C’est une annéee charnière :
Nolwenn quitte le collège et s’en va au lycée. Yann quitte l’école primaire et entre
au collège... De nombreux collègues devenus des amis prennent leur retraite et quittent le collège ! J’espérais que dans une telle
configuration, mon heure était venue de rejoindre le lycée après l’avoir déserté depuis trois ans révolus !
Raté ! Encore raté pour cette année... C’est partie remise me souffle
mon instinct de préservation ! J’avais pourtant bien envie de retrouver le vrai frisson de la Littérature que je fréquentais beaucoup
plus aisément lorsque je préparais mes élèves au bac de français. Sentiment de déception qui s’exprime assez bien dans ces lignes de « l’Organisme » et que je laisse au lecteur le soin
de décrypter :
Le pire, vois-tu, c’est qu’au moment où, à force d’énergie, on parvient enfin à
« éduquer » nos élèves, à « filtrer la crasse », ils quittent le collège. Les meilleurs d’entre eux viennent alors te voir, comme si de rien n’était, avec un large
sourire et ils te disent :
« Merci, monsieur, nous avons vraiment aimé tout ce que vous nous avez
appris… »
Tu bredouilles quelque chose. Tu les laisses s’en aller. Tu les regardes avec
un sourire gêné. Eux, ils volent vers d’autres horizons. Toi, tu restes là, imbécile, « entre les murs », dans le caniveau. Tu n’as plus qu’à recommencer à zéro avec la nouvelle fournée
des vermisseaux, infestés des mêmes défauts, roulés dans « la même crotte » !...