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Ateliers d’écriture autour du voyage en Angleterre réalisé par deux classes (1/4)

Publié le par Eric Bertrand

             Certains de mes élèves rentrent de voyage d’Angleterre : ils ont manqué une semaine et, en cette période d’arrêt des notes et de conseils de classe, sont quelque peu « démotivés » pour parler la langue de bois...

             Afin d’assurer une transition, je leur ai proposé de s’exprimer librement sur leur voyage... En général, ils n’ont pas grand-chose à dire et adoptent une attitude collective où les formules standardisées constituent la note dominante. A l’écrit, ils se forcent un peu, pas beaucoup... Alors il faut leur donner un cadre : je le fournis demain et je révélerai ensuite le contenu que j’en ai tiré : mon travail a consisté à reprendre certaines expressions et à les replacer dans un exercice de réécriture. Mon but est de les surprendre et de leur montrer que, finalement, ils ont quelque chose à dire.

 

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Article du mois : « Zone extrême » retrouve le « Loft History 2084 »

Publié le par Eric Bertrand

L’émission au titre tapageur de « Zone extrême » proposée mercredi soir sur France 2 m’intéressait particulièrement non pas parce que – comme certains l’ont cru - elle proposait au spectateur une nouvelle distraction dans la gamme « Téléréalité », mais parce qu’elle se présentait comme une expérience menée en laboratoire à partir de cobayes humains. Quelques années après le « Loft Story », une nouvelle forme de « Philosophie dans le boudoir » aux accents étrangement sadiques sinon sadiens !

                     Lorsqu’en 2001, j’ai écrit « Loft History 2084 » (Aléas éditeur), j’avais lu des ouvrages qui abordaient la question de l’effet du conditionnement sur l’individu. J’avais également mis en scène une pièce de Marivaux étrangement moderne de ce point de vue : une sorte de téléréalité sans la télé ! « La Dispute ». Mais dans Marivaux, les personnages étaient sur une île déserte (pas « l’Ile de la tentation » !), surveillés par un marquis et une marquise, et dans le Loft, ils étaient dans un studio, surveillés par la télé... « Zone extrême », prolonge cette réflexion sur le pouvoir hallucinant de la télévision.

                 Avant de me lancer dans un parallèle entre le « Loft History 2084 » et « Zone extrême », pour ceux qui n’auraient pas été au rendez-vous, je rappelle brièvement les enjeux de l’émission : les joueurs engagés acceptent de participer à un jeu de mémoire et d’aller jusqu’au bout des 27 questions pour empocher une grosse somme…

        Jusque là, rien que de très banal, et depuis plusieurs années, on connaît la chanson ! Le regretté Ferrat ne chantait-il pas « la Roue de Fortune » dans le texte « A la une » ?  Mais prenons garde ! Dans les hautes sphères de la téléréalité, plus le temps passe et plus il faut innover ! Comparé à ce nouveau jeu, « la Roue de la Fortune » est un manège pour gosses ! Mais un manège dont le carillon est la Télévision.

N’oubliez pas que la TV, c’est notre prophète !…Vous marchiez pieds nus dans le désert et Big Brother vous a regardés !…clamait l’une des animatrices du « Loft History »...

        Il faut innover donc, et en même temps régaler le voyeurisme sadique d’un téléspectateur manipulable à souhait,  fatigué de sa journée, et, de ce fait, sujet à ses pulsions les plus grossières. D’autant qu’il s’identifie parfaitement à l’heureux gagnant du jeu télévisé... Comme s’exclamait « la Goulue » dans le « Loft History » avec son nom et son audace de catcheuse :

Ce sera moi la vedette ! La grande vie dans le loft aménagé pour moi. La descendante de Barbie Du Loft, la Goulue Du Loft, la super star du nouveau loft story ! Les producteurs vont s’étriper pour moi, les contrats publicitaires vont pleuvoir, je vais faire un disque et je vais chanter : « Je ris de me voir si belle en ce miroir ! »

