Texte étonnant que cette nostalgie de « para » nourrie de réminiscences d’un autre genre que celles de Marcel Proust... Elles témoignent une fois de plus du génie de Serge et
de sa capacité à mettre en correspondance des domaines pas forcément complémentaires. Chanson qui témoigne aussi de son attirance pour le corps
militaire, couvert de cicatrices.
Pour les
besoins de la pièce, l’occasion rêvée de faire « exploser le crâne » de ce « débile mental » de « Lunatic asylum » et de
le faire dialoguer avec les infirmières qui soignent le schizophrène ! (Nous étions cinq sur scène à incarner Serge devenu fou à cause de
Marilou !
Il y a chez
Gainsbourg une fascination pour la belle voiture, l’Elégance incarnée. C’est la Silver Ghost de Melody Nelson et c’est la Ford Mustang de cette
chanson. Le dandy qu’il était se plaisait à ajouter à son aura la plue-value de la belle voiture. Qui plus est voiture féminisée, animée d’un charme
troublant et fascinant. Que serait la valse de Melody sans le pare-choc de la Silver Ghost ?
En ce qui
concerne la Ford Mustang, « l’expérimentateur de mots anglais », continuateur de l’inventaire à la Prévert, explore la boite à gants de
« la Ford Mustang » et plonge un œil avide dans les petits secrets de la féminité... Féminité de toutes les entraineuses de la pièce qu’on voit se mettre en avant dans l’acte 1 de la
pièce...
Restons encore avec le gang Burrow pour revisiter un autre texte déjà
ancien de Gainsbourg (il figurait dans le répertoire écrit pour la toute jeune Jane à l’époque) et avait le mérite, du point de vue de la recherche du
son idéal que réalise tout expérimentateur de mots de puiser dans le lexique des appareils de la modernité.
Serge affectionnait
ce type de travail, on le reverra par exemple avec le titre « Ford Mustang ». Les vocables à tonalité anglaise sont d’un heureux effet sur
la musicalité du texte et accentuent l’effet novateur des trouvailles du musicien compositeur. Ces trouvailles ont aussi le mérite de resituer les chansons dans leur époque, en plein essor de
cette culture de l’objet utile importée des Etats-Unis.
Pour ce qui est de
la pièce, on est encore dans ce moment « d’impertinence » des filles du gang qui provoquent le shériff... Comme dans le film « Bonny
and Clyde ».
Toujours dans le contexte de la montée en puissance du gang Burrow, cet extrait qui permet de réentendre ce texte particulièrement « percutant ». Il convient parfaitement à l’image
de scandale et de provocation que les membres du gang veulent donner d’eux.
Du
point de vue de la mise en scène, il fallait un personnage muet, une sorte de totem, bouc émissaire de la
violence. Un visage de prof qui, avec un soupçon d’autodérision, saisit l’occasion d’une apparition à la Hitchkock !
L’un
des attraits de cette pièce, c’est la montée progressive de la violence. La violence au théâtre a toujours un effet spectaculaire. Le spectateur
arrive (au début du second acte) au moment où « le gang Burrow » fondé par Serge commence ses délits.
La
bande déchainée des gangsters cherche à faire des casses. Ils ont capturé un shérif qu’ils humilient. La scène est inspirée également d’une scène du
film « Bonnie and Clyde ». Elle puise dans le répertoire qui flingue : « Viva
Villa » rencontre « Kiss me Hardy » et l’anecdote que cite le personnage de Marilou est véritable... Je vous laisse découvrir...
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