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Après « L’Organisme » ?

Publié le par Eric Bertrand

                      A peine sorti le dernier roman, les lecteurs me posent la question du prochain... Il est difficile de répondre à l’heure actuelle et ceci pour deux raisons : c’est une loi biologique chez moi... quand un ouvrage sort, je continue de vivre autrement avec lui pour l’aider à faire son chemin, pour l’accompagner... Ce qu’on pourrait appeler : « le temps de la promo ».

                     D’autre part, j’éprouve une réelle difficulté à me « retirer » du champ d’investigation qu’a occupé le roman. C’est d’autant plus vrai que je sais à l’avance que le prochain habitera un univers diamétralement différent. Qu’on mesure l’écart entre « Pour y voir Clerc » et « L’Organisme », ou entre « Le Ponton » et « Le Ceilidh »...

                     Pour le prochain, plus de collège, plus d’ados, plus d’enseignement ! Mais quelque chose davantage en prise avec l’évasion !

 

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Les lieux de vente de « l’Organisme »

Publié le par Eric Bertrand

                La force d’Aléas, c’est la durée. A la différence des grands éditeurs chez qui les livres ont une durée de vie très limitée, Aléas laisse « grandir » ses auteurs et augmente progressivement leur visibilité chez les grands libraires ou ailleurs...

                Un lecteur souhaite-t-il « la Route, la Poussière et le sable », mon premier livre sorti en 1993, il suffit de le commander à l’éditeur. Les derniers exemplaires comme tous les autres patientent dans leurs piles.

                On n’en est pas là pour « l’Organisme » qui est en pleine ascension mais qui ne se trouvait qu’à la commande sur Price Minister ou chez Aléas. Il est maintenant répertorié sur le site de la FNAC pour ceux qui veulent passer par ce biais.

 

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Le Petit Prince revient

Publié le par Eric Bertrand

                   C’est le vœu du Principal, c’est aussi le vœu des collègues : le Petit Prince doit revenir ! Beaucoup de collègues n’ont pas eu l’occasion de voir le spectacle et certains ont travaillé le texte avec leurs élèves de sixièmes...

                   Il y aura donc une autre « tournée » mardi soir, entre 16 et 17 au collège. Les cours des élèves de 3° à 5° sont banalisés afin de libérer les salles de jeu. La troupe se met en place dès 16h00 et les professeurs suivront nos guides de salle en salle comme cela a été le cas la semaine dernière. Ils auront chacun en charge un groupe dont le nombre sera équivalent à celui des adultes.

                   Voici une belle occasion en tout cas de déployer un dispositif qui semble bien rôdé et qui devrait apporter encore des émotions et du plaisir.

 

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Heathcliff à la Cerisaie ! Une lecture de "la Cerisaie" de Tchékov.

Publié le par Eric Bertrand

                 L’intrigue de la pièce de Tchékov est relativement simple et en cela particulièrement touchante. Au début du printemps, une famille de nobles désargentés revient à la Cerisaie, domaine familial entretenu par leurs anciens moujiks qui se sont enrichis.

                  L’époque a changé et même si la maison est encore chargée de souvenirs et d’émotion, il faut songer à la vendre. En effet, plus rien n’est comme avant et un tel domaine ne peut survivre qu’à condition de muter à son tour... Les conseillers ne manquent pas : il faudrait vider les lieux, faire fructifier le capital, abattre les grands arbres, diviser le terrain en lots, construire un lotissement pour accueillir les touristes en vacances... Certains des ex-moujiks ont le sens des affaires et spéculent. C’est même l’un d’entre eux qui finit par acquérir le terrain et qui en tire une gloriole. A l’acte 4  il a des aris de heathcliff quand il prend sa revanche en acquérant les hautes de hurlevent :

« Ne vous moquez pas de moi ! Si mon père et mon grand-père sortaient de leur tombe et pouvaient voir ce qui se passe, comment leur Ernolaï, cet Ernolaï tant battu, illettré, qui allait nu-pieds l’hiver... Comment cet Ernolaï a acheté le domaine le plus beau du monde. J’ai acheté le domaine où mon père et mon grand-père ont été des esclaves... »

                  Plus pathétique, le plus vieux d’entre eux, Firs, préfère se laisser enfermer dans la propriété et se lamenter sur un monde évanoui. Il sort de sa cachette avant la tombée du rideau. On entend dehors les premiers coups de hache. Il n’appelle personne, il se souvient des maîtres, des usages. Il s’allonge...

                   C’est, de tous les personnages, celui qui intériorise le plus le tragique, les autres, les ex-propriétaires, ont fini par renoncer. Ils sont partis, libérés d’un poids, après avoir toutefois versé des larmes sur un passé définitivement enfui.  

 

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L’homme livre

Publié le par Eric Bertrand

                  Il y a un tableau d’Arcimboldo, le peintre du marché, intitulé « le bibliothécaire » et qui décrit un peu la métamorphose de l’homme en livre. Le corps de l’homme, ses épaules, sa nuque, sa tête se font envahir par les livres et ça ressemble à un champ de batailles, la souplesse et l’harmonie des traits réduites sous le canon des petits cubes empaginées.

                  N’y a-t-il pas pour un auteur, un lecteur, danger de devenir livre, de se métamorphoser (pour retrouver un terme qui me poursuit en ce moment !) Livre ou bousier, lequel des deux ? Que le lecteur se rassure, je ne couve pas une nouvelle forme de schizophrénie ! Je viens de relire les pages où Sartre, dans les Mots raconte son étrange relation aux livres et sa terreur de « sentir la colle et le champignon » et de « peser vingt kilos de papier ». Bouvard et pécuchet ?

                   La tentation de la littérature, quand on la pratique, c’est pour moi celle de l’écorniflage. Si j’écris, ce n’est pas pour lui dresser un sanctuaire, c’est pour l’agacer. Et de la même façon, quand je me laisse distraire par un coin de ciel bleu, un reflet sur la mer, la roue d’un vélo, le gravier d’un sentier, l’aile d’un avion dans un aéroport, je repense toujours à ce poème de Char qui, s’adressant à Rimbaud de façon posthume lui disait, « tu as bien fait de partir ! » ou à telle page de Cendrars qui indiquait qu’il n’y avait rien de plus grisant que la vie. L’écrivain consent difficilement à devenir un livre !

 

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