Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Manosque de Frégni : enfer et paradis dans la chapelle de Manosque

Publié le par Bertrand

Le public aime le noir, le pulsionnel, l'obscur... L'exemple proposé par René à l'appui de sa thèse c'est celui de cette chapelle de Manosque décorée par un artiste local : deux tableaux dans cette chapelle. L'un figure le paradis avec les anges, la béatification, l'eau de rose... L'autre figure l'enfer avec des démons, des langues de feu, des gestes obscènes, des sexes en érection, des cabrioles à la Jérome Bosch... C'est toujours vers ce côté là que se tournent les visiteurs. Le rose ne les intéresse pas...

Quand j'ai dessiné mon personnage de Ronald Mac Donald, peut être ce discours m'a-t-il influencé dans la mesure où j'ai choisi de faire de lui un personnage trouble, à la fois veule et cruel, séducteur et vaniteux... La scène de la lande avec Heather est explicite : il a envie d'elle, il la regarde avec un désir cuisant, il se jette sur elle et la viole... Dans le récit (pas de scène de viol au théâtre!), toute la description de la scène part de ce regard du mâle sur la victime un peu innocente qu'est Heather.

Voilà pour René.

Je reviens demain sur la question de la préparation du livre et les derniers éléments qui s'ajoutent...

100-7455.JPG

 

Voir les commentaires

L'avis de Frégni sur "nouvelles pour l'été"

Publié le par Bertrand

Rendez-vous au café. C'est le petit matin; les marchands de fruits sont installés et les habitués sont installés à leurs tables. Il fait un bon 20°. Le soleil filtre à travers les branches des marronniers. René arrive fraîchement rasé, commande son café.

Il a lu les quatre premières nouvelles du recueil, il a beaucoup aimé le style, apprécie son côté "ciselé" et sans fioritures, l'emploi du présent... A son goût, il manque de la noirceur. Ce dont je conviens car c'est dans la structure même du recueil : les premières nouvelles sont du côté de l'éblouissement du jeune été, puis les choses s'enveniment par la suite et le lecteur pivote du côté des canicules et des orages...

Il va lire les autres et m'écrira ce qu'il en pense. En tout cas, c'est  l'occasion d'aborder avec lui la question de la noirceur, du pulsionnel à l'intérieur du récit... La part que l'écrivain peut donner aux sourdes pulsions du sexe... Et effectivement, dans ses ouvrages, la présence du désir et du rapport au sexe est omniprésente : exemple de l'ouvrage "la Tendresse des loups" ou "l'été".

Est-ce son influence, mais cela rejaillit dans "le ceilidh" quelques jours plus tard, au moment où je me suis relancé dans l'écriture. Je reviens sur cet épisode demain, pour le situer dans le sillage de cette rencontre.

100-7454.JPG

 

Voir les commentaires

Les propos de René

Publié le par Bertrand

Après l'interview, une fin de dialogue plus détendue avec René. Il a un rendez vous en début de soirée et nous allons au cinéma, mais il promet de nous rejoindre après, au restaurant "côté place". Dés 20h30 il est là et parle de tout. C'est un grand conteur.

Il évoque ses débuts avec "les chemins noirs" et la première télé aux côtés de Michel Pollac, emballé par le roman. Ses appuis qui lui ont permis de vendre immédiatement 150000 exemplaires. Ses salons du livre et les gens curieux qui viennent lui rendre visite, s'apitoyer sur son sort ou lui conseiller d'aller voir un psy "parce qu'il est malheureux", la beauté des femmes, les humeurs de maîtresses extravagantes, les confidences de bistrot du temps où il a été barman, les états d'âme de prisonniers, les débordements érotiques de leurs maitresses, les détraquements au sein de l'asile psychiatrique dans lequel il a travaillé, les relations avec sa fille...

Vers 23 h00 nous nous donnons rendez vous demain matin, pour le café, et il nous remet un ouvrage traduit en italien : "l'estate", son dernier roman. Je lui remets mes "nouvelles pour l'été." Il les commence dés ce soir et m'en parle demain...

100-7459.JPG

 Chez René à Manosque

Voir les commentaires

On ne s'endort jamais seul

Publié le par Bertrand

Deuxième sujet de l'interview : le livre "on ne s'endort jamais seul". Roman noir à dominante autobiographique (ce qui est une constante chez René Frégni qui parle d'une "dialectique permanente entre le vécu et le fictif "qui est à la base de tous ses livres).

Le personnage principal est un postier qui vit avec sa fille (7 ans), son idole. Un jour, à  la sortie de l'école, la petite fille disparaît et commence alors une effroyable descente en enfer dans les milieux louches et sordides de Marseille.

Livré à son seul désespoir, le héros trouve un allié dans sa quête : un caïd qui l'aide à repérer les gens les plus suspects...

René évoque un Marseille qu'il connaît bien ainsi qu'un milieu qu'il côtoie au cours de ses ateliers d'écriture à la prison. Selon son propre aveu, il doit beaucoup à ces prisonniers qui nourissent son inspiration et qui sont ses premiers lecteurs...

L'interview n'est pas le seul moment fort de la rencontre. J'évoque la suite demain.

100-7456.JPG

 
Café que fréquente l'écrivain pour "un petit noir" !

Voir les commentaires

l'interview de René Frégni

Publié le par Bertrand

Au quatrième étage de son immeuble donc, face à la terrasse qui donne côté place, après avoir savouré un jus de cerise préparé par ses soins, René se livre à l'exercice de l'interview filmé...

D'abord, c'est l'évocation de la mort de sa mère, personnage lumineux à qui "elle danse dans le noir" est consacré. Beaucoup d'émotion et de vérité dans ses propos qui soulignent la cruauté de la séparation entre le fils chéri et la mère. Fils écorché vif, d'autant que sa femme venait juste de le quitter. Contraste étonnant entre cette mère qui s'éteint et cette fille qu'il vient d'avoir et dont il s'occupe avec émerveillement. Marilou, quelques mois à peine...Tout le récit est structuré autour de cette opposition entre l'épuisement et l'éveil, la détresse et l'espoir...

Les photos de Marilou sont dans la cuisine, c'est une grande jeune fille qui a quatorze ans et qui vit avec son père une partie de la semaine. Un espace de la véranda qui donne côté place est aménagé en chambre à coucher. Un doudou est posé sur l'oreiller. Marilou revient samedi et participe à la tournée de dédicaces qui commence sur la Côte. Son père peut s'occuper d'elle toute la journée et lui faire profiter de chaque étape prévue à Saint Tropez, Cannes, Antibes...

La deuxième partie de l'interview porte sur "on ne s'endort jamais seul"...

100-7457.JPG

 
Prendre un verre avec René

Voir les commentaires