Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un Roi sans divertissement

Publié le par Eric Bertrand

                        Ce roman de Giono est une enquête sur une série de crimes perpétrés en 1843 dans une région reculée, celle du Triève dans laquelle l’auteur a vécu. Pour enquêter sur ces étranges événements apparaît un personnage nommé Langlois. Belle évocation de la nature et du hêtre au pied duquel a été retrouvé le cadavre de Marie p9. 38

                          L’une de mes lectrices attirait mon attention sur le dénouement du roman que le dénouement de « l’Organisme » lui a rappelé. Relisons ce dénouement (celui de Giono !)

 

« Et il y eut, au fond du jardin, l’énorme éclaboussement d’or qui éclaira la nuit pendant une seconde. C’était la tête de langlois qui prenait, enfin, les dimensions de l’univers »

 

Aix (14) [1600x1200]

Voir les commentaires

« Un Balcon en forêt » de Julien Gracq

Publié le par Eric Bertrand

                Ceux qui connaissent ce blog savent quel lien particulier m’unit à Julien Gracq dont je suis un fidèle lecteur. J’ai relu « Un Balcon en forêt » au début de l’été. Comme son titre semble l’indiquer, ce roman offre une large bouffée d’oxygène et d’humus… Et pourtant, les personnages sont plongés au cœur de la seconde guerre mondiale au moment de l’invasion allemande.

                Le personnage principal, l’aspirant Grange, vit sa mission au cœur de la forêt à proximité de la Meuse comme une aventure initiatique et une plongée dans le mystère. La forêt au cœur de laquelle on lui a confié la garde d’un fortin, est le centre d’une toile magique dont l’écrivain artisan des mots et de la syntaxe tisse les fils. La réalité de la guerre semble oublier ces confins forestiers dont l’événement majeur est la rencontre avec une « fadette », la petite Mona, qui vit avec Grange une aventure à caractère à la fois évanescent et érotique. A la fin du roman, elle disparaît comme elle est venue, au moment où les soldats allemands rejoignent le fortin. 

                A la vérité, l’action ne démarre qu’au dénouement… Mais l’essentiel est aux yeux du lecteur ce travail minutieux qu’a entrepris l’écrivain : l’écriture élégante et imagée l’amène en effet à entrer au contact d’un monde magique que la tragédie de la guerre pourrait écarter…. C’est peut-être cela qui a valu à Julien Gracq, l’inclassable, l’étiquette d’écrivain surréaliste. Que l’on relise par exemple ces deux phrases :

« On ferme les yeux quelques secondes : les armées modernes tintinnabulent encore de toutes les armures de la guerre de Cent ans ».

« C’était une peur un peu merveilleuse, presque attirante, qui remontait à Grange du fond de l’enfance et des contes : la peur des enfants perdus dans la forêt crépusculaire, écoutant craquer au loin le tronc des chênes sous le talon formidable des bottes de sept lieues ».

 

Banc.jpg

 

Voir les commentaires

L’Enfant de Noé d’E. E. Schmitt (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

                Ce second passage de L’Enfant de Noé met l’accent sur l’un des personnages secondaires, ami du narrateur, gamin mal poussé qui souffre de ne plus avoir de parents et qui parle souvent de sa mère, belle et plantureuse pianiste, comme les autres, déportée...

                A la fin du roman, Rudy retrouve enfin la « grande femme souveraine, à la poitrine majestueuse, aux prunelles bleu acier, aux cheveux noirs interminables, riches et drus »... Elle est devenue une petite femme malingre, affamée, déformée par les mauvais traitements... « Il n’avait plus devant lui sa mère autoritaire mais une fillette qui ne voulait pas lâcher sa gamelle ».

                A l’issue de cette scène, Rudy parvient malgré tout à obtenir de sa mère qu’elle lâche son assiette et vienne s’installer au piano : « Elle vacilla, se rattrapa au cadre, puis observa le clavier comme un obstacle qu’elle devait vaincre. Ses mains s’approchèrent, timides, puis s’enfoncèrent délicatement dans l’ivoire ». Et ce moment de grâce au piano décrit comment ce « fantôme de mère » retrouve peu à peu sa chair grâce à la musique.

 

flight-in-fog.jpg

Voir les commentaires

L’Enfant de Noé d’E. E. Schmitt (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

             J’ai évoqué hier le regard du narrateur de « l’Enfant de Noé » sur son environnement et en l’occurence sur son ami Rudy qui passe d’abord pour un simplet mais qui se révèle personnage attachant et sensible. Relisons d’abord ce paragraphe qui lui est consacré et qui n’est pas sans me rappeler ce que j’analyse dans « l’Organisme » !

 

De Rudy les enseignants n’obtenaient rien. Cancre parfait, pur, inaltérable, intègre, il leur opposait une résistance absolue. Il devenait le héros de cette autre guerre, celle des élèves contre les maîtres. Et les sanctions disciplinaires s’abattaient si souvent sur lui que sa tête hagarde et décoiffée s’auréolait d’un méruite supplémentaire : la palme du martyre.

 

                Un second extrait demain, particulièrement bouleversant puisqu’il se situe tout près du dénouement de l’aventure.

 

cheval.jpg

 

Voir les commentaires

L’Enfant de Noé d’E. E. Schmitt (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

              Il y a des livres qui touchent dès les premières pages. Par leurs thématiques, la proximité des images développées avec des sujets chers ou de préoccupations intellectuelles personnelles... C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de « l’Enfant de Noé » d’E. E Scmitt.

               Le roman qui commence m’a replongé dans une scène de film auquel j’avais consacré récemment un article : « la Rafle ». On y voit un petit enfant juif, au lendemain de la guerre, attendre dans une sorte de marché à ciel ouvert que ses parents probablement déportés veuillent bien « réapparaître » pour le sauver. C’est de cette façon que l’auteur met le lecteur en présence du malheureux dont l’histoire est alors racontée...

               Dans la période agitée qu’il traverse, l’enfant est confronté à des réalités dangereuses mais parvient tout de même à faire son éducation et à grandir aux côtés de personnages exceptionnels dont le père Pons qui le recueille dans son « orphelinat » et qui lui apprend à connaître et à apprécier son identité et son origine. Que veut dire être juif ? Quelle différence entre un Juif et un Chrétien ? Pourquoi un prêtre catholique se cache-t-il la nuit pour lire l’ancien Testament dans la crypte de la chapelle ? Comment un grand escogriffe qui passe pour un simplet peut-il du jour au lendemain briller dans ses études ? Pourquoi le visage de la mère de cet apparent « simplet » ne correspond-t-il pas au portrait qu’il en avait fait à son entourage ? Autant de questions parmi d’autres auxquelles l’auteur répond en gardant le point de vue naïf de l’enfant... Je reviens demain sur l’un de ces points de vue...

Bruy-re.jpg

Voir les commentaires