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Musée haut musée bas

Publié le par Eric Bertrand

         Quand j’ai travaillé à Rennes avec des étudiants étrangers, j’ai eu l’occasion de leur faire dire un extrait de cette pièce de Jean Michel Ribes où la faune que l’on côtoie dans les grands musées parisiens est mise en scène sur le fonds des œuvres d’art vers lesquelles ils se précipitent… Les étrangers ont du mal à prononcer les noms comme « Paul Gauguin »… Exercice jubilatoire quand on demande à un jeune Chinois de jouer le rôle du guide et de corriger le mauvais accent d’un groupe où se réunissent des Anglais, italiens, Espagnols ou autres Coréens.

          Pour cette raison, j’avais envie de voir le film tiré de la pièce et qui bénéficie d’une vogue d’avis favorables. J’en ressors avec un avis très mitigé. Certes, le spectateur savoure quelques passages bien enlevés, la circulation dans les différentes galeries aux côtés de grands acteurs, la fébrilité des amateurs d’art, le stress et l’émotion que communique la forêt des salles… J’ai aimé le moment où les gardiens, Lucchini en tête, parlent du malaise que leur inocule la transfusion permanente de la Beauté au quotidien, le moment où les faux artistes bluffent sur l’œuvre d’art, l’agitation permanente du musée, la diversité des gens, la réécriture de certains tableaux (le chemin de croix, le radeau de la Méduse…).

           Mais franchement, je trouve la fin manquée, tirée par les cheveux. Et puis la pièce me semble tenir par un assemblage de sketches type cabaret. Trop de délayage pour chaque scène, cela finit par énerver et alourdir inutilement une observation à l’origine intelligente. Bref, il semble que l’auteur se soit attardé sur une idée de base géniale qui ne suffisait pas pour faire une pièce.


 

Let's go for one more sleep !

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Téléthon au collège

Publié le par Eric Bertrand

         Le téléthon aujourd’hui… Je pense à tous ces enfants injustement frappés... Au cours de ma carrière, j'ai côtoyé deux jeunes filles différentes des autres élèves, j'ai pensé à elles en écrivant ce texte.

Dans les murs de mon collège, il y a des enfants ping-pong qui crient, qui courent, qui crachent, font des croche-pattes, des bécots dans les coins. Moi, je circule en fauteuil roulant et tout ce monde en-dessous me fait peur.  

        Les autres se précipitent vers la cour de récréation, moi, je sors toujours avant-dernière. Le cours qui s’achève me trotte encore dans la tête. C’est précieux un cours de géographie, d’histoire ou de poésie. J’ai une amie qui range mes affaires, l’ordinateur portable et qui pousse le fauteuil. Ce fichu moteur, ça ne marche pas toujours. L’assistance des machines, il ne faut pas toujours compter dessus.

         J’ai l’impression parfois de regarder le monde du haut d’un échafaudage. Je n’ai pas trop envie de m’amuser avec les autres élèves, mais je vais tout de même dans la cour. J’avance en fauteuil roulant, Manon se penche et me parle à l’oreille. Elle est grande et belle, Manon, elle marche derrière moi avec beaucoup d’élégance. Elle est plus classe que les autres.

        J’aime bien voir les garnements jouer au ping-pong ! J’aime regarder la balle rebondir sur la table. Ils ont des gestes souples. La balle est légère. J’aime le son qu’elle produit, j’aime les sourires gracieux sur leurs visages de coquilles.

       En échange, j’aimerais bien qu’ils m’écoutent. C’est Manon qui s’impatiente et qui me fait sortir du préau. « Parce que tu crois encore qu’ils se soucient de toi !...  » Je crois bien que je ne pourrais compter que sur elle ici !... Manon et moi, on parle de tout : des murs du collège, du monde immense ouvert au-delà des grilles, des profs, des élèves qui se moquent de moi, de ceux qui sont indifférents, ou qui ne bougent pas, ou qui passent leur temps à courir après les balles de ping-pong.

         Manon et moi, on s’en fiche. Ce week-end, c’est le téléthon, et on franchit les grilles, et on refait le monde, et on laisse derrière nous ceux qui crient, ceux qui crachent, qui crochent, qui bécotent, qui se cachent pour fumer !

Deer my dear...

