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Au revoir to Eric dans le John O'Groats journal

Publié le par Bertrand

Je profite de la pause entre les répétitions pour revenir sur les questions périphériques liées à l’Ecosse. Aujourd’hui, je voudrais insister (à l’aide d’un document que je viens de retrouver), tout particulièrement sur l’impression qui ne m’a jamais quitté quand j’ai vécu là-bas, d’appartenir à un milieu un peu clos, une petite communauté aux allures impénétrables au début… Et à laquelle il faut s’habituer, c’est vrai : je me souviens qu’aucun des assistants qui étaient en poste dans les Highlands en même temps que moi ne m’enviait d’habiter à Wick. Ils préféraient largement leur secteur, plus « cosmopolite » et « ouvert ». L’assistant qui m’avait précédé à Wick m’avais mis en garde : « si tu n’aimes pas les vieilles pierres et la vie sauvage, tu es foutu et tu déprimes au bout de quinze jours ! »… (Je ferai un article sur ces assistants de l’année 83.84 que j’ai beaucoup fréquentés lors de mes « sorties » vers le sud)
         Signe en tout cas de l’esprit « communautaire » du Caithness, à la date du 22 juin 1984, dans le journal hebdomadaire local, “John O’Groat’s Journal » qui paraît le vendredi, voilà le sympathique article qu’a rédigé un journaliste venu me rendre visite quelques jours plus tôt. Démarche spontanée qui m’avait touché… Je savais déjà, qu’un jour ou l’autre, je parviendrais à leur rendre hommage à tous, ces « gens de Caithness » comme l’indique la dédicace du livre. Et ils l’ont bien mérité...
 
         The young French assistant who has been teaching at Wick and Thurso High Schools this session is leaving the country tomorrow (Saturday). But Eric Bertrand from Lyons goes with some reluctance as he has very much enjoyed his stay in Caithness. Eric has made the best of his nine months in Scotland by travelling around at weekends –sometimes on his bicycle – visiting as far afield as Durness, Durham, Ireland and the Northern Isles.
In what spare time he had left he was writing a book about his travels in America last year when he clocked up an amazing 10.000 miles hitching all around the country. Before leaving Caithness, Eric has spent this week showing his parents around the county.
F1000019.JPGMy Old bike in the sky ! (Collection personnelle)

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un texte à double tranchant : créer l'illusion et approfondir les personnages

Publié le par Bertrand

Dernier volet consacré au commentaire lié à la répétition de mercredi. Je reviens donc sur le discours à double fond que tiennent Rebecca et Sheumas pour, à la suite de Ronald, créer l’illusion théâtrale : discours à double fond parce qu’à un premier niveau, ils aident le spectateur dans cette opération de transfert, et qu’à un second niveau, ils rejoignent les préoccupations majeures des personnages….
Rebecca : (Elle s’est assise en avant-scène) : Restez assis, rêvez un peu !... Vous êtes tout près de la falaise, vous laissez vos jambes pendre dans le vide. L’océan gronde à vos pieds. Vous renversez la tête. La nuit engloutit peu à peu le beau ciel du Caithness, cette région tellement plate après les monts du Sutherland qu’elle m’a toujours semblé se confondre avec la mer !
         Quand elle évoque la falaise, Rebecca revit la scène 4 dans laquelle elle était prête à se jeter dans le précipice … Quant à Sheumas, il se réjouit à l’avance de signaler qu’il y a du brouillard qui se lève (ainsi, il pourra plus facilement réaliser l’évasion vers les îles Orcades) Liliane fait justement remarquer qu’en même temps, pour odieux qu’il soit, il laisse à ce moment percer une certaine humanité…
Sheumas : Pas un bruit, comme la mer est calme ! Ecoutez comme on entend les vagues ! C’est encore plus beau, la Baie des Sinclair, quand le soleil se couche ou quand le brouillard monte de la mer tout comme ce soir. Les derniers oiseaux de mer crient dans les grottes. La magie du lieu ensorcelle les flots et les silhouettes des deux vieux châteaux se dressent au-dessus des falaises.
 
         En authentique Gaël, il ne cesse de célébrer son Ecosse natale. On retrouve cette tendance presque romantique chez lui à la fin de la pièce, quand, au moment de l’épilogue, il rejette la proposition de Lou de partir avec lui au Brésil pour vivre une vie de nabab !
 
Lou :Merci pour tout ce que tu as fait pour nous, Sheumas ! Fais attention à toi ! Désormais, tout est réglé ! Tu es bien sûr de ne pas vouloir nous accompagner au Brésil ?
Sheumas :Absolument sûr !J’aime trop mon Ecosse ! Je ne pourrais plus vivre loin d’elle ! Ici, je ne crains rien ! Je connais bien les lieux autour de Stromness et je sais où me cacher.
 
