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René Frégni : « Tu tomberas avec la nuit » (2/2)

Publié le par Eric Bertrand

     

        

 

               Après une période de bonheur et de sérénité retrouvée, l’écrivain est un soir arrêté, jeté brutalement au cachot puis questionné et harcelé par un juge qui, apparemment lui en veut ou qui cherche à se faire un nom… La cause ?

                On le soupçonne de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteur. Tout cela parce qu’il a ouvert un restaurant avec un ancien détenu qui lui avait spontanément porté secours… Tout le caractère dramatique de ce livre tient dans cette oscillation entre deux périodes d’angoisse : d’abord l’angoisse liée aux menaces de petits malfrats qui en veulent au narrateur d’avoir refusé de « prêter » sa voiture à leur petite soeur, puis l’angoisse liée à l’acharnement d’un juge qui cherche à humilier un écrivain.

                 Entre ces deux traumatismes, une belle preuve d’amitié donnée par un ancien détenu qui n’a rien oublié des ateliers d’écriture dirigés par René à la prison des Baumettes. Ce « poids lourd des caïds » décide de protéger le narrateur et sa fille et aussitôt, c’est le silence qui se fait autour de lui, le silence et la paix. Mais, dans le monde de René Frégni, l’harmonie ne dure jamais et le bonheur finit toujours par « danser dans le noir ».

 

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Tu tomberas avec la nuit de René Frégni (1/2)

Publié le par Eric Bertrand

                J’ai déjà consacré un certain nombre d’articles aux écrits de cet auteur qui est aussi un ami. Je referme son dernier livre et j’ai l’impression de repousser la porte du restaurant dans lequel nous avons discuté ensemble un soir du mois d’août il y a de cela trois ou quatre ans… Ce restaurant, c’était « Côté Place » à Manosque, et c’est précisément autour de ce restaurant que le drame que raconte ce récit se noue.

               Car ce qui est remarquable dans les livres de René, c’est que le lecteur ne sait jamais où se situe la réalité et où se situe la fiction. Une chose est sure, pour moi qui connaîs l’homme, une grande part de ce qui écrit appartient au vécu. Dans « Tu tomberas avec la nuit », René Frégni s’inspire d’une bien malheureuse histoire qui lui est un jour « tombée dessus »…

               D’abord, et peut être davantage encore que dans les autres ouvrages, le récit revient sur des thèmes qui lui sont chers à René : l’éducation de sa fille, le statut de l’écrivain et la quête de l’inspiration, les ateliers d’écriture en prison et les interventions en milieu scolaire. Le narrateur qui se confond avec l’auteur mène donc une vie paisible entre ces diverses occupations jusqu’au jour où tout bascule…

 

 

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En Angleterre ! Version réalisée à partir des notes de voyage des élèves de 4°D : 4/4

Publié le par Eric Bertrand

Vivement l’Angleterre !

             J’y suis déjà ! Dès que le chapeau anglais est levé, la reine est dans Buckingham Pallace ! Londres, sa tour, son musée des sciences, Hastings, Brighton, l’observatoire de Greenwich et l’eau de la Tamise, l’eau de la Tamise ouverte sur Portsmouth. J’ai cogné la pierre du pavillon royal, le marbre du château de la reine, le périmètre de Trafalgar Square et l’herbe de Hyde Park. Acrobate du macadam, j’ai enfilé mon costume dans les boutiques de Brighton, chez JuJu, chez Pink, fait la pirouette sur Picadilly Circus, plongé dans le vide, au-dessus de Big Ben et du matelas gonflé de mes ambitions.

             J’ai vu dans la foule des Anglais des gens bien étonnants : un garde de la Reine avec un grand chapeau en fourrure, un gentleman avec une tête de Sherlock Holmes et beaucoup d’Indiens. Les Anglais sont tous très très stricts. Il y a des caméras partout, difficile de passer inaperçu ! Ils sont tous adeptes de la téléréalité. Je revois déjà, comme dans un film, Jack, ce garçon d’apparence si serviable, avec sa face cachée, Jolène, qui passe son temps accrochée au téléphone et le chien Max, Max doggie, qu’un grand-père sévère appelle en frappant inlassablement sa canne par terre comme sur un djembé. « Max, come on, Max, come on ! » Les Anglais sont toute une bande, et ils empruntent tous les noms, ils s’appellent Michelle, Steven, Danny, Shashi, Atul, Tracy, Daniella, Niahm, Chris, Andrew et Shirley, Simon, Joey, Martin...

