« Zone extrême » retrouve le « Loft History 2084 » (2/6)
Avant de me lancer dans un parallèle entre le « Loft History 2084 » et « Zone extrême », pour ceux qui n’auraient pas été au rendez-vous, je rappelle brièvement les enjeux de l’émission : les joueurs engagés acceptent de participer à un jeu de mémoire et d’aller jusqu’au bout des 27 questions pour empocher une grosse somme…
Jusque là, rien que de très banal, et depuis plusieurs années, on connaît la chanson ! Le regretté Ferrat ne chantait-il pas « la Roue de Fortune » dans le texte « A la une » ? Mais prenons garde ! Dans les hautes sphères de la téléréalité, plus le temps passe et plus il faut innover ! Comparé à ce nouveau jeu, « la Roue de la Fortune » est un manège pour gosses ! Mais un manège dont le carillon est la Télévision.
N’oubliez pas que la TV, c’est notre prophète !…Vous marchiez pieds nus dans le désert et Big Brother vous a regardés !…clamait l’une des animatrices du « Loft History »...
Il faut innover donc, et en même temps régaler le voyeurisme sadique d’un téléspectateur manipulable à souhait, fatigué de sa journée, et, de ce fait, sujet à ses pulsions les plus grossières. D’autant qu’il s’identifie parfaitement à l’heureux gagnant du jeu télévisé... Comme s’exclamait « la Goulue » dans le « Loft History » avec son nom et son audace de catcheuse :
Ce sera moi la vedette ! La grande vie dans le loft aménagé pour moi. La
descendante de Barbie Du Loft, la Goulue Du Loft, la super star du nouveau loft story ! Les producteurs vont s’étriper pour moi, les contrats publicitaires vont pleuvoir, je vais faire un
disque et je vais chanter : « Je ris de me voir si belle en ce miroir ! »
C’est cette violence que
rejette la famille de Marjane et particulièrement l’oncle Anouche qui, dans sa jeunesse, avait collaboré à la constitution d’une petite république en Azerbadjan, entreprise réduite à néant par le
régime... Anouche doit alors s’exiler et franchir de hautes montagnes du haut desquelles il médite, « voyageur au-dessus d’une mer de nuages ». Ce tableau de Friedrich renforce, s’il en est besoin, l’impression romantique que dégage la figure de
l’oncle aux yeux du spectateur et de la petite fille.
