé chez Aléas avec le recensement de toutes les coquilles repérées en même temps que quelques ultimes
améliorations.
Ce travail nous a pris environ trente minutes, après quoi nous avons
passé en revue les quatre propositions de couverture copiées sur ma clé sous l’appellation « criquet ». Le choix s’est imposé d’autant plus
facilement que nous étions quatre dans la maison d’édition, bénéficiant de la présence d’une stagiaire.
La couverture sera commentée de la façon suivante :
avec la collaboration de B.I à partir d’une photographie d’Eric Bertrand. Ne reste à faire que le bon de souscription pour un bouquin annoncé autour
du 14 février prochain au prix de 15 euros.
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
Lien vers l'ensemble de mes livres :
http://ericbertrand-auteur.net/