             J’ai vu les ruines du château de Guillaume le Conquérant. C’était il y a très longtemps et déjà le temps s’accélère, les minutes s’effondrent. J’ai appris comment s’était passée la guerre à Hastings, j’ai joué au ballon et j’ai fait des prisonniers. J’ai vu l’ancienne horloge, l’imposante Big Ben. J’ai vu l’heure mondiale et les lasers qui balaient la ville, balaient les minutes précieuses, rappellent inexorablement que le temps passe, que le temps passe, et j’aimerais déjà revenir.

            Le temps passe, le temps trotte à petite foulée dans Hyde Park. Et j’ai déjà compris que les Anglais mangent à 18h00, et que pour allumer la lumière dans la salle de bain, il faut tirer la ficelle. J’ai compris qu’en peu de jours, je savais dire quelques mots de plus en anglais. J’ai aussi compris que, dès le petit déjeuner, on avale céréales et beurre de cacahuète puis Corned beef et pudding tous achetés à TESCO. Gelée avec fruits à l’intérieur. Jelly à la surface gluante, consistante et lisse. Un peu comme les pates qu’ils ne savent pas cuire et qui ressemblent à du caoutchouc. Maintenant, je sais que les Anglais ne sont ni les rois de la cuisine ni les rois des produits frais. Peut-être juste les princes du Surgelé ! Just go your own way ! Just go !

             J’ai encore dans le nez la puanteur empoissonnée du port d’Hastings, les relents pollués de la ville de Londres, et la senteur sucrée des magasins de bonbons et de pancakes. Bakeries. J’entends encore la voix de l’audio-guide. Let’s go ! Lets’s go ! Come on ! J’ai entendu des chansons qui ne passent pas en France et j’ai entendu vingt sirènes de police et d’ambulance. J’ai compris que les voitures ne roulent pas dans le même sens que nous et que les bus ont deux étages. Encore une ambulance ! Encore une voiture de police. Déjà mon paquet de gâteaux au chocolat n’est plus de ce monde. Time is running down the river !

             Je me souviens du shopping en ville, shopping in the city, je me souviens de la relève des gardes, de la drôle de voix de Bob l’Eponge à la télé. Je me souviens du goût du thé anglais. Du brouillard dans les rues d’Hastings, de ce brouillard qui me collait tant à la peau, que je croyais pouvoir l’attraper. Je me souviens des rues et des maisons très kitch, de la couronne royale et des rubis. Je me souviens de l’or et des diamants, des bijoux de la Reine et des voitures de luxe. Des posters des filles en string dans la chambre de Jack et des caméras à tous les coins de rue. Je me souviens de toutes les petites boutiques et j’avais plus de sous à dépenser, des longues heures de car avant d’arriver, du contact de la moquette sur le ferry et des remouds des vagues qu’on voyait à partir de nos hublots. Je me souviens des fous rires, des pique-niques, du défilé de la Saint Patrick, de la soirée au pub « The Olde pumphouse ». L’Angleterre m’a tout pompé, I’m like the old man of the pub ! Je me souviens de tout ! Remember everything !

 

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En Angleterre ! Version réalisée à partir des notes de voyage des élèves de 4°F : 3/4

Publié le par Eric Bertrand

             On dit que quand les corbeaux de la Tour de Londres sortiront, l’Angleterre sera envahie.

             J’ai laissé s’envoler les corbeaux de mon ennui et j’ai déployé mes ailes au-dessus de La Tamise. Angleterre, c’est moi qui t’envahis ! Londres, Trafalgar Square, Hyde Park, Greenwich, Hastings, Brighton, me voilà !

              J’ai contemplé l’horizon, survolé sur une magnifique colline verte, les ruines du château de Guillaume le Conquérant. C’était il y a très longtemps... Comme le temps passe, my god ! J’ai moi aussi affronté les Anglais, ils ne sont pas si terribles que ça, même s’ils manquent parfois de politesse ! Dans ma famille, le champ de bataille est aux toilettes, masques à gaz et grenades garnissent encore les murs. La balle est au prisonnier. Water closed !

               Les Anglais sont maniaques. Dans les maisons sans volets, ils aiment le ménage. Mais ils aiment aussi les chats. Dans ma famille, il y en a huit. Moi, je protège la souris de l’ordinateur. J’adore protéger les souris et effleurer les touches du clavier qui est très différent du clavier français. Ça me fait du bien de caresser les touches et d’écrire dans ma langue natale. De toute façon, ici, ils sont tous nuls en français, Lisa et Michael, Shashi, Amanda et Robi, Simon, Linda, Marion, Star, Tash, Martin, Lesley... Pas un pour racheter l’autre !

