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« Le Petit Prince » : évolution du projet

Publié le par Eric Bertrand

                     Vous êtes nombreux à me demander des nouvelles du « Petit Prince »... Où en est-on arrivé à l’heure qu’il est ? Beaucoup de choses à dire, et d’abord, qu’on se rassure, rien n’est abandonné. Disons que l’aventure suit son cours et que, tant que la date du spectacle est encore (relativement !) loin, tout se prépare en secret.

                      L’absence d’articles depuis un long temps est le signe évident d’une déception de ma part. Une fois de plus, les élèves ne sont pas à la hauteur du projet et certains même se défilent, ce qui est inacceptable, trouvant dans leurs parents des alliés de fortune... Quoi qu’il en soit, il a fallu supprimer un rôle. Et puis, au sein de l’équipe, notre collègue d’EPS  a dû abandonner la partie, victime d’ennuis de santé.

                       Une collègue qui travaille en école primaire m’a demandé de lui donner un coup de main via le net. C’est avec bonheur que je lui ai confié le texte, enthousiaste à l’idée que, quelque part en France (dans le Massif Central plus exactement) de petits élèves travaillent avec ardeur sur « le Petit Prince ». Je donnerai prochainement des pistes pour la mise en scène de la pièce.


GUILLAUME-CANYONING-light.jpg 

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L’Almanach d’Eric de Nathalie Erica Cousin

Publié le par Eric Bertrand

                 J’ai eu le privilège de recevoir ces jours-ci un exemplaire dédicacé de l’ouvrage original de Nathalie Erica Cousin, « l’Almanach d’Eric ». Comment ce livre se présente-t-il ? Prenez la page d’aujourd’hui : l’Almanach nous présente en quelques lignes un certain Eric Calendrier, né en 1960... Il en est ainsi de tous les jours de l’année, du 1er janvier au 31 décembre. En dehors de trois « jours blancs ou épagomènes » comme le confie l’auteur, pas un jour sans son Eric ! Et plutôt deux qu’un seul (au total 750 !)

                   C’est ainsi qu’à force de courage, de recherches et de contacts variés, Erica a réalisé son projet qui vient d’être édité sous cette forme (voir photo). Comme l’indique l’auteure, cet almanach peut être considéré comme un index du blog plus complet que le lecteur pourra aisément parcourir à cette adresse :

http://leblogderica.canalblog.com/

Livre Erika (2) [1600x1200]

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« Zone extrême » retrouve le « Loft History 2084 » (6/6)

Publié le par Eric Bertrand

                       

                          De la même façon dans le « Loft History », des personnages de bouffons jouent ce rôle ambigu qui passe par la plaisanterie : ils forcent le rire, ils l’entraînent, ils le motivent et ainsi agissent sur les consciences pour faire triompher la bêtise à coups de pirouettes ridicules... ce sont les burlesques Piou Piou et Happy Face. Mais le rire et la plaisanterie n’ont qu’un temps. Piou Piou et Happy Face sont la face trompeuse de l’Injonction brutale, l’envers du masque de 357 Magnum et de 358 Shotgun (deux autres sinistres agents de Big Brother, présents au début de la pièce). Tous incarnent évidemment l’Injonction.

                          Le dénouement est sinistre. A la fin du jeu, ceux qui ont continué de jouer dans « la zone extrème » avancent timidement vers la salle de torture où ils ne savent pas dans quel état ils vont retrouver leur malheureux partenaire. Du moins se disent-ils avec l’animatrice qu’ils ont gagné beaucoup d’argent et qu’ils on su « tenir leur engagement »...                    

                        Il n’empêche ! Même si l’Autorité « assume l’entière responsabilité », ils sont « mouillés » là-dedans, ils ont actionné les manettes, ils ont envoyé eux-mêmes des décharges d’électricité dont les plus fortes sont montées à 400 volts. Ils se sont sali les mains.

                         Terminons cet article sur la tirade d’un personnage du « Loft History » qui se souvient d’une phrase de Sartre et qui déclare après lui, dans ce huis-clos d’un genre nouveau : « l’enfer, c’est les autres, l’enfer, c’est les téléspectateurs ! »

 

Fleurette : C’est pas encore vrai, puisque je vous ai dit que c’est pour lui que je quitte le loft !… Qui c’est qu’a pété… les plombs ?… Vous ou moi ? Avec vos éclairages tamisés, avec vos caméras et tous  vos écrans plats, avec vos fils électriques et vos câbles, vous aurez peut être arraché notre image mais vous n’aurez pas mon petit coeur!

