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A la rencontre de jean-Pierre Vernant

Publié le par Eric Bertrand

              Je consacrais il y a deux jours un article à Claude hagège, et dans ce sillage, je propose au lecteur un second hommage à quelqu’un d’autre qui a compté pour moi, dans mes lectures et dans ma réflexion intellectuelle : Jean-Pierre Vernant.

             Mon fils est un amateur de mythologie grecque et j’en profite pour redécouvrir avec lui un livre que le maitre helléniste avait écrit pour son petit fils « les Mythes racontés »... Ce que j’apprécie avant tout chez ce spécialiste, ancien professeur au Collège de France, c’est sa capacité à raconter et à expliquer, avec des mots simples, des éléments qui renvoient à la plus haute philosophie.

             Jean-Pierre Vernant est passionnant à lire mais aussi passionnant à écouter et c’est d’ailleurs sur une émission diffusée sur France Culture que je l’ai entendu s’exprimer à propos du mythe de Prométhée. En outre, l’homme est profondément touchant, ami de René Char et ancien résistant il sait aussi trouver les mots pour réfléchir sur le fait de dire « non » !

 

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Départ en retraite d’une collègue

Publié le par Eric Bertrand

                   C’était hier le pot de fin d’année et le départ à la retraite de nombreux bons collègues que nous avons pu célébrer avec émotion. J’ai pour ma part pris du plaisir à rédiger le petit mot suivant pour honorer ma collègue de lettres...

 

                   Le saviez-vous ? B. part en retraite ! Qu’elle veuille bien m’excuser cette confidence que je m’autorise à rendre publique, quand je pense à ce départ, me vient aussitôt à l’esprit le titre du beau roman de Julien Gracq qui est, le saviez-vous, l’un de ses petits chouchous littéraires, « un Balcon en forêt »... En littérature, c’est pas comme en classe, on a le droit d’avoir ses chouchous !

                  « Un Balcon en forêt » donc ... Quel beau symbole pour dire un départ en retraite ! Dans un environnement où le silence est un aliment que seuls savent goûter ceux qui en connaissent la saveur, B. est, comme l’un des rares personnages féminin du roman, un ange qui passe... Or, en Poitou-Charente, à Cognac comme à La Rochelle, c’est appréciable, nous avons droit à notre « part des anges »

                   Après avoir tiré la fine fleur... de sel... des élèves de l’île de Ré, elle s’est, tout au long de ces années au collège Beauregard (14 ans... comme le temps passe Brigitte !) dévouée à ces chères « têtes blondes » (qui ne sont, rappelons-le, pas tous des anges !)

                    Elle leur a ouvert avec patience et clairvoyance, les ailes d’un horizon pas forcément bouché... Et dans le rite sacré qu’implique tout passage (même s’il n’est pas en classe supérieure !) avec le rayonnement intérieur qui est le sien et qu’elle tâche de nous transmettre à présent à nous autres ses collègues, elle passe aujourd’hui le témoin.

                    Merci B. ! C’est donc pour toi aujourd’hui l’instant du « Balcon en forêt » !... Au seuil de cette retraite brillamment méritée, nous te laissons monter la voix et lever le regard vers d’autres chorales, moins discordantes que celle au milieu de laquelle, c’est promis, nous continuerons à nous agiter afin de faire de notre mieux... chorales où les anges n’ont ni casquettes, ni carnets de correspondance, ni rapports d’incidents !

                      Tu comprendras à quel point ces quelques lignes de Julien Gracq, (encore lui !) prennent à nos yeux une valeur métaphorique : elles diront mieux que moi tout le sens d’une retraite qui, n’en doutons pas, sera bien employée :  

 

« Au sortir de l’escalier sur les terrasses du château, comme sur le pont d’un haut navire engagé sur les houles, les splendeurs du soleil jusque-là seulement interprêtées par les dalles de cuivre, les minces ogives, les épaisses murailles de soie, se déployaient dans leur farouche liberté. »

 

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Ecrire des chansons...

Publié le par Eric Bertrand

             C’est un genre dans lequel je ne me suis guère essayé jusqu’à présent car je n’ai pas forcément le profil d’un chanteur à succès... Mais  il se trouve que j’ai éprouvé un très grand plaisir à rédiger, à la demande de mon collègue de musique, la chanson baptisée « le grand amour du Petit Prince »...

             A l’issue du spectacle, la musique posée sur les mots m’a particulièrement accroché et il se trouve qu’après échanges avec Christian, le collègue devenu ami, lui-même m’a avoué qu’il avait trouvé, sur ce texte-là, l’air qui lui convenait...