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Salon du Livre de La Rochelle (2)

Publié le par Eric Bertrand

            Je reviens aujourd’hui sur l’organisation du salon du Livre. Il commence aujourd’hui, à partir de 10 heures et nous serons nombreux à nous croiser sur le stand des Ecrivains de la Côte. Une rotation est prévue sur tout le week-end et j’ai proposé des horaires en fonction de mes disponibilités : théoriquement, je serai sur place entre 14h et 18h00 samedi et dimanche.

            Je vais passer à l’Encan ce matin pour transmettre mes paquets de livres (7 x 10) aux hôtesses et fixer mes créneaux horaires. J’ai cours à 10h30, il faut donc commencer tôt.

 

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Salon du Livre à La Rochelle

Publié le par Eric Bertrand

               Il débute demain et dure tout le week-end. J’aurai l’occasion d’y revenir… Cela fait déjà un certain temps que je ne participe plus à des salons du livre. Le lecteur se souvient cependant de séances de signatures entreprises dans ma nouvelle région cette année, mais pas de salon. Le dernier en date remonte à celui de St Jean d’Angély.

              Il faut du temps pour participer à des salons et surtout pour pouvoir en profiter pleinement ! Importante logistique d’abord : ressortir tous les ouvrages, les trier, en sélectionner un certain nombre de chaque série, s’interroger sur le nombre à emmener, prévoir le stand avec des marque-pages, des cartes… Répartir les ouvrages dans deux valises, une grosse pour le stock, une petite pour le stand… Se rendre sur le lieu, y faire acte réel de présence…

              Heureusement, j’ai la chance cette année de pouvoir m’installer sur le stand des écrivains de la côte. Deux hôtesses assureront la gestion de l’événement et notamment la vente : c’est là une lourde charge en moins (je me souviens de  salons où il me fallait aussi passer à la banque, préparer des rouleaux de monnaie…)

              Les choses s’annoncent de ce fait plus simples et conviviales, et j’aurai la chance de retrouver les lecteurs dans l’espace Encan, tout près du port, là où ça sent le plus le grand large !

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Le dernier Souchon (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

          Quand j’ai écrit « Pour y voir Clerc », dans ma peinture des années 72-75, j’ai oublié d’évoquer « l’Amour 1830 », une des premières de Souchon. Tout a commencé là !

           C’était ma période Alfred de Musset et Chopin, « Toi aussi t’en as rêvé des cornemuses »… Et puis il y a eu « bidon », « la balade de Jim », « les nouvelles pour dames de Saumerset Maugham », « de quoi j’ai l’air avec mes détails, mes haltères… ». En présence des filles, les autres mecs me filaient toujours des complexes… « Il a déboulé dans l'soir en disant: "Mes malles sont encore au port", moi j’étais largué, classé, elle était bouche bée, et lui c’était Robert Taylor »… La silhouette désarmante des filles, les "caterpillars" comme il dit...  Hymne permanent à l’élégance, bien au-dessus des « jupes des filles » ! « La beauté d’Ava Gardner »… « J’suis mal dans ma peau, en cow-boy très beau… ».

            Les chansons de Souchon offrent un cinéma à bon marché et tout est tellement cinématographique dans la plupart de ses textes… « Vendeuse de glaces, boulevard de la plage, sous sa bâche elle était belle »… Tailler la zone, Robert Zimmerman, l’ambiance Bugatti, sur les banquettes de molesquine des Limousines, « J'aime les regretteurs d'hier, qui trouvent que tout c'qu'on gagne, on l'perd, les fumées dans les chemins de fer, la beauté d’Ava Gardner »

            Souchon repasse les années comme sur une bande super 8 : « écoutez l'histoire entre Trouville et Dinard »…  Le passé tremble, le présent se crispe : « Moi aussi j’en ai  rêvé des rêves tant pis, tu la voyais grande et c’est une toute petite vie, Tu la voyais pas comme ça l’histoire, Toi  t’étais tempête et rocher noir, Mais qui t’a cassé ta boule de cristal, cassé tes envies rendu banal… Mais qui t’a rangé à plat dans ce tiroir, comme un espadon dans une baignoire … c’est pas toi qui y’es, dans le bagad de Lann Bihouë ».

            C’est au bout du compte des pages de la vie de chacun qui s’écrivent et s’écoutent à travers plus de trente ans des chansons de Souchon. Si nos vies se déploient au-dessus de nous comme les ramures d’un arbre, à chacun de retrouver sa souche !


 Stream down the sigle track road...         

 

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