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Ecrire en été...

Publié le par Eric Bertrand

                   Mes lecteurs le savent bien, c’est en été et un peu avant que je me lance dans des « chantiers littéraires », le reste du temps étant très « occupé » par les activités scolaires. J’en parlais dans l’ile de Ré un soir d’août avec un ami écrivain aujourd’hui retraité, la seule période qui me convienne véritablement (même si elle nie l’idée de « repos » qu’on associe traditionnellement aux vacances) est celle de l’été. Lui, au contraire, évoquait l’énergie qu’il puisait pour l’écriture dans la période de la rentrée, propice aux promenades méditatives et à l’apaisement. Je ne doute pas qu’en d’autres temps, j’adopterai ce point de vue… Mais à l’heure actuelle, je n’ai pas d’autre choix.

                    Quoi qu’il en soit, contrairement aux autres années (voir par exemple l’an dernier avec le travail sur « l’Organisme » et les articles du blog qui y ont été consacrés en septembre), je n’ai rien « édifié ». Sinon quelques articles qui sont de moindre ampleur. Pas de "rentrée littéraire" en ce qui me concerne donc !

Peut-être ai-je besoin de « me remettre » de la dernière publication, peut-être besoin de vraies vacances, peut-être besoin de vivre autrement l’été car d’importantes choses se sont déroulées dans cet intervalle…

                     Par ailleurs, je veux saisir une « idée » qui justifie un livre et ne pas céder à la facilité de simplement raconter une histoire.

 

Aix (2) [1600x1200]

 

 

 

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Draguer sur le ponton et dans « le Ponton »

Publié le par Eric Bertrand

                   C’est donc avec une sorte de jubilation que j’ai rejoint à la brasse, au large de la longue plage du Maurillon, l’un des pontons sur lesquels viennent se rencontrer, jouer, causer, plonger, sauter, discuter, draguer, rêver (que sais-je encore !...) les baigneurs en vacances !

                   Vus de loin, ce ponton ressemble comme tous les autres à une petite scène de théâtre dérivant au beau milieu de l’eau et quasi sans spectateurs ! C’est cette évidence qui m’avait, il y a quelques années, inspiré la pièce et le récit intitulés « le Ponton ». Comme sur la scène, c’est dans cet espace de fortune bien délimité que peuvent se nouer les fils d’une intrigue…Au théâtre, les choses ne traînent pas pour intéresser le spectateur ! C’est le lieu de la précipitation de l’action (sens étymologique du mot « drame » !) Dans le Ponton, bien évidemment, la fiction s’était emparée du motif au point d’en faire une histoire un peu surréaliste qui se serait tramée autour et à partir de ce lieu fondateur !

                     Mais les premiers moments de la pièce et du récit renvoyaient clairement à cette situation bien particulière liée à la réalité de n’importe quel ponton où peuvent se côtoyer, l’espace d’un instant, des gens tellement différents… Enfants, adolescents, adultes, vieillards, de toutes les nationalités et porteurs toutes les mentalités, discours, mots, expressions, gestes… Un ponton est un beau laboratoire !

 

Juillet 2010 (76) [1600x1200]

 

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Un ponton parmi tant d’autres

Publié le par Eric Bertrand

Juillet-2010--29---1600x1200-.JPG                Les pontons font sans doute partie du paysage balnéaire sur la côte d’azur pendant l’été mais c’est à chaque fois avec une sorte « d’émerveillement » que je les retrouve quand, par aventure, il m’arrive de me rendre de ce côté-ci du monde.

                A priori, la côte d’Azur n’est pas ma région de prédilection mais il faut avouer que pour la seconde année, des circonstances particulières nous ont amenés à nous y rendre. Et puis, quel dépaysement pour un Celte que certains avaient baptisé en leur temps « Erik le Viking ».

