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gastronomie élémentaire écossaise

Publié le par Eric Bertrand

Traditionnellement dans la tragédie, on ne mange pas ! L’heure est trop grave et le théâtre classique nous l’a assez montré, ce qui justifie un peu l’impression d’ennui qu’ont proclamé haut et fort au XIX° siècle des gens comme Hugo et Dumas qui réclamaient de la vie, de la truculence et ne juraient que par Shakespeare et le mélange des genres !
              Il faut rendre à César ce qui appartient à César ! Honneur à Shakespeare ! On prend le temps de manger dans le Ceilidh ! Fish and chips, shortbread et fudge au programme ! C’est l’occasion d’évoquer un peu de gastronomie élémentaire… Le Fish and chips est mentionné dans la version théâtrale. Les deux autres éléments cités figurent en bonne place dans la version narrative.
              Au chapitre de cette « gastronomie élémentaire », je rajouterais bien ce qui nourrit mes « fantasmes » les plus grossiers quand je me rends en Ecosse, le « haggis », panse de brebis farcie, à savourer avec un accompagnement de rutabaga et de purée (quand je disais que c’était élémentaire !), les « oatcakes » ou biscuits à l’avoine (généralement accompagnés du fromage orange : le cheddar), le « smoked maquereau » au poivre, servi chez tous les poissonniers, excellent à consommer le midi mais difficile à digérer et enfin « le porridge », mais un porridge à l’eau salée, avec un nuage de lait froid… Dit comme cela, ça n’a pas l’air appétissant et pourtant, c’est bon ! Je l’ai découvert chez un vieux paysan du Caithness qui m’avait ouvert la porte de sa cuisine et m’avait invité, un matin, à me reconstituer après un bon coup de vent essuyé en vélo…
              Je reviens dans les jours qui viennent sur certains de ces produits qui occupent leur place dans le Ceilidh…
Oatcake with jam and cream.

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La tourbe

Publié le par Eric Bertrand

              Revenons après ce détour par la mise en scène à des généralités sur l’Ecosse. Parmi tous les ingrédients qui nourissent le récit et la pièce, la tourbe figure en bonne place. La tourbe est un combustible intimement attaché à l’Ecosse. S’il y a une odeur qui définit à mon sens l’hiver écossais, quand je rentrais le soir chez moi, du côté de la Glamis Road, c’est bien celle de la fumée de tourbe conjuguée à celle, moins noble, du fish and ships ! La tourbe ajoute à l’atmosphère une touche magique. Toutes les distilleries conviendront de la même chose : pour faire du bon whisky, il faut chauffer les cuves au feu de tourbe. Ainsi « l’eau de vie » : « uisge bhata » en gaélique prend-elle tout son arôme...
              La tourbe est toujours exploitée dans le nord de l’Ecosse, et les paysans s’attèlent encore à cette corvée dont l’origine remonte à des temps immémoriaux. Quand on circule dans les endroits les plus sauvages et les landes, on voit des tas de matière noire, découpée en rectangles. Parfois amassés près des fermes ou anciennes « croft houses » et parfois en plein champ, rangés dans des sacs.
              Dans le Caithness, prenez par exemple la route qui passe par les Camster Cairns (http://www.geo.ed.ac.uk/scotgaz/features/moregpix10097.html) et qui permet de rallier Thurso par l’intérieur. La tourbe est un bon combustible, plus noble et meilleur marché que le charbon. Elle produit une flamme violacée et jaune. Surtout, elle diffuse dans les maisons et dans le périmètre extérieur une odeur sucrée particulière qui agit sur celui qui la retrouve un peu à la manière de la madeleine de Proust. Mais une madeleine trempée non dans une tisane, mais dans le ciel immense et velouté du Caithness.
              C’est pourquoi dans le Ceilidh, Heather (personnage originaire du Caithness) s’exclame-t-elle, lorsqu’elle retrouve son pays :
 
« Quel plaisir de revoir le pays ! Quand je suis revenue là avec Ronald, ce n’était pas si bien et ça n’a duré que quelques heures! C’est le ciel des Highlands, c’est la lande du Caithness et les odeurs de tourbe qui voltigent dans l’air ! Je suis chez moi, Max ! »

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Les comédiens dans les classes

