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“Pour y voir Clerc” : Contacts avec l’étranger (6/7)

Publié le par Eric Bertrand

          Je reprends la série entamée il y a quelque temps à propos des contacts à l’étranger. Il me restait deux articles à ajouter. Les voici !
 
Bonjour,
et tout d'abord, félicitations et merci d'avoir écrit ce livre que nous aimerions tout(e)s avoir écrit
voilà, j'aimerais commander 2 de ces ouvrages, mais depuis la Belgique, peux-tu me dire comment faire?
Voici mon adresse"papier"
Encore merci

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« La brillantine des dieux »

Publié le par Eric Bertrand

         Dans la série des textes qui prolongent celui que j'ai écrit, extrait du même album de 73 : la chanson « Poissons morts »… Julien évoque la pollution. J’étais déjà sensible à ce problème en 73 et les paroles de Roda-Gil m’intriguaient, je l’indique souvent dans le livre.
 
« Poissons morts. Allez donc dire à mon amour que la graisse de mitrailleuse n’est pas la brillantine des dieux… »
 
          Dans mon esprit d’alors (le livre est en grande partie écrit du point de vue de l’enfant ou de l’ado) le mot « brillantine » évoquait surtout la bouteille bleue pâle dont s’arrosait copieusement mon grand-père tous les matins pour faire briller ses cheveux.
          Un samedi matin, il avait amené le petit frisé chez le coiffeur et ce dernier, un vieux pro armé de coupe-choux et de houpettes à la ceinture m’avait proposé de la brillantine !
          Quel ado aujourd’hui connaît encore la brillantine ? Et la métaphore de Roda-Gil devient encore plus complexe !

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Stomp à la Coursive

Publié le par Eric Bertrand

       Spectacle pour le moins « décoiffant » à la Coursive vendredi soir… Une troupe de huit percussionnistes, comédiens et danseurs se partagent une scène dont le décor rappelle celui d’un hangar, d’un dépôt de fonderie ou d’un garage. Ce qui compte avant tout, pour ces enragés de la scène, c’est de partir à la conquête d’un langage qui restera inarticulé jusqu’à la dernière minute.
       Le spectateur a l’impression de voir évoluer sous ses yeux une bande d’Estragon-Vladimir sortis d’un « En attendant Godot » privé de la parole creuse. Mais c’est justement dans ce « creux » là que se joue la conquête du sens. Il n’y avait plus Dieu chez Beckett, il n’y a plus la parole chez Stomp. Et cela produit une tentative frénétique pour créer du son et de l’échange avec les moyens du bord.
         Les personnages sont, comme Vladimir et Estragon, des paumés, mais des paumés moins résignés et surtout mieux outillés. Barriques, tonneaux, bombones, boites d’allumettes, journaux, cables, balais, jantes, couteaux, ciseaux, pelles, poubelles, cables, tubas, tout ce qu’on trouve dans la décharge de la société de consommation est bon pour produire le son et la volée de clous sur la planche du langage. Mais les êtres qui se côtoient sur scène se défient, se toisent, s’affrontent et le sentiment de détresse est tout aussi poignant que chez Beckett, à la différence prêt que le spectateur sort abasourdi par la vigueur désespérée de ces clochards aux semelles de plomb.

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« Bec de lièvre »

Publié le par Eric Bertrand

        Au retour du salon, sous une pluie battante et des bourrasques de vent, je réécoutais l’album sorti en 73, celui qui porte le titre « ça fait pleurer le bon dieu ». J’avais volontairement évacué à l’époque où j’écrivais le livre, les disques sortis après 73, mais deux chansons de cet album m’ont paru à ce point apporter « une suite » à deux thématiques majeures que je ne résiste pas à les évoquer aujourd’hui et demain.
        On se souvient peut-être que, pour anticiper et « expliquer » l’effet « Ivanovitch » dans mon enfance, je remonte à mes lectures et notamment à celle de « L’Homme qui rit » que j’avais lu très tôt dans une version illustrée. « L’Homme qui rit », à dix ans, c’est surtout la neige et la figure du monstre. On trouve la figure du monstre de foire dans cette chanson étrange qu’est « Bec de lièvre ».
 
Son visage de confection
Est sans mesure et sans finition,
Il est loin d’être distingué
Comme un chien qu’on oublié de noyer…

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« Des jours entiers à t’aimer »

Publié le par Eric Bertrand

              Je signalais dans un récent article la part que tiennent les femmes dans l’ouvrage et la permanence du thème dans les chansons de Julien Clerc. Cette évidence m’a saisi à la relecture de « Pour y voir Clerc ». Dès le début, à travers l’évocation des belles Italiennes par le fameux grand-père, figure phare des « Nouvelles pour l’été », les jolies stagiaires dans le magazin de disques qui renvoient au narrateur son image d’adolescent boutonneux, la belle repasseuse qui réveille à treize ans le trouble du désir, la ravissante Odile, jeune femme libérée, la petite Eurasienne, première figure ineffable du collège retrouvée deux ans plus tard sur une plage de l’Ile de Ré, premier amour platonique, la mère et la grand-mère, figures idéalisées, la princesse de la légende bretonne de la ville d’Ys, avec sa beauté de statue et le parfum de scandale…

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