         Dernière remarque à propos de cet échange de répliques : un jeu de scène supplémentaire me vient à l’esprit. Quand elle lui parle, Lou lui tend une bourse bien remplie, ce qui matérialise davantage encore l’idée de corruption qui est attachée à son personnage et qui rappelle aussi au spectateur que, ce qui justifie le comportement de Ronald, c’est l’argent. A notre époque, l’ambition de Macbeth ne serait plus d’être roi mais d’être riche et de vivre en grand seigneur ! Et sa nouvelle lady Macbeth l’a aidé à abandonner la dignité de l’Art pour y préférer les plaisirs paresseux du luxe et de la consommation !

F1000003.JPGCaithness sky
 

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l'ouverture du "Ceilidh" et la tradition du prologue shakespearien

Publié le par Bertrand

La répétition à l’italienne est aussi l’occasion pour l’ensemble des comédiens contraints au silence d’écouter le texte des autres et peut être d’en découvrir des facettes. J’insisterai particulièrement sur la scène qui ouvre le Ceilidh. Nous sommes à l’acte 2, les comédiens de la pièce ont été campés (ils arrivent de Londres, leur troupe a déjà joué dans Macbeth, ils ont un parcours et des personnalités variés, de petites intrigues privées se sont nouées … Bref, le rôle de l’acte 1 consistait notamment à présenter cela.
         Le temps de jouer le Ceilidh est enfin venu pour l’auteur et metteur en scène. Dans la tradition shakespearienne, Ronald demande alors au spectateur de consentir à un effort d’imagination afin de servir l’illusion théâtrale : on sait qu’au théâtre, on est dans une salle, assis devant des acteurs sur une scène et que tout cela n’est pas vrai… Mais justement, puisque d’après Shakespeare, le théâtre est théâtre du monde, « all the world is a stage », une partie de sa magie c’est qu’il crée l’illusion du monde ! Ainsi, par exemple au début de la tragédie Henri V le chœur explique au spectateur qu’il doit participer au spectacle en se figurant la scène de la bataille d’Azincourt : voilà ce qu’il dit à peu près :
Pardonnez à ces indignes tréteaux d’avoir choisi un si grand sujet (…) Cette arène saura-t-elle figurer les grands champs de France (…) Laissez nous, zéros de cette vaste somme, stimuler votre imagination… Palliez à nos imperfections par la force de vos pensées (…) En tout cas, ne vous montrez pas intraitables avec notre pièce.
De la même façon, Ronald plante le décor de l’action :
 
Ronald :Par la magie du théâtre, je vous invite à vous transporter à seulement trois miles du centre ville, à l’Est de la pointe de Noss Head, en face des îles Orcades, à Girnigoe castle et Ackergill Tower…  
Après lui, Rebecca puis Sheumas prennent le relais… J’explique alors rapidement à Julie et à Renan que ce passage nécessaire pour assurer la transposition a une autre fonction : elle les amène à mieux cerner leurs personnages… La suite demain.
 

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Répétition du 8.03

Publié le par Bertrand

Retrouvailles après la pause des vacances. L’occasion de faire le point sur les principales lacunes : à savoir la maîtrise du texte et de la prononciation de certains mots. J’organise donc une « italienne » : nous mettons les chaises en rond et nous disons le texte. L’occasion aussi de repérer les failles : la mémoire de Ronan flanche sur l’acte 2, ainsi que celle d’Angeline. Ils ont injonction de revoir cela pour la prochaine fois. !
         Quelques mots écossais ont du mal à passer, nous y revenons à l’occasion de cette séance : « Ceilidh » qui s’articule KEYLI, « Loch » (qui veut dire « lac » en gaélique), LORH, « Glen » caractéristique du paysage écossais : une vallée entre deux montagnes… Beaucoup d’endroits célèbres associés au mot glen : Glencoe, Glenfinnan, Glenmore, Glen Affric…
         Il y a aussi dans la pièce de nombreuses références aux lieux : les îles Orcades, Hébrides, l’île d’Oban, l’île de Skye, Ullapool, Thurso, Wick, Stromness, le Sutherland, Inverness… Pour les aider, Liliane suggère aux comédiens de les repérer sur une carte. C’est surtout Sheumas qui évoque l’Ecosse. Rappelons-nous qu’il est originaire de l’île de Harris et qu’il porte le tartan Macleod. Je lui ai proposé de le seconder au moment où il s’adresse au public et annonce le début du spectacle : l’occasion de soulager un peu sa tirade et de la rendre plus fluide. Je serai en kilt (prochainement un article sur le kilt dans ce blog) et il sera plus naturel que je tienne à sa place un discours plus spécialisé sur l’Ecosse … Bref, j’ai transformé sa longue tirade en un simple dialogue entre deux animateurs de soirée et cela l’arrange bien…
         D’autres choses ont émergé de cette italienne, notamment en ce qui concerne surtout Sheumas et Rebecca, j’y reviens demain. Je clos cet article par la présentation du programme général des répétitions à venir. Moment important à cette période de l’année où il est nécessaire de mobiliser l’énergie !
 