             Au point que lui et moi sommes embarqués dans la folle idée d’aller plus loin et, dans un premier temps, de faire connaître la chanson. Elle est disponible en format MP3 et je peux l’envoyer à la demande à quiconque manifeste un intérêt pour « le Petit Prince ». Nous avons reçu des retours très encourageants, indiquant à quel point la chanson faisait remonter des souvenirs...

             Aventure à suivre donc !

 

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Connaissez-vous Claude Hagège ?

Publié le par Eric Bertrand

                      Je fais souvent référence dans ce blog au travail du linguiste Claude Hagège dont je lis en ce moment les articles passionnants du « Dictionnaire amoureux des langues ». Non seulement cet auteur connaît son sujet (c’est le moins qu’on puisse dire !), mais aussi ce qui me fascine en lui c’est la force d’un vécu qui nourrit son érudition et la somme de ses expériences dans des contrées reculées du monde où des langues sont en voie d’extinction...

                      Ainsi, Claude Hagège m’apparaît comme un brillant ethnologue, et j’aime la façon dont il analyse sa pratique et dont il manie le verbe, avec ce détachement érudit et cette élégance vieille France. Que le lecteur écoute par exemple son discours au musée du Quai Branly :

http://www.youtube.com/watch?v=5ZLN6hAov4k

ou encore à propos de l’ouvrage que je cite au début de cet article :

http://www.youtube.com/watch?v=RFEsCHlySHQ

http://www.youtube.com/watch?v=fm6X1Ky2J5A

 

 

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"Allez les Bleus !" au collège...

Publié le par Eric Bertrand

Il est des moments où la Littérature colle à la réalité... Dans « L’Organisme » il y a une partie consacré aux formes d’indiscipline au collège. Elle a été écrite l’an dernier, bien avant la déroute des Bleus... Son titre : « les 17 plaies »... Voici l’une de ces « 17 plaies », elle est d’une cinglante vérité car, aujourd’hui dans les couloirs et dans les classes, ça parlait encore plus de foot !

 

Plaie VI

Parler à tort et à travers du foot

« Allez les Bleus !... »

 

 

Jérémy Chanteclerc n’a pas encore la crête sur le crâne et il monte volontiers sur ses ergots, mais ce matin, il a franchi un seuil dans le poulailler… Le poitrail bombé, il a enfilé un tee-shirt Coq Sportif flambant neuf et il agite les rangs à propos du match de la veille au soir.

« On n’a pas été très bons ! Mais il nous reste une petite chance ! Faut nous soutenir ! ».

Dans l’espace du couloir, au moment d’entrer en salle, l’œil préoccupé, il cultive sa dignité et campe sur ses deux pieds, comme sur sa position, avec des airs d’arbitre. L’heure a sonné, il consent à laisser passer tous les autres. Il n’a pas de sifflet entre les dents, mais il geint par intermittences.

Pendant la première partie du cours, il a la tête dans les poings. Télécharge le film du match. Son pied sous le bureau tire dans la lucarne de la mémoire. Son doigt tambourine sur le bois du bureau.

Puis tout ça finit par lui monter à la tête ! Il s’agite, le cahier est une banderole, le stylo un carton jaune. Coup d’épaule à gauche, coup d’épaule à droite, coup de sifflet. Boulette de papier, shoot ! Premier avertissement :

« Qui a osé ? ».

C’est de notoriété publique, Chanteclerc excelle dans l’art du dribble !

J’ai le poil dressé et une montée d’adrénaline ! Je fais quoi ? Je botte en touche ou je tire au but ?

« Monsieur, vous avez vu le match d’hier ? ».

Il dit ça avec son air piqué à la Domenech.

« Chanteclerc, j’en ai assez que vous nous ennuyiez avec ça ! Vous descendez chez les surveillants et je remplis un rapport ! »

Doménech ne se contrôle plus ! Il saisit son « cartable », une poche sur lequel il a peint un liseré bleu blanc rouge. La salle est un stade. Il souffle, cherche l’inspiration, la trouve sur le drapeau de ses baskets, lève les bras au ciel, incline le torse et quitte le terrain en petite foulée sous les rires et les bravos des supporters. Je le rappelle :

« Quand vous aurez fini de vous donner en spectacle !... »

Je finis de rédiger le rapport et demande au délégué de l’accompagner.

« Monsieur, vous n’avez qu’à écrire : « Allez les Bleus ! » sur votre rapport !... Qu’au moins, ça serve à quelque chose ! » 

 

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