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Connaissez-vous Claude Hagège ?

Publié le par Eric Bertrand

                      Je fais souvent référence dans ce blog au travail du linguiste Claude Hagège dont je lis en ce moment les articles passionnants du « Dictionnaire amoureux des langues ». Non seulement cet auteur connaît son sujet (c’est le moins qu’on puisse dire !), mais aussi ce qui me fascine en lui c’est la force d’un vécu qui nourrit son érudition et la somme de ses expériences dans des contrées reculées du monde où des langues sont en voie d’extinction...

                      Ainsi, Claude Hagège m’apparaît comme un brillant ethnologue, et j’aime la façon dont il analyse sa pratique et dont il manie le verbe, avec ce détachement érudit et cette élégance vieille France. Que le lecteur écoute par exemple son discours au musée du Quai Branly :

http://www.youtube.com/watch?v=5ZLN6hAov4k

ou encore à propos de l’ouvrage que je cite au début de cet article :

http://www.youtube.com/watch?v=RFEsCHlySHQ

http://www.youtube.com/watch?v=fm6X1Ky2J5A

 

 

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"Allez les Bleus !" au collège...

Publié le par Eric Bertrand

Il est des moments où la Littérature colle à la réalité... Dans « L’Organisme » il y a une partie consacré aux formes d’indiscipline au collège. Elle a été écrite l’an dernier, bien avant la déroute des Bleus... Son titre : « les 17 plaies »... Voici l’une de ces « 17 plaies », elle est d’une cinglante vérité car, aujourd’hui dans les couloirs et dans les classes, ça parlait encore plus de foot !

 

Plaie VI

Parler à tort et à travers du foot

« Allez les Bleus !... »

 

 

Jérémy Chanteclerc n’a pas encore la crête sur le crâne et il monte volontiers sur ses ergots, mais ce matin, il a franchi un seuil dans le poulailler… Le poitrail bombé, il a enfilé un tee-shirt Coq Sportif flambant neuf et il agite les rangs à propos du match de la veille au soir.

« On n’a pas été très bons ! Mais il nous reste une petite chance ! Faut nous soutenir ! ».

Dans l’espace du couloir, au moment d’entrer en salle, l’œil préoccupé, il cultive sa dignité et campe sur ses deux pieds, comme sur sa position, avec des airs d’arbitre. L’heure a sonné, il consent à laisser passer tous les autres. Il n’a pas de sifflet entre les dents, mais il geint par intermittences.

Pendant la première partie du cours, il a la tête dans les poings. Télécharge le film du match. Son pied sous le bureau tire dans la lucarne de la mémoire. Son doigt tambourine sur le bois du bureau.

Puis tout ça finit par lui monter à la tête ! Il s’agite, le cahier est une banderole, le stylo un carton jaune. Coup d’épaule à gauche, coup d’épaule à droite, coup de sifflet. Boulette de papier, shoot ! Premier avertissement :

« Qui a osé ? ».

C’est de notoriété publique, Chanteclerc excelle dans l’art du dribble !

J’ai le poil dressé et une montée d’adrénaline ! Je fais quoi ? Je botte en touche ou je tire au but ?

« Monsieur, vous avez vu le match d’hier ? ».

Il dit ça avec son air piqué à la Domenech.

« Chanteclerc, j’en ai assez que vous nous ennuyiez avec ça ! Vous descendez chez les surveillants et je remplis un rapport ! »

Doménech ne se contrôle plus ! Il saisit son « cartable », une poche sur lequel il a peint un liseré bleu blanc rouge. La salle est un stade. Il souffle, cherche l’inspiration, la trouve sur le drapeau de ses baskets, lève les bras au ciel, incline le torse et quitte le terrain en petite foulée sous les rires et les bravos des supporters. Je le rappelle :

« Quand vous aurez fini de vous donner en spectacle !... »

Je finis de rédiger le rapport et demande au délégué de l’accompagner.

« Monsieur, vous n’avez qu’à écrire : « Allez les Bleus ! » sur votre rapport !... Qu’au moins, ça serve à quelque chose ! » 

 

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Podomètre à Loudéac

Publié le par Eric Bertrand

                 C’est avec plaisir que j’ai accueilli l’info podomètre diffusée la semaine dernière sur de nombreux médias : pour une fois, la petite ville de Loudéac, située dans ce centre Bretagne dans lequel j’ai passé d’heureuses années, fait parler d’elle...

