« Le vrai nom de l’amour c’est captivité »... Cette phrase de Hugo illustre bien la situation dans laquelle se trouve le personnage mis en scène dans l’album concept
« L’Homme à la tête de chou ». Le malheureux enfermé dans le « lunatic asylum » crèved’amour pour Marilou qui l’a trompé et qui lui a fait ressentir dans la chair « les première attaques du mal ».
Le personnage mis en scène dans la pièce souffre horriblement. Le souvenir cuisant de Marilou se mêle au souvenir d’autres filles, Melody, Lolita qui
ne sont que le masque d’une seule et même femme, un peu comme la Lolita du roman de Nabokov si chère à Gainsbourg.
Jeu sur les lettres. Cette chanson exploite le matériel sonore le plus élémentaire de façon à tenter une expérience dans le genre de celle que tente à la même époque l’écrivain Georges Pérec. Gainsbourg
sollicite les huit lettres d’un prénom de femme qui sera l’une des actrices de la pièce.
Copine de Marilou, alias « Bonnie », elle est l’une des filles les plus
violentes et les plus arrogantes du gang et elle meurt dans l’affrontement final avec la police. Mais elle a le temps de se dresser derrière la
barricade et de hurler bien fort, Gavroche enjuponné, les fameuses huit lettres !
« Le lunatic asylum »
c’est cette chanson hallucinante qu’a écrite Serge dans « L’Homme à la tête de chou » second album concept magistral que la pièce explore
abondamment.
Elle fait état d’une métamorphose du personnage qui sent son
crâne se transformer en tête de chou. On n’est pas loin de l’univers de Lautréamont que Gainsbourg appréciait. Et logiquement, le personnage s’attache
à un hanneton qu’il dresse et qui lui tient compagnie. Cette situation permet une série de scènes oniriques où la folie cède la place à la fantaisie
ou à la vision.
Merveilleuse chanson emprunte du mystère que lui confèrent « ces sorciers indigènes qui invoquent les jets dans la jungle de Nouvelle Guinée ». Elle apparaît à la fin de l’album
le plus poétique de Gainsbourg, « l’Histoire de Melody Nelson ». Elle évoque les ombres de la mort, la marque des souvenirs et les réminiscences amoureuses et lascives.
Dans la pièce, elle convient bien à cette méditation finale de Serge aux
portes de la folie, au moment où « Clyde » vient de perdre « Bonnie »... Effet de bouclage, la porte du rêve se referme et le spectateur revoit le schizophrène du début
enfermé dans son « lunatic asylum » et son culte de Marilou...
Littérature, écriture et voyage. Comment la lecture et le voyage nourrissent-ils la pensée et suscitent-ils, en même temps que le plaisir, la curiosité, l'écriture ?
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