         Car dans le domaine de la téléréalité on vire vite à la partie de catch ! Voyons donc de plus près quelles sont les nouvelles règles dans « zone extrême » : cyniques en diable, elles donnent froid dans le dos !... Dans l’équipe sélectionnée, l’un des joueurs est désigné pour répondre à une rafale de questions qui mettent sa mémoire à l’épreuve. A chaque fois qu’il se trompe, son partenaire doit lui envoyer une décharge d’électricité dans le corps. Et plus le jeu progresse, plus la chique augmente !... Une précision importante : à la différence des joueurs et du public de la salle, le téléspectateur a été averti : celui qui reçoit les « chiquenaudes » est un comédien... tranquillement installé aux côtés de l’équipe de spécialistes chargés d’analyser les comportements, il déploie son talent pour simuler l’indignation, le stress, la douleur, la plainte, la supplication et tenter de réveiller la compassion chez ses petits camarades de jeu, enragés, et qu’on dirait « programmés » pour empocher les sous à la fin de la partie !

                  Au final, force est de constater qu’un bien petit nombre de joueurs ont osé mettre un terme à cette opération de destruction dont ils se sont fait les complices. C’est là-dessus qu’il faut réfléchir… L’émission prend tout son sens à ce moment précis : le laboratoire révèle ses analyses... Et je retrouve avec surprise des hypothèses que j’avais émises dans ma pièce représentée en 2001 à Loudéac avec mes élèves de l’atelier.

                   Cette fable théâtrale qui se voulait parodie du fameux « Loft Story » diffusé sur M6 à cette époque, était avant tout une réflexion déguisée sur les dangers de la téléréalité. Les héros en sont des « Résistants », acteurs de théâtre, connaisseurs de grands textes et de bons mots. Nous sommes en 2084 (écho à peine voilé au titre d’Orwell « 1984 ») et un sinistre dirigeant, régnant sur les consciences, un certain « Big Brother », convoque « les Indécents » sur un plateau télé pour les mettre à l’épreuve de la téléréalité et opposer leur intelligence et leur culture à la Bêtise et à la Futilité (il est plus facile pour un dirigeant de manipuler des illettrés...) A la clé, des promesses mirifiques… Les nouveaux lofteurs vont-ils résister ? De toute manière, ils n’ont pas le choix... Big Brother a décidé de les envoyer « au labo » après l’émission… Sauf s’ils renoncent, sauf s’ils se renient et s’ils renient en même temps leurs semblables, quittes à se rendre complices de l’exécution finale qui leur est réservée. La voix s’élève ainsi, à la fin de la pièce, Big Brother a réussi son pari :

La voix : (dogmatique) Qu’on évacue immédiatement du loft Rosalinde, Tarzan, et Fleurette ! Qu’on les envoie directement au labo  (357 Magnum et 358 Shotgun et Lex  font une intervention musclée. Il ne reste plus, parmi les lofters, que Diva, La Goulue et Bobby.) Pas parler ! Pas penser ! Pas s’exciter ! Pas se toucher ! Pas boire au même goulot ! Pas rire ! Pas sentir ! Pas courir ! Pas de fleurs ! Pas de liquide ! Pas de sueur ! Pas de parfum ! Pas de peau étrangère ! Pas aimer !

                      Ainsi, reparcourons la pièce avec l’éclairage des observations effectuées mercredi soir. Si les joueurs obéissent jusqu’à se rendre coupables de sévices corporels sur autrui, c’est parce qu’ils subissent le pouvoir des caméras. Ecoutons une fois encore la sinistre « Lex », armée de sa caméra, chargée à la fois de prendre les images et de faire régner l’ordre dans le jeu...

             Lex : Or vous avez été sélectionnées pour vos formes arrondies que nos caméras vont parcourir sous toutes les coutures. (Elle prend un petit air sadique, fouette le sol comme pour les entamer à l’avance). Zooms et éclairages tous azimuts sont vos complices ! … les feux de la rampe sur votre croupe, c’est la lumière du loft. Les coups de projecteurs sur vos jambes  et sur vos seins, c’est la lumière du loft. Les étincelles dans les yeux des comédiens, c’est la lumière du loft.

