Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Article du mois : Novlangue au collège

Publié le par Eric Bertrand

                      Langue SMS, orthographe saccagée, vocabulaire anémique, mots exsangues, les copies que je ramasse sont avalées par la marge... Et c’est sans citer les dérives de l’oral, la multiplication des mots passe-partout qui servent une politique du moindre effort : des exemples ? Le mot « genre » qui remplace tout autre adjectif, ou la formule conclusive « voilà » à la place de tout raisonnement construit, ou encore le cache-misères « en fait », (très populaire au moment de l’oral du bac !), cheville pour enfoncer un clou mou !

                      Consterné par le niveau de connaissances de mes élèves de collège et par la pauvreté de leur lexique, harcelé par leurs sous-entendus ou agressions directes : « vous parlez une autre langue que la nôtre », « vous parlez trop », « vous faites des phrases ! »... je m’interroge sur le discours oral et adopte un peu la position du linguiste qui observe un phénomène, et ce phénomène est l’appauvrissement de la langue.

                        J’explique à mes élèves que je ne suis pas là pour employer un français de cour de récréation, que mon rôle et mon combat, c’est de parler « la langue de Molière » et que si je ne le fais pas, je ne vois plus l’intérêt d’enseigner. Cette langue porte la belle pensée des grands textes, elle facilite l’accès à la Littérature à laquelle tôt ou tard ils auront à se colleter... Elle cherche surtout à traduire dans toute sa subtilité la variété de la Pensée.

                        Dans cette optique, je viens de relire le petit appendice que George Orwell ajoute à son célèbre roman d’anticipation « 1984 » : le novlangue... L’auteur explique comment cette nouvelle langue qui s’impose dans un avenir proche est un moyen supplémentaire que choisit un état totalitaire pour imposer une pensée unique, propice au musellement des libres penseurs. Pensée « désydratée » telle que je l’avais présentée dans « Loft History 2084 »...

                            Le fait que le choix des mots fût très restreint y aidait aussi. Comparé au nôtre, le vocabulaire novlangue était minuscule. On imaginait constamment de nouveaux moyens de le réduire. Il différait en vérité de presque tous les autres en ceci qu’il s’apppauvrissait chaque année au lieu de s’enrichir...

 

Bruy-re.jpg

 

Voir les commentaires

« L’Organisme » : avis de lecteurs (4)

Publié le par Eric Bertrand

                 - Ce roman se lit facilement, quasiment d'une seule traite (quand on a le temps) et c'est pour moi le premier critère de qualité.

                 - L'écriture est très contemporaine (écrit à la première personne/ "je" du narrateur-personnage et point de vue interne (qui montre aussi que l'auteur est impliqué dans le sujet), présent de narration qui permet un rapprochement du lecteur avec le narrateur-personnage.

                  - Beaucoup de références à la littérature, à la mythologie et à la Bible avec les "plaies".

                 - C'est une excellente description du milieu des professeurs (l'inspecteur est un peu carricaturé.) : les surnoms des profs, les interrogations de chacun sur son métier, le comportement des élèves de collège...

                 - C'est aussi une excellente description des élèves de collège, du malaise des ados mais aussi de leur malaise dû au monde dans lequel eux-mêmes sont jetés.

                 - Page 13 et âge 90, il y a 2 jeux de miroirs : entre l'adolescent-insecte et ensuite entre le maître et son disciple. (Entre le livre et son auteur ? Entre le collège et la société ?)

               - L'idée de reprendre le thème de la métamorphose est bonne pour décrire le bouillonnement des adolescents, la transformation du corps... Mais le mot "organisme" me fait penser aussi à l'organisation humaine (collège, société...) et aussi au fascisme qui brise les corps, les individus... Le collège est une sorte d'arène dans laquelle on jette des adolescents en rupture et des profs en rupture aussi...

                - La fin est belle car le maître transmet un savoir à son disciple et l'idée de se suicider dans le stylo-encre de sa belle est géniale.

                - Cela dit, comme le dit Evelyne, ce livre ne donne pas envie d'être prof. On est loin du Cercle des poètes disparus.

 

Beef-in-fog.jpg

 

 

 

Voir les commentaires

« L’Organisme » : avis de lecteurs (3)

Publié le par Eric Bertrand

               Un grand merci pour ton bouquin avec lequel j’ai passé un moment rare. Je ne l’ai pas lu, je l’ai gobé ! Cette histoire de cancre devenu cancrelat (ou cancre las) est bourrée d’enseignements (si j’ose dire par rapport à l’EN). Hier au soir, j’étais à une réunion de la Fcpe du collège où je suis parent élu (eh oui, je suis de ces emmerdeurs qui dénoncent le manque de communication et les absences des professeurs pour lesquelles personne n’est averti, ni avant, ni pendant).   

                 Cela ce passait au collège Bouvier de .... Je sortais de ‘’L’organisme’’ et j’ai eu un éclair : il y a une faute dans le nom de notre collège local : le ‘’s’’ devrait remplacer le ‘’v’’ ! Ca m’a fait rire tout seul et il a fallu que je m’explique. J’ai donc résumé ton œuvre et tu as déjà quelques lectrices en devenir. Quant au principal, il est arrivé après, mais je lui en parlerai à l’occasion. Ton bouquin, je le porte demain samedi à l’épouse de mon ami linguiste et prof de Français au collège de V. Elle travaille chez M. et elle m’aidera à organiser tes dédicaces. Je m’en occupe demain.

                 A bientôt pour des nouvelles de ton attaché de presse amateur, bénévole et volontaire. Tu le vaux bien comme dit l’Oréal.

 

effetsoleil.jpg

Voir les commentaires

« L’Organisme » : avis de René Frégni

Publié le par Eric Bertrand

               Je vois Eric que tu poursuis le voyage. Je n’avais pas eu le temps d’ouvrir ton livre depuis quelques jours, des rencontres et des conférences un peu partout. J’ai donc commencé la lecture il y a une heure, je n’en suis qu’à la page 48.

                 Oui, je crois que tu as écouté mes conseils, il y a là plus de férocité, de brutalité et je dirais de vitalité. Tu dois un peu souffrir au collège et cela fortifie ton style, comme pour Giono après la guerre, plus de douleur donc plus d’humanité. On a dû te parler tellement de Kafka que je préfère citer Giono.

 

Burns.jpg

 

Voir les commentaires

« L’Organisme » : avis d’un universitaire, spécialisé dans les sciences de l’éducation

Publié le par Eric Bertrand

                  Je viens de lire « l’Organisme » avec curiosité (le titre !) et j’ai pris beaucoup de plaisir à sa lecture. Je suis revenu à mon enfance. 

                 « Tout homme qui a été professeur garde en lui quelque chose de l’écolier ». Quelle belle citation de Vigny ! Vous avez l’art de vous mettre dans la peau des collégiens. C’est une qualité rare ! J’ai bien aimé l’idée de « l’Organisme », de la « métamorphose » et votre description subtile et profonde du malaise de certains adolescents et enseignants fragiles dans cet univers de l’école.

                  J’apprécie votre humour et votre recul et votre culture littéraire qui enrichit encore votre description et votre analyse. Je pense que vous devriez envoyer ce livre aux « Cahiers pédagogiques » pour qu’un rédacteur en fasse une présentation dans la rubrique : « Des livres pour nous ». Il faudrait que beaucoup d’enseignants le lisent. Dites-leur que c’est moi qui vous ai conseillé cette démarche.

                   Pour ce qui me concerne, je parlerai de votre livre aux enseignants que je rencontre. Continuez à écrire !

 

Bridge.jpg

Voir les commentaires