 

Bobbie : (ricanant) T’es trop mignonne ma fille !…  Mais c’est trop tard ! il ne fallait pas rentrer dans le loft ! (Elle s’approche des caméras, regarde les projecteurs et, très fataliste) Ca me rappelle une pièce de Sartre dans laquelle j’ai joué il y a très longtemps… la caméra est là, je la regarde en face, et je comprends que je suis en enfer. Je vous dis que tout était prévu. Ils avaient prévu que je me tiendrais comme cela, avec ces regards autour de moi. Tous ces regards qui me mangent… c’est ça l’enfer !… je n’aurais jamais cru !… vous vous rappelez le souffre, le bûcher, le grill… ah ! quelle plaisanterie… pas besoin de grill ! l’enfer c’est les autres… L’enfer, c’est les téléspectateurs ! (soudain enthousiaste) Mais cet enfer là m’enivre ! ! !

 

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« Zone extrême » retrouve le « Loft History 2084 » (5/6)

Publié le par Eric Bertrand

              Ainsi, reparcourons la pièce avec l’éclairage des observations effectuées mercredi soir. Si les joueurs obéissent jusqu’à se rendre coupables de sévices corporels sur autrui, c’est parce qu’ils subissent le pouvoir des caméras. Ecoutons une fois encore la sinistre « Lex », armée de sa caméra, chargée à la fois de prendre les images et de faire régner l’ordre dans le jeu...

             Lex : Or vous avez été sélectionnées pour vos formes arrondies que nos caméras vont parcourir sous toutes les coutures. (Elle prend un petit air sadique, fouette le sol comme pour les entamer à l’avance). Zooms et éclairages tous azimuts sont vos complices ! … les feux de la rampe sur votre croupe, c’est la lumière du loft. Les coups de projecteurs sur vos jambes  et sur vos seins, c’est la lumière du loft. Les étincelles dans les yeux des comédiens, c’est la lumière du loft.

                      Une autorité suprême pèse sur les candidats et ils se sentent emprisonnés derrière ce réseau qui les soumet. A la base, il y a eu un contrat, puis le bataillon des studios, la présentatrice, le public. Difficile de se libérer dans ces conditions ! Après l’émission, quand ils ont enfin compris la supercherie, les joueurs responsables tentent de s’expliquer et de comprendre ce qui a fait d’eux des tortionnaires en chemises courtes... Chemin faisant, certains d’entre eux ont tenté toutefois de résister au nom de l’Humanité et des valeurs qu’on leur avait enseignées… ils ont aussitôt subi les assauts de la présentatrice, imperturbable, castratrice, figure de Lex que j’avais imaginée le fouet à la main. « C’est la consigne ! » assénait-elle sitôt que les Lofters tentaient une rébellion.

                       Ils deviennent ainsi des agents de la destruction, et consentent malgré eux. La mécanique est lancée, les résistances lâchent… Dans le fil de l’épreuve, il faut aussi accompagner cette lente démission programmée, la faciliter, la rendre acceptable : à défaut de refuser, les candidats disposent de la ressource du rire pour évacuer les tensions… Alors, après environ dix minutes de « chiquenaudes électriques », tous les candidats rient... bêtement... ils rient pour tromper le malaise qui les envahit, ils rient avant d’envoyer les décharges les plus fortes….

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« Zone extrême » retrouve le « Loft History 2084 » (4/6)

Publié le par Eric Bertrand

                   Cette fable théâtrale qui se voulait parodie du fameux « Loft Story » diffusé sur M6 à cette époque, était avant tout une réflexion déguisée sur les dangers de la téléréalité. Les héros en sont des « Résistants », acteurs de théâtre, connaisseurs de grands textes et de bons mots. Nous sommes en 2084 (écho à peine voilé au titre d’Orwell « 1984 ») et un sinistre dirigeant, régnant sur les consciences, un certain « Big Brother », convoque « les Indécents » sur un plateau télé pour les mettre à l’épreuve de la téléréalité et opposer leur intelligence et leur culture à la Bêtise et à la Futilité (il est plus facile pour un dirigeant de manipuler des illettrés...) A la clé, des promesses mirifiques… Les nouveaux lofteurs vont-ils résister ? De toute manière, ils n’ont pas le choix... Big Brother a décidé de les envoyer « au labo » après l’émission… Sauf s’ils renoncent, sauf s’ils se renient et s’ils renient en même temps leurs semblables, quittes à se rendre complices de l’exécution finale qui leur est réservée. La voix s’élève ainsi, à la fin de la pièce, Big Brother a réussi son pari :

La voix : (dogmatique) Qu’on évacue immédiatement du loft Rosalinde, Tarzan, et Fleurette ! Qu’on les envoie directement au labo  (357 Magnum et 358 Shotgun et Lex  font une intervention musclée. Il ne reste plus, parmi les lofters, que Diva, La Goulue et Bobby.) Pas parler ! Pas penser ! Pas s’exciter ! Pas se toucher ! Pas boire au même goulot ! Pas rire ! Pas sentir ! Pas courir ! Pas de fleurs ! Pas de liquide ! Pas de sueur ! Pas de parfum ! Pas de peau étrangère ! Pas aimer !

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