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Des scénarii pour l’enseignement !

Publié le par Eric Bertrand

               Que fait un prof pendant ces deux longs mois de vacances que tout le monde lui envie ? Que fait cet individu qui, dès qu’il fait sa rentrée, prépare activement son esprit (et accessoirement ses élèves !) à la prochaine grêve en ruminant, dans son for intérieur, le programme des vacances suivantes qui ne tardent jamais à arriver...

                Je ne développe pas ces points qui sont également esquissés dans « L’Organisme » mais je réponds à la question car elle permet au lecteur de ce blog d’envisager avec plus de recul la matière à partir de laquelle certains articles à venir seront conçus.

                Je m’aperçois, au fil des années, qu’il est nécessaire d’arriver en début d’année avec un projet d’ensemble pour chaque niveau de façon à ne pas diluer son temps et à conduire de façon efficace et de semaines en semaines le « troupeau »...

                Je propose donc au lecteur de parcourir dans les jours à venir ce que je considère comme « le scénario » mené cette année dans chacune des classes dont j’ai la charge : 6°, 4°, 3°. Ce que l’institution appelle « la progression annuelle » est bien évidemment sujet à des aménagements en fonction des impondérables, mais elle présente l’avantage aussi d’offrir un programme de réflexion défini au préalable et plus aisément assimilable en termes de « compétences à acquérir » puisque les « compétences » sont désormais le lit de Procuste dans lequel il nous faudra allonger les programmes !

 

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Cocorico et « Poulailler song » !

Publié le par Eric Bertrand

              Au fil des mois, je complète ma collection de Souchon en allant fouiller du côté des premiers albums dont je n’ai que certains titres arbitrairement mis en lumière par les collections « best of ». Il est intéressant de confronter des textes et des contextes pour évaluer la valeur d’une chanson...

 

Dans les poulaillers d'acajou,
Les belles basses-cours à bijoux,
On entend la conversation
D'la volaille qui fait l'opinion.

 

                 La « volaille » avait inspiré La Fontaine (souvenons-nous par exemple de la fable des « deux coqs » qui, les pieds dans le fumier, se battaient généreusement pour une petite poulette un peu plus maquillée que les autres...). Cette « volaille » inspire aussi Souchon qui fait « roucouler » toute la basse-cour dans « Poulailler Song ».

                 C’était en 1977... Mais en 2010, les mots de la chanson pèsent lourd dans le contexte actuel. Tous les lieux communs du discours d’exclusion qu’on entend aux quatres coins de notre « poulailler » défilent en effet sur le rythme sautillant de la chanson comme autant de coups de becs ou de coups de fourche !

 

On peut pas être gentils tout le temps.
On peut pas aimer tous les gens (...)

Mais comprenez-moi : la djellaba,
C'est pas ce qui faut sous nos climats.

 

                  De toute évidence, les coqs et les poulettes de ce « Poulailler song » n’ont plus grand-chose à se dire. « Deux coqs vivaient en paix, une poule survint, et voilà la guerre allumée... ». Les rivalités, les coquetteries, les tournois amoureux, c’est d’un autre âge.

 

Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint :
Le bruit s'en répandit par tout le voisinage.
La gent qui porte crête au spectacle accourut.

 

                    Désormais la volaille a mûri mais le spectacle continue. Cramoisie sur son tas de fumier, s’agite la banderille des crêtes cocardières. « La volaille fait l’opinion » et brandit à la face du monde un paquet de pensées vermisseaux.

 

Mais comprenez-moi : c'est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes.
Mais comprenez-moi : c'est dur à voir.
Quels sont ces gens sous mon plongeoir?"

 

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Article sur le théâtre dans les Cahiers pédagogiques

Publié le par Eric Bertrand

                   « L’histoire des arts » est une nouvelle matière qui fait son entrée dans les programmes de l’éducation nationale et depuis l’an derrnier, elle est testée dans les établissements sous une forme expérimentale.

