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"Un bon bifteck" pour un Rocky en bout de course

Publié le par Eric Bertrand

                   Ce n’est pas une surprise pour qui connaît un peu l’œuvre de Jack London, le muscle et le poing ponctuent les récits et leur donnent sa « respiration »… Dans le cadre d’une réflexion sur la boxe que je prépare pour l’année scolaire, je relisais la palpitante nouvelle intitulée « un bon bifteck » extraite du recueil « Dieu ricane ».

                   Elle raconte le dernier combat de Tom King, vieux boxeur affamé et contraint de relever le défi d’un combat contre un jeune, Sandel, étoile montante de la boxe. Avec une grande maîtrise, l’écrivain raconte en détails le combat qui se déroule sur une durée de onze rounds. Il renseigne le lecteur sur les coups portés, sur l’ambiance autour du ring et sur l’évolution du combat. Bien évidemment, le jeune lion porte des coups redoublés à son adversaire et ce dernier encaisse sans pratiquement réagir dans les quinze premières minutes.

                   A la vérité, il laisse « passer l’orage » et compte sur son expérience et sur son sens de l’économie pour « durer » et rapporter la mise : une somme qui lui permettra d’acheter son bifteck (car depuis qu'il ne boxe plus, il crève de faim...) Au-delà du tourbillon du combat qui finit par osciller au fur et à mesure que les minutes passent et que l’équilibre entre les forces semble revenir, Jack London offre au lecteur une véritable méditation sur les forces de vie et les forces de mort. Il oppose de façon très allégorique le corps de la Jeunesse au corps de la Vieillesse et il évalue ce qui permet à l’homme de ne pas s’avouer vaincu et de résister au temps qui passe. Le véritable adversaire de Tom c’est le Temps et le bifteck en arrière-fond fournit l’image insaisissable, évanescente d’une nourriture de Jouvence !

 

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Le Petit Prince en grand artificier sur le port de la Flotte (3/3)

Publié le par Eric Bertrand

                   

 

 

 

Eté (partie 2) (16) [1600x1200]

                    Ce spectacle n’est pas un banal « sons et lumières », un feu d’artifices de plus… Certes, l’artificier offre un canon dans le genre, jouant avec les bouquets de lumière, les éclats et les crépitements, les obus de feu, les lasers bleus, rouges, pourpres, rasant la pierre des quais et le bas des façades… Mais l’essentiel se joue dans ce foudroyant dialogue avec le texte et l’imaginaire du public que distillent les surprises du feu d’artifices.

                    Tout rejaillit de la mémoire. Le texte du « Petit Prince » éclate de fuséees brillantes, retrouve des personnages « explosifs » : l’homme pressé, le business man, le géographe, l’allumeur de réverbères, la rose et le serpent. Il rappelle la relation avec la rose (taches de lumière rouge et persistante dans le ciel), il parle de la mort ou simplement de la disparition (montée au ciel du petit prince dans un bouquet final majestueux…)

                    Et surtout, l’œuvre de Saint-Exupéry offre un véritable spectacle dont la nature est similaire à celle des feux d’artifices… Le feu d’artifice est, en soi, un événement festif, qui renvoie à l’émerveillement de l’enfance, à la quête éperdue d’un monde flamboyant, situé au-dessus des réalités contingentes, dans un pays fabuleux où s’allument à la fois tous les réverbères de la terre et où le soleil se lève au moins quarante six mille fois !

 

Eté (partie 2) (23) [1600x1200]

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Le Petit Prince en grand artificier sur le port de la Flotte (2/3)

Publié le par Eric Bertrand

                 Ete--partie-2---12---1600x1200-.JPGLe port de la Flotte noir de monde et la mer déserte. A peine quelques voiles dans le soir qui tombe et la majorité des bateaux à quai pour être aux premières loges dans ce théâtre d’Aviateurs dessinateurs. L’avion du Petit Prince est posé tout au bout du quai, sur le bord du flot comme une caravelle en attente de grands voyages. C’est précisément à cet endroit qu’aura lieu, quand la nuit sera tombée, l’embrasement qui fera naître le Petit Prince en même temps que le feu d’artifice.