Programme de répétitions du « Ceilidh »
 
-         Samedi 18.03 : 10h00 à 12h00. Dans le cadre de la journée « Portes ouvertes » du lycée : répétition en salle des Conseils ou en 105.
-         Mercredi 22.03 : 13h15 à 15h00. Moulin à Sons : acte 1.
-         Mercredi 29.03 : 13h15 à 15h00. Moulin à Sons : acte 2.
-         Mercredi 5 avril : 16h00 à 19h00. Moulin à Sons : répétition générale avec les musiciens et les danseuses.
-         Mardi 11 avril : 19h00 à 21h00. Moulin à Sons :filage.
-         Mercredi 12 avril : 13h30 à 16h30. Palais des Congrès : filage.
-         Mercredi 19 avril : 13h15 à 15h00. Moulin à Sons : mises au point diverses.
-         Mercredi 10 mai : 13h15 à 15h00. Moulin à Sons : mises au point diverses.
-         Mercredi 17 mai : 16h00 à 19h00. Moulin à Sons : répétition générale avec les musiciens et les danseuses.
-         Dimanche 21 mai : de 10h00 à 18h00. Palais des Congrès :Salon du Livre. Thème : « Paysages, paysages ». Présentation du Ceilidh. Possibilité de jouer quelques scènes.
-         Mardi 30 mai : dés 9h00. Rendez-vous au Palais des Congrès. Répétition et repérages lumières avec les techniciens. Pique-nique sur place et à 13h30 début de la représentation devant les lycéens. 20h30 : représentation tout public.
-         Vendredi 2 juin : 20h30. Moulins à Sons. Représentation tout public. Entrée gratuite. 
F1000022.JPG
Get ready !
 
 

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Les phoques en Caithness

Publié le par Bertrand

J’ai annoncé un article sur les phoques, complémentaire à l’article sur la faune sauvage, alors le voilà. Il ne concerne pas directement le Ceilidh, mais on a déjà insisté sur l’importance que joue la nature dans la genèse de l’œuvre. L’Ecosse a toujours été perçu comme un pays au romantisme échevelé, le pays d’Ossian, dont le sol est particulièrement propice à la tourmente et à la tragédie… J’ai déjà annoncé l’article sur le romantisme écossais, décidément, il est mûr ! Mais revenons à nos M……….anchons.
         J’ai, sur le tableau de bord de mon increvable 205 (laquelle peut se targuer d’avoir dans les roues trois allers-retours vers les Highlands !), une figurine argentée de phoque acheté un jour à Dunbar (sud d’Edinburgh) dans une vente de charité (« charity sale », très courant en Grande Bretagne…) C’est un talisman. Un porte-bonheur. Un grigri, comme on veut ! Les Ecossais assurent que croiser un phoque solitaire est signe de bon voyage. Voilà pourquoi il m’accompagne depuis 84.
         Je consacrais à la colonie de phoques de Staxigoe autant de mon temps qu’au château de Girnigoe : quand vous venez de Wick, et que vous vous dirigez vers le nord,  vous sortez de la ville, vous passez par un village du nom de Papigoe, une première crique ouverte sur le large, puis à Staxigoe, petit port. Juste au niveau du sentier qui longe la falaise, immobilisez-vous et scrutez les rochers, en principe, les phoques sont là. Généralement, la tête sort de l’eau. Quand il y a du soleil, ils se hissent sur les rochers et prennent des pauses. Le pelage luit.
         Surtout ne pas se faire remarquer. Approcher en marche commando. Se planquer derrière les anfractuosités. Cesser de respirer. Armer l’appareil photos. Ne pas se prendre les pieds dans les algues… Tel est le jeu auquel je me livrais souvent pour parvenir à les surprendre et sauter au milieu d’eux. Une fois seulement j’y suis parvenu, mais ils m’ont presque bousculé et l’appareil m’est tombé des mains. Les autres fois, ils m’ont toujours repéré avant que je n’arrive à les atteindre. Dés lors ils plongeaient et se mettaient à me surveiller, à me narguer aussi en faisant des cabrioles dans l’eau claire et fraîche.
         Il y a beaucoup de légendes sur les phoques dans la région. On raconte que ce sont des marins disparus en mer, des navigatrices ou des proscrites : à l’issue d’un sortilège, ils ont revêtu cette curieuse carapace qui les protège des rigueurs de la haute mer et du climat. Une simple rencontre avec une jeune femme ou un jeune homme suffirait à leur faire retrouver leur forme première. La nuit, ils (elles) donnent des rendez-vous dans les grottes ! Qu’on se le dise !
         Du reste, les grottes ont des noms engageants : par exemple, « la grotte de la Sirène » qu’évoque Diana pendant la dispute à propos de la bouteille (on sait qu’elle collectionne les bouteilles à la mer, ce qui lui donne un prétexte pour justifier son penchant pour la bouteille !)
 

Diana :Qui est-ce qui, depuis la nuit des temps, s’est crevée à ramasser les bouteilles des naufrageurs ? Vas-y voir un peu dans la Grotte de la Sirène, de l’autre côté de la Baie des Sinclair ! 

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