                  A l’initiative d’un employé de la mairie, sportif émérite dont je me souviens, la ville a distribué aux Loudéaciens volontaires un podomètre dans le but de calculer la distance que chacun parcourt tout au long de ses activités journalières. Belle initiative qui rappelle aussi (en ce temps où l’on court autrement qu’à pied...) l’importance de ce moyen élémentaire de locomotion, qui délasse à la fois le corps et l’esprit et qui facilite l’épanouissement de l’individu.

                   Est-il besoin de rappeler la mémoire (et l’empreinte !) des penseurs ou des poètes qui vantaient les mérites de la marche à pied ? Dans cette perspective, il aurait fallu équiper du podomètre loudéacien par exemple Aristote et ses péripatétiens pour les voir remonter l’espace qui sépare le Boulevard de la gare de la Rue Eon de l’Etoile (devant le lycée Fulgence Bienvenue).

                    Et après eux, l’ami Jean-Jacques qui serait allègrement monté jusqu’à la colline de Saint Guillaume pour vanter, juste avant « le Trail des Cerfs », les mérites de l’homme sauvage. Et j’imagine bien aussi là-haut, en lisière de forêt de Loudéac, un Arthur buissonnier, partant, le pas vigoureux, également équipé de son podomètre, « fouler l’herbe menue ».

 

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Novlangue au collège

Publié le par Eric Bertrand

                     Langue SMS, orthographe saccagée, vocabulaire anémique, mots exsangues, les copies que je ramasse sont avalées par la marge... Et c’est sans citer les dérives de l’oral, la multiplication des mots passe-partout qui servent une politique du moindre effort : des exemples ? Le mot « genre » qui remplace tout autre adjectif, ou la formule conclusive « voilà » à la place de tout raisonnement construit, ou encore le cache-misères « en fait », (très populaire au moment de l’oral du bac !), cheville pour enfoncer un clou mou !

                      Consterné par le niveau de connaissances de mes élèves de collège et par la pauvreté de leur lexique, harcelé par leurs sous-entendus ou agressions directes : « vous parlez une autre langue que la nôtre », « vous parlez trop », « vous faites des phrases ! »... je m’interroge sur le discours oral et adopte un peu la position du linguiste qui observe un phénomène, et ce phénomène est l’appauvrissement de la langue.

                        J’explique à mes élèves que je ne suis pas là pour employer un français de cour de récréation, que mon rôle et mon combat, c’est de parler « la langue de Molière » et que si je ne le fais pas, je ne vois plus l’intérêt d’enseigner. Cette langue porte la belle pensée des grands textes, elle facilite l’accès à la Littérature à laquelle tôt ou tard ils auront à se colleter... Elle cherche surtout à traduire dans toute sa subtilité la variété de la Pensée.

                        Dans cette optique, je viens de relire le petit appendice que George Orwell ajoute à son célèbre roman d’anticipation « 1984 » : le novlangue... L’auteur explique comment cette nouvelle langue qui s’impose dans un avenir proche est un moyen supplémentaire que choisit un état totalitaire pour imposer une pensée unique, propice au musellement des libres penseurs. Pensée « désydratée » telle que je l’avais présentée dans « Loft History 2084 »...

                            Le fait que le choix des mots fût très restreint y aidait aussi. Comparé au nôtre, le vocabulaire novlangue était minuscule. On imaginait constamment de nouveaux moyens de le réduire. Il différait en vérité de presque tous les autres en ceci qu’il s’apppauvrissait chaque année au lieu de s’enrichir...

 

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Petit Prince : un prolongement en privé...

Publié le par Eric Bertrand

              Je sais qu’il y a parmi les lecteurs de ce blog des amateurs de spectacles scolaires et de réadaptation d’œuvres célèbres, transpositions dans lesquelles je me suis spécialisé depuis l’époque de « la Tête de chou » ou de « Jack on the route » par le biais d’ateliers d’écriture ou de réflexion personnelle.

                Pour ceux-là donc, je signale qu’il est possible de me demander une version « you tube » privée qui présente le spectacle dans son intégralité en 3 épisodes plus bonus. Me contacter en privé le cas échéant !

 

Le Petit Prince (65) [1600x1200]

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