                  En attendant, il faut patienter dès 19 heures, parfois plus tôt pour ceux qui veulent les meilleures places, et voir paisiblement le soleil disparaître, l’ombre envahir les façades, les lumières s’allumer une à une dans le décor du vieux port où les musiciens de « l’harmonie » de La Flotte tâchent d’accompagner l’impatience des spectateurs.

                  La nuit tombe et c’est le rideau qui se lève : le visage de Saint-Exupéry, aviateur metteur en scène, est projeté sur l’une des façades et le délire de feux peut commencer. L’avion est l’engin du Rêve, entouré de grandes torches incandescentes et la musique alterne avec la voix de Pierre Arditi qui dit le fameux texte… « Dessine-moi un mouton… » Un mouton et tout le reste… Le ciel est déjà devenu un immense papier Canson.

 

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Le Petit Prince en grand artificier sur le port de la Flotte (1/3)

Publié le par Eric Bertrand

                Comme l’indiquait rapidement ce blog qui suivait les petits événements de l’été, j’ai pu assister « in extremis » au spectacle sons et lumières intitulé « le Petit Prince » qui se déroulait sur le port de la Flotte en Ré le 9 août dernier.

                Non seulement j’avais très envie de voir ce spectacle mais aussi, étant donné le travail réalisé cette année autour de l’œuvre de Saint-Exupéry, je sentais « l’obligation morale » de m’y rendre!

                Je n’ai pas été décu ! Loin de là… Et j’ai écrit cet article, envoyé également à la mairie en signe de reconnaissance... Et j'ai eu la surprise de le découvrir sur "le Phare de Ré" de cette semaine. Je le propose en deux parties à partir de demain sur ce blog.  

 

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Un astre qui passe et quatre murs et un toit

Publié le par Eric Bertrand

Eté 2010 (205) [1600x1200]

 

                  Quand elle est sortie, la chanson de Bénabar « Quatre murs et un toit » m’avait tout de suite plu parce qu’elle me paraissait réussie et parce qu’elle avait des allures de fable : l’histoire d’une maison qui accueille diverses générations et qui finit par être vendue… Beaucoup de gens se projettent dans cette situation !

                  Aujourd’hui que mes parents vendent la maison familiale dans laquelle nous nous sommes régulièrement réunis au fil de longues années, elle prend une signification encore plus personnelle, notamment dans son dernier couplet.

                  Quand les acheteurs sont repartis après leur deuxième visite, le soir tombait. Les rayons du soleil mordoraient les vieux murs et découpaient les silhouettes des arbres devenus grands et presque chenus pour certains. Puis la nuit est venue. Ma fille, fatiguée comme les autres par les conversations, m’a entraîné vers la fenêtre et a attiré mon attention sur l’éclat particulier de la lune.

                   L’astre semblait échanger son propre rayonnement avec celui de cette maison qui poursuivait son voyage comme un astre décroché que nous allions soudain abandonner. Il emportait avec lui des étés et des Noëls lumineux, des journées en kyrielles, des visages et des silhouettes évanouis, des jappements de chien, des éclats de voix, des jaillissements d’eau de piscine, des départs, des larmes, des voyages et des retours aux sources.

                  C’est un peu comme dans ces « Empires de la lune » du baroque Cyrano de Bergerac où l’on voit les voyageurs s’éveiller à la conscience de la précarité des affaires humaines et poser un pied plus inquiet sur ce que le vieux Montaigne appelle « une branloire perenne », la Terre ! Nos destinées dessinent des filaments entre nos astres favoris : un pays, une région, un village, une maison, une femme, des enfants…

 

 

 

 

 

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