Publié le par Eric Bertrand

Outre le résumé et la question du théâtre dans le théâtre qu’il faut clarifier, je crois que les élèves ont tout intérêt à programmer lors de leurs passages dans les classes, des choses simples : choisir un extrait, le jouer après l’avoir situé. Pour le théâtre dans le théâtre, il est plus concret de présenter tout simplement les deux personnages que chacun d’eux joue et d’effectuer en même temps une petite analyse de personnalité. Quand j’ai écrit ce texte, je m’intéressais à la question de la distribution au sein d’une troupe : il y a donc une secrète correspondance entre ce que les comédiens sont dans le réel et ce qu’ils sont quand ils jouent (à la fois dans Macbeth et le Ceilidh) Voilà donc le genre de présentation qu’on peut proposer :
-         Je suis Ronald Mac Donald et je suis ambitieux, sadique, jouisseur. Un peu faible aussi, j’ai besoin des femmes pour me réaliser, comme mon personnage Macbeth, et je suis diabolique, comme Sinclair qui est un tyran sans pitié puisqu’il tue son fils.
-         Je suis Sheumas et je suis le bras droit de Ronald. Je suis fourbe, manipulateur, comme mon personnage de Georges, le frère de John. Je voudrais le pouvoir et, comme je le dis dans la pièce, « quand on veut le pouvoir, on avance masqué »
-         Je suis Max, je suis idéaliste et romantique. J’aime Heather et je suis sur mon petit nuage. Comme mon personnage dans le Ceilidh, John Sinclair, qui espérait renverser la tyrannie de son père et réaliser un idéal de justice avec sa fiancée Fiona, je suis tendre et naîf.
-         Je suis Heather. Je suis écossaise. J’ai accompagné Ronald dans sa visite du Caithness et j’ai eu une aventure amoureuse avec lui. Mais je découvre le grand amour aux côtés de Max qui joue, comme un fait exprès, mon fiancé dans la pièce. Je suis en effet Fiona, l’unique amour de John. Nous sommes un couple romantique.
-         Je suis Rebecca, je suis la maîtresse de Ronald et j’ai joué Lady Macbeth dans la pièce. Je suis, comme mon personnage, exaltée et j’ai de la démesure en moi. Notamment, je soupçonne Heather d’avoir couché avec Ronald, ce qui justifie ma jalousie et ma haine, d’autant que je n’ai pas de rôle dans la nouvelle pièce.
-         Nous sommes les trois sorcières et nous jouons les muses du Destin dans le Ceilidh après avoir joué les sorcières dans Macbeth. Nous disons simplement le texte qu’a écrit pour nous Ronald. Seule Lou sait que le texte est à double tranchant puisqu’elle est la maîtresse secrète de Ronald et qu’elle sait que toute la pièce est une sombre machination qui prépare le drame final.

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Interdisciplinarité pour préparer le ceilidh

Publié le par Eric Bertrand

A l’approche de la représentation, nous souhaitons réaliser comme à chaque fois que nous proposons un spectacle au lycée, une action de sensibilisation auprès des élèves, et ceci peut se faire de différentes façons. Le mieux serait de consacrer une séance à la pièce, à ses personnages et à quelques extraits… J’ai distribué des indications dans les casiers des collègues, mais cela ne suffit pas et il est beaucoup plus stimulant d’avoir l’occasion d’échanger de vive voix avec les gens les plus motivés. Inutile de forcer ceux qui n’y voient aucun intérêt.
              Certains collègues ont déjà proposé spontanément quelques idées d’exploitation. J’aime quand l’occasion réveille (chez des gens que je ne connais pas toujours bien) des passions enfouies… En tout cas, c’est très appréciable de ne pas se sentir seul face à la masse de travail à accomplir. Car, malgré son caractère plaisant, le Ceilidh n’est pas une pièce facile d’accès. C’était le cas du Tennessee, du Loft, de Gainsbourg, de Jack : à chaque fois, il s’est trouvé quelqu’un pour me faire remarquer qu’il « fallait s’accrocher ». La facilité ne m’intéresse pas. Il faut tirer les élèves vers le haut et exiger un effort de leur part.
              Une collègue de français a intégré le Ceilidh dans sa liste de bac en première L,  dans la catégorie : « écriture et réécriture » : en effet, le Ceilidh offre à la fois, une réécriture de Macbeth et une réécriture interne (de la pièce au récit). Je programme une intervention dans la classe en mai prochain.
              Une collègue d’anglais me propose également d’aborder à cette occasion le théâtre de Shakespeare, les thèmes, les personnages, les sorcières… Et puis les comédiens envisagent une tournée dans les classes (quelques pistes demain) Ainsi, en amont, la sensibilisation à la référence shakespearienne constitue une excellente approche du Ceilidh. Les élèves ne pourront être que réceptifs.

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Harpe, claquettes, éclairage : répétition du 5.04

Publié le par Eric Bertrand

              C’est la première « générale » avec les musiciens. Il y a de l’électricité dans l’air. Tous les musiciens ne sont pas là, certains sont égarés. Il y a cependant un peu de monde en salle et cela suffit à perturber les comédiens. Signes de cette « perturbation » : tendance aux bavardages, précipitation dans le débit du texte, trémolos dans la voix, sublimation des ressources (car le trac est aussi favorable au renouvellement et à la créativité de l’acteur… C’est  fonction de la personnalité…
              Autre complice, considérablement impliquée dans cette répétition : Arlette, qui dirige et qui place ses musiciens. Tout est écrit sur le papier, mais du papier à la scène, il y a plus d’une ligne ! Il faut transporter les instruments, les placer de façon à ce qu’ils livrent la plénitude de leurs sons. Et de façon à ce que les musiciens soient à leur aise pour laisser libre cours à leur talent. Et ils en ont, du talent... Magnifique moment de harpe accompagnée de deux flûtes sur un air de Clannad, surprise du ballet claquettes avec le groupe au complet (ce qui accentue l’effet festif caractéristique d’un ceilidh), rythme du groupe jazz qui exacerbe les sorcières.
              Dans cette approche de ce qui sera la réalisation du spectacle, la lumière manque cruellement. Julie, notamment, a livré toute sa mesure, mais à cause du contre-jour, on a perdu beaucoup de son jeu de scène. Je rencontre en mai le technicien afin de régler la question de l’éclairage. Il faut aussi que, d’ici là, je choisisse les diapos. Tout cela devrait fonctionner beaucoup mieux lors de la prochaine générale, le 17 mai. Comme nous nous le sommes dit à l’issue de la répétition, cette année,  nous avons le temps de voir arriver !
On the way to Orkney : the Old Man of Hoy. 
 

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