                Les doigts sur le clavier, je préfère les écouter parler. D’ailleurs, ils parlent tellement vite qu’on a l’impression qu’ils chantent. On croirait entendre des oiseaux. Ils mangent un peu les mots. Moi, j’ai un peu progressé en anglais, mais j’y arrive toujours pas. Ils sont vraiment plus doués que moi !  Normal, ils sont anglais ! C’est peut-être aussi parce qu’ils mangent des trucs vraiment spéciaux, des nuggets de poulet géants, du chicken poivré, de la pizza aux frites, des gaufres à la pomme de terre, du poulet à l’ananas, des petits pois crus, des choux-fleurs à la vapeur et de la compote de pommes à la custard ! Girls, breakfast is ready !...

                  De toute façon, ici, c’est mieux qu’au collège ! Et j’ai déjà appris plein de choses ! Je me suis fait le palais ! Ma bouche, c’est Buckingham Palace ! Le soir, on mange à 18h00, et le matin, au petit déjeuner, on avale de la confiture au gingembre qui a un goût de savon, du beurre de cacahuète, des toasts et des corn flakes. Pour le pique-nique, on me file des rouleaux de pâte fourrés de carotte, de salade et de jambon, et au dîner, place aux pâtes sans garniture, aux flageolets sucrés et à la mousse à la fraise sur lait de fraise... Would you like a drink ? Et il n’y a même pas de serviettes pour s’essuyer à table !

                   J’ai dû quitter ce beau pays après une nuit en discothèque.

                     Dans le tonneau de ma mémoire, les fish and ships dansent avec les muffins au chocolat. Les lumières des lasers s’allument comme les phares des voitures qui ne roulent pas du même côté que nous... Les voitures roulent et le son s’amplifie. Les voitures roulent et les feux rouges sont des spots qui ne passent pas au vert comme en France. Les décibels me tapent les tempes et je crois entendre les vagues cogner contre le bateau. Je revois les galets multicolores sur la plage, les milliers de coquilles d’or sous la coupole de la salle de musique, les punks aux cheveux blonds, aux crêtes vertes, bleues ou roses, à tous les coins de rue. Je revois la relève des gardes qui font le guet à cheval, les gardes figés sous les grands chapeaux poilus. Je revis la chasse au trésor. Je revois l’or et les diamants, les bijoux de la Reine. J’entends encore les sirènes des véhicules de police et de pompiers... Je n’ai rien volé du trésor de la Reine, je le jure ! Je revois les Ferrari et toutes les autres voitures de richous. Les Anglais ont presque tous des belles voitures. Je ne suis rien qu’un humble froggie en balade, just a nice frenchy on holidays. Je n’ai rien à déclarer. Nothing to declare ! Je respire encore l’odeur des huit chats et le vomi du chat Freezer que le chien venait avaler. Je respire les bonnes odeurs de fleurs dans les parcs. Je garde dans la gorge le goût de la crème anglaise chaude, nappant des  morceaux de banane et, oserai-je l’avouer, le goût de la mousse à la fraise, aussi savoureux que le regard de la fille que j’ai croisée avant de partir. Je n’ai pas osé lui parler. You are a very good and beautiful girl. You are England…

 

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Ateliers d’écriture autour du voyage en Angleterre réalisé par deux classes (2/4)

Publié le par Eric Bertrand

Voici ce que j’ai donné pour alimenter la réflexion des élèves au lendemain de leur retour d’Angleterre : le but était pour moi de faire « une récolte d’impressions » et de les guider afin de me glisser derrière eux comme si j’y étais !

            Je livre au lecteur le préambule et puis demain et après-demain, les résultats.

 

Fragments pour un journal de bord d’Angleterre

Complétez chacune des cases afin de fournir la base à une reprise collective.

 

- Les lieux qui me reviennent en mémoire

- Les gens que j’ai rencontrés (en quelques traits physiques et moraux)

- (La perception) : Ce que j’ai vu, senti, entendu, touché, goûté...

- (Le cœur) : Ce que j’ai apprécié et ce que j’ai aimé

- (La raison) : Ce que j’ai compris, appris...

- (La mémoire) : ce que je garde en moi (un moment particulier, une parole, une anecdote, un visage...

Et pour ceux qui auraient fini trop vite un petit exercice sur un texte de ma composition !

Exercice de grammaire de circonstance... Donnez la fonction des mots soulignés :

Une épaisse brume montait sur les quais de la Tamise et les rares passants fuyaient la nuit qui s’efforçait de tomber malgré les linéaments de lumière blanche au ras du fleuve. La seule rumeur qui montait de l’eau arrivait en vagues successives de l’une des grosses péniches amarrées à hauteur de la promenade. Vue de loin, cette péniche était une espèce de baleine, un ventre gonflé qui cachait une bande de drôles de Jonas... Ces Jonas –là avaient fait la fête toute la journée à coups de bière et de musique et, maintenant que la nuit les rappelait, ils venaient tituber jusque sur la passerelle

          Demain et après-demain, les propositions.

 

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