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« L’Organisme » : avis de lecteurs (5)

Publié le par Eric Bertrand

 

                 Voilà, ton roman se referme. J'ai beaucoup aimé, un peu déroutant au début, mais tu as ton style, le roman se dévore et la curiosité l'emportant sur l'emploi du temps.
J'ai particulièrement apprécié le passage avec l'inspection (quel vécu!! et autant de questions à se poser quant à l'éducation nationale !) Mon fils est prof dans un lycée technique et parfois je l'entendais, à travers certains passages, me raconter ses élèves !

                  Un autre passage ma fait tristement mourir de rire, celui des 17 plaies. Je te l'avais déjà expliqué peut être... Je travaille dans l'animation, je suis directrice d'un centre de loisirs élémentaire. A ce titre, j'encadre des enfants mais également à certains moments de jeunes adultes (18 ans) et je t'assure que, dans les deux cas, si j'avais un dixième de ton aisance et talent je pourrais écrire un livre aussi. Les réflexions, les odeurs.... elles ne sont encore que les prémices de ce qui attend les profs en secondaire... sauf que là, les parents sont quand même trés responsables de l'apprentissage de l'hygiène et du savoir vivre de leur "choupinou".

 

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Article du mois : Novlangue au collège

Publié le par Eric Bertrand

                      Langue SMS, orthographe saccagée, vocabulaire anémique, mots exsangues, les copies que je ramasse sont avalées par la marge... Et c’est sans citer les dérives de l’oral, la multiplication des mots passe-partout qui servent une politique du moindre effort : des exemples ? Le mot « genre » qui remplace tout autre adjectif, ou la formule conclusive « voilà » à la place de tout raisonnement construit, ou encore le cache-misères « en fait », (très populaire au moment de l’oral du bac !), cheville pour enfoncer un clou mou !

                      Consterné par le niveau de connaissances de mes élèves de collège et par la pauvreté de leur lexique, harcelé par leurs sous-entendus ou agressions directes : « vous parlez une autre langue que la nôtre », « vous parlez trop », « vous faites des phrases ! »... je m’interroge sur le discours oral et adopte un peu la position du linguiste qui observe un phénomène, et ce phénomène est l’appauvrissement de la langue.

                        J’explique à mes élèves que je ne suis pas là pour employer un français de cour de récréation, que mon rôle et mon combat, c’est de parler « la langue de Molière » et que si je ne le fais pas, je ne vois plus l’intérêt d’enseigner. Cette langue porte la belle pensée des grands textes, elle facilite l’accès à la Littérature à laquelle tôt ou tard ils auront à se colleter... Elle cherche surtout à traduire dans toute sa subtilité la variété de la Pensée.

                        Dans cette optique, je viens de relire le petit appendice que George Orwell ajoute à son célèbre roman d’anticipation « 1984 » : le novlangue... L’auteur explique comment cette nouvelle langue qui s’impose dans un avenir proche est un moyen supplémentaire que choisit un état totalitaire pour imposer une pensée unique, propice au musellement des libres penseurs. Pensée « désydratée » telle que je l’avais présentée dans « Loft History 2084 »...

                            Le fait que le choix des mots fût très restreint y aidait aussi. Comparé au nôtre, le vocabulaire novlangue était minuscule. On imaginait constamment de nouveaux moyens de le réduire. Il différait en vérité de presque tous les autres en ceci qu’il s’apppauvrissait chaque année au lieu de s’enrichir...

 

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« L’Organisme » : avis de lecteurs (4)

Publié le par Eric Bertrand

                 - Ce roman se lit facilement, quasiment d'une seule traite (quand on a le temps) et c'est pour moi le premier critère de qualité.

                 - L'écriture est très contemporaine (écrit à la première personne/ "je" du narrateur-personnage et point de vue interne (qui montre aussi que l'auteur est impliqué dans le sujet), présent de narration qui permet un rapprochement du lecteur avec le narrateur-personnage.

                  - Beaucoup de références à la littérature, à la mythologie et à la Bible avec les "plaies".

                 - C'est une excellente description du milieu des professeurs (l'inspecteur est un peu carricaturé.) : les surnoms des profs, les interrogations de chacun sur son métier, le comportement des élèves de collège...

                 - C'est aussi une excellente description des élèves de collège, du malaise des ados mais aussi de leur malaise dû au monde dans lequel eux-mêmes sont jetés.

                 - Page 13 et âge 90, il y a 2 jeux de miroirs : entre l'adolescent-insecte et ensuite entre le maître et son disciple. (Entre le livre et son auteur ? Entre le collège et la société ?)

               - L'idée de reprendre le thème de la métamorphose est bonne pour décrire le bouillonnement des adolescents, la transformation du corps... Mais le mot "organisme" me fait penser aussi à l'organisation humaine (collège, société...) et aussi au fascisme qui brise les corps, les individus... Le collège est une sorte d'arène dans laquelle on jette des adolescents en rupture et des profs en rupture aussi...

                - La fin est belle car le maître transmet un savoir à son disciple et l'idée de se suicider dans le stylo-encre de sa belle est géniale.

                - Cela dit, comme le dit Evelyne, ce livre ne donne pas envie d'être prof. On est loin du Cercle des poètes disparus.

 

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« L’Organisme » : avis de lecteurs (3)

Publié le par Eric Bertrand

               Un grand merci pour ton bouquin avec lequel j’ai passé un moment rare. Je ne l’ai pas lu, je l’ai gobé ! Cette histoire de cancre devenu cancrelat (ou cancre las) est bourrée d’enseignements (si j’ose dire par rapport à l’EN). Hier au soir, j’étais à une réunion de la Fcpe du collège où je suis parent élu (eh oui, je suis de ces emmerdeurs qui dénoncent le manque de communication et les absences des professeurs pour lesquelles personne n’est averti, ni avant, ni pendant).   

                 Cela ce passait au collège Bouvier de .... Je sortais de ‘’L’organisme’’ et j’ai eu un éclair : il y a une faute dans le nom de notre collège local : le ‘’s’’ devrait remplacer le ‘’v’’ ! Ca m’a fait rire tout seul et il a fallu que je m’explique. J’ai donc résumé ton œuvre et tu as déjà quelques lectrices en devenir. Quant au principal, il est arrivé après, mais je lui en parlerai à l’occasion. Ton bouquin, je le porte demain samedi à l’épouse de mon ami linguiste et prof de Français au collège de V. Elle travaille chez M. et elle m’aidera à organiser tes dédicaces. Je m’en occupe demain.

                 A bientôt pour des nouvelles de ton attaché de presse amateur, bénévole et volontaire. Tu le vaux bien comme dit l’Oréal.

 

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« L’Organisme » : avis de René Frégni

Publié le par Eric Bertrand

               Je vois Eric que tu poursuis le voyage. Je n’avais pas eu le temps d’ouvrir ton livre depuis quelques jours, des rencontres et des conférences un peu partout. J’ai donc commencé la lecture il y a une heure, je n’en suis qu’à la page 48.

                 Oui, je crois que tu as écouté mes conseils, il y a là plus de férocité, de brutalité et je dirais de vitalité. Tu dois un peu souffrir au collège et cela fortifie ton style, comme pour Giono après la guerre, plus de douleur donc plus d’humanité. On a dû te parler tellement de Kafka que je préfère citer Giono.

 

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