                      Une autorité suprême pèse sur les candidats et ils se sentent emprisonnés derrière ce réseau qui les soumet. A la base, il y a eu un contrat, puis le bataillon des studios, la présentatrice, le public. Difficile de se libérer dans ces conditions ! Après l’émission, quand ils ont enfin compris la supercherie, les joueurs responsables tentent de s’expliquer et de comprendre ce qui a fait d’eux des tortionnaires en chemises courtes... Chemin faisant, certains d’entre eux ont tenté toutefois de résister au nom de l’Humanité et des valeurs qu’on leur avait enseignées… ils ont aussitôt subi les assauts de la présentatrice, imperturbable, castratrice, figure de Lex que j’avais imaginée le fouet à la main. « C’est la consigne ! » assénait-elle sitôt que les Lofters tentaient une rébellion.

                       Ils deviennent ainsi des agents de la destruction, et consentent malgré eux. La mécanique est lancée, les résistances lâchent… Dans le fil de l’épreuve, il faut aussi accompagner cette lente démission programmée, la faciliter, la rendre acceptable : à défaut de refuser, les candidats disposent de la ressource du rire pour évacuer les tensions… Alors, après environ dix minutes de « chiquenaudes électriques », tous les candidats rient... bêtement... ils rient pour tromper le malaise qui les envahit, ils rient avant d’envoyer les décharges les plus fortes….

                        De la même façon dans le « Loft History », des personnages de bouffons jouent ce rôle ambigu qui passe par la plaisanterie : ils forcent le rire, ils l’entraînent, ils le motivent et ainsi agissent sur les consciences pour faire triompher la bêtise à coups de pirouettes ridicules... ce sont les burlesques Piou Piou et Happy Face. Mais le rire et la plaisanterie n’ont qu’un temps. Piou Piou et Happy Face sont la face trompeuse de l’Injonction brutale, l’envers du masque de 357 Magnum et de 358 Shotgun (deux autres sinistres agents de Big Brother, présents au début de la pièce). Tous incarnent évidemment l’Injonction.

                          Le dénouement est sinistre. A la fin du jeu, ceux qui ont continué de jouer dans « la zone extrème » avancent timidement vers la salle de torture où ils ne savent pas dans quel état ils vont retrouver leur malheureux partenaire. Du moins se disent-ils avec l’animatrice qu’ils ont gagné beaucoup d’argent et qu’ils on su « tenir leur engagement »...                   

                        Il n’empêche ! Même si l’Autorité « assume l’entière responsabilité », ils sont « mouillés » là-dedans, ils ont actionné les manettes, ils ont envoyé eux-mêmes des décharges d’électricité dont les plus fortes sont montées à 400 volts. Ils se sont sali les mains.

                         Terminons cet article sur la tirade d’un personnage du « Loft History » qui se souvient d’une phrase de Sartre et qui déclare après lui, dans ce huis-clos d’un genre nouveau : « l’enfer, c’est les autres, l’enfer, c’est les téléspectateurs ! »

 

Fleurette : C’est pas encore vrai, puisque je vous ai dit que c’est pour lui que je quitte le loft !… Qui c’est qu’a pété… les plombs ?… Vous ou moi ? Avec vos éclairages tamisés, avec vos caméras et tous  vos écrans plats, avec vos fils électriques et vos câbles, vous aurez peut être arraché notre image mais vous n’aurez pas mon petit coeur!

 

Bobbie : (ricanant) T’es trop mignonne ma fille !…  Mais c’est trop tard ! il ne fallait pas rentrer dans le loft ! (Elle s’approche des caméras, regarde les projecteurs et, très fataliste) Ca me rappelle une pièce de Sartre dans laquelle j’ai joué il y a très longtemps… la caméra est là, je la regarde en face, et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais comme cela, avec ces regards autour de moi. Tous ces regards qui me mangent… c’est ça l’enfer !… je n’aurais jamais cru !… vous vous rappelez le souffre, le bûcher, le grill… ah ! quelle plaisanterie… pas besoin de grill ! l’enfer c’est les autres… L’enfer, c’est les téléspectateurs ! (soudain enthousiaste) Mais cet enfer là m’enivre ! ! !