                     Les enseignants de toutes les disciplines concernées ont d’ores et déjà réfléchi à sa mise en œuvre et, en ce qui me concerne, j’ai participé à un recueil collectif paru en mai dernier sur ce sujet. Cf : Pour enseigner l’histoire des arts. (CRDP d’Amiens)

                     En cette rentrée scolaire, les « Cahiers pédagogiques » auxquels j’ai participé l’an dernier au sujet de Simenon et la Rochelle me proposent un article sur les pratiques expérimentées dans ce domaine. J’ai donc proposé un bilan précis de nos réalisations liées au théâtre et au travail autour du « Petit Prince ». Bien évidemment, je l’ai élargi à ce que je considère comme l’origine de toiut : l’atelier d’expression artistique au lycée (cf à ce sujet le site officiel : http://www.atelier-expression-artistique.com)

 

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Rimbaud et les Rambos ! (4/4)

Publié le par Eric Bertrand

                    Les contraintes liées à la mise en forme d’un article dans une revue exigent un respect d’un certain nombre de « signes » : l’article précédent publié en deux fois était trop long, je l’ai donc modifié et en voici la version allégée :

 

                    C’était en été, et j’avais enfin pu réaliser mon rêve : celui de « taper la route » aux Etats-Unis en auto-stop, « les poings dans les poches crevées », « l’ auberge à la Grande-Ourse »… Et je pensais au poème de Rimbaud, « Ma bohème », que je connaissais par cœur. C’était désormais « assis au bord des routes » qu’il me revenait, mélange d’éblouissement et de jubilation lié au sentiment de vivre une grande aventure.

                        Et puis tout a basculé. Voici le « Petit Poucet rêveur » jeté dans la cellule d’une prison de La Nouvelle-Orléans… Fini « mes étoiles au ciel » et leur « doux frou-frou »… uniforme rayé, bracelet de prisonnier, ciel de prison, barreaux donnant là-bas, tout au loin sur la route, et compagnons de cellule plus proches de Rambo que de Rimbaud !

                         Dans ces conditions, les mots du poème revenaient autrement dans ma mémoire. C’était un hymne à la Liberté de l’Esprit. « Ma Bohème » vibrait en moi. Je revivais les heures qui venaient à peine de s’écouler, « ces bons soirs », où tirant « les élastiques de mes souliers blessés / Comme des lyres (…) », je rêvais sur le soleil couchant et les promesses de Californie tout au bout de l’horizon.   

 

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Rimbaud en prison en Amérique ! (3/ 4)

Publié le par Eric Bertrand

              C’est alors que tout a basculé, suite à l’une des nombreuses mésaventures qui guettent « le pouceux » sur le territoire américain (où les auto-stoppeurs ne sont pas forcément les bienvenus…). La police de La Nouvelle-Orléans m’a violemment arrêté et m’a, sans ménagement, jeté dans la cellule d’une prison… Plus de baskets, plus « d’étoiles au ciel » ni de « doux frou frou »… mais un uniforme de vrai bagnard, un bracelet avec un numéro de prisonnier, un ciel de prison, des barreaux donnant là-bas, tout au loin sur la route, et des compagnons de cellule qui n’étaient pas des poètes !

                 Et bien c’est dans ces conditions bien particulières, que j’ai pour la première fois éprouvé toute la richesse de « Ma bohème », dont je me suis mis instinctivement à faire sonner les mots et les rythmes. Humilié, dénudé, privé d’identité, je n’avais en moi, outre ma patience, que cette dernière ressource, cet hymne à la Liberté de l’Esprit. « Ma Bohème » vibrait en moi, et je me revoyais dans les heures qui venaient à peine de s’écouler, « assis au bord des routes » en « ces bons soirs d’été », où tirant sur « les élastiques de mes souliers blessés / Comme des lyres (…) », je rêvais sur le soleil couchant et les promesses de Californie sur la route à l’horizon. 

 

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