                Allées de palmiers, végétation luxuriante, eau bleue, cigales entêtantes (on a l’impression de mettre l’oreille sur une ligne à haute tension…) Et soleil triomphant dans un ciel sans nuages ! Quelque chose dans l’atmosphère générale et dans le décor qui me renvoie à certains de mes « lieux fondateurs » ! Palerme, Los Angelès, et plus particulièrement Beverly Hills car Toulon impose ce contraste évident entre la grande pauvreté et la grande richesse. J'y reviens demain à propos de l'un de mes livres intitulé "le Ponton"...

 

 

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Souchon Arcimboldo

Publié le par Eric Bertrand

            L’amour est éphémère, c’est le sujet principal des chansons de Souchon. Le temps qui passe, les couleurs qui ternissent, les pétales qui se fanent... « L’amour à la machine », « la vie c’est détergent »... C’est aussi de façon métaphorique le phénomène qu’il analyse dans la belle chanson du dernier album intitulée « les saisons ».

            Ce texte rappelle un peu ces tableaux du peintre Arcimboldo qui met en scène des personnages à la chair « légumière » ou « fruitière ». Chez Souchon, comme un vent léger, l’amour glisse sous la peau, fait dresser le poil ou les cheveux, sème le frisson, la tiédeur, la torpeur ou la tempête, fait couler la source, le torrent ou la rivière, « habille » les silhouettes de primevères, de bouquets de roses et de cerises. « Croquer le nez, manger les joues », « le rose initial », « le bleu de nos baisers du début ».

            Mais « le soleil de la vie les tabasse »... Et alors, les grands tournesols éclatants qui rayonnaient dans les yeux et poussaient dans le ventre retrouvent tout à coup leur fonction d’héliotropes. Le soleil a roulé, l’été tourne le dos, les blés ont sêché, la pelouse a grillé et les petits rossignols entêtés ont déserté les arbres.

 

C'était l'amour et c'était l'automne
Dans le grand parc où frissonne
Parlant de nous, de nos baisers en allés
En marchant dans les allées
Disant de l'amour pour quelle raison
Ce n'est jamais la saison.

 

             Relisons pour le plaisir ce dernier couplet des « Saisons » et souvenons-nous aussi de « l’amour 1830 » « dans ce parc au point du jour (...) » ou du mélancolique « Colloque sentimental » de Verlaine :

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l’heure passé.
 
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.
 
Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé (...).

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Eté 2010 (207) [1600x1200]

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"Le marin" de Souchon...

Publié le par Eric Bertrand

 

                        Dans la lignée de l’article précédent je livrerai encore ces quelques réflexions autour de la « Simca rouillée » dont Souchon à la fin du « Marin » fait une métaphore de la vie. La vie est « une Simca rouillée », à savoir une vieille bagnole qui a eu son heure de gloire (on se souvient de la Chrysler de Jim, ou de la Formule 1 de « j’suis bidon ») et qui continue à avancer, cahin-caha malgré la rouille, malgré les chocs et les incidents de parcours.

                         Et du même coup, toute la chanson est à relire comme une allégorie de la vie (cette entrée fournit une clé similaire à celle que l’on peut utiliser quand on lit l’étrange et grandiose poème de Rimbaud « le bateau ivre ») : le personnage principal du « marin » joue pour l’auditeur, le lecteur, le rôle de n’importe qui partant dans la vie avec des rêves pleins la tête et se retrouvant, au bout de ses années, avec une immense frustration.

 

Le bleu qu'il met dans sa vodka,

Ca lui rappelle,

Tous les "j-aurai-dû" "y'avait-qu'à",

La Rochelle

Il voulait Molène en mer d'Iroise, les ancres rouillées

Les baleines, la belle turquoise, les coffres oubliés

Les sirènes, les belles sournoises, les grands voiliers

La vie le promène en Seine et Oise, dans sa Simca rouillée (…)

 

                    Que le lecteur veuille bien se souvenir de ce qu’il a mis dans ses « coffres oubliés » et qu’il regarde en face « les sirènes » qui partagent sa vie ! (Ou inversement : le chanteur n’est pas tendre avec les maris dans les Audis et qui « foutent des marrons » aux filles qui gardent le mystère qui plaît tant !)

Pas d’eau sucrée chez Souchon ! Mais du vitriol !

 

Aix (10) [1600x1200]

 

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