 

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« Petit Prince » : intervention du metteur en scène jeudi dernier

Publié le par Eric Bertrand

Scène 1 : les petits princes se cachent derrière le bureau et sortent un par un . Pour sortir de la cachette, ils remontent progressivement le corps : les yeux, la tête, le tronc. La marche vers « la voix » est apeurée. Ils avancent en diagonale et le visage, face public est de plus en plus enthousiaste.

Scène 2 : l’aviateur sur le bureau, un prince (Alex, à droite) l’autre (Amandine) à gauche. L’aviateur bricole. Le dernier « dessine-moi un mouton » est énervé. Après « un vrai baobab », les deux princes changent de côté. A la fin de la scène, tous les deux se roulent par terre.


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Indications de mise en scène pour « le Petit Prince »

Publié le par Eric Bertrand

          Quand je mettais en scène pour mes lycéens, je livrais dans ce blog des informations de mise en scène très nourries : elles s’adressaient notamment à l’ensemble de mes comédiens qui venaient visiter le blog, aussi étaient-elles nombreuses en période de répétition.

          Ce n’est plus le cas depuis que je travaille avec des collègiens peu motivés. Mais la mise en scène continue (car l’équipe et certains élèves restent motivés !) et je propose de donner périodiquement quelques pistes adressées notamment à la collègue qui travaille sur le texte quelque part dans le Massif Central et à qui j’ai fait allusion hier. C’est promis, je transmettrai des infos qui lui seront utiles : dès que le metteur en scène revient dans la classe, elle fait noter des indications aux élèves, c’est cela qui lui sera utile.

          Pour les lecteurs de ce blog qui n’ont pas le texte en main, cela leur permettra du moins de se donner une idée plus nette du spectacle.

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Publication de « L’Organisme » en fin de semaine

Publié le par Eric Bertrand

                   A la veille de cette semaine décisive, je puis enfin rassurer toutes celles et ceux qui attendent le livre annoncé au préalable pour la mi-février : l’éditeur annonce sa sortie en fin de semaine. En attendant je vous offre les premières lignes de cet « Organisme » qui a préféré attendre le printemps pour finir le temps de sa gestation ! ...

 

Journal de Zoé

 

 

1er septembre 2011

 

J’ai fait ma rentrée en quatrième dans mon nouveau collège. Tout s’est bien passé, même si c’est difficile pour une fille du nord de s’intégrer dans un milieu comme celui-ci : grand collège de centre-ville à Nice, quand on vient d’un petit collège de Dunkerque… Les garçons sont sympas et me tournent déjà autour. Ils disent que j’ai un drôle d’accent et que ça leur plaît bien. Moi aussi, j’aime beaucoup leur accent. Ça sent bon le soleil et la plage ! Ici, il y a tout le temps du soleil !

Ça va être dur de travailler ! Les profs ont l’air sympas. Le plus étonnant, c’est le prof de maths, celui que les autres surnomment « Limace ». Il est très différent des autres et j’ai tout de suite reconnu son accent ! Lui aussi vient du nord… Quand j’ai parlé de lui à maman, elle n’en est pas revenue ! Elle l’a eu comme prof quand elle était en classe de cinquième à Dunkerque !  Elle dit que c’était un bon prof mais qu’à son époque les élèves le surnommaient « Tétard » parce que personne ne le voyait jamais sortir hors de son bocal !

 

7 novembre 2011

 

Je me suis bien intégrée dans ma classe. J’ai mon petit succès auprès des garçons, et certaines des filles sont jalouses. J’aime bien m’habiller court parce que, pour moi, c’est une façon de profiter de l’air de la Méditerranée ! A Dunkerque, ça caillait tous les jours et il fallait se mettre en pantalon. Ici, c’est pas pareil ! Maman est gentille et m’achète souvent des petites tenues branchées. Elle dit que ça lui fait plaisir et qu’elle aurait aimé s’habiller comme cela, quand elle était ado ! Mais là encore, à Dunkerque !...

