On se souvient peut-être de ce titre un peu kitch de la chanson de Julien (dans
les années 80) et je suis surpris, à la relecture, de la place que tient l’éveil à l’amour dans « Pour y voir Clerc ». Julien Clerc passe en effet souvent pour un
chanteur de charme qui met en mélodie des hommages aux femmes.
Ma découverte de Julien se produit pendant l’adolescence
et il est intéressant de prendre le récit à partir du fil amoureux. Il y a cela dans le livre… comment, par le biais des chansons de Julien Clerc, j’en suis venu à aimer les femmes moi qui les
rejetais « en bloc » à treize ans. Le texte dit le complexe, le rejet, le désir, la fascination-répulsion, l’idéalisation enfin…
Salon du livre et marketing (2/2)
Il y a dans les Salons une forte tendance au marketing… Certains sont devenus
professionnels en la matière. Ils profitent de cette flânerie du week-end qui mène les pas de certains lecteurs potentiels dans les salons pour les intercepter, un peu comme ces
« intercepteurs » qui vous abordent dans les rues des grandes villes au moment où vous vous y attendez le moins…
La technique est celle du démarchage. Ils dessinent un périmètre autour de leur stand, vont,
viennent, interpellent et finissent par lancer leur discours. Toujours le même. Le but est de porter l’estocade. Beaucoup de victimes cèdent avant.
Cela me rappelle un salon (celui de La Plagne) : j’étais installé à côté d’un commercial qui
venait de sortir sont premier bouquin. Une seule méthode vaut, m’avait-il dit : expliquer aux gens que le livre qu’ils ont sous la main est précisément l’objet qu’il leur faut et dont ils ne
peuvent se passer… Mais je ne sais toujours pas faire comme ça !
« Mattanza » et Salon du livre (1/2)
Avant de reprendre la réflexion autour de Julien Clerc, un retour sur la réalité des salons du livre. Celui de
Saint Jean d’Angély était assez animé et m’a donné l’occasion de discuter un peu avec Philippe Delerm, invité vedette. Mais je souhaite revenir un peu sur cette ambiance si particulière à ce
genre d’événement.
« Journée de pluie, les gens restent chez eux !... Journée ensoleillée, les gens vont sur la plage !... » Je
commence à connaître l’ambiance teintée d’inquiétude et de fébrilité qui règne généralement dans les débuts de salons du Livre. Les exposants, surtout les éditeurs, (les
auteurs, beaucoup moins !) tournent les mains dans le dos ou dans les poches afin de « rabattre le client ». Quand il n’y a presque personne, ça renforce
l’impression du vide. La mer est basse, les mares sont sèches et les poissons sont au large !
Puis le parquet se met à résonner, les gens arrivent, par bans entiers, le niveau sonore s’amplifie. Comme pour une
« mattanza sicilienne » où il s’agit d’abattre les thons enfermés dans une grande nasse, les plus entreprenants agitent le gourdin de leurs idées parquées dans
l’enceinte de leurs livres brandis.
Cela crée une rumeur particulière, la rumeur de salon du livre qui s’apaise au moment où un lecteur accoste de lui-même au
stand et commence à vous entretenir du sens d’un de vos livres. Alors il ne s’agit plus de mattanza mais de pêche à la perle.
Nouvelle rénovation du site.
Avant de revenir sur le salon du livre et sur la réflexion autour de Julien Clerc, je glisse un
petit article au sujet de la rénovation du site http://www.ericbertrand.fr qu’a effectuée Jenny hier, suite aux demandes de différents lecteurs qui
s’inquiétaient de ne pouvoir se procurer le livre de l’étranger. On trouve donc désormais les coordonnées bancaires de l’éditeur.
Par ailleurs, autre innovation : par le biais d’un enregistrement MP3, j’ai pu récupérer deux
interviews radio à propos de « la Route, la Poussière et le sable » (Europe2 et Radio Nantes), elles sont désormais à disposition sur le site.
Relecture de "Pour y voir Clerc" par son auteur
C’est un étrange sentiment que celui de la relecture d’une œuvre définitive.
Jusqu’à présent, à chaque fois que je relisais « Pour y voir Clerc », c’était dans le but d’y apporter des corrections, des enrichissements ou simplement pour partir à la chasse aux
coquilles. Mais cette fois, j’ai le livre en main, dans sa version offerte à la lecture et je me suis donné ce plaisir.
Je vois avec un œil extérieur ce que j’ai voulu faire, ce regard posé sur une période
révolue, celle des années 70 et sur un âge un peu difficile, avec ses contradictions et ses incohérences, l’adolescence. Le côté « Julien Clerc »
m’apparaît plus gommé dans cette relecture, peut-être du fait que connais tellement ce répertoire inséré dans le livre que j’ai tendance à ne plus le lire.
Je me prends aussi pour objet et je m’aperçois à quel point j’ai fait des coupures et à quel point j’ai
recomposé le passé. Image fragmentée, forcément, mais image vraie, c’est ce qui s’impose à la relecture. Si j’avais encore le manuscrit sous la main, je rajouterais peut-être
encore quelques détails… Tout compte fait, ce serait trop ! J’ai voulu une forme vive, une série d’instantanés, comme des plages de CD, afin de favoriser l’identification du
lecteur. Je ne sais pas si c’est réussi. C’est tout le mystère et les velléités d’un livre dont je vous laisse désormais les commandes !