Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Laurent Fignon au seuil des grandes montagnes.

Publié le par Eric Bertrand

              Le bel et lumineux juillet est passé... Passé, en même temps que les tournesols et les maillots jaunes, jour après jour froissés sous le cycle de l’été. C’est déjà le tournant mélancolique après l’ultime sprint des Champs-Elysées. La voix de Fignon au commentaire, le souvenir de Greg Lemond et des 8 secondes... la vie comme étincelle... les derniers discours, les promesses et les perspectives pour l’année suivante et puis l’ensommeillement du lourd mois d’août.

              C’est le moment où « l’Aigle de Tolède » prend son envol, dans le soir qui tombe... le ciel est presque noir. « L’Extra-terrestre » plante son « Espada » tout au fond de la terre et « le Cannibale » s’endort près du torrent, le ventre repu... Les chemins sont désertés, le soleil a disparu. « Il Diavolo » enfonce sa fourche au sommet du Mont-Chauve. Le sol vibre de chaleur accumulée. L’écho s’emplit d’une rumeur sauvage, le « Champion hénissant » retourne à l’écurie du même pas que « le Texan ». L’air est lourd, il descend doucement dans la vallée. Au pied du col de l’Angoisse, « Le Blaireau » inspecte son terrier, et, au seuil de la grande traversée, « le Pirate » plante son drapeau noir...

                 Ils sont encore tous là, autour du sommet impitoyable. Ils savent qu’aujourd’hui le maillot jaune de Laurent Fignon s’est en allé avec le jour. Federico Bahamontès, Miguel Indurain, Eddy Merckx... Le vent se lève. Claudio Chiapucci, Ferdi Kubler, Lance Armstrong. La lune pointe... Bernard Hinault, Marco Pantani. La nuit tombe. Les ombres immenses décollent des montagnes et viennent alimenter les rêves.

 

vélo à Ré (18) [1600x1200]

 

Voir les commentaires

Article du mois : expo Bardot à Saint-Tropez, et Dieu créa la Femme.

Publié le par Eric Bertrand

                       Juillet 2010 (97) [1600x1200]

 

 

J’aime les mythes et ce que Roland Barthes appelle les « mythologies », à savoir ces figures contemporaines porteuses d’une nouveauté foudroyante à l’époque où il écrit son livre : la DS, le visage de Garbo, l’abbé Pierre…

                       Nous ne sommes plus en 60 (les fameuses « Mythologies » datent de 1957) mais, en ce temps de nostalgie qui caractérise notre époque, certaines figures ont augmenté leur potentiel de légende. Bardot incarne l’une de ces légendes… et l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 31 octobre prochain à Saint-Tropez va bien dans ce sens.

                       La cité de Saint-Tropez, sertie entre mer et montagne, est un berceau idéal pour entretenir le rêve. Les grands yachts qui oscillent sur tout l’horizon de la baie projettent leur part d’artifice et de paillettes sur le village enluminé. Village de l’origine, (en cela je lui trouve un côté Cefalu en Sicile, village de pêcheurs immortalisé dans « Cinema Paradiso »), village de carte postale, rusticité des façades, petits pans de murs qu’on croirait colorés par le pinceau d’un aquarelliste inspiré, silhouette bien tracée d’un décor de cinéma, « Et Dieu créa la femme »...

                       L’impertinence de BB dans les rues endormies à la fin des années 60… Le soleil de ses cheveux blonds qui brûle le goudron, qui fait passer l’électricité dans les masures, qui enflamme les mâts des bateaux. Saint-Tropez s’allume, Saint Tropez s’électrise, Saint-Tropez rayonne. Chargées à bloc par la chaleur de l’été, les cigales disjonctent aux limites du port, et les couleurs de la mer jettent un éclat bleu sur les mailles des ruelles où s’exhibent la pelote de fils dénudés de la Frime : yachts, bolides, motos, sappes…

                      « Coquillages et crustacés », « Harley Davidson », « Initials BB » et « Bonnie and Clyde »… Dans un coin des nombreux couloirs consacrés à l’Amazone de Saint-Tropez, buissonnent des vidéos où on peut la voir chanter et surtout bouger, car la chanson pour Bardot, c’est surtout le mouvement et l’ondulation.

                       Mais cette « ondulation » va au-delà des mots (choisis sensuels pour la chanteuse : « jusques en haut des cuisses elle est bottée et c’est comme un calice à sa beauté… »)... Elle va au-delà du corps torride : « quand je sens en chemin les trépidations de ma machine, il me monte des désirs dans le creux de mes reins… ».