Côté études, ça va à peu près. Je crois que les profs m’aiment bien… Même si je sais pas leur montrer (je bavarde beaucoup et je suis souvent « distraite » ou « dissipée » comme ils disent…) Il n’y a qu’un prof que je peux pas saquer : c’est Limace ! Je comprends pas les maths avec lui. C’est la guerre entre nous et il me reproche « mon insolence »… Mais je l’affirme solennellement dans ce journal, tous les torts sont de son côté… Limace est un SADIQUE ! Il me fait peur. Au début, je le trouvais bizarre et tout… Et voilà… Mais un jour, j’ai remarqué sa façon de me regarder… Sans blague, ça fout les boules ! J’ai l’impression qu’il me déshabille. Les copines sont du même avis que moi : il a un petit air sournois qui me glace. Quand on fait des exercices en classe, il se colle à moi comme après une salade, j’ai l’impression de sentir sa peau visqueuse…Voilà, quoi ! Il me dégoûte !... J’en ai parlé à maman qui ne comprend pas. Il n’était pas comme ça quand il était plus jeune. Elle m’a demandé de le surveiller et de tout lui raconter. Heureusement, Limace est souvent absent et ça nous fait des vacances !

 

9 janvier 2012

 

J’ai enfin changé de classe. Je me sentais de plus en plus mal dans la classe de Limace. Maman a obtenu l’intervention du principal et va essayer de porter plainte. Les copines sont prévenues : on va monter un dossier et réunir des faits contre lui… En même temps, c’est difficile car on n’a pas de preuves. En tout cas, on partage toutes la même impression : « Limace est un gros dégueulasse ! » : il a les yeux qui lui sortent de la tête quand une fille se met en jupe, et il essaie de s’approcher d’elle. Il donne exprès des exercices dirigés pour pouvoir circuler dans les rangs… Mais rien de plus pour l’instant. Il faudrait que l’une de nous parvienne à lui tendre un piège.

 

5 mars 2012

 

Je me sens libérée. Limace n’est pas revenu au collège depuis la réunion parents profs. Paraît qu’il a pas supporté qu’on lui dise ses quatre vérités ! Y en a  qui disent même qu’il a disparu !... Bon débarras en tout cas ! Du coup, ça va beaucoup mieux en maths. Maintenant, je réussis bien dans toutes les matières. Et puis, tous les garçons sont à mes pieds !... Mais je suis amoureuse de Pierrick ! Je pense à lui toute la journée et je n’arrive plus à m’endormir ! Je vais ouvrir un nouveau journal de confidences amoureuses. Maman m’a acheté spécialement pour ça un beau stylo encre à cartouches, elle dit que ça lui rappelle son côté « fleur bleue ». Elle a aussi promis de ne pas le lire en cachette !

Du coup, je vais peut-être mettre ce journal du collège de côté, d’autant que mon blog et MSN me prennent trop de temps !

 

20 juin 2012

 

J’ouvre à nouveau ce journal après plus de quatre mois... Il s’est passé de drôles de choses depuis tout ce temps. Killian, un copain de classe a disparu du jour au lendemain. Un de ces affreux qu’on appelle des « thons » avec les copines et qui sont toute la journée à vous coller aux fesses. Ça m’a fait quelque chose tout de même ! Personne ne peut dire où est Killian, même pas ses parents, même pas la police. Evanoui dans l’air ! Et puis Pierrick ...Pierrick dont il était jaloux à mort.

Pierrick est mort... On vient de l’enterrer… Je suis perdue, j’ai maintenant l’impression de tout comprendre. C’est l’autre qui l’a tué… J’ai du mal à rassembler mes idées. C’est bizarre. On dirait subitement que ce n’est plus moi qui écris…

L’encre de la cartouche que je viens d’enfoncer dans mon stylo est lourde de contenu… et mon beau stylo, compagnon de mes confidences, s’échappe de mes doigts. Mon cœur bat très fort, une angoisse atroce m’envahit… Mais en même temps, l’écriture me purge de toute la souffrance de cette douloureuse histoire qu’il ne me reste qu’à jeter sur le papier...


couverture Orga 

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