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L’Enfant de Noé d’E. E. Schmitt (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

                Ce second passage de L’Enfant de Noé met l’accent sur l’un des personnages secondaires, ami du narrateur, gamin mal poussé qui souffre de ne plus avoir de parents et qui parle souvent de sa mère, belle et plantureuse pianiste, comme les autres, déportée...

                A la fin du roman, Rudy retrouve enfin la « grande femme souveraine, à la poitrine majestueuse, aux prunelles bleu acier, aux cheveux noirs interminables, riches et drus »... Elle est devenue une petite femme malingre, affamée, déformée par les mauvais traitements... « Il n’avait plus devant lui sa mère autoritaire mais une fillette qui ne voulait pas lâcher sa gamelle ».

                A l’issue de cette scène, Rudy parvient malgré tout à obtenir de sa mère qu’elle lâche son assiette et vienne s’installer au piano : « Elle vacilla, se rattrapa au cadre, puis observa le clavier comme un obstacle qu’elle devait vaincre. Ses mains s’approchèrent, timides, puis s’enfoncèrent délicatement dans l’ivoire ». Et ce moment de grâce au piano décrit comment ce « fantôme de mère » retrouve peu à peu sa chair grâce à la musique.

 

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L’Enfant de Noé d’E. E. Schmitt (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

             J’ai évoqué hier le regard du narrateur de « l’Enfant de Noé » sur son environnement et en l’occurence sur son ami Rudy qui passe d’abord pour un simplet mais qui se révèle personnage attachant et sensible. Relisons d’abord ce paragraphe qui lui est consacré et qui n’est pas sans me rappeler ce que j’analyse dans « l’Organisme » !

 

De Rudy les enseignants n’obtenaient rien. Cancre parfait, pur, inaltérable, intègre, il leur opposait une résistance absolue. Il devenait le héros de cette autre guerre, celle des élèves contre les maîtres. Et les sanctions disciplinaires s’abattaient si souvent sur lui que sa tête hagarde et décoiffée s’auréolait d’un méruite supplémentaire : la palme du martyre.

 

                Un second extrait demain, particulièrement bouleversant puisqu’il se situe tout près du dénouement de l’aventure.

 

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L’Enfant de Noé d’E. E. Schmitt (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

              Il y a des livres qui touchent dès les premières pages. Par leurs thématiques, la proximité des images développées avec des sujets chers ou de préoccupations intellectuelles personnelles... C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de « l’Enfant de Noé » d’E. E Scmitt.

               Le roman qui commence m’a replongé dans une scène de film auquel j’avais consacré récemment un article : « la Rafle ». On y voit un petit enfant juif, au lendemain de la guerre, attendre dans une sorte de marché à ciel ouvert que ses parents probablement déportés veuillent bien « réapparaître » pour le sauver. C’est de cette façon que l’auteur met le lecteur en présence du malheureux dont l’histoire est alors racontée...

               Dans la période agitée qu’il traverse, l’enfant est confronté à des réalités dangereuses mais parvient tout de même à faire son éducation et à grandir aux côtés de personnages exceptionnels dont le père Pons qui le recueille dans son « orphelinat » et qui lui apprend à connaître et à apprécier son identité et son origine. Que veut dire être juif ? Quelle différence entre un Juif et un Chrétien ? Pourquoi un prêtre catholique se cache-t-il la nuit pour lire l’ancien Testament dans la crypte de la chapelle ? Comment un grand escogriffe qui passe pour un simplet peut-il du jour au lendemain briller dans ses études ? Pourquoi le visage de la mère de cet apparent « simplet » ne correspond-t-il pas au portrait qu’il en avait fait à son entourage ? Autant de questions parmi d’autres auxquelles l’auteur répond en gardant le point de vue naïf de l’enfant... Je reviens demain sur l’un de ces points de vue...

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Tintin et totalitarisme

Publié le par Eric Bertrand

                    L’un des objets de mon cours de troisième cette année porte sur les effets du nazisme et plus largement sur les totalitarismes. Tout ce qui touche à cette dimension sociale et politique m’intéresse et je cherche en particulier des documents accessibles à des « jeunes consciences » de façon à les impliquer davantage.

                    C’est dans cette optique que j’ai relu, avec la complicité de mon fils, « le Sceptre d’Ottokhar ». L’histoire se passe dans un petit royaume d’Europe centrale et le régime est mis en péril par un personnage inquiétant dont le nom de « Musstler » ne fait aucun doute quant à ses méthodes et à ses ambitions puisqu’il est la combinaison de Hithler et Mussolini.

                    Outre la trame de ce récit (Tintin se heurte à un système totalement pénétré par les hommes de ce Musstler qui sont parvenus à se hisser jusqu’aux portes du pouvoir), certaines vignettes de la BD font écho à des images indissociables du nazisme : les grosses voitures noires, les hommes en uniforme, les insignes, les visages implacables...

                    Après « Tintin au pays des soviets », Tintin au pays des nazis ? En tout cas, une occasion de relire Tintin avec un autre regard que celui que j’avais à 8 ans, lorsque je guettais surtout les bouffonneries des « Dupont / d » et les réactions décalées de Milou. 

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Ma contribution à propos de “Brendan Malone” de Marina Neary

Publié le par Eric Bertrand

               Désolé pour les non anglicistes mais je manierai ce matin la langue de Shakespeare en réponse à la demande de Marina pour accompagner la parution de son livre.

 

The cause is noble. The scenery is romantic. The heroes are strong and fierce…

Marina Neary, who has always been deeply inspired by gaelic areas and Victor Hugo’s narratives, knows how to show the romantic backstage of her story.

“Brendan Malone” carries the reader to the wild opened space of Ireland. Faithfull and treacherous speeches blow over a land like haunting gales. And the characters are strong enough to make the reader feel the violent character of independence, the changing skies and the precarious atmosphere that cover the all country.

 

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