                       Quand on la voit la chanter (ou quand on la fait chanter si on a la chance d’être son parolier), on la suit sur un horizon qu’elle grise sans jamais le culbuter. C’est en tout cas ce que dit le début de « Initials BB ». « Un soir que j’étais à me morfondre, dans quelque pub anglais du cœur de Londres, sirotant l’amour monstre de Pauwells me vint une vision dans l’eau de Selz ». C’est aussi ce que murmurent ces lèvres qui laissent à « la toile » le privilège de l’exploration des baisers. Les lèvres de Bardot sont un emblème… Dans un coin de la galerie, l’expo réserve un montage à partir de tous les « baisers de cinéma » qu’a inspirés l’actrice... Mastroïanni, Gabin, Trintignan, Samy Frey, Piccoli... Les ciseaux du prêtre de « Cinema Paradiso », pour préserver la moralité des enfants du village sicilien, auraient taillé toutes ces scènes… Pourtant, elles ne font que répéter, comme les photos, comme les chansons, comme les vidéos et tout le décor de la « Madrague », l’enthousiasme de la drague, du désir et de la trépidante jeunesse !

 

Juillet 2010 (108) [1600x1200]

Voir les commentaires

Ecrire en été...

Publié le par Eric Bertrand

                   Mes lecteurs le savent bien, c’est en été et un peu avant que je me lance dans des « chantiers littéraires », le reste du temps étant très « occupé » par les activités scolaires. J’en parlais dans l’ile de Ré un soir d’août avec un ami écrivain aujourd’hui retraité, la seule période qui me convienne véritablement (même si elle nie l’idée de « repos » qu’on associe traditionnellement aux vacances) est celle de l’été. Lui, au contraire, évoquait l’énergie qu’il puisait pour l’écriture dans la période de la rentrée, propice aux promenades méditatives et à l’apaisement. Je ne doute pas qu’en d’autres temps, j’adopterai ce point de vue… Mais à l’heure actuelle, je n’ai pas d’autre choix.

                    Quoi qu’il en soit, contrairement aux autres années (voir par exemple l’an dernier avec le travail sur « l’Organisme » et les articles du blog qui y ont été consacrés en septembre), je n’ai rien « édifié ». Sinon quelques articles qui sont de moindre ampleur. Pas de "rentrée littéraire" en ce qui me concerne donc !

Peut-être ai-je besoin de « me remettre » de la dernière publication, peut-être besoin de vraies vacances, peut-être besoin de vivre autrement l’été car d’importantes choses se sont déroulées dans cet intervalle…

                     Par ailleurs, je veux saisir une « idée » qui justifie un livre et ne pas céder à la facilité de simplement raconter une histoire.

 

Aix (2) [1600x1200]

 

 

 

Voir les commentaires

Draguer sur le ponton et dans « le Ponton »

Publié le par Eric Bertrand

                   C’est donc avec une sorte de jubilation que j’ai rejoint à la brasse, au large de la longue plage du Maurillon, l’un des pontons sur lesquels viennent se rencontrer, jouer, causer, plonger, sauter, discuter, draguer, rêver (que sais-je encore !...) les baigneurs en vacances !

                   Vus de loin, ce ponton ressemble comme tous les autres à une petite scène de théâtre dérivant au beau milieu de l’eau et quasi sans spectateurs ! C’est cette évidence qui m’avait, il y a quelques années, inspiré la pièce et le récit intitulés « le Ponton ». Comme sur la scène, c’est dans cet espace de fortune bien délimité que peuvent se nouer les fils d’une intrigue…Au théâtre, les choses ne traînent pas pour intéresser le spectateur ! C’est le lieu de la précipitation de l’action (sens étymologique du mot « drame » !) Dans le Ponton, bien évidemment, la fiction s’était emparée du motif au point d’en faire une histoire un peu surréaliste qui se serait tramée autour et à partir de ce lieu fondateur !

                     Mais les premiers moments de la pièce et du récit renvoyaient clairement à cette situation bien particulière liée à la réalité de n’importe quel ponton où peuvent se côtoyer, l’espace d’un instant, des gens tellement différents… Enfants, adolescents, adultes, vieillards, de toutes les nationalités et porteurs toutes les mentalités, discours, mots, expressions, gestes… Un ponton est un beau laboratoire !

 

Juillet 2010 (76) [1600x1200]

 

Voir les commentaires

Un ponton parmi tant d’autres

Publié le par Eric Bertrand

Juillet-2010--29---1600x1200-.JPG                Les pontons font sans doute partie du paysage balnéaire sur la côte d’azur pendant l’été mais c’est à chaque fois avec une sorte « d’émerveillement » que je les retrouve quand, par aventure, il m’arrive de me rendre de ce côté-ci du monde.

                A priori, la côte d’Azur n’est pas ma région de prédilection mais il faut avouer que pour la seconde année, des circonstances particulières nous ont amenés à nous y rendre. Et puis, quel dépaysement pour un Celte que certains avaient baptisé en leur temps « Erik le Viking ».

                Allées de palmiers, végétation luxuriante, eau bleue, cigales entêtantes (on a l’impression de mettre l’oreille sur une ligne à haute tension…) Et soleil triomphant dans un ciel sans nuages ! Quelque chose dans l’atmosphère générale et dans le décor qui me renvoie à certains de mes « lieux fondateurs » ! Palerme, Los Angelès, et plus particulièrement Beverly Hills car Toulon impose ce contraste évident entre la grande pauvreté et la grande richesse. J'y reviens demain à propos de l'un de mes livres intitulé "le Ponton"...

 

 

Voir les commentaires